19 septembre 2005
"Ne nous fâchons pas"
Sur les paisibles rives du lac Léman, on s'attend à ce que les journées parlementaires UMP soient quelques peu mouvementées si certains se livrent encore à de sournoises piques verbales. un jeu très en vogue en ce moment et où chacun essaie d'étaler sa culture à coup de mots peu usités à la sauce sarkastique... oups... sarcastique !
Messieurs, vous êtes priés de rengainer vos "flingues de concours"*, de vous rassembler et face à la pression médiatique adoptez "la non violence, la persuasion, la grâce"* et n'oubliez pas qu'en pareil cas il vaut mieux "aviser dans le calme, à tête reposée et se méfier de ses nerfs"*.
Il reste à souhaiter que les députés ont écouté avec attention les recommandations de Bernard Accoyer, Président du groupe UMP à l'Assemblée nationale et qui a dénoncé "l'affrontement" entre sarkozystes et chiraquiens et leurs "petits jeux suicidaires inadmissibles" qui remettent "la machine à perdre en marche".
"Si certains veulent dérouler le tapis rose, vert, rouge, à nos adversaires pour 2007, alors que les extrêmes, élections après élections, deviennent les arbitres du jeu démocratique, hier en France, cette nuit en Allemagne (...) nous le paierons tous", a lancé M. Accoyer.
"De petites phrases en réponse aux petites phrases, a-t-il poursuivi, de jugements péremptoires intransigeants aux exercices de nosologie (classification des maladies, ndlr) recherchée, l'affrontement des hommes ne doit pas se substituer au seul débat qui vaille, celui des idées".
Voilà donc les parlementaires prévenus, parce que la priorité aujourd'hui n'est pas de savoir qui sera le "champion" de la droite en 2007, mais de travailler à préparer cette échéance en redonnant une nouvelle vitalité à la France par des actions concrètes et répondant aux attentes des français.
* Merci à Michel Audiard, ce saint homme, dont les conseils gardent toute la lucidité et la sagesse et qui ne sont pas superflus dans le paysage politique où "il va faire vilain temps".
17 septembre 2005
L'aventure est belle !
Le 17 juillet dernier, lorsque j'ai posté le premier billet sur ce blog, je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait. Deux mois après, la barre des 4 000 visites vient d'être passée, je dois souvent sacrifier quelques heures de sommeil pour tenir ces pages à jour, mais l'aventure est passionnante. Je crois plus que jamais au rôle que peut jouer le net dans le débat politique, un espace que tout citoyen peut s'approprier pour faire entendre sa voix et ses convictions.
Vous êtes chaque jour plus nombreux à vous arrêter sur ces pages, que vous soyez simples lecteurs ou "commentateurs" des billets, vous m'encouragez chaque jour à pousser l'expérience plus loin.
Un grand merci à la "tribu" du site www.de-villepin.org, que j'ai définitivement adoptée et avec qui le dialogue est désormais permanent dans une parfaite convergence d'idées, merci aussi à Koz et Michaël pour la pertinence de leurs commentaires et leur assiduité, à Yann, "le sympathisant de gauche", qui va bien finir par se rallier à notre cause et avec lequel les joutes verbales ont commencé bien avant la naissance de ce blog, je n'oublie pas non plus tous ceux que je n'ai pas cités et qui à un moment ont apporté leur contribution sur ces pages.
Je dois vous avouer que parfois, au regard de l'actualité, il m'est difficile de rester consensuelle. Ma nature bouillonnante souhaiterait quelques fois se jeter dans la bataille et la polémique. Mais j'essaie de rester fidèle à une ligne de conduite que je me suis fixée. Ce blog ne deviendra jamais un terrain propice à une guerre des tranchées entre lecteurs et autres bloggers, le net regorge de sites offrant cette possibilité aux esprits bagarreurs.
J'espère juste pouvoir offrir à qui le veut un espace pour commenter les actions du gouvernement et en débattre dans le respect de chacun et de ses opinions.
Enfin, je vous rappelle que si vous souhaitez écrire à votre tour un billet sur ce blog, il vous suffit de me le soumettre par mail.
PS : la toile est un petit clin d'oeil pour Héloise. Croque tes rêves, mets les en couleurs, n'écoute que ton coeur, laisse toi porter par ton envie de créer...
Le dauphin, l'héritier ?
La presse a réussi en quelques semaines à faire de Dominique de Villepin un candidat potentiel à la prochaine présidentielle, alors même que l'opinion publique s'interroge encore sur ses capacités en tant que Premier ministre à redresser la situation de la France et qu'elle commence à lui accorder sa confiance. Un phénomène intéressant à observer au delà de toutes les polémiques qui entourent cette éventualité et sa "rivalité" avec Nicolas Sarkozy.
Le magazine Challenge de la semaine dernière a fait sa une avec le Premier ministre en titrant "Villepin, le dauphin".
Jean Marie Colombani analyse cet "engouement" comme une "impatience nationale ou une aspiration au renouvellement" réclamées bien souvent par les français, mais rarement abouties. Mais comme le souligne le journaliste, cette conjonction favorable pour le Premier ministre et son sans faute jusqu'à présent ne l'empêcheront pas de rencontrer certaines difficultés. Il ne pourra pas tous les 100 jours annoncer un train de mesures et de réformes et il ne sera pas toujours aisé de contrer ou couper l'herbe sous le pied de Nicolas Sarkozy, qui loin d'une exigence de résultats immédiats a tout son temps pour construire son programme et prendre le contre pied d'un gouvernement dont il fait tout de même partie
Toujours dans Challenge, un long papier de Ivan Best et Daniel Fortin revient sur les premiers mois de Dominique de Villepin à Matignon, rien que nous n'ayons déjà lu dans toute la presse de l'héxagone, cependant la deuxième partie de cet article est nettement plus intéressante car elle se penche sur les actions du Premier ministre et ce qui se cache derrière son discours désormais sobre et pragmatique.
De l'avis du magazine, les annonces faites par Dominique de Villepin s'avèrent plus libérales qu'elles n'y paraissent surtout sur le volet de la réforme fiscale. L’architecture de l’impôt sur le revenu à la mode Villepin a, en effet, peu à voir avec les idées socialistes. Cet impôt ne comportera plus que cinq tranches, contre sept aujourd’hui. La première tranche de revenus étant exonérée, ne subsisteront donc que quatre taux de taxation. Certes, cette réforme répond à l’objectif de simplicité retenu par l’hôte de Matignon, qui estime que davantage de lisibilité permettra de réconcilier les Français avec l’impôt".
Pour l’économiste Jacques Le Cacheux, co-auteur du rapport qui a inspiré la réforme Villepin le verdict est sans appel : « Dans l’état actuel des annonces du gouvernement, les cadres supérieurs sont les principaux bénéficiaires de la réforme ».
En revanche, quand Dominique de Villepin évoque, comme autre principe de sa politique fiscale, l’efficacité économique, il réconcilie enfin ses actes avec son discours. « Les systèmes fiscaux sont devenus des éléments de la compétition économique internationale , a-t-il affirmé devant la presse. Quand le prélèvement fiscal dépasse une certaine proportion du revenu, les effets sur l’investissement, les délocalisations et l’emploi peuvent être dévastateurs. » (...) Quant au choix de Dominique de Villepin de présenter cette réforme comme un moyen de « défendre la consommation » , il surprend au plus haut point cet économiste. « Nous avons dessiné une politique soutenant non pas la demande mais l’offre » , affirme Jacques Le Cacheux.
L’autre volet des annonces fiscales du Premier ministre, à savoir la réforme de la prime pour l’emploi (PPE), vise évidemment un tout autre public. Il s’agit de donner du pouvoir d’achat aux salariés les plus modestes, afin d’encourager le travail, plutôt que l’assistance.
Il a décidé d’augmenter fortement (+ 50 %) la PPE pour les smicards à temps plein, mais il va bien au-delà pour un salarié à mi-temps, qui aura droit à un doublement de sa prime.
Pour l’économiste Pierre Cahuc, le nombre d’emplois à temps partiel pourrait effectivement augmenter si la PPE s’accroît significativement : les employeurs sont demandeurs, les salariés l’étaient beaucoup moins jusqu’à présent. Ce qui est sûr, c’est que cette forte majoration de la prime pour l’emploi est cohérente avec la politique de libéralisation du marché du travail entamée par Dominique de Villepin (création du contrat nouvelle embauche, qui permet, pendant deux ans, de remercier un salarié sans avoir à le justifier). Le pari du gouvernement, c’est que cette plus grande liberté permettra de créer des emplois, et donc du pouvoir d’achat, ce qui relancera la croissance. Ce n’est donc plus la demande qui crée l’activité, mais l’offre.
Pour l’heure, Dominique de Villepin fait un sans-faute. L’affaiblissement du Président, la fébrilité de son rival Nicolas Sarkozy, l’espoir que la conjoncture ne peut que s’améliorer avec la poursuite de la baisse du chômage qui présente toujours bien dans le trousseau d’un présidentiable ne font qu’ajouter des circonstances favorables à son parcours.
L'Express publie cette semaine un sondage BVA qui révèle que 46 % des français interrogés ont une opinion favorable de Dominique de Villepin en tant que Premier ministre, 31 % pensent que Nicolas Sarkozy correspond le mieux à l'idée qu'ils se font d'un président de la République et 31 % pensent aussi la même chose de Dominque de Villepin et enfin ils sont 46 % à estimer que les deux hommes expriment des idées politiques différentes.
Toutes les actions et les mesures mises en place par Dominique de Villepin obligent peut être Nicolas Sarkozy à se positionner sur une ligne toujours plus libérale pour se différencier de son "éventuel futur rival". Ce n'est peut être pas un hasard, surtout qu'un certain nombre d'études révèlent que les français restent anti-libéraux. Dominique de Villepin cherche t il à trouver cet équilibre tant rêvé entre une politique sociale et un zeste de libéralisme indispensable de nos jours et qui serait la clé pour remettre la France sur ses deux jambes au delà de 2007 ?
Photo Olivier Laban-Mattei AFP
14 septembre 2005
Blogs à l'honneur !
Les médias traditionnels se penchent de plus en plus sur le phénomène du blog politique et les cybermilitants qui les animent.
Cette semaine nous avons les honneurs du Nouvel Observateur. Constance Jamet décortique cette nouvelle façon de relancer le débat politique.
Cyber démocratie : Militants à vos blogs
Dominique à New York
"Il revient sur les lieux du crime" a ironisé un diplomate américain en apprenant la venue de Dominique de Villepin au sommet de l'ONU. Nos amis américains ont la rancune tenace on dirait et certains n'ont toujours pas oublié son discours devenu célèbre aux quatre coins du globe.
Mais tout cela n'a pas empêché une solide poignée de mains et l'échange de quelques mots, avec le sourire, entre le Président Bush et notre cher Premier ministre avant l'ouverture de la séance. George Bush aurait même demandé à Dominique de Villepin de transmettre un "message d'amitié" à Jacques Chirac.
Lors de son intervention, le Premier ministre a bien précisé qu'il parlait "au nom" de Jacques Chirac pour appeler le monde à l'unité "face au découragement et à la violence".
Fidèle à lui même et à ses convictions, Dominique de Villepin a rappelé le "rôle essentiel" du conseil "pour la paix et la sécurité internationales". Même face à l'échec des états membre sur le projet de réforme de l'ONU, il a souhaité qu'un accord soit trouvé sur l'élargissement du Conseil avant la fin de l'année.
Dominique de Villepin a attiré l'attention sur l'Irak plongé dans une grave crise et également sur le terrorisme et la prolifération dans le monde des armes de destruction massive. Il a aussi invité l'Iran a se conformer aux résolutions de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
La prochaine étape pour le Premier ministre, lors de ce sommet, sera la présentation du projet de taxe sur les billets d'avion pour financer l'aide aux pays pauvres. Un projet soutenu par l'Algérie, l'Allemagne, le Chili, le Brésil et l'Espagne.
13 septembre 2005
Veaux, vaches, cochons, taxes, biocarburants...
Mon emploi du temps aujourd'hui n'a certes pas été aussi chargé que celui du Premier minsitre, mais suffisamment pour avoir l'impression que mon cerveau a été passé au rouleau compresseur. J'ai la plume un peu paresseuse ce soir et vous ne m'en voudrez pas si pour commenter la journée de Dominique de Villepin à Rennes face aux agriculteurs, je vous renvoie à ce qui est paru dans la presse. Promis demain je me rattraperai !
Le Figaro.fr Villepin présente des mesures en faveur des agriculteurs
Le Figaro.fr Les principales mesures annoncées
Le Monde.fr Dominique de Villepin annonce d'importantes mesures de "soutien" à l'agriculture
Libération.fr Villepin promet un plein d'aides aux agriculteurs
Photo Daniel Joubert REUTERS
12 septembre 2005
Dominique de Villepin à l'écoute des auditeurs
Le Premier ministre était seul, ce matin, aux "manettes" sur RMC pour répondre aux questions des auditeurs de la station. Il a dit à plusieurs reprises à Jean Jacques Bourdin "vous faîtes un beau métier" et il est vrai que Dominique de Villepin semble ne pas avoir boudé son plaisir pendant une heure devant son micro.
Très à l'aise avec les auditeurs, il a tenté d'apporter à chacun d'entre eux une réponse claire à leurs préoccupations dont celle du chômage et de l'emploi ou de la hausse du prix du carburant et les conséquences sur la vie quotidienne. L'occasion pour le Premier ministre de rappeler avec force les mesures entreprises par le gouvernement pour relancer la croissance du pays et l'importance pour chacun de participer à cet objectif.
Sur le thème du prix du carburant, Dominque de Villepin a répété qu'il n'était pas question pour le gouvernement de rétablir la TIPP flottante, mais que ce dernier allait aider les professionnels et les citoyens les plus touchés par cette hausse par un ensemble de mesures comme celle d'avoir convaincu les entreprises pétrolières de faire un geste "à la pompe" ou le fait pour le consommateur obligé d'utiliser son véhicule pour aller travailler de pouvoir déduire de ses impôts ses frais kilomètriques. Il a ajouté qu'il y avait une réalité à laquelle nous ne pouvions pas échapper, celle de l'ère de l'après pétrole dans laquelle nous étions rentrés et qu'il nous fallait dés maintenant repenser notre rapport à l'énergie en adaptant notre consommation et en essayant de la réduire.
Sur le volet de l'emploi, il a attentivement écouté le témoignage d'un auditeur, cadre de 54 ans, au chômage depuis 3 ans et soucieux de savoir si le retour à l'emploi des séniors était une priorité du gouvernement. Dominque de Villepin a fait le constat qu'en France on arrivait souvent tard sur le marché de l'emploi mais qu'on en sortait aussi trop tôt. Il a annoncé que des négociations avec les partenaires sociaux étaient ouvertes pour que les compétences des séniors soient utilement exploitées surtout dans le domaine de l'accompagnement et de la formation des jeunes salariés.
Dominique de Villepin a réaffirmé son opposition à toute forme de "discrimination positive", expliquant qu'une telle notion ne pouvait que créer des catégories et renforcer cette impression de différence entre les citoyens. Il préfère lutter contre toute forme de discrimination et contre le racisme latent.
Faute de temps, je ne peux retrancrire l'heure entière, mais l'émission est classée dans les archives de la station et si vous l'avez râtée ce matin, vous aurez le loisir de l'écouter plus tard.
C'est presque à regret que Dominique de Villepin a rendu son siège à Jean Jacques Bourdin, mais ce dernier lui a proposé de revenir dialoguer avec les auditeurs dans 6 mois. Le rendez vous est pris !
L'essentiel des réponses de Dominique de Villepin sur RMC
10 septembre 2005
Se rassembler et relever les défis
La semaine qui s'achève nous a offert une actualité riche et chargée et je ne suis pas contre le fait de la terminer dans le calme en méditant les phrases prononcées par le Premier m
inistre lors de son déplacement à Beauvais jeudi dernier.
Un discours qui nous rappelle quelles sont les valeurs que nous devons brandir pour nous redonner le courage d'avancer et de rendre à notre pays sa place.
Empreintes de lyrisme et d'une grande lucidité, les paroles de Dominique de Villepin nous ramènent vers l'essentiel de ce que doit être notre combat aujourd'hui.
"Quand c'est difficile, il n'y a pas de mystère. C'est vrai dans une famille, dans une grande aventure, sur un bateau ou en haut de l'Everest quand on est encordé, c'est bien l'unité, c'est bien le rassemblement qui, seuls, donnent la chance" a t il déclaré.
Brandissant un coeur, il a raconté: "Ce bien inaliénable, on m'en a fait cadeau ce matin. Un jeune élève qui venait de tailler dans son ardoise un coeur. Ce coeur de France, nous nous battons pour lui et nous voulons le servir".
Nous sommes à un moment où c'est le rassemblement qui doit l'emporter, pour notre pays en lequel nous croyons. C'est la bataille que nous voulons livrer pour notre France, notre modèle français, pour que notre pays puisse trouver toute sa place (...) qu'il porte haut les valeurs de liberté, de justice, d'égalité des chances", a-t-il ajouté.
Visiblement agacé par les polémiques et les phrases de certains prononcées depuis quelques semaines, le premier Ministre a jugé bon de souligner que "même si certains veulent distiller au quotidien un certain venin du doute, imaginant qu'ambitions, rivalités, querelles puissent être inévitablement le lot habituel des dirigeants (...) il n'y a pas d'autre stratégie qu'une stratégie pour la France !" Rouvrant une page d'histoire, le Premier ministre a rappelé qu'aux alentours de Beauvais, le Général de Gaulle avait rassemblé la 4ème division de blindés "ici on ignore l'abattement, on ignore la résignation. Ici nous sommes sur une terre de résistance, de combat. Face à la difficulté, on relève les défis", a-t-il lancé avec ferveur."
07 septembre 2005
Le feuilleton de la rentrée
Impossible d'échapper dans la presse au "face à face Villepin/Sarkozy".
Le sujet, en passe de devenir récurent, mobilise depuis un moment la plupart des signatures des pages politiques de nos quotidiens et hebdos.
Pierre Marie VIDAL dans Profession Politique, ne déroge pas à la règle cette semaine. Il revient sur les "péripéties" des derniers jours de nos deux intéressés et il conclue son article avec une hypothèse que je n'avais encore lu nulle part ailleurs.
"Nicolas SARKOZY qui pensait avoir le champ libre voit se dresser sur sa route un challenger, Dominique de VILLEPIN. Les ennuis de santé de Jacques CHIRAC donnent un relief particulier à leur rivalité. L’idée d’un ticket pour 2007 serait pourtant la meilleure chance pour la droite."
"Depuis des semaines, l’équipe de Nicolas SARKOZY ne cessait d’affirmer que le seul rival dans la course à l’Élysée s’appelait CHIRAC et non VILLEPIN. Une succession d’initiatives bien orchestrées à l’occasion de ses 100 premiers jours à Matignon, dramatiquement mis en valeur par l’hospitalisation du chef de l’État, a ruiné, en quelques jours, cette stratégie. En habits d’héritier, mais aussi confirmé par ses premiers pas de Premier ministre, voilà Dominique de VILLEPIN propulsé en position de challenger* de Nicolas SARKOZY.
Jacques CHIRAC empêché, le match entre le numéro un et le numéro deux du gouvernement a donc été une des attractions politiques de l’université d’été de l’UMP à La Baule. Si la séquence du petit-déjeuner amical du samedi, organisée pour les médias, était manifestement artificielle, les deux hommes se sont montrés plus détendus, en privé et sans témoin, dans l’après-midi. Alors que la nouvelle de l’hospitalisation de Jacques CHIRAC était déjà connue de tous.
Que s’est-il dit à ce moment-là ? Hypothèse : l’idée d’un ticket entre les deux hommes, désormais face à face, déjà évoquée par certains parlementaires et ouvertement souhaitée par les jeunes militants de La Baule, ne pourrait-elle pas faire son chemin ? Parce qu’ils ont le temps, l’intelligence politique et le sens des responsabilités, on peut, en effet, se demander si la rivalité présentée comme inéluctable entre les deux hommes débouchera sur un affrontement fratricide à droite ou si ces deux quinquas décideront d’ouvrir l’après-CHIRAC en partenaires. Une formule sans doute très éloignée de la stratégie de l’Élysée mais qui connaîtrait certainement, si elle savait fonctionner, un succès remarquable."
Photo Patrick Kovarick AFP
Pour finir, je vous laisse prendre connaissance du dernier songage exclusif CSA/LE BLEU DE PROFESSION POLITIQUE
06 septembre 2005
Je t'aime moi non plus...
… un classique qui risque de se chanter dans les rangs de la droite pendant 20 mois.
Si Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy affichent "sérénité" et 'com-plé-men-ta-ri-té" en public, à l'UMP certains entretiennent avec brio la polémique et distillent habilement les petites phrases assassines ou ambiguës qui réjouissent la presse.
Ce matin, Patrick Devedjian, invité de l'Heure de Vérité, a pris une partie de la presse et de l'opinion publique à contre pied en affirmant que Jacques Chirac avait l'intention de se représenter en 2007. Il a estimé que son "accident vasculaire" n'était pas un "évènement politique", mais seulement un "petit ennui de santé".
On est effectivement soulagé de savoir que le chef de l'Etat se remet très bien de cet accident vasculaire, mais Patrick Devedjian lâche cette petite phrase au moment où beaucoup, justement, s'interrogent sur la pertinence pour Jacques Chirac de briguer un troisième mandat. Pour appuyer cette affirmation il rappelle que Dominique de Villepin a déclaré ne pas avoir d'ambition présidentielle et qu'il est là uniquement pour redresser la situation et redonner un souffle au Président.
On peut parfaitement comprendre cette position, surtout, si l’on écoute les spécialistes en politique qui expliquent que le clan Sarkozy souhaite finalement que le duel en 2007 se passe entre Chirac et Sarkozy.
Mais pour l’instant les dés ne sont pas jetés et face à cette incertitude il préfère attaquer le Premier ministre en ajoutant « qu’il n’avait pas bien compris son concept de croissance sociale » annoncé jeudi dernier lors de sa conférence de presse mensuelle, « qu’en 100 jours il ne pouvait rien se passer » en évoquant les 100 jours de Napoléon, alors que le Premier ministre fait allusion aux 100 jours de Roosevelt et de son plan du New Deal !!
Mais ne chipotons pas sur ce détail historique…
L’équilibre dans cette petite guerre des clans a été respecté aujourd’hui, puisque Jean Louis Debré, Président de l’Assemblée et supporter de Dominique de Villepin ne s’est pas privé de montrer du doigt certains hommes politiques qui utilisent « le thème de la rupture et du changement » comme « un thème récurent » parce qu’ils n’ont rien à dire. C’est pas un certain Nicolas qui a évoqué ce thème dimanche dernier au bord de la mer ? Pour enfoncer encore un peu plus douloureusement le clou, Jean Louis Debré a rappelé que ce thème était propre « au cartel de la gauche » depuis très longtemps… oups !!!
Enfin pour lui, l’homme du rassemblement n’est autre que Dominique de Villepin.
Refermons cette parenthèse, la pause « gazette politique » est terminée pour aujourd’hui et que chacun se rassure, dans les prochains mois nous aurons notre lot de vrais-faux scoops, de rumeurs, de phrases au vitriol, de quoi nous faire résilier nos abonnements à Gala ou Voici sans regret, mais en attendant, comme aime à nous le dire le locataire de Matignon, nous avons une France à remettre sur ses deux jambes… alors on retourne bosser !!





