19 octobre 2005
Un gouvernement d'union nationale en France ?
L'idée n'est pas de moi, mais elle est le résultat d'un sondage CSA et qui montre que 55% des français interrogés seraient favorables à un "gouvernement d'union nationale", mêlant gauche et droite, mais sans les extrêmes.
Faut croire que ce qui vient de se passer en Allemagne, loin de rebuter les français, semble en séduire certains.
Remarquez, ce résultat ne me surprend guère. Au cours de ces 20 dernières années, nous avons à plusieurs reprises choisi la cohabitation, encore une "exception française sans doute"...
Le résultat de ce sondage, laisse peut être entrevoir, que finalement en France nous ne sommes pas pour le "tout libéral" ou le "tout social". En évoquant ce "gouvernement d'union gauche/droite", nous rêvons peut être à cet équilibre qu'il pourrait représenter entre les exigences d'une économie de marché et une politique sociale et de solidarité.
Imaginer ce gouvernement idéal en y mélant des gens de droite et de gauche, voudrait il dire aussi qu'aujourd'hui aucune formation politique de droite ou de gauche seule ne peut accéder à cette exigence ?
A méditer...
Et si on parlait du budget ?...
... Oui, mais rapidement. N'allez pas croire que je me désintéresse de la question, loin de là, mais pour être honnête je ne suis pas vraiment une spécialiste des questions économiques, financières et budgétaires. Il serait donc très présomptueux de ma part de vouloir me lancer dans une analyse de la copie de Messieurs Breton et Copé.
J'en suis encore à la phase lecture et décryptage de ce projet de loi de finances, donc si certains, plus éclairés que moi sur le sujet, veulent apporter leur point de vue dans les commentaires, ils sont comme toujours les bienvenus.
En attendant, je vous renvoie sur ce qui a été dit dans la presse sur ce budget 2006
Le Figaro.fr
Thierry Breton défend un budget sous surveillance
Breton défend un budget «responsable, sincère, transparent»
Breton attaqué sur la «transparence» du budget
La Poste priée à son tour d'éponger le déficit public
L'offensive des députés de la majorité sur l'ISF
Le Monde.fr
M. Breton et Copé défendent la "sincérité" du budget 2006 devant une Assemblée sceptique
Diabolique ISF !
Libération.fr
Budget 2006: Breton sur la défensive
17 octobre 2005
Journée mondiale du refus de la misère
On aimerait voir disparaître de nos calendriers de pareilles journées, mais la misère est une réalité qu'il nous faut parfois savoir regarder "dans les yeux" et nous mobiliser chacun à notre façon pour qu'elle ne continue pas son inexorable progression aux quatre coins du globe.
Depuis 1992, cette journée de mobilisation est reconnue par les Nations Unies dont le thème cette année est :
"Réaliser les Objectifs du Millénaire - Permettre aux plus pauvres de prendre leur avenir en main".
Elle donne l'occasion à ceux qui sont confrontés à ce fléau de prendre la parole et de raconter leur combat de chaque jour. Elle est aussi une journée de réflexion pour nous citoyens sur les moyens à mettre en oeuvre pour lutter contre toutes les formes de misère.
De nombreuses associations en France ont appelé au rassemblement aujourd'hui, ATD-Quart Monde, le Secours catholique et Amnesty International et le Secours populaire français ouvrira au public ses 4.000 permanences d'accueil.
Selon les statistiques, 6% de la population française vit dans la pauvreté avec moins de 600 euros par mois et la misère prend de plus en plus de formes insidieuses comme celle de la précarité qui touchent des personnes qui ont un emploi mais dont le salaire ne suffit pas à les faire vivre ainsi que leur famille. On les appelle les "travailleurs pauvres" et ils sont souvent confrontés au problème du logement et à celui de l'exclusion sociale.
3 000 000 de personnes souffrent du problème du logement en France et les centres d'hébergement sociaux voient arriver de plus en plus fréquemment des jeunes, des personnes agées et isolées...
"La rue est en train de se modifier profondément depuis quelques années: on voit, en même temps, de plus en plus de jeunes, de plus en plus de travailleurs, de femmes, et de personnes âgées", explique Patrick Rouyer, directeur des missions sociales d'Emmaüs.
Peut on rester indifférent à ce phénomène qui même si dans les statistiques a tendance à s'infléchir, mais qui prend chaque jour un nouveau visage et qui semble ne vouloir épargner personne ? La précarité peut toucher chacun d'entre nous, un accident de vie, un divorce, un décés, la perte d'un emploi et la descente aux enfers est plus rapide qu'avant. Malgré les dispositifs en place, nous ne sommes pas toujours à l'abri.
La pauvreté, la misère sont de véritables entraves au progrès, il est plus que temps qu'à travers le monde nous apprenions à concilier le développement économique et le respect des valeurs sociales et humaines.
Les sites à visiter :
ONU
UNESCO
Résistances
Conseil de l'Europe
15 octobre 2005
Nos lecteurs veulent-ils du trash ?
Depuis quelques jours, notre amie Diane s'inquiète de voir la fréquentation de son site s'infléchir. Les lecteurs de « la plume et l'épée » veulent-ils vraiment du trash ?
Ce que je veux dire par là, c'est faut-il entrer dans la polémique Villepin/Sarkozy pour capter les lecteurs? Le conflit de la SNCM semble à présent derrière nous. Le gouvernement a réussi à tenir bon. Les lecteurs auraient-ils eux aussi décrété la grêve?
Alors non, ne comptez pas sur moi pour écrire sur les « mûrs du site », le numéro de téléphone portable de Diane, avec des lettres de 3 metres de hauteur. Clin d'oeil aux camarades de la CGT qui ont écrit sur les mûrs d'un ferry (celui qui servait de Q.G pour les négociations) le numéro de portable du président de la Connex.
Ma chère Diane, nous allons tenir bon! Et j'en suis sûr nos lecteurs reviendront à nous! Nous resterons fidèles à nos blogs!
Amis lecteurs, un avis sur la question ? (Rendez-vous dans les commentaires comme d'habitude)
13 octobre 2005
Le CDD des séniors... oui...mais et les autres ?
A l'occasion des 3èmes rencontres de la croissance, Dominique de Villepin a exprimé sa satisfaction sur l'avancée d'un accord avec les partenaires sociaux, sur l'emploi des séniors avec l'instauration d'un CDD de 18 mois renouvelable 1 fois.
Cette nouvelle mesure s'incrit dans le plan de lutte contre le chômage du gouvernement alors que la France n'emploie que 36,8% des séniors, un des taux les plus bas en Europe.
"Je me réjouis que les partenaires sociaux aient trouvé les voies d'un accord qui marque une véritable rupture avec les logiques du passé" a déclaré le Premier ministre, "J'y vois le signe de la vitalité du dialogue social, auquel je suis particulièrement attaché", a-t-il ajouté.
"Comme je m'y étais engagé dans ma déclaration de politique générale, j'entends maintenant bâtir, à partir de cet accord, un plan stratégique ambitieux en faveur de l'emploi des seniors" a affirmé Dominique de Villepin.
Avant de "valider" cette mesure, les principaux syndicats ont décidé de consulter leurs instances dirigeantes, du côté du patronat on se dit favorable à ce nouveau contrat qui aura trois axes : "favoriser le maintien dans l'emploi", "faciliter le retour rapide à l'emploi" en seconde partie de carrière et "mieux aménager les transitions entre emploi et retraite".
L'ambition du gouvernement est de remener à 50% très rapidement l'emploi des plus de 57 ans.
Il est indéniable que ces séniors restent indispensables sur le marché du travail afin de transmettre aux juniors leurs compétences et leur savoir.
Le Premier ministre a souvent dit qu'en France on arrivait de plus en plus tard sur le marché du travail et qu'on en sortait trop tôt. Si le gouvernement a trouvé une mesure pour les plus "anciens", il va devoir se pencher sur le cas des quadras, bien souvent considérés par les entreprises comme "finis", "trop chers" et "trop vieux".
Passés 45 ans, il devient de plus en plus difficile de retrouver un emploi en adéquation avec ses compétences et son expérience et ce n'est pas normal.
J'espère qu'une véritable réflexion s'entamera très rapidement sur ce sujet et que le gouvernement a conscience que la France se prive de véritables compétences lorsque les entreprises adoptent cette position.
Il y a quelques semaines et sur ces pages, j'avais évoqué quelques solutions pour sortir de la spirale du chômage quand on a passé 40 ans dont le portage salarial, très prisé par les cadres souhaitant proposer leurs compétences aux entreprises sans passer par la case souvent difficile de la création d'entreprise ou de se lancer sans filet en indépendant. Le système fonctionne désormais très bien et des décisions importantes viennent d'être prises pour la reconnaissance de cette forme d'activité. Des discussions ont été entamées avec le gouvernement et les syndicats pour que celle ci intègre rapidement le code du travail avec toutes les assurances nécessaires pour la protection des "salariés portés".
Pour gagner cette bataille pour l'emploi, nous ne devons pas avoir peur d'aller chercher de nouvelles idées, de nouvelles façons de travailler et de construire nos carrières professionnelles. Rêver d'un CDI qui durera toute la vie est devenu totalement utopique, alors au lieu de pleurer sur ce qui a été et qui ne sera certainement plus, retroussons nos manches et faisons preuve d'un peu d'audace.
Photo Olivier Laban - Mattei AFP
12 octobre 2005
Le vaisseau fantôme
On croyait que les Cégestistes de l'extrême de la SNCM avaient immobilisé tous les bateaux de la compagnie, c'était sans compter sur l'esprit de résistance qui s'est emparé il y a quelques jours d'une partie de l'équipage du Liamone.
Le commandant pressentant, à juste titre, que son navire risquait d'être pris d'assaut par les "hordes de grévistes", comme il les a qualifiées, a préféré prendre "le large" et tourne sans relâche en Méditerrannée. Pour protéger le bateau, les caps sont toujours tenus secrets et l'équipage joue à cache cache toutes les nuits avec les "pirates".
Une situation qui pourrait prêter à sourire en d'autres circonstances.
Les heures de la compagnie sont désormais comptées si une reprise du travail ne s'opère pas très rapidement. Les syndicats minoritaires, les officiers espèrent cette issue, mais l'attitude désormais suicidaire de la CGT laisse présager le pire. Le syndicat a pris en otage la compagnie et a encore l'illusion de croire qu'elle peut décider de son sort en ayant pris soin d'écarter depuis le début du conflit les voix qui auraient pu s'opposer à son action.
On dit que le ridicule ne tue pas, mais là il risque bien de faire pleurer 2 200 salariés si les grévistes ne font pas preuve de responsabilité et de bon sens...
10 octobre 2005
Pour porter le débat plus loin
L'équipe de-villepin.org a mis en place il y a quelques mois un forum qui, à mes yeux, est un parfait complément du blog pour élargir le débat et prolonger la discussion sur certains sujets.
Or ce blog est encore trop confidentiel et mérite d'attirer beaucoup plus d'internautes.
J'en profite ce soir pour vous inviter à venir faire "vivre" cet espace et à élargir une communauté qui grandit chaque jour et qui pourrait communiquer encore plus aisément grâce à ce forum.
de-villepin.org le forum
SNCM : naufrage ou sauvetage ?
Reprise, dépôt de bilan ? A quelques heures d'un conseil d'administration décisif, on note déjà que la CGT à Paris commence à assouplir sa position, même si la cellule à Marseille campe sur ses positions et exige que l'état reste majoritaire à 51%.
Depuis le début du conflit, on a surtout vu devant les caméras de télévision les syndicalistes de la CGT nous laissant entendre qu'ils parlaient au nom de tous les salariés de la compagnie maritime... Mais est ce bien le cas ?
Alexandre Nasri dans le Figaro, évoque les officiers, pourtant maîtres à bord, bien silencieux dans cette crise, et tenus à l'écart des discussions. Un éclairage intéressant dans un dossier où seule la position de certains à été mise en avant.
07 octobre 2005
Ils ont jugé...
L’intervention de Dominique de Villepin sur France 2, hier soir, alimentait un bon nombre de conversations ce matin et c’est autour d’un café que nous avons commenté sa prestation.
J’avoue être la seule parmi mes camarades de bureau à soutenir ouvertement l’action du gouvernement et les commentaires des uns et des autres ne manquaient pas d’intérêt.
Tout le monde a salué son sens du « verbe », la clarté de ses propos, sa personnalité et son aisance face aux caméras. A ce sujet, je dois souligne , que je l’ai trouvé moins à l’aise que lors de son passage à RMC chez Boudin, surtout en début d’émission. Je l’ai senti un peu fébrile, mais l’enjeu hier soir était de taille. En pleine semaine de crise sociale, il n’était sûrement pas évident d’arriver sur un plateau pour plus de 2 heures de direct face à des millions de français attendant d’être convaincu par son discours.
Parmi toute les critiques formulées par mes collègues, certains points m’ont interpellée.
J’ai eu le sentiment que la vision et les actions du Premier ministre avaient quelque chose de déroutant et d’un peu « contre nature » pour un homme de droite pour ces personnes d’une sensibilité de gauche.
Pour reprendre les vieux clichés tenaces, chez eux la droite c’est libéralisme, patronat, mondialisation et la droite se doit d’ignorer la signification du mot social.
Ce qui semble les gêner dans le discours de Dominique de Villepin c’est bien l’emploi du mot social et la priorité qu’il s’est fixé par rapport à cette croissance dite « sociale ». Gêne accentuée lorsque la comparaison a été faite avec DSK qu’on lui a demandé où il se situait aujourd’hui.
Mes collègues ont du mal à se faire à l’idée qu’un homme de droite prône une politique où le volet social est très important, où le respect du modèle français est une ligne de conduite. Selon eux, il vient carrément marcher sur les plates bandes de la gauche au moment où celle ci n’a plus rien à dire ou à proposer alors que ses sympathisants attendent des réponses concrètes.
Mais ce qu’il y a de plus surprenant dans toutes les remarques que j’ai entendues, c’est presque le reproche qu’ils font au Premier ministre d’appeler autour de lui à un rassemblement de tous les français et de toutes tendances confondues et comble du paradoxe, ils sont presque convaincus que ce dernier a la capacité de fédérer ce rassemblement, s’il réussit à mener à bien sa mission. Les phrases prononcées par Dominque de Villepin pour éviter « la guerre des deux France », son attachement au modèle français, son refus d’une rupture brutale, son envie de réunir « public, privé », les « jeunes, les séniors », tout ça commence à interpeller les consciences au delà des rives de la droite traditionnelle. Bien sûr le chemin est encore long avant une adhésion totale de tous les français, mais il y a un petit mouvement qui se met en marche, même si les intéressés refusent encore de l’avouer.
Certains sont allés encore plus loin en lui reconnaissant un discours aux accents républicains, plus entendu depuis très longtemps (j’ai noté que personne n’a osé parler d’accents Gaullistes).
Si l’homme commence à susciter une réelle admiration, il n’en reste pas moins que mes collègues se sont interrogés sur sa capacité à remettre le France sur ses « deux jambes » avançant que ses marges de manœuvre étaient très minces, que le temps risquait de lui manquer et que l’opposition à son action viendrait plus vivement d’une partie de son camp que de l’opposition dont ils ne semblent plus rien attendre pour l’instant.
Ils ont eux mêmes reconnu que l’intervention de François Hollande avait été bien piètre et bafouillante face à un Dominique de Villepin très à l’aise et champion de la réplique incisive et directe.
Enfin, la dernière critique formulée fut celle de sa sincérité quand il dit qu’il est animé d’un véritable intérêt général et que son ambition est d’abord celle de servir son pays.
Le temps m’a manqué pour continuer cette conversation et j’ai eu envie de laisser une porte ouverte pour reprendre ce débat un jour et pour les aider à comprendre un peu mieux les convictions de cet homme, je leur ai juste conseillé de consacrer un week end à la lecture de son essai « Le cri de la gargouille ».
Photo AFP Thomas Coex
05 octobre 2005
A vous de juger
C'est le nouveau magazine politique mensuel de France 2, présenté par Arlette Chabot.
Dominique de Villepin sera le premier invité de cette émission en direct demain soir.
Portrait, analyse de l'actualité, préoccupations des français, questions des téléspectateurs, ce magazine propose de donner les clés pour mieux décrypter les évènements politiques et sociaux du moment.
Encore un test important pour le Premier ministre qui pourra sans doute vérifier sa côte de popularité avec les chiffres de l'audience !


