05 novembre 2005
Banlieue : le défi de Dominique de Villepin
Dominique de Villepin se plaisait à répeter il y a encore peu "qu'il était heureux d'être tout à sa tâche".
Ces derniers jours on aurait bien aimé lui poser à nouveau cette question et entendre sa réponse. Lui qui n'avait pas peur de mettre les mains dans le cambouis, il est servi, on peut même dire sans prendre trop de risque qu'en ce moment il a du cambouis juaqu'aux coudes.
C'est vrai, il est en train de jouer une partie de sa crédibilité avec cette "guerilla urbaine" qui, aujourd'hui a dépassé le stade de la rebellion pour être instrumentalisée et récupéréé par tout ce que ces banlieues comptent de "délinquants fichés et archi connus des services de police". De ce fait la situation est devenue incontrôlable et la violence plus que jamais gratuite et inexplicable.
Depuis quelques jours, le Premier ministre multiplie les réunions avec les membres du gouvernement, les consultations avec tous les acteurs des banlieues (jeunes, médiateurs, travailleurs sociaux...), mais également les élus locaux afin "d'être au plus près des réalités du terrain et de répondre aux préoccupations des habitants des zones urbaines sensibles" a-t-il déclaré.
A côté de cette volonté de dialogue et de compréhension de la situation, il n'abandonne pas son discours de fermeté en soulignant qu'il refusait "que les réseaux du crime et du trafic de drogue profitent des désordres pour prospérer", qu'il refusait également "la violence aveugle qui tue un homme sous les yeux de sa famille".
Devant les sénateurs il a rappelé que "l'état républicain ne cèdera pas".
Depuis le conflit à la SNCM, on connaît mieux la capacité de Dominique de Villepin à allier le dialogue et la fermeté et à ne pas céder à la pression, mais le problème des banlieues est d'un autre acabit.
Bien sûr, confortablement installés devant nos écrans de télé ou d'ordinateurs nous avons tous un avis sur la question, nous pensons tous savoir ce qui n'a pas fonctionné, ce qu'il faudrait faire. Mais alors pourquoi depuis plus de vingt ans avons nous échoué sur ce terrain ? Tous nos politiques de droite et de gauche, épaulés par les professionnels, les sociologues et autres spécialistes de la question n'ont pas réussi à mettre sur la table une copie qui tienne la route et qui endigue à la base ce fléau.
Il est temps aussi que ce volet dépasse les clivages politiques et qu'un véritable consensus s'installe. L'attitude de la gauche n'est pas acceptable, une fois de plus elle semble frappée d'amnésie et semble ignorer la signification du mot "humilité".
Si le Premier ministre aime les défis et l'adversité (c'est bien Nicolas Sarkozy qui a dit ça de lui, si je ne m'abuse) il va devoir se dépasser et réussir là où tous ont échoué. Ce problème ne peut plus être traîté à coup de "mesurettes".
Nous attendons de lui et surtout les habitants des banlieues victimes de toutes ces violences, qu'il soit le garant des lois et de l'autorité de l'état, mais également qu'il soit capable du dialogue indispensable et sans démagogie pour aller au coeur du problème et commencer à en esquisser les solutions.
Photo Charles Platiau REUTERS
Photo Charles Simon AFP
02 novembre 2005
Le forum
Quelques lignes pour informer ceux qui passent régulièrement par ici mais qui ne font pas partis de ma mailing list que la plume et l'épée s'offre un espace supplémentaire sur la toile avec un forum.
Il est prêt, il brille comme un sou neuf et il n'attend plus que vous pour vivre, s'animer, polémiquer, s'enflammer sur tous les sujets qui nous tiennent à coeur.
Sur cette page et dans la colonne de droite, un peu plus bas, je mettrai régulièrement en lien les derniers sujets qui auront été ouverts sur le forum.
Echec et Mat...
La stratégie choisie par Nicolas Sarkozy, dans la gestion de la crise des banlieues, s'avère être un échec.
Jouer la "provoc" avec ces jeunes dont un simple regard appuyé suffit à déclencher la violence, même au nom du respect des lois, n'était peut être pas vraiment judicieux.
S'aventurer sur ce terrain miné sans en connaître les codes était presque suicidaire. Le Ministre de l'intérieur en paye le prix fort aujourd'hui malgré sa volonté de rétablir l'ordre.
Sur la touche Nicolas Sarkozy !
"Les grands frères" des banlieues ont déclaré dans la presse qu'il ne voulait pas discuter avec lui. Cette exigence, suceptible de calmer les tensions, s'accompagne de revendications, dont certaines forts discutables : le retrait immédiat «des forces de l'ordre implantées au cœur même de la vie des quartiers», la «vérité» sur les circonstances de la mort de Bouna Traoré et Zied Benna, la poursuite des «policiers agresseurs de la mosquée Bilal».
Pour eux, le seul homme capable de ramener le calme et de trouver une issue à cette crise sans précédent est Dominique de Villepin.
Il appartient maintenant au Premier ministre de reprendre en main ce dossier empoisonné et de faire preuve de la plus grande fermeté en rétablissant le dialogue. Ces jeunes doivent enfin comprendre que les lois de la République doivent être respectées en toute circonstance et qu'il ne peut y avoir dans notre pays de zones de non-droit.
01 novembre 2005
Les familles des deux victimes de Clichy à Matignon
C'est en fin d'après midi que le Premier ministre a reçu à Matignon les familles des deux jeunes victimes de Clichy.
En acceptant d'accéder à leur demande, Dominique de Villepin marque sa volonté d'un retour au calme et au dialogue dans un contexte où les esprits, et pas seulement ceux des jeunes des banlieues, ne cessent de s'échauffer.
De cet entretien, rien n'a filtré, mais on sait que Nicolas Sarkozy était présent alors que les familles avaient refusé de le rencontrer.
Le ministre de l'Intérieur a du faire face à une salve de critiques, quant à sa façon de gérer ces évènements, tant de la part de l'opposition que de certains membres du gouvernement.
A gauche, Malek Boutih, secrétaire national chargé des questions de société au Parti socialiste a déclaré "Peut-être que c'est au Premier ministre de reprendre la main, de mettre un peu de côté ce ministre de l'Intérieur tout excité".
Le Premier ministre a laissé "monter en première ligne" Azouz Begag, ministre de la promotion de l'égalité des chances dont la position est celle de l'apaisement. «Quand je vais dans ces quartiers, j'y vais avec des livres, des brigades antidiscrimination, un discours et une action positifs". Prônant une action sur le long terme, Azouz Begag se dit aussi «persuadé que si les policiers étaient d'origines diversifiées, le message républicain passerait mieux» dans les zones urbaines sensibles a t il expliqué dans un entretien au Figaro.
Il n'a pas hésité non plus à vivement critiquer les propos de Nicolas Sarkosy, ce qui n'a pas manqué de provoquer de vives réactions dans les rangs de l'UMP, certains n'hésitant pas à dire que si qu'Azouz Begag a autant parlé, c'est "qu'il en a, au minimum, reçu le feu vert". Sur ce point, il ne semble y avoir aucune ambiguité, car le ministre avait déclaré avoir l'aval du Premier ministre pour s'exprimer sur ce dossier et sa position paraît être en accord avec celle du Chef du gouvernement.
Que les politiques polémiquent si ils le veulent, ce soir notre seul voeu c'est que la banlieue retrouve son calme et ne soit plus le théâtre d'actes que nous condamnons tous.
Haine et violence
Deux mots écrits en lettres de sang sur les murs des banlieues.
Les évènements de ces derniers jours m'apparaissent comme un acte de "cécession", comme une volonté d'aller jusqu'au bout d'un processus de rejet total de toute valeur civique et républicaine.
Nous sommes face à des zones de non droit capables aujourd'hui de vivre en autarcie avec leurs règles, leurs lois, leur économie parallèle en faisant règner la peur sur les cités.
La fracture est terrible, deux France face à face, l'une qui crie son mal de vivre et ses échecs à coups de voitures incendiées, de jets de pierre avec rage et désespoir et l'autre qui souhaite que ce mal soit pris à la racine dans le dialogue mais qui n'hésite pas non plus à penser que l'ordre doit être rétabli avec fermeté et détermination.
Prévention, répression, à trop vouloir politiser le problème, on a oublié que pendant ce temps là le ver continuait à dévorer le fruit.
A force de valses ministérielles, législatives, présidentielles et autres, on a oublié de mettre en chantier un vrai "remède" cohérent et de le pérenniser pour endiguer ce fléau.
Tout est assez confus dans mon esprit, toutes ces images ébranlent mes convictions et la colère me gagne... et je ne suis pas la seule aujourd'hui à ressentir ce malaise.
30 octobre 2005
Le droit de vote aux immigrés ?
Un autre débat anime la blogosphère depuis quelques jours, suite à une nouvelle annonce de Nicolas Sarkozy, sur la possibilité de donner le droit de vote aux immigrés installés sur le territoire depuis au moins 10 ans.
J'ai pris le temps de la réflexion avant d'ouvrir à mon tour la discussion sur ces pages.
Je ne vois pas l'intérêt d'une telle proposition alors qu'un étranger soucieux de participer aux décisions de la vie locale peut le faire au bout de 5 ans en demandant sa naturalisation. Je crois fondamentalement que les droits de citoyen ne peuvent s'acquérir qu'avec ce passage "administratif" mais également "symbolique" vers la nationalité du pays dans lequel il vit.
Cette démarche est un acte qui va en fait finaliser son souci d'intégration, son acceptation pleine et entière de ses droits et devoirs de citoyen et la reconnaissance des lois et des coutumes qui régissent le pays.
En avril dernier, Nelly Ollin, Ministre déléguée à l'Intégration avait présenté "Le Guide des droits et des devoirs du citoyen français" destiné aux candidats à la naturalisation et pour les préparer à l'examen civique.
Pour la ministre, ce livret doit "permettre une complète intégration" car "on ne peut pas savoir vivre dans un pays quand on n'en connaît pas les règles élémentaires".
"Une personne qui ne sait pas ce qu'est l'égalité entre hommes et femmes, qui ne comprend pas l'interdiction de la polygamie ou de l'excision, ou encore les obligations liées au travail ou à l'impôt, ne pourra pas devenir notre concitoyen", avait elle ajouté. "Si notre République sait accueillir, il est important que ses droits et devoirs s'imposent à chacun".
En 2004, 133 809 personnes ont été naturalisées en France. Incitons les étrangers qui vivent sur notre sol et qui désirent se conduire en citoyens français à accomplir cette démarche, garante à mon avis, d'une intégration réussie.
29 octobre 2005
La loi de 1905 a t-elle besoin d'un "lifting" ?
Le débat sur une éventuelle révision de la loi de 1905 semble en passionner certains, si j'en crois les derniers commentaires.
J'ai parcouru de nombreuses pages sur le web, pour essayer de comprendre ce qui pouvait réellement pousser certains à demander une révision de cette loi et ce qui faisait, que d'autres souhaitent la consever en l'état.
Des textes intéressants, je vous en livre certains, et qui à mon sens nous aiderons à débattre dans le calme sans tomber, comme on le constate trop souvent, dans des discours extrêmes et finalement bien loin des véritables préoccupations.
Pour commencer la fameuse loi de 1905 sur le site Légifrance.
La Fédération protestante ouvre le débat sur la modification de la loi de 1905, article paru dans La Vie en juin 2001:
Façonné par les lois de 1901 et de 1905, le régime des cultes est à la fois très libéral et fort autoritaire. De peur de rallumer la guerre entre cléricaux et anticléricaux, la France s'accommode de cet étrange statu quo. Par Bernadette Sauvaget
Deux lois pour les cultes
De quoi les députés débattent-ils longuement lorsqu'ils planchent, en 1901, sur la liberté d'association? Des congrégations religieuses! La guerre des deux France, la laïque et la catholique, fait alors rage. Les congrégations sont suspectées d'être immensément riches et de contrôler la jeunesse par le biais de leurs écoles. Pour les inspirateurs du texte, il faut les exclure de la liberté d'association. L'exception - l'autorisation - sera donc maintenue à leur égard.
Cent ans plus tard, notre régime des cultes oscille toujours entre libéralisme et strict contrôle. Un paradoxe spécifiquement français. Jusqu'au milieu des années 1980, la situation est restée assez simple. Les religions (catholicisme, protestantisme et judaïsme) avaient trouvé un modus vivendi avec l'État. Mais de nouvelles forces sont alors apparues. L'islam, «importé» par la vague d'immigration maghrébine, a bouleversé la donne. Persuadés de retourner un jour au pays, les musulmans ont d'abord cantonné leur vie religieuse à la sphère privée. Puis, ils ont fait souche et ont revendiqué une vie religieuse au grand jour. Mais une mosquée n'est pas une église. Son activité déborde largement le «cultuel » et implique bains-douches, cours d'arabe, école coranique... Difficile d'organiser tout cela dans le cadre juridique strict de l'association cultuelle...
L'article dans son intégralité
Avis mitigés dans la communauté musulmane. Le Monde 26/10/05 :
Loi de 1905 : le Recteur de la Mosquée de Paris soutient Dominique de Villepin et divise le CFCM
A peine connue l'initiative lancée par Nicolas Sarkozy de créer une commission de réflexion sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics, Dalil Boubakeur s'est empressé de prendre ses distances. Dans un communiqué diffusé lundi 24 octobre, dans lequel il se présente sous ses deux casquettes de recteur de la Mosquée de Paris et de président du Conseil français du culte musulman (CFCM), il a tenu à rappeler "son profond attachement à la loi du 9 décembre 1905, dite loi de séparation des Eglises et de l'Etat, qui est l'un des fondements de la République française" ...
L'article dans son intégralité
Contre la révision de la loi de 1905 :
Henri Pena-Ruiz, philosophe, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris, article paru dans Regards sur l'actualité n°208, février 2004
Face aux nombreuses voix s'élevant pour réviser la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l'Etat, Henri Pena-Ruiz soutient la loi en rappelant son caractère protecteur de la concorde civile et respectueux de toutes les croyances, religieuses ou non. Il répond ici aux arguments des partisans de la révision de la loi de 1905.
L'article dans son intégralité
Et enfin sur le sujet, la position de Dominique de Villepin est claire :
Extrait de l'interview dans le Parisien il y a quelques jours
Cent ans après la loi de 1905, faut-il réformer ou, au moins, « aménager » la loi sur la laïcité ?
"Là encore, il y a une exigence partagée : il n’y a pas lieu de changer la loi de 1905, qui est au cœur de notre pacte républicain. Qu’on apporte des solutions pratiques, dans le strict cadre de la loi de 1905, au problème du financement de certains cultes, cela ne pose, en revanche, aucun problème. J’avais d’ailleurs entamé ce processus place Beauvau en créant la Fondation pour les œuvres de l’islam"...
28 octobre 2005
Mea Culpa
Je sais, j'ai brillé par mon absence cette semaine et je n'en suis pas très fière !
Beaucoup de boulot et un manque évident d'énergie le soir pour écrire.
Pourtant les sujets à traiter n'ont pas manqué cette semaine encore, je vais tenter de me rattraper ce week end.
En tous les cas, merci aux habitués et aux nouveaux de continuer à faire vivre ces pages, même lorsque je préfère la douceur de ma couette à la rugosité des touches de mon clavier !
24 octobre 2005
EDF : ouverture du capital et contrat de service public
Le gouvernement a donné son aval pour l'ouverture du capital d'EDF en ayant pris soin au préalable de s'assurer que la mission de service public sera respectée par le groupe par la signature du "contrat de service public".
C'est chose faite depuis ce matin. Signé à Matignon, ce contrat stipule clairement que EDF et RTE s'engagent à fournir "un service public de qualité" et ce "sans limitation de durée".
Le texte précise aussi que que EDF a pris l'engagement de "modérer" ses tarifs et que cette augmentation tarifaire ne pourra pas être supérieure à l'inflation "pendant au moins 5 ans".
Une autre mesure et pas des moindres, concerne l'accés à l'énergie pour les plus démunis et son maintien en période hivernale, une mesure qui s'inscrit également dans le projet de loi de Jean Louis Borloo sur le logement.
Le contrat dans son ensemble apporte toutes les garanties que la mission d'EDF sera respectée et nullement remise en cause par son ouverture de capital qui s'inscrit dans une logique de développement et d'investissement.
40 milliards d'euros seront investis sur 5 ans, dont la moitié en France pour mettre fin à 10 années sans investissements en nouvelles infrastructures.
Grâce à l'arrivée de nouveaux équipements, le rendement des centrales existentes sera amélioré, l'accent sera mis sur le développement des nouvelles énergies renouvelables et la sécurité du transport de l'électricité sera renforcée.
Cette privatisation partielle, l'état conservera plus de 85 % du capital, était essentielle pour donner les moyens au groupe de rester compétitif. EDF fournit un quart de l'électricité en Europe et compte quelques 42,1 millions de clients dans le monde.
L'évolution du capital d'EDF était prévu de longue date. Le gouvernement a pris ses reponsabilités en prenant toutes les garanties nécessaires notamment en affirmant que "l'Etat gardera la main haute sur les décisions de cette entreprise stratégique (nucléaire, sécurité du réseau...)".
Au regard de cette "feuille de route", on peut s'étonner ce soir des réactions de l'opposition, dont certaines apparaissent comme "fantaisistes" surtout lorqu'on se souvient que c'est la gauche elle même qui avait approuvé l'ouverture du marché de l'énergie à la concurrence lors du Conseil Européen en 2002 !
Photo AFP/Olivier Laban-Mattei
The Point Break
Le point de rupture... et j'ai bien peur que nous n'en soyons pas loin à droite.
Ce matin je suis en colère ! Certains lecteurs, habitués des lieux, vont bien tenter de me ramener à la raison, mais cette fois ci ça ne marchera pas...
Le dernier effet d'annonce de Nicolas Sarkozy sur la loi de 1905 me fait dire que la coupe est pleine.
Attention, que Sarkozy, le "peut être futur candidat en 2007", défende ses idées et son programme est louable et respectable, mais qu'une fois de plus il agisse de cette façon avec sa casquette de Ministre de l'intérieur en sachant qu'il allait à contre courant des principes et de la ligne de conduite du Président de la République et du Chef du Gouvernement n'est pas défendable à mes yeux.
Il n'y a a plus un sujet sur lequel il est d'accord avec le gouvernement, alors je repose encore une fois cette question : où est l'intérêt pour Nicolas Sarkozy de rester second d'un gouvernement dont il ne soutient pas complètement la politique et les orientations ?
Veut-on nous faire croire sans réelle conviction à une "cohésion" de la droite quand on sait que deux courants sont en train de se former avec des ambitions différentes pour notre pays ?
Ce qu'il y a d'assez surprenant, nous, citoyens, militants ou sympathisants de l'UMP affichons clairement et sans complexe depuis quelques temps nos préférences.
La question légitime que nous nous posons est : quand est-ce que nos élus vont à leur tour prendre leur responsabilité et affirmer leur position ?... Je vois déjà des bras se lever au ciel et certains me crier "pauvre malheureuse, tu veux la guerre ou quoi ?" Certes, je conçois que ma question peut paraître assez "primaire" et loin des stratégies habiles de la politique politicienne, mais plus personne n'est dupe et les petites phrases prononcées par les uns et les autres sous les lambris de l'Assemblée Nationale, ne laissent plus planer aucun doute sur ce qui se trame en coulisses.
Nicolas Sarkozy invoque la rupture tous les jours, elle est là, déjà au sein même de la droite, entre un courant libéral et pro-rupture et un courant républicain, attaché au modèle français.
La cohabitation entre ces deux tendances est de plus en plus difficile et même si pour certains d'entre nous la priorité est l'action du gouvernement, nous ne pouvons nous empêcher de regarder inquiets sur qui se passe autour en nous demandant légitimement si c'est une machine à gagner en 2007 qui est en place.
Combien de temps, ce fragile équilibre va t-il encore tenir ? Faudra t-il attendre le coup d'envoi de la campagne présidentielle pour que certains affichent leur position ? Dans l'hypothèse d'une primaire, nous allons nous retrouver avec un seul candidat et dans le "camp perdant" les élus se rallieront ils au candidat choisi à cette primaire ou verra t-on apparaître une "dissidence" avec un ou plusieurs candidats se présentant "seuls devant le peuple" ?
Du côté des militants et des sympathisants, les choses ne seront pas si simples, parce que pour beaucoup d'entre nous, il y a des convictions et des valeurs qui ne sont pas négociables.
Nous nous gossons depuis des semaines des déchirements de la gauche, mais quel spectacle sommes nous également en train de donner à la France.
Et de grâce, que ce matin on m'épargne le couplet sur la "complémentarité" !
C'est autant le "foutoir" dans notre camp que dans l'opposition, sauf que nous, nous n'avons pas encore sortis "officiellement" les flingues et les missiles.
Dans le Figaro.fr aujourd'hui

