La Plume et l'Epée

Présidentielle 2007, action gouvernementale, les jeux ne sont pas faits à droite.

11 février 2006

Sur le fond...

Je vais répondre par un nouveau billet à l'un des commentaires de Yves sur le précédent article.

Yves me reproche de ne pas lui répondre sur le fond. Peut être a t-il raison...
Je n'ai pas vraiment le temps et l'énergie en ce moment pour débattre longuement, ma vie est tournée vers d'autres priorités et je passe très rapidement le soir sur ces pages, rassurée, parce que même sans moi le débat avance.

  • Yves souhaite connaître mon avis concernant Lionel Jospin et son refus d'utiliser le 49.3 lorsqu'il était Chef du gouvernement. Difficile de juger et de connaître ses motivations, je n'ai jamais assisté à un conseil des ministres et toute spéculation serait vaine. Comme toute citoyenne attachée au débat démocratique, je n'aime pas le 49.3, mais parfois il est nécessaire comme ce fut malheureusement le cas cette semaine. Vous affirmez que le gouvernement a fait aveu de faiblesse, mon point de vue est différent vous vous en doutez. Pour moi, c'est l'opposition qui a fait preuve de faiblesse en refusant le débat sur le projet de loi. On peut retarder les débats en guise de manoeuvre politique, c'est de bonne guerre, mais à un moment donné il faut savoir assumer son rôle de parlementaire et monter au créneau avec des arguments, mais l'opposition n'avait rien dans son dossier à part la contestation. Cette faiblesse n'a pas échappé au gouvernement qui a réglé sa partition à la perfection (merci Authueil... il comprendra) et a engagé sa responsabilité pour éviter un enlisement sans fin. L'opposition aurait du se précipiter pour déposer une motion de censure dans les 24 heures, mais il faut croire que les vacances au ski sont plus importantes que l'emploi des jeunes pour eux !!

  • En ce qui concerne votre aparté sur les syndicats je suis d'accord avec vous lorsque vous écrivez "il me semble qu'un dialogue social moderne, efficace, et productif de compromis sociaux ne peut que reposer sur des syndicats forts et représentatifs", par contre je suis plus réservée lorsque vous affirmez que d'être syndiqué ou délégué syndical nuit à l'avancement. Nous ne vivons pas dans un monde parfait, certes, et il existe encore des patrons qui ont vis à vis des syndicats une certaine méfiance, c'est indéniable. Je crois aussi que lorsqu'on se voit confier un mandat syndical on a un devoir de responsabilité envers les salariés que l'on représente et la hiérarchie. Un délégué qui se veut seulement dans la contestation systématique et pour qui l'ennemi est toujours le patronat a peu de chance de s'attirer les grâces de la direction et de ceux qui hésitent à se syndiquer et je doute que son action soit efficace et constructive. L'autre aspect à considérer quand on joue un rôle syndical c'est d'accepter de mettre un peu en retrait son rôle de "salarié". Les délégations prennent du temps et il n'est pas rare que le délégué ne se voit pas confier des dossiers nécessitant une présence et un suivi accrus, c'est normal, ce n'est pas une sanction, mais juste une logique dans l'intérêt de l'entreprise. Il faut savoir assumer ses choix, soit on reste juste salarié et on se concentre sur sa carrière et son avancement, soit on choisit une mission où l'intérêt général passe avant l'intérêt particulier et l'avancement sera peut être plus lent. Dans notre équipe, nous avons un certain nombre de délégués syndicaux parfaitement conscients de ces règles et qui assument parfaitement, l'un d'entre eux vient même d'être élu au Conseil d'Administration de la boite. Je crois qu'il ne faut pas stigmatiser et généraliser, les syndiqués ne sont pas les bêtes noires des patrons comparés à d'autres pays, mais il y a toujours des exceptions c'est vrai.

  • Enfin pour finir, un petit retour sur le CPE. J'ai déploré cette politique de la peur exploitée par l'opposition d'une façon mensongère et indécente vers les jeunes. Je travaille depuis de nombreuses années et j'ai signé toute sorte de contrat, comme des CDD d'usage permanent sur des lettres de cachets quand j'étais intermittente du spectacle et comme contrat précaire on ne faisait pas mieux !! Est ce que ce type d'engagement m'a faite vivre pendant 10 ans dans la peur ? Absolument pas... Bien au contraire, j'ai rapidement compris que ce qui était important c'était dans ce cas la reconnaissance de mes compétences et l'implication que je mettais dans mon métier. Durant ces 10 années je n'ai pas connu le chômage, j'enchaînais contrat sur contrat et je vivais plutôt bien et le paradoxe dans cette histoire c'est que j'ai connu une période de précarité et de chômage après la rupture d'un CDI classique, celui que l'opposition brandit comme une arme anti chômage !!! Je le redis, ce n'est pas le contrat que vous signez qui conditionne votre carrière professionnelle. Se faire une place dans le monde du travail implique des efforts, des défis à relever, un certain dépassement de soi parfois et surtout ne pas croire que lorsqu'on sort de la fac on connaît son métier... A part un bagage théorique, on ne sait rien et on doit faire ses preuves !

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09 février 2006

L'irresponsabilité de l'opposition

Le scénario que l'on redoutait a bien eu lieu !

villepinassemblee070206afpfran_oisguillot

"La discussion n'avance plus. Après plus de 43 heures de débat, dont quatre heures de suspension de séance, après 67 rappels au règlement, je ne peux que constater avec regret, avec tristesse, le refus de l'opposition d'examiner sereinement" les 25 articles restant en discussion" a déclaré le Premier ministre forcé d'avoir recours au 49.3.
"Face à l'urgence de la situation, vous faites le choix de l'obstruction. Face à l'enjeu de la modernisation de notre pays, vous faites le choix des vieilles tactiques. Ce n'est pas mon choix, ce n'est pas celui du gouvernement, ce n'est pas celui de notre majorité. Nous nous faisons une autre idée du débat démocratique, de la politique" at-il ajouté.
Pour seule réponse, les députés de l'opposition se sont mis à réclamer le débat... incroyable comme réaction, après des journées d'obstruction et trop facile de jouer maintenant les outragés et d'accuser le gouvernement de "passer en force".

L'opposition a refusé d'examiner les textes et pour Bernard Accoyer, le président du groupe UMP "les choses sont claires, la gauche a imposé ce 49-3. Désormais il est clair qu'en France la gauche a peur de la démocratie, du débat, du peuple".

C'est effectivement l'impression que j'avais moi aussi depuis quelques jours...
L'opposition va devoir assumer ses responsabilités et expliquer à ses partisans pourquoi elle a refusé le débat...

Photo François Guillot/AFP

Posté par Diane_1964 à 19:31 - Assemblée - Commentaires [8] - Rétroliens [1] - Permalien [#]

08 février 2006

Redif'

Vous avez loupé la "séance" la semaine dernière du Premier ministre sur le net, pas de problème. Sur le site de Matignon c'est redif à volonté du chat avec la vidéo et le script. Cliquez ici.

Posté par Diane_1964 à 20:11 - Actu - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 février 2006

La guerre des nerfs

Suis je encore en droit d'espérer un vrai débat demain à l'assemblée sur le texte du CPE ? J'écarte d'emblée toute éventualité d'un débat serein, ça frôle l'utopie, mais juste une réelle confrontation démocratique des partisans et des opposants avec comme point d'orgue plus tard le vote pour l'adoption ou non du projet de loi.

J'ai peur que le mot d'ordre demain de la part de l'opposition soit "l'obstruction" !!
A coup de sous amendements, la gauche risque de tuer toute tentative de débat, ne laissant que deux solutions au gouvernement : l'abandon du texte ou le recours au 49.3.
Est ce que je fabule lorsque je pense que l'opposition ne veut absolument pas d'un vote, qu'elle a peu de chance d'emporter et de ce fait conférant au CPE, s'il est adopté, toute sa légitimité démocratique ?
L'opposition préfèrerait-elle la solution du pire, obligeant peut être le gouvernement à passer en force avec le 49.3 ?
Rien n'est sûr pour le moment...

Espérons que la raison l'emporte demain dans l'hémicycle et que chacun pourra faire entendre sa voix !

Posté par Diane_1964 à 18:07 - D'accord, pas d'accord ? - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 février 2006

"Une citoyenneté active"

Michaël Bullara ne m'en voudra certainement pas de reprendre ici le titre de l'un de ses derniers billets, un billet que je conseille à tous de prendre le temps de lire.

A l'heure où nous nous interrogeons sur l'éventuelle nécessité d'une "discrimination positive", Michaël préfère parler de "citoyenneté active" et à un véritable engagement pour "l'unité de la nation".
"Un pays qui se développe sur une accumulation de communautés, prend des risques graves.  Des risques de délitement de ses valeurs ; mais aussi des risques de pertes de repères" écrit il sur son blog.
Pour lui, la discrimination positive "ne répond pas à la véritable problématique, celle de l’appartenance résolue à notre communauté nationale".
"Au cours des 30 dernières années, j’ai successivement entendu nos responsables politiques parler "d’immigration", "d’intégration", "d’assimilation", "de discrimination"… et jamais (ou pratiquement jamais) de CITOYENNETE.
C’est à dire de ce trait d’union, de ce qui peut tous nous rassembler et, finalement, de ce "droit à l’indifférence" à être Français au milieu d’autres Français" ajoute t-il.

Ce débat nous concerne tous et il est évident qu'une solution politique ne sera pas suffisante pour construire cette unité. Nos regards doivent changer, nos consciences évoluer pour sortir de ce schéma qui empoisonne notre société depuis trop longtemps.

Je vous invite donc à participer au débat sur le blog de Michaël, on peut bien s'accorder une trève dans la guere du CPE le temps d'un week end.

Posté par Diane_1964 à 16:51 - Société - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 janvier 2006

La guerre des contrats

CPE par çi, CPE par là, avec une petite dose sur le CNE, difficile de surfer en ce moment sans tomber sur ce sujet.
Tant mieux, au moins le débat a le mérite d'exister et du coup ça a réveillé une gauche léthargique, même si cette dernière fait de la récupération sans apporter de propositions constructives et en nous assenant un discours rétrograde.

La gauche accuse le gouvernement de tuer le CDI !! Faut il être naïf pour croire ça ? Le CDI a entamé sa lente agonie depuis quelques années et il n'a plus vraiment la côte sur le marché du travail.

La gauche devrait également réfléchir aux conséquences de la loi sur les 35 heures. Si cette dernière fonctionne bien dans les grandes entreprises, il faut savoir qu'il reste encore un nombre considérable de petites structures qui ne peuvent pas appliquer les 35 heures. Pas assez de personnel et pas les moyens d'embaucher.
Cette loi aura crée une inégalité des salariés devant le travail. Insidieusement elle aura nivelé les salaires par le bas, 35 ou 39 heures, le salaire est aujourd'hui le même. Certaines entreprises contournent la loi en appliquant 37.5 heures et de ce fait les salariés n'ont pas droit à des jours de RTT. Belle avancée sociale !!
Cette loi aura eu comme conséquence également de développer à outrance les contrats à temps partiel, 17, 18, 20 heures par semaine. Une précarité sur laquelle la gauche garde le silence depuis toujours. A t-elle interrogé tous ces salariés qui doivent cumuler 2 emplois pour arriver à vivre décement ? Croyez vous qu'il soit simple de pouvoir trouver deux entreprises avec lesquelles vous allez pouvoir adapter vos horaires en fonction de votre deuxième emploi ? Croyez vous qu'il soit aisé de trouver deux boites dans le même quartier pour éviter de passer vos heures de pause déjeuner dans les embouteillages ou les transports en commun ?
C'est la gauche qui a ouvert cette boite de Pandore : une précarité sans précédent dans le monde du travail.
J'en veux pour preuve le nombre d'offres d'emplois sur le site de l'ANPE à temps partiel en "CDI classique".

Justement ce matin, je me suis livrée à une petite expérience sur le site de l'ANPE. J'ai relevé les offres dans ma profession et dans mon département :
- 5 CDI
- 8 CDD
- 4 CNE
Tous les CDD émanent de boites d'intérim, mais le plus intéressant a été de comparer la rémunération entre CDI et CNE et, n'en déplaise à certains, les CNE sont mieux payés que les CDI classiques !
Ca prouve bien, que libérées de certaines contraintes, les entreprises n'hésitent pas à rémunérer plus correctement les salariés qu'ils embauchent.

Pour finir, et à l'attention de ceux qui répandent des poncifs et des clichés irréalistes sur le CPE, je tiens à leur dire, que pendant plus de 10 ans j'ai travaillé dans un secteur plus que précaire. Cela ne m'a jamais empêché de vivre très bien, de me loger, de m'acheter une voiture, etc...
Tout individu qui possède de la motivation, de la déterminination, des compétences et une conscience professionnelle réussit toujours, quelque soit le contrat signé à la base.
Ce n'est pas le contrat qui fait la carrière professionnelle, mais ce que l'on est capable d'apporter en valeur ajoutée à une entreprise pour la convaincre de nous garder.

Sur ce, bon lundi à tous !

Posté par Diane_1964 à 11:13 - D'accord, pas d'accord ? - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 janvier 2006

Le contrat Première embauche une avancée significative

Depuis plusieurs jours, les syndicats de gauche nous annoncent que le CPE (contrat premiere embauche) est anti-démocratique. Ce matin, sur l'antenne de RTL, le Président de l'UNEF (le principal syndicat étudiant de gauche) profitait de l'annonce du CPE pour taper sur le gouvernement. L'UNEF qui au passage niait avoir une relation privilégiée avec le PS.... (on croît rêver)

Ainsi donc la gauche, qui a été incapable de mettre sur pied une quelconque action durable nous explique «Pour un jeune, il est préférable d'avoir un CDD de deux ans plutôt qu'un sous-CDI ou un sous-contrat de travail comme il est proposé où, pendant deux ans, ce sera la roulette russe et où le jeune se demandera tous les jours s'il sera gardé par son patron le lendemain»

Donc parlons de ma petite personne... Depuis le début de mes études supérieures, il y a 5 ans, je cumule les CDD. J'ai signé pas moins de 38 contrats de travail. Alors non, ce n'est pas un CDD ni deux, mais des dizaines. Ainsi donc aujourd'hui si l'on me propose un CDI je ne vois pas pourquoi je m'y opposerai. Encore une fois les donneurs de leçons ne sont pas les payeurs. Donc non, le Président de l'UNEF n'est pas représentatif des étudiants ! Pour moi en tout cas, certainement pas!

Je vous donne en lien quelques sites qui relaient les mêmes messages que moi.

de-villepin.org
Oui au contrat Première embauche
Jeunes Pour le CPE
Tribu CPE


Posté par migus à 17:16 - Action gouvernementale - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 janvier 2006

Emploi des jeunes : en finir avec la trappe à précarité

23 % des jeunes entre 18 et 25 ans sont sans emploi dans notre pays et on peut se demander si au regard de ce chiffre il est encore de bon ton de se cacher derrière un débat idéologique pour résoudre ce problème ? Peut on laisser plus longtemps un quart de cette génération sur le carreau ? Peut on accepter que ces jeunes passent presque une décennie à construire leur avenir professionnel ?

Ce n'est pas l'avis du Premier ministre, qui ce matin, lors de la présentation de la deuxième étape de son plan pour l'emploi, a constaté que nous étions bien en face d'un problème structurel urgent à résoudre et qui pourrait avoir de graves conséquences sur l'avenir de notre pays.
Pour lui, rien ne se règlera dans les discours sans fin, mais dans l'action et avec des mesures en adéquation avec l'inévitable mutation du marché du travail. Son constat est sans appel, il veut rompre avec "les logiques de partage du travail qui ont échoué". "Ni l'avancement du départ à la retraite des seniors ni la politique de réduction du temps de travail n'ont permis de faire baisser durablement le chômage, en particulier celui des jeunes", a -t-il ajouté.

Pour Dominique de Villepin, le meilleur moyen de lutter contre la précarité c'est l'activité.

Conforté par le succès du CNE (280 000 embauches conclues à ce jour, avec seulement un taux de 10 % d'échec) et sûrement convaincu du bien fondé de ce contrat dans la conjoncture actuelle, le Premier ministre a annoncé la création du "Contrat première embauche" (CPE) pour les jeunes travailleurs de moins de 26 ans.
A l'image de son "ainé", le CNE, est un contrat à durée indéterminé pour lequel le jeune sera rémunéré au même titre que n'importe quel autre salarié de l'entreprise, il n'y aura donc pas d'amalgame possible avec le contrat d'insertion professionnel, piège dans lequel est déjà tombé François Hollande en le qualifiant en toute ignorance de "sous contrat" sous "rémunéré" !
Le CPE ouvre aussi la porte à toute une protection sociale, jusque là souvent absente dans l'emploi des jeunes : indemnité de chômage, de rupture de contrat, droit individuel à la formation dés le deuxième mois de l'embauche, accession au prêt et au logement grâce au Locapass. Le CPE aura lui aussi une période de consolidation de 2 ans, période durant laquelle seront pris en compte les stages et les CDD du jeune salarié au sein de l'entreprise.

Le Premier ministre a affirmé que "ce contrat, c'est une entrée directe dans un emploi stable: il a vocation à aider ceux qui ont de réelles difficultés à entrer sur le marché du travail, pas à se substituer aux autres contrats. C'est l'assurance de construire un vrai parcours sécurisé dans l'entreprise. C'est un CNE beaucoup plus protecteur".

villepinemploijeunes160106afpjackguez

Le Premier ministre entend aussi développer la formation en alternance qu'il considère comme une "voie d'avenir pour permettre aux jeunes de trouver plus facilement un emploi". Il a annoncé que les entreprises de plus de 250 salariés devront employer des jeunes en alternance à hauteur de 1% en 2007, 2 % en 2008 et 3 % en 2009.

Dominique de Villepin a également entendu la grogne des stagiares et les abus dans ce domaine. Désormais, tout stage de plus de trois mois devra être obligatoirement indemisé et les stages "longs" devront être reconnus dans le cursus universitaire.
Gérard Larcher et Gilles de Robien sont chargés de rédiger une "charte des stages" pour définir des règles de bonne conduite.

Durant cette conférence de presse, Dominique de Villepin ne s'est pas contenté d'annoncer des mesures en faveur des jeunes, il a aussi lancé l'idée qu'il serait opportun de se pencher sur "les conséquences du lancement réussi du contrat nouvelles embauches pour lancer une réflexion sur l'évolution générale des contrats de travail dans notre pays". (...) "Certains envisagent un contrat unique, d'autres souhaitent étendre le contrat nouvelles embauches, toutes ces options sont sur la table de la concertation."

Le Premier ministre entend bien dans les prochains mois lever les tabous qui planent depuis trop longtemps sur le marché de l'emploi et qui finissent par nuire autant aux salariés qu'aux employeurs.
Les mesures prises depuis cet été, ne sont pas de simples "mesurettes", comme aiment à le dire certains, mais les premières bases de nouvelles règles indispensables pour réussir son parcours professionnel sur un marché du travail en pleine mutation. Il est peut être temps, pour certains, de cesser de voir dans la "souplesse et la flexibilité" le spectre de la précarité.

La précarité c'est le chômage, ne nous trompons pas de combat !

Photo Jack Guez AFP

Posté par Diane_1964 à 17:46 - Action gouvernementale - Commentaires [11] - Rétroliens [1] - Permalien [#]

11 janvier 2006

Villepin le druide et la potion pour l'optimisme

"Ma référénce ce sont les druides" a déclaré le Premier ministre, hier lors de sa séance de voeux à la presse, pour faire référence aux vingt siècles d'histoire de la France. Cette petite phrase n'a pas échappé à Bruno Jeudy dans le Figaro de ce matin.

villepin100106reuterscharlesplatiau

Ces fameux druides ont-ils pensé à donner à Dominique de Villepin la recette de la potion de l'optimisme ? En tous les cas, on a la sensation que lui est tombé dans la marmitte tout petit et on aimerait bien en avoir une gorgée ! A défaut, le discours du Premier ministre pourra faire office de placébo.

Ceux qui attendaient l'annonce d'un nouveau train de mesure en ont été pour leur frais. Cette rencontre ressemblait plus à un rendez vous "thérapeutique" pour booster le moral de la France en ce début d'année.

Le chef du gouvernement a semble -t-il retrouvé ses envolées lyriques pour exhorter les français à croire de nouveau en leur pays et son destin. Il ne s'est pas gêné pour égratigner ceux qu'il appelle les "déclinologues", quelques experts en politique ne cessant de véhiculer un message fataliste et exploitant "le déclin français".
"Ce n'est pas en levant le doigt pour savoir dans quel sens va le vent que nous devons chercher à comprendre quel est le destin de la France. C'est en regardant, c'est en puisant dans nos forces" a t-il déclaré.
Le Premier ministre a préféré dessiner un tableau moins sombre de notre pays en rappelant que 2006 sera une année "utile et d'action" avec toujours la priorité sur l'emploi et l'égalité des chances, déclarée grande cause nationale.

Pour Dominique de Villepin "les français doivent pouvoir se déterminer sur une vision de l'avenir" et c'est pour cela qu'il veut faire de cette année une année de combat, de résultats pour éviter de voir se répéter en 2007 le scénario de 2002. La crainte du Premier minsitre est que le vote des français à cette échéance ne soit encore "qu'exutoire".

Mais il l'a promis, l'année 2006 sera une année intense, dense où l'action politique ne pourra s'appuyer que sur la vérité, la détermination, la volonté. Les faux semblants et la fuite en avant ne sont pas inscrits dans son action des prochains mois.

Au passage, certains n'ont pas manqué de noter que son discours ressemblait plus à celui d'un présidentiable qu'à celui d'un Premier ministre, mais peut on lui en vouloir de mettre son énergie à réveiller une France léthargique et morose et de la convaincre que c'est dans l'action et le rassemblement qu'elle trouvera son salut et que contrairement à l'avis des esprits chagrins elle a des atouts et une richesse dans sa grande diversité ?

Enfin, pour les plus déprimés, réfractaires, aigris, moroses, le docteur Villepin recommande une dose "d'humour et de tendresse chaque jour" !

Photo Charles Platiau REUTERS

Posté par Diane_1964 à 19:21 - Actu - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 janvier 2006

Peine de mort, jamais, plus jamais !

"Monsieur le président, mesdames, messieurs les députés, j'ai l'honneur au nom du Gouvernement de la République, de demander à l'Assemblée nationale l'abolition de la peine de mort en France". (...)

"Je tiens à remercier tous ceux, quelle que soit leur appartenance politique qui, au cours des années passées, notamment au sein des commissions des lois précédentes, ont également œuvré pour que l'abolition soit décidée, avant même que n'intervienne le changement politique majeur que nous connaisson". (...)

"Cette communion d'esprit, cette communauté de pensée à travers les clivages politiques montrent bien que le débat qui est ouvert aujourd'hui devant vous est d'abord un débat de conscience et le choix auquel chacun d'entre vous procédera l'engagera personnellement". (...)

"Je regarde la marche de la France.

La France est grande, non seulement par sa puissance, mais au-delà de sa puissance, par l'éclat des idées, des causes, de la générosité qui l'ont emporté aux moments privilégiés de son histoire.

La France est grande parce qu'elle a été la première en Europe à abolir la torture malgré les esprits précautionneux qui, dans le pays, s'exclamaient à l'époque que, sans la torture, la justice française serait désarmée, que, sans la torture, les bons sujets seraient livrés aux scélérats.

La France a été parmi les premiers pays du monde à abolir l'esclavage, ce crime qui déshonore encore l'humanité.

Il se trouve que la France aura été, en dépit de tant d'efforts courageux, l'un des derniers pays, presque le dernier - et je baisse la voix pour le dire - en Europe occidentale, dont elle a été si souvent le foyer et le pôle, à abolir la peine de mort".

Extraits du discours de Robert Badinter, Garde des Sceaux et ministre de la Justice, le 17 septembre 1981à l'assemblée nationale lors de la discussion du projet de loi portant sur l'abolition de la peine de mort.

Le 9 octobre 1981, la loi sur l'abolition de la peine de mort était promulguée.
Mais le combat n'était pas terminé, il fallait ensuite oeuvrer pour que le rétablissement de cette peine devienne quasiment impossible dans notre pays. Entre 1984 et 1995, 27 projets de loi ont été déposés à l'assemblée pour rétablir la peine capitale.

Au cours de ces 25 dernières années, la France a ratifié de nombreux protocoles et traités européens et internationaux pour garantir et affirmer son engagement dans la lutte contre la peine de mort et le respect des droits de l'homme.
Mais un amendement dans la loi française laissait possible le rétablissement de la peine de mort dans certains cas très précis.
Le  Président de la République a annoncé hier, lors de la séance des voeux au Conseil Constitutionnel, son intention de mettre en oeuvre une réforme de la constitution visant à y inscrire l'abolition de la peine de mort.
"Une telle révision, en inscrivant solennellement dans notre Constitution que la peine de mort est abolie en toutes circonstances, consacrera l'engagement de la France. Elle témoignera avec force de notre attachement aux valeurs de la dignité humaine" a déclaré le Président.
Une réforme qui s'avère nécessaire si la France veut ratifier le  2e Protocole facultatif du Pacte international relatif aux droits civils et politiques de l’ONU, qui vise à abolir en toutes circonstances la peine de mort.

Cet engagement de la part du Président Jacques Chirac, sonne comme l'épilogue, l'aboutissement proche d'un combat qui aura durée presque 2 siècles et qui jamais n'aura été abandonné.

Posté par Diane_1964 à 13:00 - Actu - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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