04 avril 2006
J'avais dit fair play...
Encore une parenthèse dans le débat.
J'avais été bien inspirée ce matin en demandant à tous ceux qui postent sur ce blog de faire preuve de respect et de retenue.
Le dernier commentaire de Michaël m'oblige malheureusement à me poser en médiateur et je n'espère pas en censeur.
Michaël est un fidèle de ses pages depuis de longs mois, j'apprécie ses idées, son ouverture d'esprit et bien souvent sa sagesse et si ce soir il dit ne plus vouloir venir sur ce blog, je ne peux pas rester sans réagir.
J'ai toujours accepté les gens de tous bords sur ce blog pour la richesse du débat, mais quand certains se montrent finalement insultants et irrespectueux je me dois de poser des limites.
Parmi les fidèles de ces pages, il y a quelques personnes qui ont une grande expérience de la scène politique, on peut ne pas être d'accord avec elles sur tous les sujets, mais leurs interventions sont toujours d'une grande pertinence, donc je demanderai à ceux qui se sentent des âmes de réac, de révolutionnaires ou qui sont en guerre contre les institutions en place de bien vouloir faire preuve d'un peu de respect.
Je refuse catégoriquement que ce blog devienne le défouloir de personnes en colère ou aigries, mais incapables d'avoir un discours cohérent et modéré.
A bon entendeur !
03 avril 2006
Temps mort !
Une petite pause dans ce "match" qui nous oppose depuis des semaines sur ces pages, une petite pause pour rappeler certaines règles et peut être pour nous convaincre de porter le débat un peu plus loin.
J'ai laissé tout le monde s'exprimer, je n'ai effacé qu'un seul commentaire qui me semblait un poil trop méprisant, mais dans l'ensemble j'ai accepté tous les points de vue. Les esprits ont bien failli parfois s'échauffer plus que de raison, mais ça fait parti du débat et je compte sur le bon sens de chacun pour que certaines limites ne soient pas franchies.
Avant d'aller plus loin, je vais répondre à un commentaire de Mateuss, qui décidemment est devenu la star de ce blog.
Hier il s'inquiétait du peu de réaction après l'allocution du Président Chirac.
Mat, il m'a fallu un peu de temps pour digérer ce discours. Je l'ai écouté d'une oreille en faisant mille et une choses et à chaud je me suis dit qu'il ne s'en était pas trop mal tiré. Puis je l'ai relu plusieurs fois et là j'ai senti monté une belle colère.
Je ne vais pas me lancer dans une analyse de cette allocution, sinon je vais me gâcher cette belle journée, je vais juste aller à l'essentiel de mon point de vue.
A mon avis, il n'y avait que 2 alternatives; promulgation et application de la loi ou abrogation.
Certes ces deux solutions étaient très risquées, mais elles avaient le mérite de clarifier la situation.
Promulguer la loi et l'appliquer aurait pendant un temps durci le rapport de force avec la rue, mais l'autorité de l'état et la légitimité des institutions constitutionnelles et parlementaires auraient été respectées.
Cela laissait aussi la possibilité à Dominique de Villepin de prouver que ce contrat répondait à des besoins réels sur le marché du travail et d'en apporter la preuve.
Abroger la loi c'était reconnaître implicitement l'échec du gouvernement dans cette tentative de réforme et accepter dans la foulée la démission du Premier ministre, mais c'était aussi affronter la grogne de l'électorat de droite.
Vendredi soir, Jacques Chirac n'a ménagé ni la chèvre, ni le choux avec un compromis ubuesque. La rue et l'opposition sont plus déterminées que jamais, le président a "désavoué" de la façon la plus humilliante qui soit son Premier ministre en refilant le "bébé" à la seule personne que ni vous ni moi ne voulions voir sur le devant de la scène : Nicolas Sarkozy !
Depuis samedi matin, on se demande si la France a encore un Premier ministre et un gouvernement sur ce dossier.
On nous affirme que oui et que le gouvernement va s'atteler très vite aux grands chantiers indispensables à la réforme de notre pays. Je l'espère vraiment !
Si ces annonces n'ont été faites que pour rassurer l'électorat de droite et que l'on a fermement conseillé à Dominique de Villepin de rester bien sagement assis dans son fauteuil sans faire de nouvelles vagues jusqu'en 2007 et de ne plus rien entreprendre, je lui dirai de rendre son tablier, "d'aller aux champignons" et d'éviter de sombrer avec ce navire.
Ses partisans, tant politiques que citoyens, savent que sur le fond il a tout "juste", mais qu'il a par contre complètement foiré la méthode. Quel homme politique n'a jamais commis d'erreur ?
S'il n'est plus réellement aux commandes et qu'il rêve d'un "destin", qu'il s'en aille et qu'il ne laisse pas passer l'opportunité de faire entendre sa voix et ses idées différemment et surtout de pouvoir prendre son temps.
J'ai du mal à croire que le scénario de vendredi soir a été écrit à quatre mains ou alors il y a derrière tout ça une stratégie qui ce matin m'échappe encore... Certains avancent qu'il s'agit d'un piège contre Sarkozy, le laisser se prendre les pieds à son tour dans ce CPE et l'obliger pour sortir de la crise à se montrer "plus social que social" et fâcher une partie de son électorat !
Enfin que va devenir le CPE ? Pour l'instant nul ne le sait.
Sur ces pages, l'opposition à ce contrat a été forte, mais malheureusement je n'ai pas vu de proposition concrète pour le remplacer.
Peut être est il temps maintenant aux opposants d'avancer des pistes réalistes pour ce conflit trouve rapidement son épilogue et il n'appartient pas seulement aux parlementaires de le faire, mais aussi à nous citoyens.
31 mars 2006
En attendant 20 h 00...
... et l'intervention du Président Jacques Chirac, à propos de laquelle je ne me livrerai à aucune spéculation, je vous propose de lire à lire le Bloc - note d'Yvan Rioufol paru dans le Figaro de ce matin.
Une analyse très pertinente sur l'état de santé de notre société et les causes réelles et profondes de la crise qui agite notre pays.
30 mars 2006
CPE validé
A l'instant, le conseil constitutionnel vient de rendre sa décision : le CPE est validé sans réserve et selon l'avis des sages, ce contrat ne remet pas en cause le principe de l'égalité entre les salariés.
(Un billet plus long un peu plus tard)
29 mars 2006
Flexibilité = précarité ?
Cette équation fait insidieusement son chemin dans nos caboches de petits français, et bien à tort à mon humble avis.
Les manifestations de ces dernières semaines contre le CPE font éclater au grand jour le refus d’une partie de notre pays d’envisager le marché du travail sous un angle un peu différent.
L’idée archaïque que tout peut et doit se résoudre par le CDI classique et le verrouillage de notre code du travail a encore de beaux jours devant elle.
Quand on prononce le mot flexibilité, beaucoup l’associent à la notion de licenciement, de salariés jetables et j’en passe.
La flexibilité dont a besoin notre marché du travail passera par une refonte du code du travail dans l’intérêt des salariés et des entreprises.
Quelles sont les adaptations que nous allons devoir trouver pour offrir aux entreprises les moyens d’adapter leur production, leurs coûts dans une conjoncture économique versatile et conserver et renforcer la sécurisation des parcours des salariés ?
La réduction du temps de travail, ce que les experts nomment la flexibilité interne quantitative est une des solutions, mais nous n’avons pas su en France l’adapter à tous les types d’entreprise. Trop de petites structures n’ont pas les moyens financiers et humains pour exploiter cette flexibilité et l’application de ce système n’a su en règle générale qu’engendrer des emplois à temps partiels.
Notre problème, c’est que nous n’en exploitons pas tous les aspects, comme la flexibilité fonctionnelle, c’est à dire la formation professionnelle continue (introduite par contre dans le CPE), l’externalisation, qui se résume en France à l’intérim et à la sous traitance, alors que le portage salarial, le télétravail peuvent offrir des solutions sur mesure aux entreprises.
Les pistes à explorer pour relancer le marché de l’emploi, développer de nouvelles formes de travail, établir de nouveaux rapports entre le chef d’entreprise et le salarié sont nombreuses et innovantes, mais encore faut il que vous daignions sortir de nos schémas et regarder devant nous.
Le CPE n’est que la petite étincelle qui cristallise toutes les peurs sur une réforme en profondeur de notre société, mais dont nous ne cessons de repousser l’échéance.
La détermination de Dominique de Villepin n’est pas à mon sens une histoire d’orgueil, comme ses détracteurs se plaisent à le penser, mais la simple nécessité de ne pas réitérer les erreurs passées et d’amorcer, même en force, cette réforme, de donner cette première impulsion indispensable pour engager notre pays sur la voie de la rénovation.
Certes la méthode n’est pas exemplaire, mais le courage et la volonté sont là.
Le but n’est pas de « perdre » une génération dans la précarité, mais de lui faire prendre conscience que son avenir ne se construira pas sur le modèle de leurs parents, hélas, mais que plus tôt ils intègreront les nouvelles donnes avec les outils nécessaires, plus vite ils seront compétitifs.
Le CPE offre cette possibilité, surtout pour les moins qualifiés, vouloir l’enterrer est à mon avis une erreur.
Cette exception française dont nous sommes si fiers depuis des décennies est en train de devenir un boulet nous poussant un peu plus chaque jour au ban de cette Europe que nous voulions si fort.
Nous sommes nombreux à regarder en direction des pays nordiques qui ont réussi cette mutation inévitable, pour y chercher des idées et comprendre comment ils ont opéré.
un article d’Eric Le Boucher, paru dans le Monde du 26 novembre dernier intitulé « Suivre le modèle suédois ? » se penche sur les raisons de ce succès dans la « flexsécurité », assurant la sécurité aux travailleurs et la souplesse indispensable à l’économie.
Ce pays a connu au début des années 90 les mêmes travers que la France
3 grands axes ont permis de remettre sur pied ce pays :
- Une ouverture à la compétition et aux forces de changement
- Un effort pour l’innovation, l’enseignement, la recherche
- Un état fort mais réformé et adapté
Pouvons nous évoluer dans ce sens en adaptant ces « recettes » aux spécificités de notre pays et à notre état d’esprit ?
De l’avis du ministre suédois Thomas Östros, vouloir changer les mentalités ne sert à rien, mais il faut proposer « beaucoup d’état et beaucoup de marché, les deux ensembles », savoir garder les industries fortes et développer les services connexes pour créer de l’emploi et… ne pas craindre l’ouverture et la mondialisation.
26 mars 2006
No comment !!!
Une certaine partie de la jeunesse s'insurge contre 2 points d'un texte de loi, voilà ce qu'elle se permet de réclamer :
"Non seulement nous continuons de réclamer le retrait immédiat du texte, mais nous estimons que le gouvernement doit se retirer en même temps que son projet", a demandé la coordination dans une déclaration lue à la presse.
Dans la surenchère des ultimatums c'est le bouquet !!
25 mars 2006
Une question de responsabilité
"Mateuss le Virulent" a commenté sur le billet précédent une petite phrase du Premier ministre :
"Je souhaite répondre aux deux préoccupations majeures des jeunes sur le CPE : la période de deux ans et les conditions de la rupture de contrat"
De Villepin, ce matin...
Gain de temps, dénaturation du CPE, lard ou cochon ?
Ou encore un énième jeu sémantique pour jouer la confusion ?
Tu as oublié une question et la plus importante à mon sens : une véritable volonté de trouver des solutions dans ce conflit qui ne gagnera rien à s'enliser ?
En refusant les deux invitations lancées en 24h00 par le gouvernement, les syndicats des lycéens et des étudiants ont commis une erreur tactique. Ils auraient du calquer leur attitude sur celles de leurs "ainés" dont la portée est avant tout symbolique. Chaque partie a fait un pas, même si hier aucune solution n'a été trouvée, mais cela montre que le fil n'est pas rompu.
En persistant dans l'ultimatum du retrait du CPE, vous allez devoir maintenant assumer votre part de responsabilité dans la suite du conflit et ne plus rendre le gouvernement seul responsable.
En refusant de faire ce premier pas, vous prenez la responsabilité de voir une situation rapidement dégénérer et que vous ne maîtriserez plus.
Déjà vous ne contrôlez plus guère vos troupes. Chaque jour, des casseurs, des extrêmistes de droite et de gauche, des anarchistes infiltrent vos rangs sans que vous soyez capables de les identifier dans les établissements bloqués ou les manifestations.
A vouloir durcir ce conflit dans les universités et dans la rue, vous mettez votre propre sécurité en danger et vous ne pourrez pas éviter la récupération par tous les indésirables qui balancent des pavés sur tout le monde, étudiants ou flics sans distinction.
Vous vous insurgez quand les CRS chargent et vous leur reprochez également de ne pas intervenir dans certains cas... Il faudrait savoir non ?
Faire monter encore d'un cran la tension dans ce conflit c'est s'exposer fatalement à des drames.
On ne s'amuse pas à faire la "révolution" sans en mesurer les risques et les dangers.
De plus, vous croyez qu'une certaine partie de l'opinion publique vous suivra jusqu'au bout... méfiez vous, si vous ne vous décidez pas à venir à la table des négociations, cette même opinion publique s'impatientera surtout si avec vos manifestations quotidiennes vous continuez à perturber la vie dans les villes, comme les transports, la circulation, etc...
Vous refusez d'entendre vos camarades qui veulent étudier et dont certains ne peuvent se permettre de mettre en danger leur année scolaire.
Vous avez fait entendre votre voix, c'est légitime, vous avez montré votre détermination et le profond malaise qui vous anime, c'est parfait, alors maintenant il faut être responsable et réfléchir à l'intérêt de votre génération : refuser le dialogue ou entamer avec le gouvernement une véritable concertation et un vrai travail d'élaboration de projet en faveur des jeunes travailleurs.
Le CPE ne sera pas retiré parce que bien aménagé il répondra aux besoins d'une partie des jeunes, mais il n'est qu'une mesure et pas un plan à lui tout seul. A vous maintenant d'aller poser vos projets sur la table et de prendre en main d'une façon active et responsable votre avenir.
Si vous restez seulement dans la rue, vous n'aurez rien et vous vous exposez à de nombreux débordements ce que personne ne souhaite.
23 mars 2006
Le premier pas...
Je doute que la rencontre de demain entre le Premier ministre et les syndicats se fassent avec en fond la célèbre chanson de Claude Michel Schönberg ! L'heure ne sera guère à la romance, mais peut on espérer voir se dessiner l'esquisse d'une sortie de crise ?
Le Premier ministre affirme vouloir discuter de l'insertion des jeunes et des "mesures propres à lever les inquiétudes et les interrogations" liées au CPE et les syndicats insistent sur le fait qu'il n'y aura pas de négociation sans au préalable le retrait du CPE, ces derniers ne vont pas me faire avaler qu'ils viennent à Matignon uniquement pour dire ça "entre 4 yeux" à Dominique de Villepin !
Je ne vais pas spéculer sur leurs intentions, je préfère croire que cette réunion sera constructive et que chaque partie saura trouver les compromis nécessaires pour conserver ce texte et l'améliorer dans l'intérêt des jeunes salariés.
Rendez vous à l'issue de cette rencontre...
21 mars 2006
Beaucoup de bruit pour rien
N'allez surtout pas vous imaginer que j'ai adopté une attitude désinvolte face au "CPE Show", mais j'ai lu un certains nombre d'éléments ces derniers jours qui ont tendance à me laisser penser que finalement l'opposition ne souhaite pas tant que ça le retrait du CPE... Aie ça y est, je vois débouler les anti CPE et former le peleton d'exécution !!
Laissez moi développer mon scénario peut être purement fictif et ensuite vous me direz si finalement il n'y a pas un fond de vérité...
La gauche réclame haut et fort le retrait du CPE, alors qu'elle sait pertinemment que d'un point de vue juridique c'est impossible aujourd'hui.
Les sénateurs et les députés ont saisi le Conseil constitutionnel la semaine dernière et le recours porte sur 4 points :
- rupture d'égalité entre les salariés,
- rupture d'équilibre entre le droit à l'emploi et le droit de licenciement,
- non consultation préalable du Conseil d'Etat,
- caractère cavalier du CPE, sans lien avec le sujet du projet de loi sur l'égalité des chances.
Tant que le Conseil n'aura pas rendu sa décision, il ne peut rien se passer et les sages ont un mois pour se prononcer.
Les déclarartions à répétition dans la presse ne servent à rien pour l'instant, juste à alimenter la contestation.
Quand Julien Dray affirme que le Premier ministre "s'enferme dans sa tour d'ivoire en refusant de retirer le contrat première embauche", il est en totale contradiction avec l'action intentée par son parti et je rajouterai de mauvaise foi quand on sait que Dominique de Villepin ne cesse d'appeler au dialogue opposition et syndicats depuis la semaine dernière.
Une fois de plus le PS joue une partie un peu trouble. Il serait naïf de croire que le PS n'a pas conscience aujourd'hui qu'une réforme du monde du travail est indispensable si l'on veut redynamiser le marché de l'emploi dans notre pays. Mais ce genre de réforme est toujours douloureuse et on sait combien ce parti réchigne à les mettre en place de peur de se couper de son lien "social".
On ne veut pas froisser l'électorat et on laisse bien souvent la droite s'y coller quand elle revient "aux affaires" et que l'on a atteint le point de non retour (retraites, sécu...).
Aujourd'hui on est dans un cas de figure similaire. La mutation est inévitable et l'opposition n'a rien dans sa "musette", on le constate depuis des mois.
Et si finalement le CPE était la chance du PS pour redorer son blason ? Une fois encore elle laisse la droite aller au charbon, essuyer les platres, se frotter à la vindicte de l'opinion publique. Les ténors du PS montent au créneau, juste ce qu'il faut, mais pas trop on ne sait jamais, en restant dans un vague discours idéologique, mais en jetant en pâture dans l'arène de jeunes syndicalistes, qui croient tout savoir, ou pire arrogant, comme Bruno Julliard, qui s'imagine, en posant des ultimums au gouvernement, pouvoir se substituer au pouvoir exécutif de ce pays.
Avec le CPE devant le Conseil constitutionnel la gauche gagne du temps, fait monter la pression dans le pays, retrouve son électorat perdu et je ne serai pas surprise qu'elle rêve secrètement que les sages n'invalident pas le texte. De plus, elle connaît maintenant la détermination du gouvernement à mettre en application la loi et à en mesurer les effets à la loupe.
L'opposition va donc mettre à profit ces semaines d'incertitude pour faire de cette contestation un motif de rassemblement autour d'elle, ramener les égarés vers la bergerie et capturer cette jeunesse qui soufre d'un profond malaise... tout ça en vue de 2007.
Mais, me direz vous, si le CPE marche, la gauche n'en tirera aucun proft... Pas sûr... je le répète, je suis persuadée quelque part que la gauche espère le succès de ce contrat, parce qu'avec lui c'est l'amorce de la réforme qui s'écrit. En faisant de la surenchère sur le thème de la précarité, l'opposition aura trouvé son thème de campagne, elle trouvera bien des critiques à formuler sur le CPE mais en même temps elle n'aura pas eu à prendre le risque de poser les premières pierres de cette réforme... En un an, l'idée aura fait du chemin dans les esprits et peut être que la société sera peut être prête à accepter ces changements. Alors si la gauche revient au pouvoir en 2007, elle fera quelques arrangements à sa sauce, mais ne reviendra pas en arrière.
Donc sauf avis contraire du Conseil constitutionnel, le CPE sera !!
Et on peut se demander jusqu'à quand le gouvernement laissera sa porte ouverte pour des négociations avec les partenaires sociaux sur des aménagements du texte. A vouloir refuser en bloc de venir s'asseoir autour de la table, les syndicats pourrait bien voir finalement la bombe qu'ils ont amorcée leur exploser à la figure.
14 mars 2006
Une majorité fantôme
Un peu comme moi ces dernières semaines sur ce blog !
En préambule et pour répondre à certains, non je n’ai pas jeté l’éponge, non je ne suis pas partie en vacances, j’ai juste été très occupée et surtout après avoir longuement soutenu la cause du CPE, bien avant la crise, j’ai éprouvé le besoin de prendre un peu de recul.
J’ai observé, lu, réfléchi, même douté aussi et aujourd’hui, au milieu de tout ce cirque je reste convaincue que le CPE n’est pas un mauvais contrat et qu’il est une des réponses au marché du travail actuel.
Je crois de plus en plus fermement à la nécessité de « flexibiliser » le marché tout en sécurisant les parcours des salariés aux moments où ils en ont besoin.
Le CPE par sa forme et les garanties qu’il apporte aux jeunes travailleurs, garanties qui n’avaient jamais existé auparavant, répond à ces exigences.
Pourtant aujourd’hui, je sens monter comme une colère, une colère aussi bien dirigée vers la majorité que l’opposition.
Effectivement, depuis le début du « conflit » CPE, où est donc passée la majorité ?
Au moment où la gauche, toujours en panne de véritables idées rénovatrices fait une spectaculaire récupération politique de cette fronde en exploitant sans vergogne la politique de la peur vers les jeunes, que fait la droite ?
La droite est en train de faire ses petits calculs internes.
Une certaine partie de la majorité se frotte les mains en regardant le Premier ministre s’enliser jour après jour dans ce bourbier et le rappel à l’ordre du bout des lèvres du Président de l’UMP n’a rien changé. Bien sûr, ils sont tous favorables au CPE, mais où est la mobilisation, la montée en première ligne ?
Où sont passés les partisans de Dominique de Villepin, ceux, qui il y a quelques semaines encore affichaient fièrement leur préférence ? Sont ils en train de réaliser que si leur « champion » boit le bouillon avec les jeunes, ils risquent de payer bien cher cette « trahison » à Nicolas Sarkozy et qu’il est plus prudent de se faire discret en ce moment ?
On entendrait presque une mouche voler dans les rangs de la droite.
Malgré mon soutien au Premier ministre depuis son arrivée à Matignon, il n’échappera pas non plus à mon agacement.
Le CPE est essentiel, mais a t-il choisi la bonne méthode pour mettre en place ce contrat ?
Je crois qu’on ne manœuvre pas la jeunesse comme on « calme » les salariés de la SNCM.
Il y avait urgence certes à trouver une solution au chômage des jeunes, mais il aurait peut être fallu commencer par la pédagogie et celle ci arrive un peu tard à mon sens.
Que dire des médias ? Matin, midi et soir, on assiste à la valse des contestataires sur petit écran assenant des contre vérités bien apprises par cœur et loin du contenu exact du texte.
Mais pour l’instant l’opinion publique ne voit que ça, n’entend que ça et sondage après sondage le CPE apparaît comme l’instrument qui va jeter tous les jeunes en quelques jours dans les abîmes du chômage !
Encore une fois, où est la voix des défenseurs du CPE ?
Et pendant ce temps là, l’opposition et tout ce que la France compte de sympathisants de gauche s’organisent, et voit devant eux une belle autoroute vide !
L’opposition a toujours une copie aussi vide, oh pardon, c’est vrai que Martine Aubry a pondu un projet dont elle seule a le secret et qui va envoyer les jeunes dans l’aire de l’assistanat sans précédent.
Vu d’ici, le spectacle est affligeant et la grogne gagne de nombreux citoyens qui attendent enfin une vraie mobilisation de la majorité.
