La Plume et l'Epée

Présidentielle 2007, action gouvernementale, les jeux ne sont pas faits à droite.

22 octobre 2006

35, le nombre de la discorde

Je ne suis pas mécontente de voir surgir dans la campagne présidentielle le sujet épineux des 35 heures.
Nombreux ont été les billets au cours de ces derniers mois et sur ces pages traitant du monde du travail.
Ma position, sur la nécessité d'apporter une note de "flex-sécurité", avait suscité de nombreuses réactions et des débats animés.

Mon avis sur les 35 heures n'a pas changé et je le redis, cette loi a crée une véritable inégalité chez les salariés et n'a que rarement permis l'embauche à plein temps de nouveaux salariés. Cette loi a eu pour conséquence l'explosion des emplois précaires à temps partiels et certains osent encore nous parler d'avancée sociale...

Les salariés français ne sont pas égaux devant cette loi. Ceux qui ont la chance d'appartenir à de grandes entreprises peuvent en profiter pleinement, mais un grand nombre de salariés des petites PME rêvent encore de voir leur semaine faire 35 heures ou de pouvoir enfin prendre leur quota de RTT sans se heurter à un problème d'organisation dans leur entreprise.

L'autre effet pervers de cette loi a été le tassement des salaires. Au départ il était bien clair que nous devions travailler 35 heures payées 39 heures, mais au fil du temps et insidieusement nous avons constaté que désormais les rémunérations des offres d'emploi se basaient sur 35 heures travaillées...

Il est urgent de trouver des réponses à ce problème et plusieurs possibilités s'offrent à nous :
- Faut il abroger purement et simplement cette loi ?
- Serait il judicieux d'annuler la durée légale du travail en France et de laisser cette question se régler dans les entreprises ou seulement par des accords de branche ?
- Serait plus sage d'apporter des aménagements à cette loi en libéralisant les heures supplémentaires pour permettre aux entreprises et aux salariés de retrouver une productivité largement freinée par le dispositif légal en place ?

Je vous laisse la parole... mais rassurez vous je me ferai un plaisir de venir mettre mon grain de sel dans le débat !

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08 mai 2006

Le Monde, Voici... même combat

Depuis le retour de l'affaire Clearstream en première ligne, les unes des plus grands journaux et magazines ressemblent à celles de la presse à scandale.
Le Monde à ce petit jeu là arrive largement en tête suivi du Parisien.
Les deux quotidiens se livrent à une féroce compétition pour savoir lequel chaque jour sortira un nouveau "scoop" dans ce dossier.

Les colonnes des pages politique dégoulinent de rumeurs, la vérification de la véracité des déclarations, des documents ne semblent plus être une priorité pour eux et ils sont en train de faire passer les scribouillards de Voici pour des enfants de coeur.
Ce week end le Monde a fait dans une surenchère dont on ne le croyait pas capable : insister sur l'arrivée de Sarkozy à Matignon au mépris des différents démentis officiels de l'Elysée, de certains membres du gouvernement et même d'une partie de l'UMP.

Ces respectables publications se sont appliquées ces derniers jours à faire oublier à leurs lecteurs le fond de "l'affaire" : la recherche du mystérieux corbeau.
Toute l'attention, toutes les attaques se sont focalisées sur l'exécutif de l'état et le clan chiraquien, avec une véritable volonté de détruire. Sur des colonnes et des colonnes, les plus éminentes signatures politiques ont répété jusqu'à l'ecoeurement si Dominique de Villepin avait prononcé le nom de Nicolas Sarkozy dans une réunion en sachant que le nom de ce dernier figurait sur une liste de comptes occultes et qu'à ce moment là personne ne savait encore que ce listing était bidonné.
Et alors ? Pourrait on en vouloir à Dominique de Villepin d'avoir voulu faire la lumière sur ce point, connaissant les ambitions de Sarkozy ?
La seule chose qu'on pourrait lui reprocher c'est d'avoir caché pendant un temps à son "collègue" qu'il était blanchi dans ce dossier, mais comme le soulignait un ancien agent de renseignement, ça le faisait bien rire de voir Sarkozy jouer les victimes, alors qu'il passe pour être l'homme le mieux renseigné de France en toute circonstance.
Franchement, il serait temps que ces journalistes arrêtent de nous prendre pour des cons  et de vouloir nous faire avaler qu'il règne un angélisme sans faille dans le monde politique.
Depuis la nuit des temps, la lutte pour le pouvoir s'accompagne de pièges, de coups fourrés, d'histoires inventées de toute pièce.
A entendre l'opposition et à lire la presse, on a la sensation que la Chiraquie a atteint le summum du sordide avec cette affaire, qui dans le fond n'en est pas une !

Bien sûr, beaucoup y trouvent leur compte dans ce lynchage médiatique. A commencer par l'opposition, qui voit là encore une bonne raison de contester sans avoir à se pencher sur ses propres problèmes et à justifier son absence d'idées pour 2007. Je suis prête à prendre le pari que demain à l'Assemblée, cette belle opposition continuera son harcèlement contre le Premier ministre et le gouvernement, en tentant de démontrer que ce gouvernement ne travaille plus et qu'il n'est plus légitime et cette opposition se gardera bien de faire son travail et de poser les vraies questions, celles qui concernent et intéressent vraiment les français.
Ce lynchage sert aussi une partie de la droite, celle qui rêve d'une "rupture" et qui voit dans cette affaire une belle occasion d'enfoncer le clou toujours plus profond et de pointer le doigt vers un pouvoir qu'ils disent à bout de souffle et qu'ils ne soutiennent plus depuis longtemps.
Et puis je ne peux m'empêcher de penser que cette affaire est arrivée à point nommé pour détourner l'attention du projet de loi sur l'immigration, dont on disait quelques semaines auparavant qu'elle soulèverait une forte opposition...

Au milieu de tout ce cirque il est certes difficile de voir que le gouvernement continue de travailler. Les ministres ne se sont pas arrêtés de respirer et continue à suivre le cap fixé par le chef du gouvernement.
il suffit de se rendre sur les différents sites des ministères pour prendre connaissance de l'avancée de différents chantiers.

Que la presse continue son sale boulot, si elle le souhaite, mais il est peut être temps, que les citoyens que nous sommes, nous demandions un retour aux priorités.
La France doit avancer et ce n'est pas par un ridicule remaniement ministériel que tout va redevenir rose...
Ce gouvernement a obtenu des résultats et il doit aller au bout de sa mission, mais si certains ministres ne se sentent plus en accord avec le cap fixé par le Président, qu'ils ne se gênent pas pour s'en aller...

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11 avril 2006

La croisade contre la loi sur l'égalité des chances !

Si la plupart des lycéens et étudiants ont repris le chemin des cours, d'autres font de la résistance.
Grisés par leur récente "victoire" sur la CPE, ces révolutionnaires en herbe se voient déjà faire disparaître l'intégralité de la Loi sur l'égalité des chances et le CNE.
Cette loi qualifiée sur ces pages "d'immonde" par un commentateur bien avisé (sic) recèle des mesures indispensables pour lutter contre la discrimination et offrir des chances d'avenir à ceux qui en ont le plus besoin.
Une fois de plus, ces personnes n'ont retenu qu'une chose dans cette loi : l'apprentissage junior.
A les entendre, nous voilà revenu au temps de l'esclavagisme forcené et l'état obligeant ces pauvres enfants à travailler dans des conditions atroces !
Quelle horreur !!!
Sans plus tarder vérifions ensemble ce que dit la loi :

L'article L. 337-3 du code de l'éducation est ainsi rédigé :

« Art. L. 337-3. Les élèves ayant atteint l'âge de quatorze ans peuvent être admis, sur leur demande et celle de leurs représentants légaux, à suivre une formation alternée, dénommée “ formation d'apprenti junior ”, visant à l'obtention, par la voie de l'apprentissage, d'une qualification professionnelle dans les conditions prévues au titre 1er du livre 1er du code du travail. Cette formation comprend un parcours d'initiation aux métiers effectué sous statut scolaire dans un lycée professionnel ou un centre de formation d'apprentis, puis une formation en apprentissage.

« Une fois l'admission à la formation acquise, l'équipe pédagogique élabore, en association avec l'élève et ses représentants légaux, un projet pédagogique personnalisé. Un tuteur, désigné au sein de l'équipe pédagogique, est chargé de son suivi. Il accompagne l'apprenti junior tout au long de sa formation, y compris lors des périodes en entreprise, en liaison avec le tuteur en entreprise ou le maître d'apprentissage.

« Les élèves suivant une formation d'apprenti junior peuvent, à tout moment, après avis de l'équipe pédagogique et avec l'accord de leurs représentants légaux et jusqu'à la fin de la scolarité obligatoire mentionnée à l'article L. 131-1, mettre fin à cette formation et reprendre leur scolarité dans un collège, y compris leur collège d'origine, ou un établissement d'enseignement agricole ou maritime. À l'issue de la première période de formation, ils peuvent également demander à poursuivre le parcours d'initiation aux métiers si leur projet professionnel n'est pas suffisamment abouti pour leur permettre de signer un contrat d'apprentissage.

« Le parcours d'initiation aux métiers comporte des enseignements généraux, des enseignements technologiques et pratiques et des stages en milieu professionnel, et ce dans plusieurs entreprises. L'ensemble de ces activités concourt à l'acquisition du socle commun de connaissances et de compétences mentionné à l'article L. 122-1-1 et permet à l'élève de découvrir plusieurs métiers et de préparer son choix.

« Les stages en milieu professionnel se déroulent dans les conditions prévues à l'article L. 331-5. Lorsque leur durée excède une durée minimale fixée par décret, ils donnent lieu au versement, par les entreprises au sein desquelles ils sont effectués, d'une gratification dont le montant est fixé par décret. Cette gratification, d'ordre financier, n'a pas le caractère d'un salaire au sens de l'article L. 140-2 du code du travail.

« L’élève stagiaire en parcours d'initiation aux métiers, avec l'accord de son représentant légal, peut signer un contrat d'apprentissage à partir de l'âge de quinze ans, à la condition qu'il soit jugé apte à poursuivre l'acquisition, par la voie de l'apprentissage, du socle commun de connaissances et de compétences mentionné à l'article L. 122-1-1 dans la perspective d'obtenir une qualification professionnelle sanctionnée par un diplôme ou un titre à finalité professionnelle enregistré au répertoire national des certifications professionnelles.

« L'ouverture des parcours d'initiation aux métiers dans les lycées professionnels et les centres de formation d'apprentis est inscrite au plan régional de développement des formations professionnelles mentionné à l'article L. 214-13.

« Les dépenses de transport scolaire spécifiquement liées à la formation de l'apprenti junior sous statut scolaire donnent lieu à une compensation au département par l'État, dans des conditions fixées par décret. »

Honnêtement je ne vois rien de choquant dans ce texte, je ne vois que la volonté d'apporter rapidement uen réponse adaptée à ceux qui sont en échec scolaire avec l'objectif de ne pas leur faire perdre un temps précieux dans la poursuite de leur instruction et l'acquisition de compétences.

Que ceux qui rêvent de faire abroger cette loi prennent bien toutes leurs responsabilités, parce qu'elle concerne également :
- la rémunération des stages en entreprise
- l'élargissement des zones franches en milieu sensible pour favoriser la création d'entreprises et l'embauche
- la création de l'Agence nationale pour la cohésion et l'égalité des chances qui vise à aider toute personne rencontrant des difficultés sur le plan de l'insertion sociale ou professionnelle comme la lutte contre la discrimination, l'illetrisme, la mise en service du Service civil volontaire, etc...
- le contrat de responsabilité parentale pour remédier aux difficultés d'ordre éducatif que peuvent rencontrer certains parents. Cette mesure rappelle aux parents leurs devoirs de parents et leur propose un dispositif d'aide sociale et éducative.
- le service civil volontaire, une deuxième chance pour eux qui en ont le plus besoin, un apprentissage aux valeurs civiques, un accompagnement personnalisé pour l'aider à trouver un emploi à la fin de sa formation.
etc...
Bref, que des mesures "immondes" !!!!!!

Dernière interrogation, certains ont avancé que cette loi comportait un passage sur le travail de nuit des mineurs...
Je n'ai rien trouvé... mais peut être que ma vue me joue des tours et que j'ai mal lu.

Posté par Diane_1964 à 20:49 - D'accord, pas d'accord ? - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 mars 2006

Flexibilité = précarité ?

Cette équation fait insidieusement son chemin dans nos caboches de petits français, et bien à tort à mon humble avis.

Les manifestations de ces dernières semaines contre le CPE font éclater au grand jour le refus d’une partie de notre pays d’envisager le marché du travail sous un angle un peu différent.

L’idée archaïque que tout peut et doit se résoudre par le CDI classique et le verrouillage de notre code du travail a encore de beaux jours devant elle.

Quand on prononce le mot flexibilité, beaucoup l’associent à la notion de licenciement, de salariés jetables et j’en passe.

La flexibilité dont a besoin notre marché du travail passera par une refonte du code du travail dans l’intérêt des salariés et des entreprises.

Quelles sont les adaptations que nous allons devoir trouver pour offrir aux entreprises les moyens d’adapter leur production, leurs coûts dans une conjoncture économique versatile et conserver et renforcer la sécurisation des parcours des salariés ?

La réduction du temps de travail, ce que les experts nomment la flexibilité interne quantitative est une des solutions, mais nous n’avons pas su en France l’adapter à tous les types d’entreprise. Trop de petites structures n’ont pas les moyens financiers et humains pour exploiter cette flexibilité et l’application de ce système n’a su en règle générale qu’engendrer des emplois à temps partiels.

Notre problème, c’est que nous n’en exploitons pas tous les aspects, comme la flexibilité fonctionnelle, c’est à dire la formation professionnelle continue (introduite par contre dans le CPE), l’externalisation, qui se résume en France à l’intérim et à la sous traitance, alors que le portage salarial, le télétravail peuvent offrir des solutions sur mesure aux entreprises.

Les pistes à explorer pour relancer le marché de l’emploi, développer de nouvelles formes de travail, établir de nouveaux rapports entre le chef d’entreprise et le salarié sont nombreuses et innovantes, mais encore faut il que vous daignions sortir de nos schémas et regarder devant nous.

Le CPE n’est que la petite étincelle qui cristallise toutes les peurs sur une réforme en profondeur de notre société, mais dont nous ne cessons de repousser l’échéance.

La détermination de Dominique de Villepin n’est pas à mon sens une histoire d’orgueil, comme ses détracteurs se plaisent à le penser, mais la simple nécessité de ne pas réitérer les erreurs passées et d’amorcer, même en force, cette réforme, de donner cette première impulsion indispensable pour engager notre pays sur la voie de la rénovation.

Certes la méthode n’est pas exemplaire, mais le courage et la volonté sont là.

Le but n’est pas de « perdre » une génération dans la précarité, mais de lui faire prendre conscience que son avenir ne se construira pas sur le modèle de leurs parents, hélas, mais que plus tôt ils intègreront les nouvelles donnes avec les outils nécessaires, plus vite ils seront compétitifs.

Le CPE offre cette possibilité, surtout pour les moins qualifiés, vouloir l’enterrer est à mon avis une erreur.

Cette exception française dont nous sommes si fiers depuis des décennies est en train de devenir un boulet nous poussant un peu plus chaque jour au ban de cette Europe que nous voulions si fort.

Nous sommes nombreux à regarder en direction des pays nordiques qui ont réussi cette mutation inévitable, pour y chercher des idées et comprendre comment ils ont opéré.

un article d’Eric Le Boucher, paru dans le Monde du 26 novembre dernier intitulé « Suivre le modèle suédois ? » se penche sur les raisons de ce succès dans la « flexsécurité », assurant la sécurité aux travailleurs et la souplesse indispensable à l’économie.

Ce pays a connu au début des années 90 les mêmes travers que

la France

, hausse du chômage record, les services de santé et de l’éducation se dégradent, les inégalités ne cessent de croître, etc…

3 grands axes ont permis de remettre sur pied ce pays :

-          Une ouverture à la compétition et aux forces de changement

-          Un effort pour l’innovation, l’enseignement, la recherche

-          Un état fort mais réformé et adapté

Pouvons nous évoluer dans ce sens en adaptant ces « recettes » aux spécificités de notre pays et à notre état d’esprit ?

De l’avis du ministre suédois Thomas Östros, vouloir changer les mentalités ne sert à rien, mais il faut proposer « beaucoup d’état et beaucoup de marché, les deux ensembles », savoir garder les industries fortes et développer les services connexes pour créer de l’emploi et… ne pas craindre l’ouverture et la mondialisation.

Posté par Diane_1964 à 17:27 - D'accord, pas d'accord ? - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mars 2006

Une majorité fantôme

Un peu comme moi ces dernières semaines sur ce blog !

En préambule et pour répondre à certains, non je n’ai pas jeté l’éponge, non je ne suis pas partie en vacances, j’ai juste été très occupée et surtout après avoir longuement soutenu la cause du CPE, bien avant la crise, j’ai éprouvé le besoin de prendre un peu de recul.

J’ai observé, lu, réfléchi, même douté aussi et aujourd’hui, au milieu de tout ce cirque je reste convaincue que le CPE n’est pas un mauvais contrat et qu’il est une des réponses au marché du travail actuel.

Je crois de plus en plus fermement à la nécessité de « flexibiliser » le marché tout en sécurisant les parcours des salariés aux moments où ils en ont besoin.

Le CPE par sa forme et les garanties qu’il apporte aux jeunes travailleurs, garanties qui n’avaient jamais existé auparavant, répond à ces exigences.

Pourtant aujourd’hui, je sens monter comme une colère, une colère aussi bien dirigée vers la majorité que l’opposition.

Effectivement, depuis le début du « conflit » CPE, où est donc passée la majorité ?

Au moment où la gauche, toujours en panne de véritables idées rénovatrices fait une spectaculaire récupération politique de cette fronde en exploitant sans vergogne la politique de la peur vers les jeunes, que fait la droite ?

La droite est en train de faire ses petits calculs internes.

Une certaine partie de la majorité se frotte les mains en regardant le Premier ministre s’enliser jour après jour dans ce bourbier et le rappel à l’ordre du bout des lèvres du Président de l’UMP n’a rien changé. Bien sûr, ils sont tous favorables au CPE, mais où est la mobilisation, la montée en première ligne ?

Où sont passés les partisans de Dominique de Villepin, ceux, qui il y a quelques semaines encore affichaient fièrement leur préférence ? Sont ils en train de réaliser que si leur « champion » boit le bouillon avec les jeunes, ils risquent de payer bien cher cette « trahison » à Nicolas Sarkozy et qu’il est plus prudent de se faire discret en ce moment ?

On entendrait presque une mouche voler dans les rangs de la droite.

Malgré mon soutien au Premier ministre depuis son arrivée à Matignon, il n’échappera pas non plus à mon agacement.

Le CPE est essentiel, mais a t-il choisi la bonne méthode pour mettre en place ce contrat ?

Je crois qu’on ne manœuvre pas la jeunesse comme on « calme » les salariés de la SNCM.
Il y avait urgence certes à trouver une solution au chômage des jeunes, mais il aurait peut être fallu commencer par la pédagogie et celle ci arrive un peu tard à mon sens.

Que dire des médias ? Matin, midi et soir, on assiste à la valse des contestataires sur petit écran assenant des contre vérités bien apprises par cœur et loin du contenu exact du texte.

Mais pour l’instant l’opinion publique ne voit que ça, n’entend que ça et sondage après sondage le CPE apparaît comme l’instrument qui va jeter tous les jeunes en quelques jours dans les abîmes du chômage !

Encore une fois, où est la voix des défenseurs du CPE ?

Et pendant ce temps là, l’opposition et tout ce que la France compte de sympathisants de gauche s’organisent, et voit devant eux une belle autoroute vide !

L’opposition a toujours une copie aussi vide, oh pardon, c’est vrai que Martine Aubry a pondu un projet dont elle seule a le secret et qui va envoyer les jeunes dans l’aire de l’assistanat sans précédent.

Vu d’ici, le spectacle est affligeant et la grogne gagne de nombreux citoyens qui attendent enfin une vraie mobilisation de la majorité.

Posté par Diane_1964 à 14:20 - D'accord, pas d'accord ? - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 février 2006

Sur le fond...

Je vais répondre par un nouveau billet à l'un des commentaires de Yves sur le précédent article.

Yves me reproche de ne pas lui répondre sur le fond. Peut être a t-il raison...
Je n'ai pas vraiment le temps et l'énergie en ce moment pour débattre longuement, ma vie est tournée vers d'autres priorités et je passe très rapidement le soir sur ces pages, rassurée, parce que même sans moi le débat avance.

  • Yves souhaite connaître mon avis concernant Lionel Jospin et son refus d'utiliser le 49.3 lorsqu'il était Chef du gouvernement. Difficile de juger et de connaître ses motivations, je n'ai jamais assisté à un conseil des ministres et toute spéculation serait vaine. Comme toute citoyenne attachée au débat démocratique, je n'aime pas le 49.3, mais parfois il est nécessaire comme ce fut malheureusement le cas cette semaine. Vous affirmez que le gouvernement a fait aveu de faiblesse, mon point de vue est différent vous vous en doutez. Pour moi, c'est l'opposition qui a fait preuve de faiblesse en refusant le débat sur le projet de loi. On peut retarder les débats en guise de manoeuvre politique, c'est de bonne guerre, mais à un moment donné il faut savoir assumer son rôle de parlementaire et monter au créneau avec des arguments, mais l'opposition n'avait rien dans son dossier à part la contestation. Cette faiblesse n'a pas échappé au gouvernement qui a réglé sa partition à la perfection (merci Authueil... il comprendra) et a engagé sa responsabilité pour éviter un enlisement sans fin. L'opposition aurait du se précipiter pour déposer une motion de censure dans les 24 heures, mais il faut croire que les vacances au ski sont plus importantes que l'emploi des jeunes pour eux !!

  • En ce qui concerne votre aparté sur les syndicats je suis d'accord avec vous lorsque vous écrivez "il me semble qu'un dialogue social moderne, efficace, et productif de compromis sociaux ne peut que reposer sur des syndicats forts et représentatifs", par contre je suis plus réservée lorsque vous affirmez que d'être syndiqué ou délégué syndical nuit à l'avancement. Nous ne vivons pas dans un monde parfait, certes, et il existe encore des patrons qui ont vis à vis des syndicats une certaine méfiance, c'est indéniable. Je crois aussi que lorsqu'on se voit confier un mandat syndical on a un devoir de responsabilité envers les salariés que l'on représente et la hiérarchie. Un délégué qui se veut seulement dans la contestation systématique et pour qui l'ennemi est toujours le patronat a peu de chance de s'attirer les grâces de la direction et de ceux qui hésitent à se syndiquer et je doute que son action soit efficace et constructive. L'autre aspect à considérer quand on joue un rôle syndical c'est d'accepter de mettre un peu en retrait son rôle de "salarié". Les délégations prennent du temps et il n'est pas rare que le délégué ne se voit pas confier des dossiers nécessitant une présence et un suivi accrus, c'est normal, ce n'est pas une sanction, mais juste une logique dans l'intérêt de l'entreprise. Il faut savoir assumer ses choix, soit on reste juste salarié et on se concentre sur sa carrière et son avancement, soit on choisit une mission où l'intérêt général passe avant l'intérêt particulier et l'avancement sera peut être plus lent. Dans notre équipe, nous avons un certain nombre de délégués syndicaux parfaitement conscients de ces règles et qui assument parfaitement, l'un d'entre eux vient même d'être élu au Conseil d'Administration de la boite. Je crois qu'il ne faut pas stigmatiser et généraliser, les syndiqués ne sont pas les bêtes noires des patrons comparés à d'autres pays, mais il y a toujours des exceptions c'est vrai.

  • Enfin pour finir, un petit retour sur le CPE. J'ai déploré cette politique de la peur exploitée par l'opposition d'une façon mensongère et indécente vers les jeunes. Je travaille depuis de nombreuses années et j'ai signé toute sorte de contrat, comme des CDD d'usage permanent sur des lettres de cachets quand j'étais intermittente du spectacle et comme contrat précaire on ne faisait pas mieux !! Est ce que ce type d'engagement m'a faite vivre pendant 10 ans dans la peur ? Absolument pas... Bien au contraire, j'ai rapidement compris que ce qui était important c'était dans ce cas la reconnaissance de mes compétences et l'implication que je mettais dans mon métier. Durant ces 10 années je n'ai pas connu le chômage, j'enchaînais contrat sur contrat et je vivais plutôt bien et le paradoxe dans cette histoire c'est que j'ai connu une période de précarité et de chômage après la rupture d'un CDI classique, celui que l'opposition brandit comme une arme anti chômage !!! Je le redis, ce n'est pas le contrat que vous signez qui conditionne votre carrière professionnelle. Se faire une place dans le monde du travail implique des efforts, des défis à relever, un certain dépassement de soi parfois et surtout ne pas croire que lorsqu'on sort de la fac on connaît son métier... A part un bagage théorique, on ne sait rien et on doit faire ses preuves !

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06 février 2006

La guerre des nerfs

Suis je encore en droit d'espérer un vrai débat demain à l'assemblée sur le texte du CPE ? J'écarte d'emblée toute éventualité d'un débat serein, ça frôle l'utopie, mais juste une réelle confrontation démocratique des partisans et des opposants avec comme point d'orgue plus tard le vote pour l'adoption ou non du projet de loi.

J'ai peur que le mot d'ordre demain de la part de l'opposition soit "l'obstruction" !!
A coup de sous amendements, la gauche risque de tuer toute tentative de débat, ne laissant que deux solutions au gouvernement : l'abandon du texte ou le recours au 49.3.
Est ce que je fabule lorsque je pense que l'opposition ne veut absolument pas d'un vote, qu'elle a peu de chance d'emporter et de ce fait conférant au CPE, s'il est adopté, toute sa légitimité démocratique ?
L'opposition préfèrerait-elle la solution du pire, obligeant peut être le gouvernement à passer en force avec le 49.3 ?
Rien n'est sûr pour le moment...

Espérons que la raison l'emporte demain dans l'hémicycle et que chacun pourra faire entendre sa voix !

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30 janvier 2006

La guerre des contrats

CPE par çi, CPE par là, avec une petite dose sur le CNE, difficile de surfer en ce moment sans tomber sur ce sujet.
Tant mieux, au moins le débat a le mérite d'exister et du coup ça a réveillé une gauche léthargique, même si cette dernière fait de la récupération sans apporter de propositions constructives et en nous assenant un discours rétrograde.

La gauche accuse le gouvernement de tuer le CDI !! Faut il être naïf pour croire ça ? Le CDI a entamé sa lente agonie depuis quelques années et il n'a plus vraiment la côte sur le marché du travail.

La gauche devrait également réfléchir aux conséquences de la loi sur les 35 heures. Si cette dernière fonctionne bien dans les grandes entreprises, il faut savoir qu'il reste encore un nombre considérable de petites structures qui ne peuvent pas appliquer les 35 heures. Pas assez de personnel et pas les moyens d'embaucher.
Cette loi aura crée une inégalité des salariés devant le travail. Insidieusement elle aura nivelé les salaires par le bas, 35 ou 39 heures, le salaire est aujourd'hui le même. Certaines entreprises contournent la loi en appliquant 37.5 heures et de ce fait les salariés n'ont pas droit à des jours de RTT. Belle avancée sociale !!
Cette loi aura eu comme conséquence également de développer à outrance les contrats à temps partiel, 17, 18, 20 heures par semaine. Une précarité sur laquelle la gauche garde le silence depuis toujours. A t-elle interrogé tous ces salariés qui doivent cumuler 2 emplois pour arriver à vivre décement ? Croyez vous qu'il soit simple de pouvoir trouver deux entreprises avec lesquelles vous allez pouvoir adapter vos horaires en fonction de votre deuxième emploi ? Croyez vous qu'il soit aisé de trouver deux boites dans le même quartier pour éviter de passer vos heures de pause déjeuner dans les embouteillages ou les transports en commun ?
C'est la gauche qui a ouvert cette boite de Pandore : une précarité sans précédent dans le monde du travail.
J'en veux pour preuve le nombre d'offres d'emplois sur le site de l'ANPE à temps partiel en "CDI classique".

Justement ce matin, je me suis livrée à une petite expérience sur le site de l'ANPE. J'ai relevé les offres dans ma profession et dans mon département :
- 5 CDI
- 8 CDD
- 4 CNE
Tous les CDD émanent de boites d'intérim, mais le plus intéressant a été de comparer la rémunération entre CDI et CNE et, n'en déplaise à certains, les CNE sont mieux payés que les CDI classiques !
Ca prouve bien, que libérées de certaines contraintes, les entreprises n'hésitent pas à rémunérer plus correctement les salariés qu'ils embauchent.

Pour finir, et à l'attention de ceux qui répandent des poncifs et des clichés irréalistes sur le CPE, je tiens à leur dire, que pendant plus de 10 ans j'ai travaillé dans un secteur plus que précaire. Cela ne m'a jamais empêché de vivre très bien, de me loger, de m'acheter une voiture, etc...
Tout individu qui possède de la motivation, de la déterminination, des compétences et une conscience professionnelle réussit toujours, quelque soit le contrat signé à la base.
Ce n'est pas le contrat qui fait la carrière professionnelle, mais ce que l'on est capable d'apporter en valeur ajoutée à une entreprise pour la convaincre de nous garder.

Sur ce, bon lundi à tous !

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13 décembre 2005

"Merci la SNCF, je fais 60 heures au lieu de 50!"

C'est le titre d'une dépêche AFP que je viens à l'instant de lire sur le site Yahoo.
La parole est donnée aux usagers franciliens de la SNCF et victimes encore une fois d'un conflit dont ils ne comprennent plus la cause et les revendications.
On comprend aisement leur ras le bol face aux difficultés qu'ils rencontrent quotidiennement pour se rendre sur leurs lieux de travail ou pour tout simplement se déplacer.
A lire...

Posté par Diane_1964 à 13:11 - D'accord, pas d'accord ? - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 novembre 2005

Chasse gardée

François Fillon a t-il la rancune tenace ou joue t-il seulement son rôle de fidèle conseiller politique de Nicolas Sarkozy ?
Depuis quelques jours il multiplie les déclarations dans la presse en ne se privant pas d'égratigner le Président Chirac ou en mettant en garde Dominique de Villepin, si ce dernier se mettait à rêver, lui aussi, le matin en se rasant, de poser ses valises à l'Elysée :

"Quant au Premier ministre, il doit mesurer qu'il n'y a pas de place pour deux candidats de la majorité", a t-il déclaré, après avoir dit que Nicolas Sarkozy "est le mieux placé".

Voilà Dominique de Villepin prévenu comme tout autre éventuel postulant de droite. La présidentielle est la chasse gardée de Nicolas Sarkozy ! Nul ne doit y songer au risque de s'attirer les foudres de la garde rapprochée du "peut être futur candidat".

Rappelons quend même à Monsieur Fillon qu'à ce jour Dominique de Villepin n'est candidat à rien, il se consacre à sa tâche de Premier ministre avec une grande détermination pour remettre la France sur "ses deux jambes" et quand à Nicolas Sarkozy, il n'a pas été encore désigné comme candidat et son avance dans les sondages ne lui donne aucune légitimité. Monsieur Fillon dans son euphorie veut griller des étapes il me semble.
Il reste un certains nombre d'obstacles à franchir avant d'aller caracoler sur le perron de l'Elysée. François Fillon en affirmant qu'il n'y a pas de place pour deux candidats à droite enterre bien vite une partie des militants et sympathisants UMP qui ne sont pas sarkozystes et qui entendent bien avoir à cette présidentielle un candidat qui incarne leur position et leur vision de la France.

En même temps, je me dis que si certains proches de Nicolas Sarkozy montent régulièrement en première ligne pour dissuader Dominique de Villepin d'être candidat, c'est qu'ils craignent cette éventualité. Ils ont beau dire qu'il n'aura jamais une stature de présidentiable dans un si court laps de temps, une partie de l'opinion publique affirme le contraire.

Nous conseillerons donc à Monsieur Fillon d'économiser sa salive et son énergie pour la campagne présidentielle, lorsqu'elle aura "officiellement" démarré, de retourner à sa mission de conseiller politique et nous mettrons "ses petites phrases" sur le compte de son éviction du gouvernement toujours pas digérée !

Posté par Diane_1964 à 17:46 - D'accord, pas d'accord ? - Commentaires [1] - Rétroliens [1] - Permalien [#]



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