01 novembre 2006
Education : la racine du mal ? acte 2
J'avais écrit ce billet il y a un an au plus fort des incidents dans les banlieues et je constate que le sujet revient encore sur le devant de la scène comme une maladie chronique pour laquelle aucun traitement ne semble marcher
L'absence ou de graves carences dans l'éducation sont-elles à l'origine de cette délinquance qui embrase les banlieues et qui fait bacusler de plus en plus de délinquants mineurs dans le crime ?
On aurait du se poser cette question plus tôt, au lieu de ne voir dans le malaise des jeunes des banlieues que des problèmes conjoncturels, sociétaux et politiques.
On aurait du s'inquiéter plus tôt des conséquences face aux parents de ces jeunes, pris eux aussi dans la tourmente et confrontés aux problèmes du chômage, de la précarité, de l'intégration etc... Des parents dépassés et abandonnant toute mission éducative auprès de leurs enfants, fermant les yeux, les laissant livrés à eux mêmes de plus en plus tôt sans garde fou, ni limite. Des enfants qui trouvent "refuge" dans la "bande", seule structure capable de leur donner "une place" et un semblant de "reconnaissance", bien souvent pour le pire.
Aujourd'hui 1er novembre 2006, qu'est ce qui a changé ?
Evoque t-on plus souvent ces parents et leur responsabilité dans l'échec éducatif de leurs enfants ? La société ne peut pas porter tous les maux sur ses épaules, elle ne peut se substituer au rôle d'un père ou d'une mère dans la construction d'un enfant, elle ne peut pas leur apporter ce socle, ce cadre indispensable pour grandir sereinement.
Si la cellule familiale n'est pas capable de donner à un enfant amour, sécurité, respect de soi, des autres et des règles, il ne faut pas nous étonner de retrouver ces mêmes enfants dans la rue cherchant à se confronter à des limites que personne n'a défini pour eux.
Qu'on ne vienne pas me bassiner une fois de plus avec l'environnement dans lequel vivent ces enfants, le divorce, le chômage, la pauvreté, je ne nie pas que ces facteurs sont à prendre en compte, mais je travaille toute la journée avec des personnes en grande précarité, qui parlent à peine notre langue, dont l'avenir est plus qu'incertain, mais je constate que la plus grande partie de ces familles n'en oublie pas pour autant l'une de leur priorité : éduquer leurs enfants, les pousser vers une bonne instruction et surtout ne pas les élever dans la fatalité de leur précarité actuelle.
Aujourd'hui, nous sommes tous passés de l'autre côté de la barrière, les adolescents franchissent chaque jour un pas supplémentaire vers la criminalité et la justice doit les juger comme des adultes pour se faire entendre et les parents de ces enfants ne sont jamais montrés du doigt ou si peu.
Pour illustrer mes propos, je vous livre un article de Cécilia GAZIBON du Figaro, paru le 12 novembre 2005.
Quand les parents démissionnent
Une bonne part des émeutiers sont des mineurs dont les parents ont souvent renoncé.
«J'EN VEUX énormément à mes parents de m'avoir si mal lancé dans la vie, raconte Mohad, 18 ans, dans une rare confidence. Ils me font honte, ces analphabètes. Ils me donnent des coups pour m'éduquer, alors qu'ils vivent de mes allocations familiales.» Depuis l'adolescence, Mohad, qui vit au Pavé neuf à Noisy-le-Grand, ment chez lui pour éviter les claques, crie fort à l'école pour donner le change. Il a «cassé» ces derniers jours, reconnaît-il, parce que tout «bout» en lui.
Sa mère feint d'ignorer cette révolte. «Je lui ai demandé de rester à la maison», commence Fathia, 45 ans, sur le ton du devoir accompli. Avec ses cinq enfants, son français hésitant et son horizon réduit à la cité HLM, Fathia «couvre» depuis bien longtemps la dérive de Mohad. «Quand j'étais convoquée à l'école, je voulais défendre mon fils pour qu'il ne soit pas puni. Sinon, son père l'aurait tapé.» Elle refuse d'autant plus farouchement les critiques qu'elle se sent coupable. «C'est peut-être de ma faute si Mohad ne tourne pas rond. Je n'ai jamais pu l'aider pour les devoirs.» Chaque fois que la police l'a interpellé, elle a juré aux agents: «C'est pas possible que mon fils ait fait ça!» De toute façon, «les policiers sont contre nous», assure cette Algérienne. Mohad dans sa rage, Fathia entre regrets et déni: ainsi va cette famille, malade, sans savoir vers qui se tourner.
Les émeutes n'ont fait que mettre au jour des liens déjà brisés entre les générations, une autorité parentale perdue depuis longtemps et, parfois, de la maltraitance. Si certains adultes s'interrogent, beaucoup préfèrent accuser:«C'est avec leur loi de protection de l'enfance qu'ils ont créé la délinquance», martèle Amina, 5 enfants, de la Courtille, un quartier de Saint-Denis: «Mes fils revenaient de l'école en brandissant le numéro pour enfants battus». Aujourd'hui, elle se pose en mère courage, réclame la suppression des allocations familiales «pour ces parents qui se fichent de leurs enfants». Mais derrière cette morale clamée haut et fort, se cachent deux fils trafiquants, ses aînés qu'elle a abandonnés lorsqu'ils étaient adolescents pour refaire sa vie. Mais cela, Amina ne le mentionnera pas.
Partout, le silence recouvre les blessures. Yacine, 18 ans, vit à Bondy avec son père. «Un inconnu, dit-il. Je ne sais rien de lui. Il ne me parle jamais.» Alors Yacine avance à l'aveuglette, coincé entre la tradition familiale qui ne se discute pas et ce monde extérieur si différent. Pour se sentir moins seul, moins perdu entre ces contradictions, il s'est trouvé une autre famille: «les copains». Et les a suivis les soirs d'émeutes.
Ces gamins qui partagent si peu avec leurs parents les défendent pourtant bec et ongles. «Ma daronne (mère) a tout donné pour nous», martèle Nissan, 18 ans, incendiaire la nuit, aux alentours du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) où il vit. Sa mère divorcée adule ce fils certes délinquant, mais si prévenant. «Il cherche du travail, mais personne ne veut le prendre», assure Malika, 45 ans, 7 enfants. Fataliste, les yeux depuis longtemps fermés sur tout ce qui la dérange, Malika assure n'avoir «aucun problème d'autorité».
Tout comme Fatou, deuxième épouse, mère de six enfants de La Courneuve (Seine-Saint-Denis). Majestueuse dans son boubou, elle semble bien loin des méfaits de ses fils, que tout le quartier dénonce. Le père, éboueur en retraite, est au «village», au Mali, pour plusieurs mois. Pendant que les parents gardent les yeux rivés sur l'Afrique, les enfants se perdent dans les cités.
Smaïn, lui, a choisi: «J'éduque mes enfants à la française». Mais, au bord des larmes, ce mécanicien de 38 ans redoute de voir ses efforts anéantis par les émeutes: «J'ai peur qu'on rejette un jour mes enfants, qu'on les renvoie au Maroc, alors que j'aurai tout fait pour qu'ils soient des Français.»
29 octobre 2006
Un homme libre
"Je vote Villepin, même s'il n'est pas candidat".
Azouz Begag martèle cette phrase dans tous les médias, à midi c'était chez Laurence Ferrari sur Canal+ et à l'instant sur France 5 dans Ripostes.
Pour lui, il n'y a aucun doute, le premier Ministre est le seul capable de réveiller les valeurs républicaines de notre pays et de pouvoir apporter à notre société une dimension sociale indispensable à son unité.
Celui qui a piqué une belle colère il y quelques jours devant un parterre de journalistes internationaux en a marre de passer encore pour être seulement "l'arabe du gouvernement". Un coup de gueule légitime de la part celui qui se bat pour que les compétences des uns et des autres soient mises en avant et que disparaisse enfin les discriminations de toute sorte.
Le ministre délégué à la Promotion de l'Egalité des chances a doublement raison de "l'ouvrir" au moment où les tensions se reveillent dans les banlieues et où une partie des politiques et des syndicats de police font le constat de l'échec du ministre de l'Intérieur à maîtriser les violences dans ces quartiers sensibles.
Azouz Begag pointe aussi du doigt les médias qui préfèrent faire du spectaculaire et montrer encore et encore des images propres à attiser la violence au lieu de se concentrer sur les mesures mises en place depuis des mois pour aider les jeunes à sortir de leur enfer quotidien comme l'agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances.
Azouz Begag a lâché une petite bombe qui intéressera les lyonnais en déclarant qu'il sera peut être candidat aux municipales pour représenter la "troisième voix" face à Gérard Collomb et Dominique Perben et également aux législatives dans la deuxième ou la septième circonscription.
Il y a fort à parier que cette annonce ne va pas être du goût de tout le monde à droite !
Peu importe, Azouz Begag se définit comme "un homme libre", il n'est pas encarté UMP, alors qu'est ce qui peut l'empêcher de venir jouer sa partie sur l'échiquier ?
En tous les cas s'il se présente dans la deuxième circonscription, il est déjà assuré d'avoir mon soutien.
28 septembre 2006
Ca déraille au pays de l'Oncle Sam
"Le monde est en train de commencer à douter de nos valeurs morales dans notre combat contre le terrorisme". Colin Powell
Ce n'était qu'une dépêche noyées au milieu de celles relatant par le menu la décision de Lionel Jospin de ne pas être candidat à la présidentielle.
Hier, la Chambre des représentants a adopté un projet de loi sur le traitement des prisonniers dans "la guerre contre le terrorisme" qui fixe les règles pour juger les prisonniers de Gantanamo.
On pourrait se dire, ouf enfin, sauf que ce projet prévoit que les prisonniers n'auront aucune possibilité de recours en justice concernant leurs conditions de détention.
Les quelques républicains qui ont "pondu" ce texte ont pris soin de spécifier que les agents chargés des interrogatoires ne devront en aucun cas utiliser la torture ou des traitements "inhumains et dégradants". On les "remercie" de cette attention, mais si les prisonniers n'ont aucun recours, comment saura t-on si les méthodes des interrogatoires seront en accord avec le droit et les traités internationaux ?
Que personne ne se trompe sur mes propos, je ne prends pas la défense des présumés terroristes, mais je m'interroge depuis un moment sur l'utilité d'un centre comme celui de Gantanamo et les méthodes employées par les américains dans cette guerre contre le terrorisme.
Est ce que cette traque justifie que toute notion de droit soit écartée ? Est il normal que ces personnes soient détenues depuis plus de cinq ans sans défense, ni procés ? Au nom de quelle cause Gantanamo doit il rester une zone de non droit où la torture est fréquente ?
Je me suis souvent demandée comment certains américains républicains qui jurent sur la Bible et invoque la bénédiction de Dieu dans tous les actes de leur vie pouvaient avoir une vision si "primaire" de la justice ?
Peut-on au nom de la justice torturer ou ôter la vie à notre tour ?
Pour en revenir à ce projet de loi, Nancy Pelosi, la Chef de file des démocrates à la Chamabre a déclaré, "autoriser la détention indéfinie (de suspects) dans des conditions qu'ils ne peuvent contester en justice est contraire à notre histoire et à nos valeurs".
Ce à quoi les républicains ont répondu que les démocrates persistaient à demander des droits pour les terroristes !! Il faudrait d'abord que l'on sache si tous les détenus de Gantanamo sont réellement des terroristes et seuls des procès équitables feront la lumière sur les charges qui pèsent sur eux, mais l'administration de Bush ne semble pas pressée de rendre justice à tous les citoyens américains victimes de la barbarie de quelques fanatiques...
18 septembre 2006
I'm back !
Vous pensiez que j'allais laisser définitivement ces pages à l'abandon? C'est mal me connaître.
Je plaide coupable pour cette longue absence. Après la tempête du CPE et le cirque médiatique de Clearstream, j'ai éprouvé le besoin de prendre un peu de recul et de seulement jouer les observatrices.
Ces semaines de "méditation intensive" ont conforté et renforcé mes convictions et je suis bien décidée à me jeter dans la belle bataille qui s'annonce pour dénoncer ce qui me dérange.
Je m'étais plus ou moins imposée une ligne consensuelle sur ces pages, mais les derniers échanges que j'ai eu sur certains sites m'incitent à adopter finalement des positions plus tranchées.
Au cours de ces dernières semaines j'ai constaté avec un certain effarement l'arrogance qui s'étaient emparés de tous les "fans" de Sarkozy. L'idée d'une possible candidature de MAM à la présidentielle les rend particulièrement agressifs et virulents. Ils pensaient que la voie était définitivement dégagée avec le flingage en règle au printemps dernier de Villepin, mais c'était sans compter sur la détermination d'une partie citoyenne de la droite gaulliste, farouchement opposée aux idées sarkozystes et appelant à une alternative.
Les réactions ne se sont pas faîtes attendre, j'ai lu sur quelques forums et quelques blogs des propos assez méprisants sur MAM et sa capacité à prétendre à la fonction présidentielle, propos tenus par des sarkozystes estimant que leur champion est le seul à pouvoir représenter la droite et que toute autre candidature serait criminelle. C'est à se demander si ces personnes se souviennent de ce qui s'est passé en 1995... de toute façon, dans leurs têtes, Sarko est déjà président, on se demande même pourquoi on devrait procéder à une élection !!!!!
Autre réaction désolante, c'est l'acharnement de ces "fans" à cracher sur le Gaullisme. Il faut dire que leur maître leur a montré la voie en la matière, sauf qu'ils ont loupé un chapitre, celui d'un discours de Sarko dans le sud où... d'un seul coup il s'est mis à se réclamer du Gaullisme... ben voyons !!
Tout ça pour vous dire qu'il est quasiment impossible d'entamer un débat cohérent avec ces personnes, je me suis même faite traîter de socialiste... oui vous avez bien lu... socialiste !!
Je ne résiste pas au plaisir de rebondir sur l'actu du jour, en particulier sur l'intervention du Président sur RTL. N'en déplaise à certains mais il est toujours là aux commandes et son gouvernement gouvernera jusqu'au dernier jour !
La bronca du printemps dernier n'aura finalement servie à pas grand chose, malgré les gesticulations de l'opposition et les phrases assasines des lieutenants de Sarko, elle aura surtout rendue à notre Président sa légendaire combativité et je pense que certains devront faire gaffe à leurs miches dans les prochains mois, à commencer par Sarko d'ailleurs, qui à mon sens joue vraiment avec le feu en se mettant systématiquement en porte à faux avec la politique internationale de notre pays.
Où est donc sa crédibilité quand il se déplace avec sa casquette de Ministre de l'Intérieur et qu'il critique ouvertement les décisions de la France ? Comme l'aurait dit Jacques Chirac, je trouve ça moi aussi "lamentable". Qu'il agisse ainsi quand il seulement le Président de l'UMP, à la rigueur, je peux comprendre, mais en sa qualité de n°2 du gouvernement c'est inadmissible.
Avant de mettre un point final à ce billet de retour, je ne résiste pas au plaisir (encore) de vous signaler que ce blog est encore cité par le Nouvel Obs, avec un lien vers un vieux billet sur un gouvernement d'union nationale.
Enfin, je remercie tous ceux qui au cours de ces derniers mois m'ont adressé des mails pour prendre de mes nouvelles ou pour me supplier de revenir... ou de rester où j'étais !
02 mai 2006
IL est toujours là !!!
Ce n'est pas ce soir que certains sortiront le champagne pour fêter la démission du Premier ministre. Ils peuvent remettre les bouteilles au frais et prendre leur mal en patience.
Belle leçon de courage encore une fois de la part de Dominique de Villepin, n'oubliant jamais dans cette tempête où sont ses priorités, réaffirmant sa détermination à mener son action jusqu'au bout et oeuver pour combattre le chômage.
Une leçon de courage sur laquelle certains, dans la majorité, devrait méditer car ce ne fut pas ces dernières semaines la principale des vertus dans notre camp.
Attaqué de toute part dans l'affaire Clearstream, il se dit prêt à être entendu par la justice pour qu’enfin toute la lumière soit faite sur ce dossier et qu’il cesse d’être alimenté par les allégations sans preuve de la presse.
Combien ont été naïfs de croire qu'ils pourraient décemment réclamer la tête de quelqu’un sur la base de rumeurs et de lynchage médiatique.
Dominique de Villepin a rappelé où était les priorités de son gouvernement et de la majorité et peu importe les plaintes outragées de l'opposition, le cap est gardé et c'est l'essentiel.
Bien sûr ces derniers évènements ont mis en lumière la division qui existe dans la majorité, tant chez les politiques que chez les citoyens et même si nous avons aujourd'hui la certitude que le Premier ministre n'aura aucune ambition présidentielle l'année prochaine, nous ne devons pas abandonner nos idées et nos convictions.
Il nous appartient, et là je m'adresse à ceux avec lesquels je partage de nombreuses valeurs, de nous rassembler sans attendre, de soutenir l'action du Premier ministre et d'oeuvrer pour le candidat qui représentera l'alternative à tous ceux de droite dont nous ne voulons pas et que celui ci soit le mieux placé l'échéance présidentielle...
10 avril 2006
La grande arnaque
Je voudrai en premier lieu applaudir de mes deux petites mains les députés UMP, dont la plupart il y a encore quelques jours, ne juraient que par la "rupture" et qui aujourd'hui ont ressucité une fois de plus l'état providence ! (ironie et cynisme)
La majorité et le gouvernement auront du baisser le pantalon jusqu'aux chevilles pour sortir de la crise et laisser sur le bord du chemin un certain nombre de convictions.
La gauche crie victoire et semble approuver cette mesurette, elle qui ne cesse de dire depuis des mois que la baisse du chômage n'est qu'un leurre, puisqu'elle ne peut s'expliquer que par l'augmentation de contrats aidés signés et surtout pas marchands. (sic)
Les étudiants et les organisations syndicales se réjouissent aussi, mais au final qu'ont ils gagné ?... peu de choses.
Cette mesure ne concernera que les jeunes en grande difficulté et je ne peux que souhaiter que celle ci leur soit profitable pour leur entrée sur le marché du travail, pour les autres, c'est un retour à la case départ. Ils ont obtenu le retrait du CPE, mais rien de rien en échange. La question de l'entrée des jeunes en entreprise demeure, alors jusqu'à ce qu'une solution soit enfin trouvée en acceptant les réalités du terrain, les jeunes devront se contenter des CDD à répétition, mais ça n'en gênera pas certains qui préférent ça au CPE n'est ce pas... et les interminables stages !
Une fois de plus, pour calmer la grogne, nos responsables politiques ont sorti le mercurochrome et les pansements, histoire de calmer un peu la douleur et de cacher la plaie et tout le monde se satisfait de cette méthode.
En France, les idées de changements doivent toujours en rester au stade de la rhétorique, le Premier ministre vient d'en faire l'amère constat durant ces deux derniers mois, cloué au pilori pour avoir voulu mettre en chantier la réforme du marché de l'emploi et offrir la possibilité aux plus jeunes d'avoir les outils nécessaires pour s'insérer dans la vie active.
Une partie de l'opinion publique n'est pas capable de faire la différence entre précarité et flexibilité.
Dominique de Villepin a t-il raison de rester à la tête de ce gouvernement ? Aura t-il la possibilité d'entamer ces chantiers qui lui tiennent à coeur avec d'un côté une opinion publique qui a rejeté sur lui 20 ans d'immobilisme et une majorité qui va à coup sûr le contrer tant qu'elle le pourra ?
Saluons son courage pour ne pas jeter l'éponge et aller jusqu'au bout de cette mission, c'est un fait rare dans l'histoire de notre pays...
«J'ai voulu proposer une solution forte, parce que j'ai la conviction qu'au-delà de l'engagement nécessaire de l'Etat, seul un meilleur équilibre entre plus de souplesse pour les entreprises et plus de sécurité pour les salariés, nous permettra de rompre avec le chômage dans notre pays. Cela n'a pas été compris par tous, je le regrette».
Nous aussi, Monsieur le Premier ministre on le regrette...
31 mars 2006
En attendant 20 h 00...
... et l'intervention du Président Jacques Chirac, à propos de laquelle je ne me livrerai à aucune spéculation, je vous propose de lire à lire le Bloc - note d'Yvan Rioufol paru dans le Figaro de ce matin.
Une analyse très pertinente sur l'état de santé de notre société et les causes réelles et profondes de la crise qui agite notre pays.
30 mars 2006
CPE validé
A l'instant, le conseil constitutionnel vient de rendre sa décision : le CPE est validé sans réserve et selon l'avis des sages, ce contrat ne remet pas en cause le principe de l'égalité entre les salariés.
(Un billet plus long un peu plus tard)
26 mars 2006
No comment !!!
Une certaine partie de la jeunesse s'insurge contre 2 points d'un texte de loi, voilà ce qu'elle se permet de réclamer :
"Non seulement nous continuons de réclamer le retrait immédiat du texte, mais nous estimons que le gouvernement doit se retirer en même temps que son projet", a demandé la coordination dans une déclaration lue à la presse.
Dans la surenchère des ultimatums c'est le bouquet !!
25 mars 2006
Une question de responsabilité
"Mateuss le Virulent" a commenté sur le billet précédent une petite phrase du Premier ministre :
"Je souhaite répondre aux deux préoccupations majeures des jeunes sur le CPE : la période de deux ans et les conditions de la rupture de contrat"
De Villepin, ce matin...
Gain de temps, dénaturation du CPE, lard ou cochon ?
Ou encore un énième jeu sémantique pour jouer la confusion ?
Tu as oublié une question et la plus importante à mon sens : une véritable volonté de trouver des solutions dans ce conflit qui ne gagnera rien à s'enliser ?
En refusant les deux invitations lancées en 24h00 par le gouvernement, les syndicats des lycéens et des étudiants ont commis une erreur tactique. Ils auraient du calquer leur attitude sur celles de leurs "ainés" dont la portée est avant tout symbolique. Chaque partie a fait un pas, même si hier aucune solution n'a été trouvée, mais cela montre que le fil n'est pas rompu.
En persistant dans l'ultimatum du retrait du CPE, vous allez devoir maintenant assumer votre part de responsabilité dans la suite du conflit et ne plus rendre le gouvernement seul responsable.
En refusant de faire ce premier pas, vous prenez la responsabilité de voir une situation rapidement dégénérer et que vous ne maîtriserez plus.
Déjà vous ne contrôlez plus guère vos troupes. Chaque jour, des casseurs, des extrêmistes de droite et de gauche, des anarchistes infiltrent vos rangs sans que vous soyez capables de les identifier dans les établissements bloqués ou les manifestations.
A vouloir durcir ce conflit dans les universités et dans la rue, vous mettez votre propre sécurité en danger et vous ne pourrez pas éviter la récupération par tous les indésirables qui balancent des pavés sur tout le monde, étudiants ou flics sans distinction.
Vous vous insurgez quand les CRS chargent et vous leur reprochez également de ne pas intervenir dans certains cas... Il faudrait savoir non ?
Faire monter encore d'un cran la tension dans ce conflit c'est s'exposer fatalement à des drames.
On ne s'amuse pas à faire la "révolution" sans en mesurer les risques et les dangers.
De plus, vous croyez qu'une certaine partie de l'opinion publique vous suivra jusqu'au bout... méfiez vous, si vous ne vous décidez pas à venir à la table des négociations, cette même opinion publique s'impatientera surtout si avec vos manifestations quotidiennes vous continuez à perturber la vie dans les villes, comme les transports, la circulation, etc...
Vous refusez d'entendre vos camarades qui veulent étudier et dont certains ne peuvent se permettre de mettre en danger leur année scolaire.
Vous avez fait entendre votre voix, c'est légitime, vous avez montré votre détermination et le profond malaise qui vous anime, c'est parfait, alors maintenant il faut être responsable et réfléchir à l'intérêt de votre génération : refuser le dialogue ou entamer avec le gouvernement une véritable concertation et un vrai travail d'élaboration de projet en faveur des jeunes travailleurs.
Le CPE ne sera pas retiré parce que bien aménagé il répondra aux besoins d'une partie des jeunes, mais il n'est qu'une mesure et pas un plan à lui tout seul. A vous maintenant d'aller poser vos projets sur la table et de prendre en main d'une façon active et responsable votre avenir.
Si vous restez seulement dans la rue, vous n'aurez rien et vous vous exposez à de nombreux débordements ce que personne ne souhaite.
