06 avril 2006
Baisser les bras ? Pas question !
Extrait du discours prononcé par Dominique de Villepin, ce matin, lors de sa conférence de presse mensuelle
"Quelles sont les premières leçons que je veux tirer de la crise actuelle ?
La première leçon, c’est que nous nous sommes attaqués au nœud des difficultés françaises : le chômage des jeunes.
Je l’ai dit : le cœur de l’anxiété sociale française vient du sort que nous réservons aujourd’hui aux jeunes. Tant que tout sera difficile pour beaucoup d’entre eux, tout sera difficile pour notre pays.
Les jeunes, ce n’est pas un continent à part de la société ; les jeunes, c’est une partie de nous-mêmes. La confiance dans l’avenir, la sérénité, le goût de l’engagement, nous le retrouverons avec eux, en leur donnant toute leur place dans notre société et en facilitant enfin leur insertion professionnelle.
Ce problème a été enfin ouvert, il ne pourra plus être refermé.
La deuxième leçon, c’est que j’ai voulu aller vite, c’est vrai.
Simplement parce que je veux des résultats pour les Français et surtout pour les jeunes.
Il faut renforcer les modalités du dialogue social, dans un domaine où la responsabilité de l’Etat est centrale vis-à-vis de ceux qui ont le plus de difficultés et qui n’accèdent pas à l’emploi.
Mais la méthode rejoint le fond : est-ce que les partenaires sociaux sont prêts aujourd’hui à reconnaître que la flexibilité est un moyen nécessaire pour donner un emploi à tous ? Est-ce qu’ils sont prêts à travailler avec nous à la mise en place des protections, des sécurités et des contreparties nécessaires à cette flexibilité ? Je le souhaite."
Intégralité du discours du Premier ministre
Photo François Mori / AP
05 avril 2006
Touché certes... mais pas coulé.
A ceux qui depuis des jours s'emploient à creuser la tombe du Premier ministre, faites donc une pause dans votre besogne, allez prendre une bière ou allez à la pêche et revenez plus tard.
La "bête" est peut être touchée, mais pas encore à terre.
Les propos de Dominique de Villepin, cet après midi à l'assemblée, sont à mon avis sans équivoque.
N'en déplaise à certains il est toujours le chef du gouvernement et entend assumer tout son rôle dans le dossier du CPE et quant aux conclusions qu'il en tirera dans quelques jours, après les négociations, je suis sûre qu'elles seront en accord avec ses convictions... mais arrêtons de spéculer sur ce point, l'intéressé nous informera en temps voulu !
Pourquoi devrait il tirer sa révérence ? Est ce pour respecter une "tradition" bin française où chaque Premier ministre qui traverse une crise doit abandonner son action parce que la rue grogne ?
Tous les résultats obtenus sur le front de l'emploi, le bon départ du CNE, etc... Tout ça a été balayé d'un revers de la main en quelques jours par une opinon publique plus versatile que jamais.
La crise du CPE a mis en lumière le problème de toute une génération à entrer sur le marché du travail...
Le Premier ministre s'en est inquiété très tôt, contrairement à certains de ces prédecesseurs, il a voulu trouver des solutions sans attendre...
C'est vraiment navrant qu'on lui fasse payer à ce point là sa méthode, mais il a mis le doigt là où ça fait mal, cette certitude que nous pouvons encore continuer dans un système poussif et malade.
Si je me suis souvent inquiétée de cette fameuse méthode, je ne comprends toujours pas celle des syndicats.
A poser des ultimatums, on ne pousse pas au dialogue.
Il aurait été, à mon avis, plus judicieux d'accepter très vite la main tendue par le gouvernement pour venir exposer toutes les propositions possibles et apporter les aménagements souhaités à ce contrat et nous aurions sûrement évité une crise d'une telle ampleur.
On attend maintenant le résultat des négociations entre les parlementaires et les syndicats.
24 janvier 2006
Le contrat Première embauche une avancée significative
Depuis plusieurs jours, les syndicats de gauche nous annoncent que le CPE (contrat premiere embauche) est anti-démocratique. Ce matin, sur l'antenne de RTL, le Président de l'UNEF (le principal syndicat étudiant de gauche) profitait de l'annonce du CPE pour taper sur le gouvernement. L'UNEF qui au passage niait avoir une relation privilégiée avec le PS.... (on croît rêver)
Ainsi donc la gauche, qui a été incapable de mettre sur pied une quelconque action durable nous explique «Pour un jeune, il est préférable d'avoir un CDD de deux
ans plutôt qu'un sous-CDI ou un sous-contrat de travail comme il est
proposé où, pendant deux ans, ce sera la roulette russe et où le jeune
se demandera tous les jours s'il sera gardé par son patron le lendemain»
Donc
parlons de ma petite personne... Depuis le début de mes études
supérieures, il y a 5 ans, je cumule les CDD. J'ai signé pas moins de
38 contrats de travail. Alors non, ce n'est pas un CDD ni deux, mais
des dizaines. Ainsi donc aujourd'hui si l'on me propose un CDI je ne
vois pas pourquoi je m'y opposerai. Encore une fois les donneurs de
leçons ne sont pas les payeurs. Donc non, le Président de l'UNEF n'est
pas représentatif des étudiants ! Pour moi en tout cas, certainement
pas!
Je vous donne en lien quelques sites qui relaient les mêmes messages que moi.
de-villepin.org
Oui au contrat Première embauche
Jeunes Pour le CPE
Tribu CPE
16 janvier 2006
Emploi des jeunes : en finir avec la trappe à précarité
23 % des jeunes entre 18 et 25 ans sont sans emploi dans notre pays et on peut se demander si au regard de ce chiffre il est encore de bon ton de se cacher derrière un débat idéologique pour résoudre ce problème ? Peut on laisser plus longtemps un quart de cette génération sur le carreau ? Peut on accepter que ces jeunes passent presque une décennie à construire leur avenir professionnel ?
Ce n'est pas l'avis du Premier ministre, qui ce matin, lors de la présentation de la deuxième étape de son plan pour l'emploi, a constaté que nous étions bien en face d'un problème structurel urgent à résoudre et qui pourrait avoir de graves conséquences sur l'avenir de notre pays.
Pour lui, rien ne se règlera dans les discours sans fin, mais dans l'action et avec des mesures en adéquation avec l'inévitable mutation du marché du travail. Son constat est sans appel, il veut rompre avec "les logiques de partage du travail qui ont échoué". "Ni l'avancement du départ à la retraite des seniors ni la politique de réduction du temps de travail n'ont permis de faire baisser durablement le chômage, en particulier celui des jeunes", a -t-il ajouté.
Pour Dominique de Villepin, le meilleur moyen de lutter contre la précarité c'est l'activité.
Conforté par le succès du CNE (280 000 embauches conclues à ce jour, avec seulement un taux de 10 % d'échec) et sûrement convaincu du bien fondé de ce contrat dans la conjoncture actuelle, le Premier ministre a annoncé la création du "Contrat première embauche" (CPE) pour les jeunes travailleurs de moins de 26 ans.
A l'image de son "ainé", le CNE, est un contrat à durée indéterminé pour lequel le jeune sera rémunéré au même titre que n'importe quel autre salarié de l'entreprise, il n'y aura donc pas d'amalgame possible avec le contrat d'insertion professionnel, piège dans lequel est déjà tombé François Hollande en le qualifiant en toute ignorance de "sous contrat" sous "rémunéré" !
Le CPE ouvre aussi la porte à toute une protection sociale, jusque là souvent absente dans l'emploi des jeunes : indemnité de chômage, de rupture de contrat, droit individuel à la formation dés le deuxième mois de l'embauche, accession au prêt et au logement grâce au Locapass. Le CPE aura lui aussi une période de consolidation de 2 ans, période durant laquelle seront pris en compte les stages et les CDD du jeune salarié au sein de l'entreprise.
Le Premier ministre a affirmé que "ce contrat, c'est une entrée directe dans un emploi stable: il a vocation à aider ceux qui ont de réelles difficultés à entrer sur le marché du travail, pas à se substituer aux autres contrats. C'est l'assurance de construire un vrai parcours sécurisé dans l'entreprise. C'est un CNE beaucoup plus protecteur".
Le Premier ministre entend aussi développer la formation en alternance qu'il considère comme une "voie d'avenir pour permettre aux jeunes de trouver plus facilement un emploi". Il a annoncé que les entreprises de plus de 250 salariés devront employer des jeunes en alternance à hauteur de 1% en 2007, 2 % en 2008 et 3 % en 2009.
Dominique de Villepin a également entendu la grogne des stagiares et les abus dans ce domaine. Désormais, tout stage de plus de trois mois devra être obligatoirement indemisé et les stages "longs" devront être reconnus dans le cursus universitaire.
Gérard Larcher et Gilles de Robien sont chargés de rédiger une "charte des stages" pour définir des règles de bonne conduite.
Durant cette conférence de presse, Dominique de Villepin ne s'est pas contenté d'annoncer des mesures en faveur des jeunes, il a aussi lancé l'idée qu'il serait opportun de se pencher sur "les conséquences du lancement réussi du contrat nouvelles embauches pour lancer une réflexion sur l'évolution générale des contrats de travail dans notre pays". (...) "Certains envisagent un contrat unique, d'autres souhaitent étendre le contrat nouvelles embauches, toutes ces options sont sur la table de la concertation."
Le Premier ministre entend bien dans les prochains mois lever les tabous qui planent depuis trop longtemps sur le marché de l'emploi et qui finissent par nuire autant aux salariés qu'aux employeurs.
Les mesures prises depuis cet été, ne sont pas de simples "mesurettes", comme aiment à le dire certains, mais les premières bases de nouvelles règles indispensables pour réussir son parcours professionnel sur un marché du travail en pleine mutation. Il est peut être temps, pour certains, de cesser de voir dans la "souplesse et la flexibilité" le spectre de la précarité.
La précarité c'est le chômage, ne nous trompons pas de combat !
Photo Jack Guez AFP
19 décembre 2005
2006 : une année utile, une année dans l'action
Avant la trêve des confiseurs, Dominique de Villepin a d'ores et déjà planté le décor de l'année qui pointe le bout de son nez.
2006 sera "une année d'action, une année utile pour l'ensemble des Françaises et des Français" a t-il déclaré en rappelant que l'emploi restera la priorité du gouvernement.
Le Premier ministre a profité du point presse à la fin du séminaire gouvernemental pour dresser un bilan de ses 200 jours à Matignon et pour fixer les grandes lignes de l'action du gouvernement pour les mois à venir.
"Nous avons conscience qu'il y a encore beaucoup à faire" a admis le Premier ministre. "Nous avons rencontré également des difficultés au cours des derniers mois, la journée du 4 octobre, un certain nombre de grèves dans le secteur public, des plans de restructuration" (...)"A chaque étape, nous avons essayé d'apporter des réponses, tout comme face à la crise des banlieues qui a été une épreuve pour l'ensemble de notre pays" a-t-il souligné sans oublier de préciser les "quelques premiers résultats dans le domaine de l'emploi, sur le front de la croissance, sur le front industriel aussi".
Dominique de Villepin a ensuite dévoilé les 3 grands axes de travail du gouvernement pour 2006 :
"L'emploi reste la priorité de l'action gouvernementale. Si nous voulons gagner cette bataille pour l'emploi, il nous faut avancer dans deux directions: d'abord créer davantage d'emplois dans notre pays, et c'est tout le sens de la deuxième étape du plan que nous présenterons au début de l'année prochaine, et avancer dans la voie d'un accompagnement personnalisé de chacun" a-t-il décrété.
Le gouvernement devra s'atteler à la lourde tâche de la modernisation de l'Etat avec notamment le "douloureux" dossier de la dette publique.
Le Premier ministre veut "pouvoir trouver de nouvelles marges de manoeuvre" et entend bien ramener les finances publiques à l'équilibre dans les cinq prochaines années.
Le gouvernement travaillera aussi sur "la réforme des structures et des missions de l'Etat".
"Nous serons amenés à continuer les audits engagés par Jean-François Copé (...) Ils se poursuivront jusqu'au mois de juin. Il faudra en tirer toutes les conclusions et je souhaite le faire dans un esprit de transparence et faire en sorte que ces missions, ces structures soient adaptées aux exigences de nos compatriotes" a expliqué Dominique de Villepin.
Enfin le troisième chantier du gouvernement pour 2006 est "l'exigence républicaine" avec la poursuite de l'action en matière de sécurité. Le plan de prévention contre la délinquance, préparé par le ministre de l'Intérieur, sera présenté dans quelques semaines tout comme le projet de loi sur l'égalité des chances et le gouvernement entend bien continuer la lutte contre l'immigration clandestine et veiller à la stricte application des règles pour l'immigration régulière.
Pour le Premier ministre il est essentiel de "maintenir l'équilibre entre le dynamisme économique et la solidarité" et selon lui "toutes les mesures sont prises avec le souci de la priorité à l'emploi et du cap fixé de la croissance sociale".
Pour le chef du gouvernement il n'est pas question de prendre des "mesures au coup par coup en fonction des difficultés", mais il s'agit d'inscrire l'action du gouvernement dans "une vision d'ensemble pour permettre à la France d'avancer et de se moderniser".
Photo Jack Guez AFP
13 décembre 2005
Grenelle : nouvel acte de la bataille pour l'emploi
Le Premier ministre a proposé hier au ministère du Travail tout un train de mesures aux partenaires sociaux en réponse à l'urgence sociale dont souffre la France.
Ces propositions reposent sur "la sécurisation du parcours professionnel et une meilleure récompense des salariés".
"C'est bien parce que j'estime qu'il y a une urgence sociale dans notre pays que nous devons ouvrir un certain nombre de chantiers en même temps, avec une exigence de résultat", a déclaré le Premier ministre.
"N'attendons pas demain de nouvelles crises, attachons-nous au contraire à moderniser aujourd'hui notre pacte social (...) Etat, syndicats, entreprises, nous avons une exigence d'action pour répondre aux grands enjeux de notre pays", a-t-il ajouté.
Les Français ont compris qu'ils devraient changer plus fréquemment de travail ou d'activité et que les entreprises avaient besoin de davantage de souplesse dans leur recrutement et dans leur organisation. Mais ils réclament deux contreparties légitimes".
La première, c'est "un parcours professionnel dynamisé et sécurisé" et la deuxième "une meilleure récompense de l'effort".
Pour répondre à la première exigence, Dominique de Villepin a proposé de mettre en place, à titre expérimental dans des zones fortement touchées par le chômage, le "contrat de transition professionnelle" (CTP). Il concernera les salariés licenciés économique d'entreprises de moins de 300 salariés. Ce contrat leur permettra de conserver leurs salaires, de suivre une formation et d'excercer leurs compétences dans des sociétés privées ou publiques.
L'intérêt de ce dispositif est de maintenir les demandeurs d'emploi dans une dynamique qui ne les éloigne pas de la vie professionnelle et sociale et de prévenir certaines difficultés comme le surendettement en maintenant leurs salaires.
Pour la deuxième exigence, le Premier ministre a souhaité la mise en place d'un "dividende du travail". Il a rappelé que le projet de loi sur la participation et l'épargne salariale serait discuté au cours du premier semestre de l'année prochaine.
Un "droit universel à la formation d'une durée d'un an" pour ceux qui n'auraient pas de dîplome et ayant déjà une expérience professionnelle de deux ans, multiplier par trois les bénéficiaires de la validation des acquis (VAE), "la prime de transport" qui sera discutée dans la négociation 2006 des entreprises, toutes ces mesures ont été également présentées par le Premier ministre lors de cette réunion.
Dominique de Villepin a déclaré qu'il présenterait au cours du premier semestre 2006 un plan pour l'emploi des jeunes pour mieux les conduire "vers les métiers d'avenir et vers les métiers en tension qui demandent de la main d'oeuvre".
Enfin, il a souhaité que les négociations entre partenaires sociaux concernant l'UNEDIC aboutissent rapidement sur un accord "responsable et favorable à l'emploi", qui ne saurait toutefois se traduire par un transfert de dépenses vers l'Etat", comme il a rappelé que les branches qui n'avaient pas encore conclu d'accord en matière salariale, le fassent avant le 15 mars prochain.
L'objectif du Premier ministre pour 2006 est clair : réussir la modernisation du modèle social français.
Photo François Mori Reuters
02 décembre 2005
Pour l’égalité des chances
Ce fut, hier, le thème central de la conférence de presse mensuelle du Premier ministre.
En réponse à la crise des banlieues, il a présenté une série de mesures qu’il qualifie de « concrètes et immédiatement opérationnelles ».
« L’urgence aujourd’hui, c’est de faire de l’égalité des chances une réalité pour tous, avec deux leviers, l’emploi et l’éducation » a déclaré Dominique de Villepin, ajoutant aussi que « notre ambition c’est que chacun trouve sa place dans la République ».
Toute la presse a largement commenté ce plan ici ou là : l’évaluation rigoureuse des bases de l’instruction au CE1, des moyens supplémentaires pour les ZEP, un nouveau service public d’orientation, l’apprentissage junior à partir de 14 ans et ce dés la rentrée 2006.
Le Premier ministre a également annoncé la création d’un contrat de responsabilité parentale. Il est vrai que le problème de l’éducation et du rôle des parents a été au cœur des débats durant la crise des banlieues.
Le souhait de Dominique de Villepin, par l’intermédiaire de ce contrat, est de replacer les parents face à leurs responsabilités vis à vis de leurs enfants et de pouvoir trouver une aide appropriée en cas de difficultés.
« La conclusion et le respect de ce contrat seront obligatoires, sous peine d’amendes prévues par la loi de 2004 sur l’absentéisme scolaire, d’une mise sous tutelle des allocations familiales, placées sur un compte bloqué en attente d’une régularisation de la situation » a expliqué le Premier ministre.
Ce contrat sera à l’initiative des chefs d’établissement scolaire en concertation avec les services sociaux et les maires et le président du conseil général sera responsable de la mise en œuvre des décisions.
Le Premier ministre a ajouté que ce contrat « ne concernera pas seulement l’absentéisme scolaire, mais toutes les situations où l’enfant est en difficulté en raison d’une défaillance ou d’une insuffisance manifeste d’autorité parentale ».
Ce contrat loin d’avoir un aspect répressif permettra aux parents « dépassés » par l’attitude de leurs enfants de pouvoir trouver un soutien et un accompagnement personnalisé, mais il saura également rappeler tant aux parents qu’aux enfants quels sont leurs droits et leurs devoirs.
14 novembre 2005
Le gouvernement ne relâche pas la pression
Approuvé ce matin en conseil des ministres, un projet de loi, visant à proroger de 3 mois l'état d'urgence, sera discuté demain à l'assemblée.
Cette mesure que le Président Jacques Chirac qualifie de "strictement temporaire" montre bien que le gouvernement n'a nullement l'intention de relâcher la pression au moment où les violences en banlieues commencent à diminuer.
Ce qui justifie le choix du gouvernement c'est "l'extension de ces violences à des centres urbains, dirigées sans dictinction vers les personnes et les biens", comme les incidents samedi dernier Place Bellecour à Lyon à une heure où ce quartier est très fréquenté. Le Président Chirac a également souligné que cette mesure préventive aidera les forces de l'ordre a ramener le calme dans les zones sensibles.
Avant même l'examen de ce projet de loi, à l'UMP on s'est dit satisfait du "message de fermeté du gouvernement" et que "l'action déterminée du gouvernement permet aux zones de non droit de reculer". Bernard Accoyer estime que cette mesure est juste et répond à des circonstances exceptionnelles, un avis que ne partagent pas le PS, les Verts et le PC qui déclare que le gouvernement ferait mieux de décréter "l'urgence sociale". Sur ce point il me semble que c'est déjà fait avec les mesures annoncées par le Premier ministre la semaine dernière.
Le Président Chirac s'exprimera sur le sujet des banlieues, ce soir à 20 h 00 sur France 3.
07 novembre 2005
L'ordre républicain et des mesures pour les banlieues
C'est dans un climat de grande confusion et d'exaspération de la part des citoyens de tous bords que Dominique de Villepin fera ce soir, sur TF1, l'annonce d'une série de mesures en faveur des banlieues.
Hier soir, après le conseil de sécurité à l'Elysée, le Premier ministre a annoncé le renforcement "dispositifs de sécurité partout sur le territoire où cela est nécessaire". "Nous ne pouvons accepter aucune zone de non-droit", a-t-il dit.
Le bilan s'alourdit toutes les nuits, on ne compte plus les voitures incendiées, les policiers blessés et certains syndicats minoritaires de la police, ainsi que certains maires PS demandent l'envoi de l'armée dans les zones les plus troublées.
De son côté le député UMP Jacques Myard suggère l'instauration d'un état d'urgence avec un "strict couvre feu". "Les Français sont excédés, si l'Etat ne rétablit pas l'ordre, il est fort à parier que la population ne le fasse d'elle-même et plus personne ne répondra alors de rien" a-t-il déclaré.
De plus, il a demandé au CSA "de conclure un moratoire sur la diffusion de ces événements avec tous les médias afin de ne pas les stimuler et les amplifier".
Concernant l'attitude des médias, de plus en plus de voix s'élèvent sur la façon dont les informations ont été traitées avec une déplorable partialité au nom de l'info spectacle et de l'audimat.
Face à des "casseurs" déterminés à poursuivre leurs actions et réclamant la démission du ministre de l'Intérieur, on attend que l'intervention de Dominique de Villepin soit "forte" et porteuse de véritables solutions pour commencer à inverser ce processus qui gangrène les banlieues depuis plus de 20 ans. Bien sûr, on n'attend pas de miracle, mais le renforcement d'une vraie politique en faveur de ces zones sensibles et qui donnera des résultats.
On attend aussi que le Premier ministre réafirme son message en en appelant "à la responsabilité de tous" face à la crise.
Quel rôle pouvons nous jouer, nous simples citoyens, pour faire comprendre à ces jeunes que nous souhaitons un retour au calme et à l'ordre et que la violence ne mènera à rien ?
Michaël Bullara, par l'intermédiaire de son blog invite, ceux qui le veulent, à signer une pétition de soutien à la politique de sécurité républicaine.
05 novembre 2005
Banlieue : le défi de Dominique de Villepin
Dominique de Villepin se plaisait à répeter il y a encore peu "qu'il était heureux d'être tout à sa tâche".
Ces derniers jours on aurait bien aimé lui poser à nouveau cette question et entendre sa réponse. Lui qui n'avait pas peur de mettre les mains dans le cambouis, il est servi, on peut même dire sans prendre trop de risque qu'en ce moment il a du cambouis juaqu'aux coudes.
C'est vrai, il est en train de jouer une partie de sa crédibilité avec cette "guerilla urbaine" qui, aujourd'hui a dépassé le stade de la rebellion pour être instrumentalisée et récupéréé par tout ce que ces banlieues comptent de "délinquants fichés et archi connus des services de police". De ce fait la situation est devenue incontrôlable et la violence plus que jamais gratuite et inexplicable.
Depuis quelques jours, le Premier ministre multiplie les réunions avec les membres du gouvernement, les consultations avec tous les acteurs des banlieues (jeunes, médiateurs, travailleurs sociaux...), mais également les élus locaux afin "d'être au plus près des réalités du terrain et de répondre aux préoccupations des habitants des zones urbaines sensibles" a-t-il déclaré.
A côté de cette volonté de dialogue et de compréhension de la situation, il n'abandonne pas son discours de fermeté en soulignant qu'il refusait "que les réseaux du crime et du trafic de drogue profitent des désordres pour prospérer", qu'il refusait également "la violence aveugle qui tue un homme sous les yeux de sa famille".
Devant les sénateurs il a rappelé que "l'état républicain ne cèdera pas".
Depuis le conflit à la SNCM, on connaît mieux la capacité de Dominique de Villepin à allier le dialogue et la fermeté et à ne pas céder à la pression, mais le problème des banlieues est d'un autre acabit.
Bien sûr, confortablement installés devant nos écrans de télé ou d'ordinateurs nous avons tous un avis sur la question, nous pensons tous savoir ce qui n'a pas fonctionné, ce qu'il faudrait faire. Mais alors pourquoi depuis plus de vingt ans avons nous échoué sur ce terrain ? Tous nos politiques de droite et de gauche, épaulés par les professionnels, les sociologues et autres spécialistes de la question n'ont pas réussi à mettre sur la table une copie qui tienne la route et qui endigue à la base ce fléau.
Il est temps aussi que ce volet dépasse les clivages politiques et qu'un véritable consensus s'installe. L'attitude de la gauche n'est pas acceptable, une fois de plus elle semble frappée d'amnésie et semble ignorer la signification du mot "humilité".
Si le Premier ministre aime les défis et l'adversité (c'est bien Nicolas Sarkozy qui a dit ça de lui, si je ne m'abuse) il va devoir se dépasser et réussir là où tous ont échoué. Ce problème ne peut plus être traîté à coup de "mesurettes".
Nous attendons de lui et surtout les habitants des banlieues victimes de toutes ces violences, qu'il soit le garant des lois et de l'autorité de l'état, mais également qu'il soit capable du dialogue indispensable et sans démagogie pour aller au coeur du problème et commencer à en esquisser les solutions.
Photo Charles Platiau REUTERS
Photo Charles Simon AFP



