18 novembre 2006
Quand il est question de débattre
"Sarkozy, veut un débat de fond avec Royal" titre le Figaro.fr aujourd'hui.
L'initiative est parfaitement légitime entre candidats "officiels", sauf qu'à ce jour Nicolas Sarkozy ne l'est pas encore pour l'UMP et qu'avant d'aller en découdre avec Ségolène, il est urgent qu'il ouvre d'abord le débat dans sa propre famille politique où la liste des points de divergence s'allonge chaque jour.
Les sifflets révervés à MAM, cette semaine lors du conseil national de l'UMP, sont inadmissibles et ils sont la parfaite démonstration que tout idée contraire au Maître du Parti est blamable et sanctionnable immédiatement sans aucun respect pour la personne qui s'exprime.
L'UMP qui devait rassembler toutes les sensibilités de droite n'est qu'un vaste champ dévasté et piétiné par les Sarko-Fans virulents ne tolérant aucune critique sur la ligne choisie et imposée par leur Président.
Les lieutenants de Sarko pourront s'époumoner pour appeler à l'union, dans ces conditions et sans débat autour du projet présidentiel, chaque jour qui passera apportera un peu plus de témoignages de personnes que l'on aura tenté de museler ou d'écarter pour "opinion dissidente" et la grogne chez une partie des électeurs de droite enflera.
Dans son discours au conseil, le Premier ministre aura eu raison de s'interroger : "Le moment est-il venu de figer les choses? Nous devons avancer ensemble, étape par étape. Avancer sur notre projet, avancer sur nos idées sur la base de la réflexion qui a été menée".
Dominique de Villepin a estimé que le chemin jusqu'à l'élection est encore long et que ce laps de temps doit être bien employé pour contruire un projet cohérent et rassembleur, pour lui, "il est impératif de poursuivre le débat, il est impératif d'aller toujours plus loin dans nos propositions pour prendre en compte la réalité de ce que vivent les Français et leur apporter des réponses".
"Aucune prise de parole n'est illégitime, aucune position n'est dissidente dès lors que nous obéissons à une règle claire: formuler des propositions utiles et constructives, faire gagner celui ou celle qui sera la mieux placé le moment venu", soulignant que "le débat n'est pas un risque".
Effectivement, le débat n'est pas un risque, bien au contraire, il n'est que l'expression d'un processus démocratique qui fonctionne et quand j'entends ici et là que ce sont les chiraco-villepinistes-mamistes qui refusent le débat, sur le simple motif qu'aucun d'entre eux ne se déclarent pour l'instant candidat face à Sarko à l'intérieur de l'UMP, je réponds que ce ne sont que des foutaises !
Je crois que durant ce congrès, MAM, de façon claire, a tenté d'ouvrir le débat et Dominique de Villepin également en rappelant des règles qui sont chères aux français.
Décider en comité restreint ou par des consultations hasardeuses sur le net de ce que pourrait être l'avenir de notre pays, en écartant volontairement toutes les sensibilités de droite est une méthode qui ne satisfait pas une partie de l'électorat de droite.
En jouant ainsi avec le feu, il ne faudra pas s'étonner si nous appelons à d'autres candidatures qui respecteront nos convictions.
Nous refuserons de nous laisser voler cette élection capitale !
12 novembre 2006
Petit sondage dominical
Selon le CSA, 62% des français sont favorables à plusieurs candidats de la majorité pour l'élection présidentielle, dont 48% à l'UMP qui souhaitent que " la diversité des opinions soit le mieux représentée au premier tour".
Donc, presque la moitié de l'électorat de droite souhaite au premier tour pouvoir choisir le candidat qui le représentera le mieux.
Peut elle se résoudre à glisser dans l'urne le nom d'un candidat qu'elle ne soutiendra pas ?
Est-ce aller à l'encontre de nos grands principes démocratiques ou à l'encontre des directives d'un parti ?
Une partie de sympathisants de droite doit elle renoncer à ses idéaux au nom des calculs d'apothicaires ou de spéculations auxquels se livrent certains dans la perspective du 2ème tour ?
Sur ces questions, le débat fait rage sur la blogosphère, sans que quiconque en date d'aujourd'hui, ne soit capable d'apporter une réponse claire.
25 septembre 2006
Une alternative... vite !
La présidentielle, conversation de comptoir ?... oui de comptoir, de bureau, de salon, de resto... Impossible d'y échapper où que l'on soit.
On suppute, on échaffaude des hypothèses, on se livre à de savants calculs, on argumente, on s'engueule, bref il faut s'attendre à ce que le sujet vienne aussi pourrir la dinde de Noël.
On nous abreuve de sondages jusqu'à l'écoeurement et on les décortique d'un oeil goguenard ou effrayé selon ses convictions et on nous laisse croire que les "jeux sont faits".
On était certain l'année dernière à la même époque que la droite se livrerait la première à une guerre des tranchées, mais c'est le PS qui a ouvert les hostilités, le Sego Show empoisonne les ténors du parti et renvoie presque aux oubliettes le programme "officiel". En principe tout ce petit monde devrait y voir plus clair dans quelques jours, une fois que les militants auront fait leur choix, mais je suis prête à parier qu'il pourrait y avoir quelques candidatures "dissidentes" surtout si Ségolène est choisie comme candidate.
A droite, on est plus calme, mais qu'on ne s'y trompe pas, les "flingues de concours" sont chargés et à portée de main. Les antisarkozystes tireront ils les premiers ?... En tous les cas en coulisse ça s'active, timidement certes, mais ça bouge !!
Le problème à droite est simple, la très probable candidature de Sarkozy n'est pas une candidature consensuelle. On est pro Sarko ou anti Sarko, cet homme n'inspire pas de réactions mitigées et au fil du temps on constate qu'il ne rassemble pas toute la droite.
Comment une droite républicaine et sociale, attachée aux valeurs du gaullisme et au modèle français peut elle se rassembler derrière un homme qui souhaite "rompre" avec les fondamentaux de notre pays ? D'ailleurs, un sondage paru aujourd'hui montre que seulement un peu plus de 20% des français sont favorables à "la rupture".
Dans ce contexte, il paraît logique et naturel que cette partie de la droite se cherche une ou un candidat pour 2007.
Les personnalités avec la "stature" ne sont pas nombreuses et je n'en compte que deux : Villepin et MAM.
Je soutiens toujours autant le premier et son action gouvernementale, mais je me suis résignée à croire qu'il ne sera probablement pas candidat. Les plaies avec les parlementaires de la majorité sont à mon avis trop profondes et la bande à Sarko a tellement bien oeuvré pour l'isoler qu'il me semble difficile de réparer les dégâts en si peu de temps. Même si la côte de popularité de Villepin remonte dans les sondages, si ses soutiens sur le net ne faiblissent pas et si le bilan du gouvernement est satisfaisant cela ne suffira peut être pas.
C'est sûrement du côté de MAM que viendra la solution à cette difficile équation. Son nom est de plus en plus souvent cité par tous ceux qui rêvent d'une "alternative", un réseau de blogs de soutien s'organise sur le net, des rencontres en Province se mettent en place, elle met un point d'honneur à entretenir son réseau politique, bref tout cela a un petit parfum de campagne !!
Le temps nous est compté et MAM va devoir assurer cette partie de la droite qu'elle est la candidate de la situation.
D'un point de vue médiatique, Sego et Sarko ont au moins dix longueurs d'avance et MAM n'est pas souvent donnée comme une présidentiable dans les sondages. Il faut que MAM diffuse plus largement son discours qui est extrêmement structuré, s'appuyant sur des acquis, des bases solides, une expérience de terrain et une vision réaliste de l'évolution de notre pays, contrairement à Sarko et Sego qui donnent l'impression de tirer tout azimut et de récupérer de façon opportuniste tous les sujets et de les commenter de façon démago ou populiste.
Peut on espérer pour les prochains mois à une véritable alliance Villepin/MAM pour contrer Sarko, le premier mettant son action et son bilan gouvernemental au service de la deuxième pour donner toutes ses chances à la droite républicaine, avec en prime une bénédiction Elyséenne ?
17 septembre 2005
Le dauphin, l'héritier ?
La presse a réussi en quelques semaines à faire de Dominique de Villepin un candidat potentiel à la prochaine présidentielle, alors même que l'opinion publique s'interroge encore sur ses capacités en tant que Premier ministre à redresser la situation de la France et qu'elle commence à lui accorder sa confiance. Un phénomène intéressant à observer au delà de toutes les polémiques qui entourent cette éventualité et sa "rivalité" avec Nicolas Sarkozy.
Le magazine Challenge de la semaine dernière a fait sa une avec le Premier ministre en titrant "Villepin, le dauphin".
Jean Marie Colombani analyse cet "engouement" comme une "impatience nationale ou une aspiration au renouvellement" réclamées bien souvent par les français, mais rarement abouties. Mais comme le souligne le journaliste, cette conjonction favorable pour le Premier ministre et son sans faute jusqu'à présent ne l'empêcheront pas de rencontrer certaines difficultés. Il ne pourra pas tous les 100 jours annoncer un train de mesures et de réformes et il ne sera pas toujours aisé de contrer ou couper l'herbe sous le pied de Nicolas Sarkozy, qui loin d'une exigence de résultats immédiats a tout son temps pour construire son programme et prendre le contre pied d'un gouvernement dont il fait tout de même partie
Toujours dans Challenge, un long papier de Ivan Best et Daniel Fortin revient sur les premiers mois de Dominique de Villepin à Matignon, rien que nous n'ayons déjà lu dans toute la presse de l'héxagone, cependant la deuxième partie de cet article est nettement plus intéressante car elle se penche sur les actions du Premier ministre et ce qui se cache derrière son discours désormais sobre et pragmatique.
De l'avis du magazine, les annonces faites par Dominique de Villepin s'avèrent plus libérales qu'elles n'y paraissent surtout sur le volet de la réforme fiscale. L’architecture de l’impôt sur le revenu à la mode Villepin a, en effet, peu à voir avec les idées socialistes. Cet impôt ne comportera plus que cinq tranches, contre sept aujourd’hui. La première tranche de revenus étant exonérée, ne subsisteront donc que quatre taux de taxation. Certes, cette réforme répond à l’objectif de simplicité retenu par l’hôte de Matignon, qui estime que davantage de lisibilité permettra de réconcilier les Français avec l’impôt".
Pour l’économiste Jacques Le Cacheux, co-auteur du rapport qui a inspiré la réforme Villepin le verdict est sans appel : « Dans l’état actuel des annonces du gouvernement, les cadres supérieurs sont les principaux bénéficiaires de la réforme ».
En revanche, quand Dominique de Villepin évoque, comme autre principe de sa politique fiscale, l’efficacité économique, il réconcilie enfin ses actes avec son discours. « Les systèmes fiscaux sont devenus des éléments de la compétition économique internationale , a-t-il affirmé devant la presse. Quand le prélèvement fiscal dépasse une certaine proportion du revenu, les effets sur l’investissement, les délocalisations et l’emploi peuvent être dévastateurs. » (...) Quant au choix de Dominique de Villepin de présenter cette réforme comme un moyen de « défendre la consommation » , il surprend au plus haut point cet économiste. « Nous avons dessiné une politique soutenant non pas la demande mais l’offre » , affirme Jacques Le Cacheux.
L’autre volet des annonces fiscales du Premier ministre, à savoir la réforme de la prime pour l’emploi (PPE), vise évidemment un tout autre public. Il s’agit de donner du pouvoir d’achat aux salariés les plus modestes, afin d’encourager le travail, plutôt que l’assistance.
Il a décidé d’augmenter fortement (+ 50 %) la PPE pour les smicards à temps plein, mais il va bien au-delà pour un salarié à mi-temps, qui aura droit à un doublement de sa prime.
Pour l’économiste Pierre Cahuc, le nombre d’emplois à temps partiel pourrait effectivement augmenter si la PPE s’accroît significativement : les employeurs sont demandeurs, les salariés l’étaient beaucoup moins jusqu’à présent. Ce qui est sûr, c’est que cette forte majoration de la prime pour l’emploi est cohérente avec la politique de libéralisation du marché du travail entamée par Dominique de Villepin (création du contrat nouvelle embauche, qui permet, pendant deux ans, de remercier un salarié sans avoir à le justifier). Le pari du gouvernement, c’est que cette plus grande liberté permettra de créer des emplois, et donc du pouvoir d’achat, ce qui relancera la croissance. Ce n’est donc plus la demande qui crée l’activité, mais l’offre.
Pour l’heure, Dominique de Villepin fait un sans-faute. L’affaiblissement du Président, la fébrilité de son rival Nicolas Sarkozy, l’espoir que la conjoncture ne peut que s’améliorer avec la poursuite de la baisse du chômage qui présente toujours bien dans le trousseau d’un présidentiable ne font qu’ajouter des circonstances favorables à son parcours.
L'Express publie cette semaine un sondage BVA qui révèle que 46 % des français interrogés ont une opinion favorable de Dominique de Villepin en tant que Premier ministre, 31 % pensent que Nicolas Sarkozy correspond le mieux à l'idée qu'ils se font d'un président de la République et 31 % pensent aussi la même chose de Dominque de Villepin et enfin ils sont 46 % à estimer que les deux hommes expriment des idées politiques différentes.
Toutes les actions et les mesures mises en place par Dominique de Villepin obligent peut être Nicolas Sarkozy à se positionner sur une ligne toujours plus libérale pour se différencier de son "éventuel futur rival". Ce n'est peut être pas un hasard, surtout qu'un certain nombre d'études révèlent que les français restent anti-libéraux. Dominique de Villepin cherche t il à trouver cet équilibre tant rêvé entre une politique sociale et un zeste de libéralisme indispensable de nos jours et qui serait la clé pour remettre la France sur ses deux jambes au delà de 2007 ?
Photo Olivier Laban-Mattei AFP

