21 mars 2006
Beaucoup de bruit pour rien
N'allez surtout pas vous imaginer que j'ai adopté une attitude désinvolte face au "CPE Show", mais j'ai lu un certains nombre d'éléments ces derniers jours qui ont tendance à me laisser penser que finalement l'opposition ne souhaite pas tant que ça le retrait du CPE... Aie ça y est, je vois débouler les anti CPE et former le peleton d'exécution !!
Laissez moi développer mon scénario peut être purement fictif et ensuite vous me direz si finalement il n'y a pas un fond de vérité...
La gauche réclame haut et fort le retrait du CPE, alors qu'elle sait pertinemment que d'un point de vue juridique c'est impossible aujourd'hui.
Les sénateurs et les députés ont saisi le Conseil constitutionnel la semaine dernière et le recours porte sur 4 points :
- rupture d'égalité entre les salariés,
- rupture d'équilibre entre le droit à l'emploi et le droit de licenciement,
- non consultation préalable du Conseil d'Etat,
- caractère cavalier du CPE, sans lien avec le sujet du projet de loi sur l'égalité des chances.
Tant que le Conseil n'aura pas rendu sa décision, il ne peut rien se passer et les sages ont un mois pour se prononcer.
Les déclarartions à répétition dans la presse ne servent à rien pour l'instant, juste à alimenter la contestation.
Quand Julien Dray affirme que le Premier ministre "s'enferme dans sa tour d'ivoire en refusant de retirer le contrat première embauche", il est en totale contradiction avec l'action intentée par son parti et je rajouterai de mauvaise foi quand on sait que Dominique de Villepin ne cesse d'appeler au dialogue opposition et syndicats depuis la semaine dernière.
Une fois de plus le PS joue une partie un peu trouble. Il serait naïf de croire que le PS n'a pas conscience aujourd'hui qu'une réforme du monde du travail est indispensable si l'on veut redynamiser le marché de l'emploi dans notre pays. Mais ce genre de réforme est toujours douloureuse et on sait combien ce parti réchigne à les mettre en place de peur de se couper de son lien "social".
On ne veut pas froisser l'électorat et on laisse bien souvent la droite s'y coller quand elle revient "aux affaires" et que l'on a atteint le point de non retour (retraites, sécu...).
Aujourd'hui on est dans un cas de figure similaire. La mutation est inévitable et l'opposition n'a rien dans sa "musette", on le constate depuis des mois.
Et si finalement le CPE était la chance du PS pour redorer son blason ? Une fois encore elle laisse la droite aller au charbon, essuyer les platres, se frotter à la vindicte de l'opinion publique. Les ténors du PS montent au créneau, juste ce qu'il faut, mais pas trop on ne sait jamais, en restant dans un vague discours idéologique, mais en jetant en pâture dans l'arène de jeunes syndicalistes, qui croient tout savoir, ou pire arrogant, comme Bruno Julliard, qui s'imagine, en posant des ultimums au gouvernement, pouvoir se substituer au pouvoir exécutif de ce pays.
Avec le CPE devant le Conseil constitutionnel la gauche gagne du temps, fait monter la pression dans le pays, retrouve son électorat perdu et je ne serai pas surprise qu'elle rêve secrètement que les sages n'invalident pas le texte. De plus, elle connaît maintenant la détermination du gouvernement à mettre en application la loi et à en mesurer les effets à la loupe.
L'opposition va donc mettre à profit ces semaines d'incertitude pour faire de cette contestation un motif de rassemblement autour d'elle, ramener les égarés vers la bergerie et capturer cette jeunesse qui soufre d'un profond malaise... tout ça en vue de 2007.
Mais, me direz vous, si le CPE marche, la gauche n'en tirera aucun proft... Pas sûr... je le répète, je suis persuadée quelque part que la gauche espère le succès de ce contrat, parce qu'avec lui c'est l'amorce de la réforme qui s'écrit. En faisant de la surenchère sur le thème de la précarité, l'opposition aura trouvé son thème de campagne, elle trouvera bien des critiques à formuler sur le CPE mais en même temps elle n'aura pas eu à prendre le risque de poser les premières pierres de cette réforme... En un an, l'idée aura fait du chemin dans les esprits et peut être que la société sera peut être prête à accepter ces changements. Alors si la gauche revient au pouvoir en 2007, elle fera quelques arrangements à sa sauce, mais ne reviendra pas en arrière.
Donc sauf avis contraire du Conseil constitutionnel, le CPE sera !!
Et on peut se demander jusqu'à quand le gouvernement laissera sa porte ouverte pour des négociations avec les partenaires sociaux sur des aménagements du texte. A vouloir refuser en bloc de venir s'asseoir autour de la table, les syndicats pourrait bien voir finalement la bombe qu'ils ont amorcée leur exploser à la figure.
Commentaires
Tenir bon
Il faut tenir bon. Comme toujours en démocratie, force doit revenir à la Loi.
Ni les absentionnistes ni les manifestants ne peuvent avoir le dernier mot dans une démocratie. Et à l'avoir trop souvent oublié, peut-être a-t-on encouragé le désintérêt de certains Français pour la politique et pour l'acte citoyen qu'est le vote.
Lorsque la crise sera terminée, le CPE appliqué et grâce à lui quelques dizaine de milleirs d'emplois créés, les Français verront bien que Villepin a eu raison de faire preuve d'autorité. Peut-être même loueront-ils son sens de l'Etat pour avoir préféré le mouvement et la réforme au confort personnel de quelques sondages lénifiants.
Ils se rappelleront aussi que ceux qui prétendaient assumer une Droite décomplexée sont aujourd'hui les premiers à battre en retraite sous la pression de la rue. Bel exemple de courage politique pour ceux qui se proclamaient les apôtres de la Rupture !
Analyses fort justes. :)
Ce qui nous exaspère tant dans cette affaire est sûrement plus l'arbitraire de la contestation que la contestation elle-même: le combat de DDV est juste, non pas parce que le CPE est une bonne réforme (aucune réforme de ce type ne sera jamais complètement bonne, et on peut avoir des doutes ici...), mais parce qu'il redonne au politique sa place et sa fonction. Ne pas céder face à la rue est une nécessité: je ne peux pas croire que même les électeurs de droite "CPE-sceptiques" qui ont voté pour ce gouvernement n'auraient pas une terrible perte de confiance dans l'Etat tout entier s'ils voyaient la déliquescence d'un renoncement face à des manifestants sans aucune légitimité politique.
De plus, malgré les risques que représente ce nouveau contrat, il faut voir qu'il s'agit d'un exemple fort pour montrer que l'Etat est là pour responsabiliser: oui, c'est un contrat qui responsabilise les employeurs, car y parler de période de consolidation entre une entreprise et un jeune, c'est montrer que le code du travail peut ne pas être uniquement un ensemble de mesures restrictives qui brident les confiances et nient la relation fondamentale qui doit exister entre patrons et employers.
Maintenant, est-ce que les électeurs, même au vu des résultats, auront confiance en DDV en 2007? Je crois que nous sommes un peuple qui ne se contente pas de résultats. L'efficacité politique ne peut se mesurer par des chiffres: les besoins sont autres, supérieurs. La question est: DDV pourra-t-il ou non faire (re)naître en France ce sens de la responsabilité, nécessaire à l'initiative, la justice ou même à l'orientation culturelle?
Ce serait quoi un succés du CPE ?
Un nombre d'emploi créés ? Ce n'est pas la même chose qu'un CPE signé pour la simple raison qu'il va être nettement plus intéressant pour un employeur de remplacer un CDI par un CPE.
Une baisse des demandeurs d'emploi ? Il faut alors comptabiliser tous les demandeurs d'emploi et non pas simplement une partie (la fameuse catégorie 1) et il faut tenir compte des radiations qui faussent les statistiques car ce n'est pas parce qu'on "sort" de l'effectif de l'ANPE que l'on n'est plus un demandeur d'emploi.
Ce qui est déplorable c'est que cela devienne un enjeu politique.
C'est faire une mauvaise farce à la demande de "moins de précarité" que de se servir de cette loi adoptée sans concertation et qui sert de balle entre le gouvernement et l'opposition et entre les Villepinistes et les Sarkozistes.
Villepin tombe le masque
Dominique de Villepin vient d'annoncer qu'il ne retirerait pas le CPE, car "notre électorat ne comprendrait pas notre recul". Dominique de Villepin se dévoile enfin tel qu'il est. Un politicien médiocre qui fait de la politique politicienne. Où sont les grandes envolées lyriques sur la France éternelle, notre modèle social qu'il faut à tout prix préserver, etc....
Le CPE apparaît pour ce qu'il est une mesure de circonstance destinée à complaire à la frange la plus réactionnaire du patronat.
Cette mesure n'a donc pas pour but de créer des emplois mais des effets d'aubaine. Lorsqu'une entreprise aura besoin d'embaucher au lieu de le faire en CDI, comme c'est le cas dans la grande majorité des embauches aujourd'hui, elle le fera en CPE, elle n'y aura que des avantages. Licenciement sans justification, pas d'indemnités à verser au salarié et surtout possibilité d'embaucher à nouveau en CPE. On peut faire enchainer les CPE à un "Jeune" autant de fois que l'on veut jusqu'à l'âge de 26 ans. Donc Contrat de PREMIERE EMBAUCHE ne veut rien dire.
A terme ce contrat j'en suis convaincu sera étendu à toute les catégories de salariés. C'est ce que sentent confusément les gens et c'est pour cela qu'ils n'en veulent pas.
De plus un contrat de travail n'a jamais réglé le problème du chômage où que ce soit.
Les entreprises ont besoin de souplesse (flexibilité), pour pouvoir s'adapter aux contraintes du marché, je suis d'accord.
Mais il faut faire comme dans les Pays Nordiques. Donnant ,Donnant. On vous impose la flexibilté du marché du travail mais en contrepartie, on vous assure une sécurisation de votre parcours professionnel tout au long de votre carrière.
Les efforts sont répartis des deux côtés, et les réformes sont comprises et acceptées par les salariés.
En France c'est tout le contraire : les efforts sont toujours demandés aux mêmes, les salariés et en contrepartie on leur dit : si vous n'êtes pas content, vous pouvez partir, il y en a d'autres qui attendent derrière la porte.
Le Patronnat le plus rétrograde d'Europe a créé des syndicats à son image et chaque problème dégénère en conflit.
Messieurs du MEDEF, on a les salariés et les syndicats que l'on mérite....
Bonjour,
Je déguste avec une certaine délectation vos propos et vos analyses politiques concernant la crise du CPE. Cependant, laissez-moi vous affirmer qu'il ne s'agit que de gourmandise, parce que vos dires, en plus d'être inconsistants, on la saveur rance de la rancune.
Petite présentation. Je suis étudiant, 21 ans, actuellement membre de l’organisation anti-CPE de la fac de lettres de Reims, me levant tôt le matin pour bloquer les cours, assistant aux nombreuses conférences qui se tiennent dans les locaux autour du CPE, et me couchant tard le soir après avoir lu à droite et à gauche le maximum de points de vue autour de la question qui nous intéresse. Non, les bloqueurs ne sont pas tous des paresseux opportunistes.
A lire vos propos, et à entendre de manière générale l'argumentaire des pro-CPE, on pourrait résumer sans trop risquer la caricature les choses ainsi :
-la France est un pays sclérosé par ses engagements sociaux, il nous faut lester la montgolfière pour qu'elle prenne de l'altitude dans la course effrénée de la mondialisation.
-le CPE est juste, parce qu'il règlera le problème du chômage, comme commence à le faire le CNE.
-les jeunes n'ont aucun sens des réalités et il faut bien qu'ils apprennent, à coup de licenciement ou non.
Bon. Je pourrai à la limite considérer le premier point comme justifiable, et encore ce n'est pas le cas de tout le monde, notamment un grand nombre d'économistes qui attirent l'attention sur le fait qu'une logique de flexibilité n'est pas du tout un gage de croissance, donc un gage de création d'emploi. Au contraire, elle brouillerait les chiffres par un turn-over précaire permanent.
Personnellement je rajouterai le fait qu'allègement ne veut pas dire destruction : les pages du code du travail sont arrachées avec une nette violence, n’est-ce pas, quand il s'agit de supprimer le droit qui donne la seule raison au salarié d'avoir l'impression de différer d'une machine : obtenir justification. C’est à dire savoir ce qu'il faut améliorer, dans un premier temps, et aussi avoir un papier raisonnable en cas d'abus du patron, pour se défendre avec le peu de légitimité qu'il lui reste. L'absence de motif est intolérable, il faut être bien ancré dans une idéologie égoïste, ou patron d'une entreprise voulant bénéficier d'un peu moins de difficulté de paperasses, pour accepter cette clause en silence, mais en aucun cas pour parvenir à la justifier (je vous lance le défi, au passage).
Autre page arrachée : la période de "consolidation". 2 ans. Comment pouvons-nous accepter cela ? Pendant deux ans, en tant qu'employés, on nous laisserait vivre dans la peur d'être remercié du jour au lendemain ? Et c'est comme ça que vous croyez relancer la croissance ? Avec un contrat de la peur, où l'on ne ferait pas confiance au salarié avant le délai de deux ans ? Vous allez me répondre : mais un employeur n'a aucune raison de virer son employé du jour au lendemain, ce n'est pas un sadique ; et libre à lui de réduire cette période... ma conclusion est : alors donnez-lui un motif et une période d'essai plus courte, et ça s'appelle un CDI. Les employeurs abusent bien des CDD, de l'intérim, des stages non-rénumérés (encore une exception française, pas mal pour un pays en retard sur le reste du monde), je ne vois pas très bien pourquoi le CPE dérogerait à la règle.
Il reste la question du CNE : tous les défenseurs du CPE en parlent comme la preuve que ce genre de contrat créé de l'emploi.
Vous laissez deux longues années à un jeune pour faire ses preuves et vous bavez devant 6 petits mois d'essai du CNE, ayant créé pour les 2/3 des emplois à la place des CDI. Le reste est le faible mouvement d'impulsion commun à tous les contrats de ce genre, éphémère et succinct. C'est un peu faiblard, non ?
Je prolonge mes explications. Pourquoi le CPE est inadmissible et provoque le déferlement de contestation de toute une génération étudiante et lycéenne ? Parce que ceux-ci sont manipulés ? C’est la réponse facile, pourtant la plus courante. Encore votre argumentaire en argile.
Ils ne sont pas manipulés, parce qu'ils se posent des questions que vous n'avez jamais eu à vous poser, dans l'ensemble. Depuis tout petit nous entendons parler du chômage qui rode autour de nous. Nous appartenons à la première génération qui a conscience de ce qui l'attend au bout : précarité, bataille pour obtenir un emploi, études qui ne servent pas à grand-chose, au final. C'est notre réalité. Alors pardonnez nous de ne pas être utopiste, de ne pas rêver à un monde meilleur. Mais plutôt de chercher des portes de sorties, de se solidariser dans nos efforts, et surtout de refuser une énième proposition provocatrice et discriminatoire. Nous voulons de vraies réponses à nos questions, parce que nous nous en posons, vous qui êtes si sceptiques. On ne bloque pas une fac durant un mois pour se faire plaisir. Nous n'avons pas beaucoup à perdre et de toute façon nous n'aurons pas de boulot au final, dans notre grande majorité, diplômés ou non. Voilà les raisons de notre blocage : une angoisse permanente bien plus prégnante à mon humble avis subjectif que les "problèmes psychologiques" des chefs d'entreprise à l'embauche, soi-disant prisonniers d'un code du travail trop hermétique. A vous de réfléchir et relativiser. A nous d'exprimer notre mécontentement, ce qui est la moindre des choses, nous qui n'avons pas pu voter en 2002, car trop jeunes.
En tout cas la position du gouvernement, radicale, nous met directement dans le bain du jeu politique. Nous y entrons avec lucidité, percevant bien le jeu des syndicats et des partis d'opposition qui profitent de l'aubaine. Mais nous n'avons pas le choix. Comme nous n'avons pas le choix de troquer nos heures de cours contre des heures de manifestations. Alors vos petits discours auto satisfaits du genre : "vous êtes manipulés par la gauche...", ou bien "de toute façon, il faut leur foutre un coup de pied au cul à cette bande d'assistés" nous fait bien rire, nous jeunes inquiets pour notre avenir et victimes perplexes d'un cirque que vous organisez avec bienveillance depuis plus de vingt ans.
Cher Mateuss c'est toi qui transpire la rancoeur on dirait... Ca fait combien de temps que l'on discute ensemble ?... 3 ans ?... Tu déboules pour la première fois sur ce blog et tu te mets à me vouvoyer !!! Assez étrange... Voilà ça t'a fait du bien de vider ton sac et de rejeter sur moi toute la haine que tu as du système actuel ? Contente d'avoir servi de défouloir !
non non désolé mon message est ambigue...
il s'adresse aux pro-CPE, j'ai copié collé ce message me disant que tes arguments de l'autre fois n'étaient pas plus convaincants que ceux à qui mon message s'adresse (manipulation, etc.) et que le message irait bien ici ; désolé que tu l'ai pris personnellement, je n'ai pas mesuré le fait que ça soit ton blog avant tout
et puis tu sais bien que je garde ma rancoeur contre le gouvernement qui joue au sourd, ma chère Diane ;-)
bisous, et désolé, c'est un malentendu !
Ahhhh j'ai eu peur... je sais bien que l'on ne sera jamais d'accord sur le sujet, mais je ne comprenais pas le ton de ce commentaire.
Bon combat et à bientôt !
Bizzzzzzz
On ne se connait pas
Chère Mateuss
Je ne connaissais pas une personne aussi jeune aussi douée en économie.
Déjà on évitera l'écueil de mettre sur le même plan le CPE et CNE (relisez vos textes).
Et profitez en aussi pour relire attentivement tos les accords qui ont pu être passé.Les fameuses périodes de stage (honteuses je suis d'accord) sont déductible des deux années d'essai.
Connaissez-vous les prud'homme ? Il faudrait s'y intéresser aussi...
Bloquer les facs ? Calquez votre attitude sur une des facs de Paris qui même si le mouvement anti- CPE est très fort, les étudiants grévistes ont laissé la possibilité à ceux qui le souahitaient de travailler.
Et quand vous serez patronne de PME prévenez moi car si c'est tellement simple, vous serez riche.
Et quitte à parler en "vieille", sachez que le chômage n'est pas apparu avec votre naissance. De plus le mot précarité de l'emploi n'existe pas en anglais pourquoi ?
J'avoue un rien de colère oui. J'ai un CDD de 10 ans moi. Vous la gande juriste est-ce légal ? Pour l'instant ça paie les factures et je voudrais pouvoir bénéficier d'un CNE à la fin de ce CDD (éventuellement) trop vieille pour avoir un CPE.
Arrêtez de regarder les Guignols de l'info et allez préparer votre avenir.
Chère Diane, je partage beaucoup de points de ton analyse.
Je ne sais pas, comme le dit Mateuss, si "le gouvernement joue au sourd". En revanche, ce dont je suis persuadé, c'est que beaucoup jouent aux cons" !
Ils hypothèquent, sans concession, mais je pense en toute connaissance de cause, l'avenir de milliers de jeunes qui eux, n'ont pas forcément le loisir de faire de longues études et pour qui le CPE sera pourtant une véritable chance.
Ils "jouent aux cons" parce que les entreprises, avec ou sans les dispositions critiquées dans le CPE, pourront toujours se séparer de salariés si elles en éprouvent le besoin économique. Je n'arrive pas à comprendre d'ailleurs cette idée véhiculée par certains esprits un peu "étriqué" et qui sont convaincus qu'un chef d'entreprise embauche pour mieux licencier...
Enfin, je suis outré que certains, à gauche, après nous avoir imposé de façon autoritaire les 35 heures, mais aussi les emplois-jeunes dont la précarité a été plus qu'une réalité, soit aujourd'hui à tenter de repousser une nouvelle forme de contrat qui est et reste avant tout un CDI.
Il est vraiment d'arrêter la démagogie et de rassembler toutes celles et tous ceux qui, de bonne volonté, ont envie de faire avancer la France !
"Arrêtez de regarder les Guignols de l'info et allez préparer votre avenir."
voici exactement le genre de faux-débat dans lequel vous vous contemplez, chers amis
regardez les étudiants de haut tant que vous voulez, mais apportez des arguments convaincants, ou des contre-arguments, comme vous voulez, plutôt que de squizer le débat !
Je suis un garçon, je ne suis pas juriste, je confirme le discours économiste qui n'est pas de moi, je connais le fonctionnement des prud'hommes et le problème que le CPE met justement en cause en relation avec eux, et j'insiste sur le fait que le mot "précarité" devrait exister en anglais vu les masses de population précaires en angleterre et aux états-unis, pour ne citer qu'eux...
A force de nous prendre pour des guignols, "vous qui avez un CDD de dix ans vous", vous finissez par vous enfermer (et nous enfermer du même coup) dans votre vision idéologique. Nous protestons, ne vous en déplaise.
Monsieur Bullara, pourquoi ne répondez-vous pas sur le fond ? Je pose les problèmes d'un étudiant de 21 ans face au CPE : pourquoi ne pas m'éclairer, plutôt que de raconter que la faute en incombe à la gauche, encore une fois ?
Réponse globale
Tout d'abord point n°1 : Le CPE peut-il être retiré ?
J'apporte ici une petite précision. Après la décision du Conseil Constitutionnel, quel est le circuit pour la loi ? Tout simplement, le Président est tenu à une promulgation, c'est une obligation, une compétence liée. Ok. Ceci dit, il a également le pouvoir de demander une seconde délibération. Donc, rien n'est perdu pour le moment pour les anti-CPE. Quand on veut donc, on peut !
Point 2 : position de la gauche. Y'a de cela chez certains mais y'a egalement le fait que la situation se passe de commentaires vu les maladresses en communication de Villepin. La gauche ne pouvait rêver mieux. Elle lancera sa machine politique au moment venu car c'est un parti plus discipliné que le parti de droite. Question de mentalités qui vont ptet évoluer avec Sarko ceci dit
Point 3 : argument de la régression invoqué par Mateuss. Effectivement des pro-CPE invoque cet argument. Etant à cheval sur les deux positions (j'arrive vraiment pas à me décider, soory), j'ai perçu ce discours de deux façons...discours reflétant un choix de société. Le 1er par les anti-CPE qualifie ce discours d'ideologue. On serait arrivé à un point d'acquis social, et revenir dessus constituerait de la régression et non du conservatisme
L'autre point de vue par les pro-CPE considèrent que ne pas réformer = conservatisme.
Soit donc, et on retombe sur le choix de société. Que veut-on garder et
ou veut-on aller ? Garde-t-on une société basée sur l'homme ou considérons-nous le marché du travail comme un autre ? Certes dans l'intention, le CPE prend quand meme en compte l'élément humain mais le fait-il de façade ou de manière réellement satisfaisante. Les réponses sont pour moi plus complexes et ne permettent pas de me déterminer à 100% bien qu'étant foncièrement de gauche.
En fait, cela renvoie directement à la notion d'Etat-providence versus etat-minimal. L'Etat-providence est-il en train de muter ou bien de se vider ? Tel pourrait etre la maxime résumant les dernières années dans ce pays.
Point 4 CPE : solution au chômage. Bon, je pense qu'il faut se faire une raison. On ne pourra jamais descendre en-dessous d'un seuil de chômage. Ce seuil varie entre 5 et 8% selon les études et les angles de vue. On est actuellement à quasi 10%. Il reste 2 points à rattraper. Comme l'indique la Cour des comptes, il y a un souci dans le fonctionnement ASSEDIC/ANPE. Commençons déjà par avoir des structures correctes...Après le reste, on verra bien. On peut tenter un an de CPE mais la quel sera son impact réel par rapport à la conjoncture ? Comment distinguer son impact par rapport à l'impact de l'économie ?
Point 5 : les jeunes ne connaissent pas le monde du travail. Ca m'ennuie profondément de tenir ce genre de discours car je tombe dans la moralisation mais force est de constater que les interventions que j'ai vu des jeunes manifestants montrent un total manque d'information sur le monde du travail. On reproche au CPE de pouvoir licencier sans motif...mais c'est deja le cas actuellement avec le CDI dans les faits...
Point 6 : période de consolidation. Tout le monde s'accorde à dire qu'elle est trop longue, y compris les patrons lundi dernier. Alors pourquoi la maintenir ? 2 ans est clairement trop long, je n'ai entendu personne soutenir le contraire. DDV est carrément déconnecté du quotidien des français pour maintenir ceci.
Point 7 : stage non rémunérés. La honte française car le seul pays faisant cela. De la véritable précarité pour le coup ! Mais il me semblait que le projet de loi s'occupait de ce point...qq'un peut confirmer ?
Point 8 : "Nous appartenons à la première génération qui a conscience de ce qui l'attend au bout " Un peu faux, Mateuss sur ce point ;) D'autres sont passés avant et ont galéré. Mais il est vrai qu'on nous tient le discours suivant : faites des etudes longues et vous aurez un emploi...et quand on finit les etudes, on voit la chose suivante : il fallait pas faire d'etudes longues mais plutot plombier pour bien gagner sa vie...Un peu écoeurant en effet.
Point 9 : radicalisation du gouvernement. Je pense que d'abord DDV vise son électorat assez clairement. Sinon sa position n'est pas compréhensible. Son électorat comprend et souhaite de la flexibilité. A cela se rajoute un conflit de génération assez nette. Un article d'Attali (très bon, je vous le conseille et bien au-delà des querelles de bas-etage) soulignait cette rupture de solidarité. En gros, une génération a tout eu, elle a bien foutu le bordel (retraites, endettement, entreprises en fuite, medias complices) et laissent le soin à une nouvelle génération de tout réparer. La colère de la jeunesse fait ainsi écho à cet abus de position et de gestion.
Des arguments...pas de problème
Autant pour moi vous êtes un garçon, je ne regarde pas les étudiants de haut j'ai été étudiante il n'y a pas si longtemps et je me souviens de mes galères pour trouver un job. Et vous êtes peut être érudit, je ne connais pas votre spécialité, mais les Guignols de l'info représentent pour certains jeunes la SEULE source d'information.
La vision que j'ai du marché du travail n'est pas idéale. Très loin de là. Je sais ce que veut dire les mots chômage, angoisse des fins de mois, recherche d'emploi, hantise de sombrer...
Etre entrepreneur n'est pas une sinécure. Surtout pour les petites entreprises. Pourquoi ? Les charges financières sont importantes entre les cotisations sociales, les investissements, les frais de fonctionnement... Après il faut prendre en considération le personnel qui est parfois entretenu dans une illusion par des syndicalistes peu scrupuleux. Très souvent, parce que c'est dans les conventions collectives, ils ont des privilèges que n'ont pas les salariés lamba (pour la plupart, ils ne sont pas au courant de ce fait). Et j'ai pu le constater par moi même la culture "d'entreprise" s'étiole de génération en génération. Sans compter que pour certains domaines il est difficile de trouver des employés qualifiés. Si pour gagner ma vie un jour, je dois porter des agglos, je le ferai, ça ne me rebute pas même si je connais la rudesse de ce métier. Si ça permet à ma famille de vivre c'est le plus important.
Aux PME et PMI ont offre la possibilité d'engager une personne et le cas échéant de voir si ses compétences sont ad hoc avec l'activité de l'entreprise. Et même si certains patrons peuvent abuser des failles du système, les prud'hommes ont tranché en faveur de l'employé pour licenciement abusif. Deux ans de période d'essai, je comprends que cela trop long. Mais une année est nécessaire je pense.
Le CPE est encore mieux car il offre aux grandes entreprises la possibilité de former leur personnel à des spécialités hyper-pointues dans surcoûts puisqu'exonérer des charges patronales.
De plus il ne faut pas se leurrer. Les différents contrats de travail (CDD, CDI,Interim...) existeront toujours. Les grandes entreprises ne sont pas folles et connaissent leurs limites d'action. Les petites entités ont enfin la possibilité de trouver LA personne qui répondent à leurs entités.
Pour terminer, on a toujours le choix, il suffit de s'en donner les moyens. Vous êtes fataliste c'est votre choix de suivre ce mouvement. Je pense que vous n'êtes le seul à avoir un avis mitigé concernant le blocage des fac.
Le droit de vote vous l'avez maintenant. Et aux dernières éclections vous étiez inscrits sur les listes électorales donc vous vous êtes exprimés.
Non ?
Je suis plutôt apolitique. Je crois plus aux actions qu'aux paroles. Peut-être manque-t-il à Dominique de Villepin, un vrai débat de fond en comité restreint avec ...mais suis-je bête il y a eu des discussions mais les médias n'ont donné la parole qu'aux syndicalistes.
Car voilà les deux points noirs de la "crise" actuelle. Un problème de com' vers les jeunes. Avec du concret et des choses facilement assimilables. Un problème de neutralité nécessaire au travail de journaliste. Car s'il y a des anti-CPE, il y aussi des pro-CPE qu'on entends très peu en fait.
On a toujours le choix. Il faut juste avoir le courage de ses convictions.
Bonne journée.
Sur les charges patronales
L'argument du "trop de charges" est à la mode chez les liberaux. Pour info, ce n'est pas les charges qui font baisser la compétitivité. C'est simplement notre train de vie. Avec 0% de charge, un salarié français couterait entre 100% et 400% plus cher qu'un chinois. Il y a tellement de différences que baisser les charges ne jouent pas sur la compétitivité. Frein à l'embauche alors ? plus plausible
Je souligne enfin la TVA exorbitante que subisse les entreprises. Cf l'affaire de la TVA pour l'hotellerie.
Enfin info tjs cocasse. Saviez-vous que la suppression de l'autorisation administrative de licenciement coutent plus cher aux entreprises que les prud'hommes ?
>
...Messieurs des syndicats, on a les patrons que l'on merite...
Bon après cette reflexion d'un richesse rare, on fait quoi ? 1 partout la balle au centre ? Ou l'on commence a se servir de sa tete pour etre constructif...
Quitte à ne pas plaire aussi, je suis ppur laisser une chance au CPE.
Après mes études, j'ai enchainé avec des missions d'intérim et un CDD.
Après plus de 200 CV envoyés, j'ai enfin eu un CDI dans une petite entreprise. Je pouvais enfin me dire, c'est bon, j'ai un travail qui me plait, je vais pouvoir faire des projets pour l'avenir.
Au bout de trois ans, la société a commencé à avoir des difficultés et malgré mon CDI, je pouvais du jour au lendemain me retrouver au chômage. J'ai accepté des concessions pour garder mon emploi (gel des salaires, être payée chaque mois avec plus d'une semaine de retard).
J'ai cherché du travail ailleurs et malgré mes diplômes et mon expérience, on ne me proposait que des CDD d'un an maximum pas forcément renouvelable. A cette époque, si on m'avait proposé un CPE avec à la clef une embauche définitive, je disais oui tout de suite.
Maintenant, je suis tous les jours en contact avec des gérants de PME et j'entends le même discours : on n'arrive pas à trouver des jeunes motivés et lorsque nous avons cette "perle rare", ce n'est pas pour la licencier au terme des deux ans.
Une formation coûte cher à une PME. N'oubliez pas que 90 % des entreprises sont des PME de moins de 20 personnes. Un artisan qui investit deux ans de son temps pour former un jeune n'a pas envie de recommencer avec un autre jeune.
Je vois régulièrement des entreprises embaucher des jeunes qu'elles ont formés avec un contrat d'apprentissage.
Par ailleurs, pour répondre à Yann, la TVA n'est pas une charge exorbitante pour une entreprise mais le consommateur final c'est-à-dire toi ou moi. L'entreprise n'a qu'un rôle de collecteur.
Le débat sur la TVA dans la restauration est un faux débat. Une baisse du taux devrait être répercutée sur le prix du repas et que la TVA soit à 5.5% ou à 19.6%, le montant HT du repas reste le même. Les restaurateurs veulent garder pour eux la différence sans baisser le prix du menu.
Difficile de répondre à tout le monde, le débat est bien engagé entre vous et je vais vous laisser continuer sur votre lancée.
Mateuss, Michaël faisait un commentaire sur mon billet, il est libre de répondre à qui il veut et je te conseille d'aller faire un tour sur son blog, tu découvriras un élu politique qui ne passe pas son temps à taper sur la gauche, mais un homme de dialogue et d'ouverture et c'est pour ça que je l'apprécie.
Ensuite bienvenue aux filles sur ces pages, Justinette et Linda... vous avez vu ici ça bugge pas et ça rame pas... le vrai bonheur quoi !
Je file lire la presse du jour, j'espère y trouver quelques avancées significatives dans ce conflit.
justinette dit "la TVA n'est pas une charge exorbitante pour une entreprise mais le consommateur final c'est-à-dire toi ou moi"
l'entreprise est egalement consommatrice ;)
pour la restauration c'est un peu la meme optique, cela aurait degagé des recettes supplémentaires mais bon je conçois que l'exemple est maladroit d'autant que le secteur est particulier
Oui, Yann, l'entreprise est aussi consommatrice mais elle récupère la TVA qu'elle paye lors de son achat et lorsqu'elle dans un mois, elle achète plus qu'elle ne vend, elle peut se faire rembourser cette TVA auprès de la recette des impôts.
Donc, je maintiens, la TVA n'est pas une charge pour une entreprise. Et je sais de quoi je parle puisque je suis fiscaliste.
oui oui tu as raison, mes cours de droit fiscal sont loin ;) un contre-exemple perso m'a induit en erreur.
De toute façon, TVA ou charges patronales, l'Etat n'a pas les moyens de procéder à une politique fiscale plus favorable vu l'etat des finances publiques
Ce ne sont pas les emplois avec formation qui posent problème; en effet, un entrepreneur qui investira dans la formation pour "son" CPE hésitera à s'en séparer; mais une infinité d'emplois ne nécessitent aucune formation (ou une journée de familiarisation) et c'est là que les négriers séviront.
Citation :
"les Guignols de l'info représentent pour certains jeunes la SEULE source d'information"
Fin de citation
Certes, mais d'autres (moins jeunes, mais tout aussi "naïfs" et en grand nombre) ont pour unique source TF1.
A mon humble avis ça rétablit la balance
Yann (j'ai mis du temps à te reconnaitre), je suis d'accord avec toi sur un grand nombre de points (1, 2,4,6, 7, 8 et 9)
Je ne comprends pas bien ce qui te fait hésiter pour sur le point 3 ; CPE= possibilité (attention, je dis bien possibilité) que ta vie professionnelle se résume en plusieurs CPE, variant de 1 (pas sûr du minimum, faudrait que je vérifie) à 23 mois, jusqu'à 26 ans ! Je ne dis pas que ça va être systématique mais faire passer une loi qui autorise ça, c'est significatif, non ? Ok ça existe déjà avec les stages et les CDD, mais l'absence de motif rajoute une couche et je ne vois pas en quoi ça peut être bénéfique.
Disons que le problème avec cette loi c'est pas qu'elle arrache des feuilles du code du travail, c'est qu'elle en arrache les chapitres les plus importants ! L'absence de motif (je me répète) te met objectivement en infériorité morale vis à vis de l'employeur (démarches inversés aux prud'hommes, climat d'inquiétude pendant le contrat, etc.).
Ce qui m'amène au point 5 : dans les faits, on peut faire la même chose avec un CDI, mais pas dans la loi... la différence est évidente ! C'est une porte ouverte aux abus... évidemment que tous les patrons ne vont pas la prendre, mais certains ne vont pas se gèner, quand tu vois à quel point ils usent et abusent des CDD ou autres stages...
Quant aux problème de réalité de l'entreprise face à l'incompétence des jeunes, encore une fois je suis d'accord : seulement pourquoi on ne met pas en place des formations en alternance comme ça existe dans les écoles ? Que l'on développe une bonne fois pour toute la formation, plutôt que de faire émerger un contrat aux clauses si étonnantes, bénéficiant d'une flexibilité si tape-à-l'oeil qu'elle ne parait pas tout à fait innocente...
mes amitiés,
mathieu
PS, question non rhétorique mais dans le but de comprendre un truc, tu veux dire quoi par là : "En fait, cela renvoie directement à la notion d'Etat-providence versus etat-minimal. L'Etat-providence est-il en train de muter ou bien de se vider ?"
qu'est ce que l'état providence et l'état minimal ? réponds moi si tu as le temps, merci ;)
Etat-providence = l'Etat aide les chomeurs, aides les gens (subventions, allocations), les entreprises, bref... une espèce de communisme à la soviétique (Etat-partout) dans le côté extrême
Etat-minimaliste : le contraire, genre madeliniste : aucune alloc (chomeur ou logement par ex), pas de subvention, bref...
Le tout est de trouver un juste milieu mais en général on penche plus d'un côté que de l'autre même si ces dernières années (gauche ou droite confondues), ça a plus penché vers l'Etat-minimaliste (pas excessivement, sinon je n'écrirai pas ici :P)
Sinon j'ai Bullara dire : CPE = CDI. Y'a des cours de sémantique à prendre : dure de virer un CDI d'où le côté indéterminé, pas dur de virer un CPE même si dans l'absolu les deux ont une durée indéterminée.
Ce qui me fait marrer : la "fin" d'un CNE/CPE sera dans deux ans OK : juste après les présidentielles ? qui paye le resto du pari : le spolitiues (droite ou gauche) diront : ceux qui se sont fait virer au bout de deux ans, c'est pas notre faute ? :)
Naïveté quand tu nous tiens
Mode d'emploi pour virer quelqu'un en CDI sans faire de vague et sans réel motif.
On convoque la personne, on lui explique qu'elle n'a pas commis de faute, mais que son profil ne correspond pas à l'entreprise, on lui propose une transaction, comprendre on lui donne un peu de fric et surtout on lui fait signer un document qui stipule bien que le salarié s'engage à ne pas aller devant les prud'hommes et à ne dévoiler à personne le contenu de la transaction !
Et le tour est joué !!!
Pas un problème de naïveté... ce n'est pas parce que des comportements détournent la loi qu'il faut généraliser la loi en fonction de ces comportements !
Faux Mat !
Réfléchis bien, avec le CNE et le CPE, les procédures de licenciement sont simplifiées, de ce fait les patrons indélicats n'auront plus recours à la transaction, ils penseront qu'ils peuvent agir comme bon leur semble, mais cette fois ci ils se retrouveront devant les prud'hommes illico presto
Ca risque d'en calmer quelques uns crois moi et la jurisprudence fera son effet.
explique moi concrètement... comment veux-tu trainer aux prud'hommes illico presto un employeur qui vient juste de te licencier si tu n'as même pas de papier où est écrit le motif de licenciement ?
je ne veux pas dire que la démarche est impossible, mais elle est carrément plus longue et compliquée... comme un procès sans preuves, quoi
Tu sais quand on va devant les prud'hommes, même avec un contrat classique on a rarement un document qui va prouver en 1 minute que le licenciement est abusif.
Si tu es un salarié qui n'a pas commis de faute et qui estime qu'il n'y avait pas lieu d'être licencié, tu devras apporter les preuves nécessaires comme dans n'importe quelle autre procédure devant ce tribunal.
Les jugements qui feront office de jurisprudence pour ces contrats poseront de nouvelles règles que employeurs et salariés hésiteront à transgresser.
L'idée peut paraître étrange, mais dans l'absolu elle ouvrira une nouvelle ère dans le monde du travail : celui de la responsabilisation de chacune des parties.
Le contrat signé entre un patron et un salarié retrouvera enfin tout son sens.
Aujourd'hui dans certaines entreprises, la protection du salarié est telle qu'il est souvent impossible d'aller vers des compromis qui pourraient aplanir une situation... tout est fait dans le carcan des procédures sans aucune marge de manoeuvre possible.
Mat, vous fustigez depuis des semaines les chefs d'entreprise, à vous entendre ce sont tous des licencieurs en puissance, des esclavagistes, des personnes qui se fichent du code du travail, à mon sens il faut revenir à plus de réalité et surtout vous rassurer, si ce tableau peut s'apparenter aux capitaines d'industrie, il n'en est rien pour les patrons de PME.
Mais dans le monde du travail, les salariés indélicats ne sont pas rares, ceux qui abusent du système, qui ne font preuve d'aucun esprit d'implication ou professionnel.
Tiens, prenons un exemple concret : en semaine sur le forum d'allo, combien de personnes se connectent depuis leur lieu de travail ? Un patron peut infliger une lettre recommandée à un salarié qui passe une partie de son temps de travail sur le net et il aura raison, c'est interdit... Des exemples j'en ai d'autres crois moi, utilisation à des fins personnelles du matériel de l'entreprise (tel,fax, véhicule), "gonflage" des notes de frais, arrêts maladie de confort etc...
Re Mateuss
Mat (au fait moi j’t’ai reconnu de suite ;)) me dit
Je ne comprends pas bien ce qui te fait hésiter pour sur le point 3 ; CPE= possibilité (attention, je dis bien possibilité) que ta vie professionnelle se résume en plusieurs CPE, variant de 1 (pas sûr du minimum, faudrait que je vérifie) à 23 mois, jusqu'à 26 ans ! Je ne dis pas que ça va être systématique mais faire passer une loi qui autorise ça, c'est significatif, non ? Ok ça existe déjà avec les stages et les CDD, mais l'absence de motif rajoute une couche et je ne vois pas en quoi ça peut être bénéfique.
>>>
bon il faut voir une chose. Si ça peut virer les stages et que tu sois payé normalement, deja c’est un bon point. En plus, ça te donne une expérience non négligeable pour négocier par la suite un CDI direct. L’absence de motif ? cf ce que j’ai developpé en 5 ans (et donc reponse ensuite). Le fait est que 2 ans fait vraiment bcp. Là sur ce point, il faut se mettre à la place du français lambda, et je pense que DDV ferait une énorme faute de ne pas baisser cette durée. S’il la baisse, il s’en sort…
Point 5 : je pointe le doigt sur la periode d’essai. Le CPE est une periode d’essai de 2 ans et non pas un CDI ou on peut te virer pendant 2 ans sans motif. Et là encore, dans les faits, j’ai des amis qui se sont vus demander des periodes d’essai entre 6 mois et 1 an selon leur responsabilité. Alors apres plusieurs possibilités sont envisagées. Pourquoi ne pas faire plutot 1 an maxi et contraindre l’entrepreneur à faire 2 ans d’essai ? etc etc(tention, je ne connais pas tous les termes de la loi donc me reprendre si j’ai dit qqch de faux)
Debat sur la place de l’Etat -> cf ce qu’a écrit Draky
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