11 février 2006
Sur le fond...
Je vais répondre par un nouveau billet à l'un des commentaires de Yves sur le précédent article.
Yves me reproche de ne pas lui répondre sur le fond. Peut être a t-il raison...
Je n'ai pas vraiment le temps et l'énergie en ce moment pour débattre longuement, ma vie est tournée vers d'autres priorités et je passe très rapidement le soir sur ces pages, rassurée, parce que même sans moi le débat avance.
Yves souhaite connaître mon avis concernant Lionel Jospin et son refus d'utiliser le 49.3 lorsqu'il était Chef du gouvernement. Difficile de juger et de connaître ses motivations, je n'ai jamais assisté à un conseil des ministres et toute spéculation serait vaine. Comme toute citoyenne attachée au débat démocratique, je n'aime pas le 49.3, mais parfois il est nécessaire comme ce fut malheureusement le cas cette semaine. Vous affirmez que le gouvernement a fait aveu de faiblesse, mon point de vue est différent vous vous en doutez. Pour moi, c'est l'opposition qui a fait preuve de faiblesse en refusant le débat sur le projet de loi. On peut retarder les débats en guise de manoeuvre politique, c'est de bonne guerre, mais à un moment donné il faut savoir assumer son rôle de parlementaire et monter au créneau avec des arguments, mais l'opposition n'avait rien dans son dossier à part la contestation. Cette faiblesse n'a pas échappé au gouvernement qui a réglé sa partition à la perfection (merci Authueil... il comprendra) et a engagé sa responsabilité pour éviter un enlisement sans fin. L'opposition aurait du se précipiter pour déposer une motion de censure dans les 24 heures, mais il faut croire que les vacances au ski sont plus importantes que l'emploi des jeunes pour eux !!
En ce qui concerne votre aparté sur les syndicats je suis d'accord avec vous lorsque vous écrivez "il me semble qu'un dialogue social moderne, efficace, et productif de compromis sociaux ne peut que reposer sur des syndicats forts et représentatifs", par contre je suis plus réservée lorsque vous affirmez que d'être syndiqué ou délégué syndical nuit à l'avancement. Nous ne vivons pas dans un monde parfait, certes, et il existe encore des patrons qui ont vis à vis des syndicats une certaine méfiance, c'est indéniable. Je crois aussi que lorsqu'on se voit confier un mandat syndical on a un devoir de responsabilité envers les salariés que l'on représente et la hiérarchie. Un délégué qui se veut seulement dans la contestation systématique et pour qui l'ennemi est toujours le patronat a peu de chance de s'attirer les grâces de la direction et de ceux qui hésitent à se syndiquer et je doute que son action soit efficace et constructive. L'autre aspect à considérer quand on joue un rôle syndical c'est d'accepter de mettre un peu en retrait son rôle de "salarié". Les délégations prennent du temps et il n'est pas rare que le délégué ne se voit pas confier des dossiers nécessitant une présence et un suivi accrus, c'est normal, ce n'est pas une sanction, mais juste une logique dans l'intérêt de l'entreprise. Il faut savoir assumer ses choix, soit on reste juste salarié et on se concentre sur sa carrière et son avancement, soit on choisit une mission où l'intérêt général passe avant l'intérêt particulier et l'avancement sera peut être plus lent. Dans notre équipe, nous avons un certain nombre de délégués syndicaux parfaitement conscients de ces règles et qui assument parfaitement, l'un d'entre eux vient même d'être élu au Conseil d'Administration de la boite. Je crois qu'il ne faut pas stigmatiser et généraliser, les syndiqués ne sont pas les bêtes noires des patrons comparés à d'autres pays, mais il y a toujours des exceptions c'est vrai.
Enfin pour finir, un petit retour sur le CPE. J'ai déploré cette politique de la peur exploitée par l'opposition d'une façon mensongère et indécente vers les jeunes. Je travaille depuis de nombreuses années et j'ai signé toute sorte de contrat, comme des CDD d'usage permanent sur des lettres de cachets quand j'étais intermittente du spectacle et comme contrat précaire on ne faisait pas mieux !! Est ce que ce type d'engagement m'a faite vivre pendant 10 ans dans la peur ? Absolument pas... Bien au contraire, j'ai rapidement compris que ce qui était important c'était dans ce cas la reconnaissance de mes compétences et l'implication que je mettais dans mon métier. Durant ces 10 années je n'ai pas connu le chômage, j'enchaînais contrat sur contrat et je vivais plutôt bien et le paradoxe dans cette histoire c'est que j'ai connu une période de précarité et de chômage après la rupture d'un CDI classique, celui que l'opposition brandit comme une arme anti chômage !!! Je le redis, ce n'est pas le contrat que vous signez qui conditionne votre carrière professionnelle. Se faire une place dans le monde du travail implique des efforts, des défis à relever, un certain dépassement de soi parfois et surtout ne pas croire que lorsqu'on sort de la fac on connaît son métier... A part un bagage théorique, on ne sait rien et on doit faire ses preuves !
09 février 2006
L'irresponsabilité de l'opposition
Le scénario que l'on redoutait a bien eu lieu !

"La discussion n'avance plus. Après plus de 43 heures de débat, dont quatre heures de suspension de séance, après 67 rappels au règlement, je ne peux que constater avec regret, avec tristesse, le refus de l'opposition d'examiner sereinement" les 25 articles restant en discussion" a déclaré le Premier ministre forcé d'avoir recours au 49.3.
"Face à l'urgence de la situation, vous faites le choix de l'obstruction. Face à l'enjeu de la modernisation de notre pays, vous faites le choix des vieilles tactiques. Ce n'est pas mon choix, ce n'est pas celui du gouvernement, ce n'est pas celui de notre majorité. Nous nous faisons une autre idée du débat démocratique, de la politique" at-il ajouté.
Pour seule réponse, les députés de l'opposition se sont mis à réclamer le débat... incroyable comme réaction, après des journées d'obstruction et trop facile de jouer maintenant les outragés et d'accuser le gouvernement de "passer en force".
L'opposition a refusé d'examiner les textes et pour Bernard Accoyer, le président du groupe UMP "les choses sont claires, la gauche a imposé ce 49-3. Désormais il est clair qu'en France la gauche a peur de la démocratie, du débat, du peuple".
C'est effectivement l'impression que j'avais moi aussi depuis quelques jours...
L'opposition va devoir assumer ses responsabilités et expliquer à ses partisans pourquoi elle a refusé le débat...
Photo François Guillot/AFP
08 février 2006
Redif'
Vous avez loupé la "séance" la semaine dernière du Premier ministre sur le net, pas de problème. Sur le site de Matignon c'est redif à volonté du chat avec la vidéo et le script. Cliquez ici.
06 février 2006
La guerre des nerfs
Suis je encore en droit d'espérer un vrai débat demain à l'assemblée sur le texte du CPE ? J'écarte d'emblée toute éventualité d'un débat serein, ça frôle l'utopie, mais juste une réelle confrontation démocratique des partisans et des opposants avec comme point d'orgue plus tard le vote pour l'adoption ou non du projet de loi.
J'ai peur que le mot d'ordre demain de la part de l'opposition soit "l'obstruction" !!
A coup de sous amendements, la gauche risque de tuer toute tentative de débat, ne laissant que deux solutions au gouvernement : l'abandon du texte ou le recours au 49.3.
Est ce que je fabule lorsque je pense que l'opposition ne veut absolument pas d'un vote, qu'elle a peu de chance d'emporter et de ce fait conférant au CPE, s'il est adopté, toute sa légitimité démocratique ?
L'opposition préfèrerait-elle la solution du pire, obligeant peut être le gouvernement à passer en force avec le 49.3 ?
Rien n'est sûr pour le moment...
Espérons que la raison l'emporte demain dans l'hémicycle et que chacun pourra faire entendre sa voix !
04 février 2006
"Une citoyenneté active"
Michaël Bullara ne m'en voudra certainement pas de reprendre ici le titre de l'un de ses derniers billets, un billet que je conseille à tous de prendre le temps de lire.
A l'heure où nous nous interrogeons sur l'éventuelle nécessité d'une "discrimination positive", Michaël préfère parler de "citoyenneté active" et à un véritable engagement pour "l'unité de la nation".
"Un pays qui se développe sur une accumulation de communautés, prend des risques graves. Des risques de délitement de ses valeurs ; mais aussi des risques de pertes de repères" écrit il sur son blog.
Pour lui, la discrimination positive "ne répond pas à la véritable problématique, celle de l’appartenance résolue à notre communauté nationale".
"Au cours des 30 dernières années, j’ai successivement entendu nos responsables politiques parler "d’immigration", "d’intégration", "d’assimilation", "de discrimination"… et jamais (ou pratiquement jamais) de CITOYENNETE.
C’est à dire de ce trait d’union, de ce qui peut tous nous rassembler et, finalement, de ce "droit à l’indifférence" à être Français au milieu d’autres Français" ajoute t-il.
Ce débat nous concerne tous et il est évident qu'une solution politique ne sera pas suffisante pour construire cette unité. Nos regards doivent changer, nos consciences évoluer pour sortir de ce schéma qui empoisonne notre société depuis trop longtemps.
Je vous invite donc à participer au débat sur le blog de Michaël, on peut bien s'accorder une trève dans la guere du CPE le temps d'un week end.
