La Plume et l'Epée

Présidentielle 2007, action gouvernementale, les jeux ne sont pas faits à droite.

06 février 2006

La guerre des nerfs

Suis je encore en droit d'espérer un vrai débat demain à l'assemblée sur le texte du CPE ? J'écarte d'emblée toute éventualité d'un débat serein, ça frôle l'utopie, mais juste une réelle confrontation démocratique des partisans et des opposants avec comme point d'orgue plus tard le vote pour l'adoption ou non du projet de loi.

J'ai peur que le mot d'ordre demain de la part de l'opposition soit "l'obstruction" !!
A coup de sous amendements, la gauche risque de tuer toute tentative de débat, ne laissant que deux solutions au gouvernement : l'abandon du texte ou le recours au 49.3.
Est ce que je fabule lorsque je pense que l'opposition ne veut absolument pas d'un vote, qu'elle a peu de chance d'emporter et de ce fait conférant au CPE, s'il est adopté, toute sa légitimité démocratique ?
L'opposition préfèrerait-elle la solution du pire, obligeant peut être le gouvernement à passer en force avec le 49.3 ?
Rien n'est sûr pour le moment...

Espérons que la raison l'emporte demain dans l'hémicycle et que chacun pourra faire entendre sa voix !

Posté par Diane_1964 à 18:07 - D'accord, pas d'accord ? - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Pire que tout !!!

C'est quoi cette mauvaise manière, cette mauvaise foi... Quand on sous-titre son blog "pour une croissance sociale", faudrait voir à ne pas oublier le social... Où est le "fameux" dialogue social de votre "brillant" défenseur du modèle social français ?...
Depuis quand, dans les législatures de la constitution de 1958, l'oppossition a-t-elle d'autres choix que de faire de "l'obstruction" pour se faire entendre ? À la fin du "débat" parlementaire, la majorité "godillot" vote tout ce que l'exécutif lui présente. Les cas de rébellion parlementaire sont inexistants ! N'est-ce pas Villepin qui a décrété l'urgence parlementaire et finalement la gauche qui impose le débat en faisant de l'obstruction ? Où est l'urgence ? Dans le débat ! Pas dans les découvertes du poète de Matignon qui découvre le "chômage des jeunes" alors qu'il a participé à tous les gouvernements Raffarin où la situation du chômage des jeunes s'est aggravée, non ? Quelle est la nature du débat que vous appelez de vos voeux ? Et si il est fait usage du 49.3, vous nous reparlerez du débat parlementaire ? Qui déjà est mort dans l'adpotion de certaines dispositions par voie d'ordonnances...

Posté par Yves, 06 février 2006 à 18:18

Je vous renvoie votre mauvaise foi... Est ce faire avancer le débat que de demander des suspensions de séance pendant toute une semaine ? Ca fait des semaines que l'opposition se délecte de contre vérités sur ce sujet sans apporter la moindre ébauche de solution... alors quand vous me dîtes que la gauche paticipe au débat en faisant obstruction, cela me fait bien rire... Des mois et des mois que l'opposition ne s'est pas penchée sur le problème du chômage des jeunes et tout à coup elle se trouve un nouveau cheval de bataille au milieu de son vide sidéral !

Posté par Diane, 06 février 2006 à 18:53

De qui se moque-t-on !!!

Vous devriez allez consulter les chiffres de l'INSEE sur l'emploi entre 1997 et 2002 !!! Ça vous rafraîchira la mémoire !!! Vous êtes au pouvoir depuis 4 ans ! J'espère que vous n'attendez pas des solutions de l'opposition !!! Vous êtes la majorité !!! Assumez vos insuffisances et vos erreurs de politique économiques et sociales depuis 2002 !!! À vous lire on aurait presque l'impression que vous venez d'arriver au pouvoir ! Quelle arrogance !!! Oui à la flexibilité ! Mais oui à la sécurité ! La fameuse flex-sécurité danoise ! Mais c'est 57 % de prélevements sur le richesse nationale !!! Tout se paye !!! À promettre tout et le contraire de tout, on finit par se prendre les pieds dans le tapis ! En ce dommaine Villepin a beaucoup appris de son maître Chirac ! Où en sommes-nous de la baiise de 33% des impôts sur le législature ?... J'attendais des arguments ! C'est cela un débat !!! Où est l'urgence imposée par le Premier ministre ? Qui consiste, je vous le rappelle, en une seule lecture par les deux chambres. L'urgence elle est dans le marquage à la culotte de Sarko et Villepin... Et où est la protection des droits du salarié en CPE/CNE, concernant par exemple, la liberté, le droit, j'ajouterai le devoir de se syndiquer. Des syndicats forts n'est-ce pas important pour un dialogue social moderne ? Loghorrée que celle de Villepin sur le modèle social !!! Aujourd'hui déjà les ouvriers syndiqués en CDI n'ont pas d'avancement dans leur carrière !!! Pure rhétorique !!!

Posté par Yves, 06 février 2006 à 19:38

Bof quand la Gauche fait le 49-3, la Droite hurle et vice-versa, pas besoin de stresser là-dessus Diane ;)
DDV n'a PAS dialogué avec les partenaires sociaux (le MEDEF s'en fiche, ça lui convient), pourquoi discuterait-il un texte avec les parlemntaires ? Pour cette loi, ça lui tient tellement à coeur qu'il va tout faire pour qu'elle passe...

Posté par Draky, 06 février 2006 à 22:18

de l'utopie socialiste ...

“La loi d’orientation et d’incitation relative à la réduction du temps de travail” (n° 98-461 du 13 juin 1998) a fixé la durée du travail effectif dans les entreprises de plus de vingt salariés à 35 heures par semaine à compter du premier janvier 2000. Cette date fut reportée au premier janvier 2002 pour les entreprises de moins de vingt salariés.

Dans le principe, les organisations syndicales de salariés et d’employeurs étaient invitées à négocier par branche et par entreprise les adaptations de l’organisation du travail mais dans le respect des modalités légales prévues, cela signifie que le fameux « dialogue social » permettait d’atténuer une mesure impérative !

Fidèle à ses utopies, la « majorité plurielle » prévoyait d’allouer des aides financières de l’Etat aux entreprises qui réduiraient la durée du travail effectif de leurs salariés avant les échéances de date prévues et à condition d’embaucher en compensation de la réduction d’horaires.

Le « partage du travail » n’est en réalité que le partage du non-travail. Sur le fond, le Projet de Madame Aubry repose sur un raisonnement d’une naïveté intellectuelle et d’une indigence économique proprement effarantes : puisqu’il y avait 1,2 milliard d’heures supplémentaires travaillées, redistribuons-les sous forme d’emplois permanents à des chômeurs, soit l’équivalent de 700.000 emplois du temps plein !

On retrouve évidemment là l’erreur de tout raisonnement technocratique, fruit d’une arithmétique comptable simpliste. Or, le travail n’est pas une donnée macro-économique uniforme, stable et finie, comme une affectation budgétaire. Les emplois ne se créent pas par décret ...

Déjà en 1982, le gouvernement Mauroy, appliquant une des 110 propositions du candidat Mitterrand, abaissa la durée du temps de travail salarié de 40 à 39 heures. 800.000 emplois stables devaient en résulter.

L’INSEE peine encore à évaluer entre 30.000 et 70.000 emplois nets créés sous l’effet de cette mesure, pour une population active de 25 millions de personnes. Ce fut un échec patent, immédiat en terme d’emplois, mais aussi sur la compétitivité globale de l’économie française, le niveau des recettes fiscales, l’équilibre du budget de l’Etat (déficit aggravé) avec la déflation qui s’en est suivie et dont nous ne sommes toujours pas sortis, les parts de marchés perdues par rapport à nos principaux concurrents ...

Ainsi, la polémique autour du « dialogue social » est une fumisterie ! Aucun des syndicats français n’est représentatif des salariés car les élections prud’homales accusent des taux d’abstention record !

Encourir le risque de la précarité de l’emploi pendant 2 ans ne peut pas être une panacée mais le CPE permet aux entreprises, seules créatrices de valeur et de croissance, de croître en fonction du marché. Différentes études démontrent que la viabilité d’un emploi créé se situe entre 2 et 3 ans …

Face à la globalisation des échanges, la politique gouvernementale vise à rendre plus concurrentielles nos entreprises et à pérenniser nos emplois.

De plus, j’avoue être abasourdi par les contre vérités que les détracteurs du CPE avancent. Faire preuve de tant de dogmatisme m’effraie surtout quand les étudiants et les lycéens sont embrigadés …

Posté par Briavel, 07 février 2006 à 09:29

Lorsque Yves parle de "dialogue social" je lui demande, mais avec qui? on est dans une situation ubuesque, où les syndicats français ne représentent même pas 10% des salariés (et encore, les gros bataillons viennent du public). Ils sont au mieux corporatistes, au pire politisés. C'est le cas de la CGT, dont le but n'est pas de défendre les intérêts des salariés, mais de faire la Révolution. D'ailleurs, ce syndicat ne signe jamais rien, c'est plus confortable et cela permet de maintenir une posture.
Concernant la question du chomage, il faut renvoyer tout le monde dos à dos. L'emploi est créé par la croissance économique, pas par les gouvernements, qui se sont dépossédés d'à peu près tous les leviers d'action dans ce domaine.
Depuis 30 ans, tous les gouvernements, de droite comme de Gauche, ont fait le choix de garantir les revenus du capital et de la rente en stabilisant l'inflation à un niveau bas (Bérégovoy a longtemps été le chantre de cette politique, qui est depuis devenue le crédo européen). Malheureusement, cela s'est fait au détriment des intérêts des salariés. Mais je le répète, c'est un choix politique partagé.

Posté par Authueil, 07 février 2006 à 09:55

Ca n'est pas avec le CNE ou le CPE que le nombre des syndiqués risque d'augmenter.

La diminution du temps de travail est inéluctable et souhaitable. Pour s'en rendre compte, il faut avoir passé un peu de temps dans le monde réel du travail et s'être rendu compte de ce que certains vivent dans leur quotidien. Il faut regarder un peu au-delà de son nombril, aussi propre, parfumé et joli soit-il.

Pour en revenir au sujet, bien sûr que la gauche fait de l'obstruction, c'est exactement ce que fait la droite lorsqu'elle est dans l'opposition; c'est un "jeu" des parlementaires, assez peu compréhensible du citoyen lambda qui s'imagine que les parlementaires sont là pour parlementer et non pour soutenir une ligne politique et pousser leur champion vers le pouvoir. Mais c'est le jeu, et comme le sous entendait un célèbre fumeur de cigare, c'est le moins mauvais pour le citoyen.

Oui, ces contrats vont rendre des services. Ils permettront à certains d'entrer dans le monde du travail et de se forger peut-être une petite expérience.
Oui, ils rendront également des service aux employeurs qui auront là une population à leur merci, qui ne revendiquera pas et qui acceptera, en grande majorité, n'importe quelle condition de travail.
Oui, ils permettront au gouvernement de faire baisser des chiffres statistiques gênants.
Non, ce ne sont pas des CDI.
Non, ils ne suppriment en aucune manière la précarité.

Pour faire passer sa mesure, le gouvernement aurait pu jouer la franchise, en donner les avantages, et aussi les inconvénients. Il en a les moyens, il est tout puissant jusqu'en 2007, et cela aurait désarmé la gauche dans son offensive.

Oui mais voilà, c'est dur de sortir des schémas classiques et de violer les règles apprises pour arriver là où l'on est. Et cela, c'est valable aussi bien à droite qu'à gauche.
Si tous les saints, les bons gestionnaires, les vertueux étaient d'un côté, cela se saurait.

Posté par Claudius, 07 février 2006 à 12:15

Que les parlementaires dénoncent l'utilisation de a procédure d'urgence en session ordinaire 2005-2006 me fait sourire.
Le contrat EMPLOI-JEUNE a lui aussi été adopté dans le cadre d'une procédure d'urgence en session extraordinaire de septembre 1997.
les modalités d'adoption sont identiques, hormis le fait que les étudiants étaient en vacances lors de l'adoption de la loi de 1997.
Cher Claudius, le CPE est un CDI. Il faut arrêter de faire croire que le CDI est une protection équivalente au statut des fonctionnaires ! Depuis 14 ans, je reçois à l'ANPE des licenciés qui pour beaucoup étaient en CDI !!!
Dans ma commune, plusieurs salariés de quelques entreprises ont eu la surprise il y a quelques années de retrouver leur entreprise complètement vidé le week-end (1 à la grande paroisse et 1 à montereau).
Le sud du 77 a connu de nombreuses fermetures d'entreprises, les salariés étaient tous en CDI...
Le CDI n'est donc pas un rempart imparable contre le licenciement ! Ces dernières années, de nombreuses entreprises, ayant peur de se tromper au moment du recrutement, ont privilégier les missions d'intérim ou les CDD. C'est plus facile, il est vrai, de donner le solde pour tout compte en fin de CDD que de convoquer le salarié pour lui expliquer les divers motivations qui font que la période d'essai ne conduira pas à l'embauche définitive.
Derrière cette polémique, on sent l'éternel procès d'intention que font certains contre les chefs d'entreprise qui seraient d'éternels exploiteurs...

Posté par jean-marie albou, 08 février 2006 à 00:06

Oui

Ok le CNE est un CDI.
Mais un CDI avec 2 ans pour se faire virer ?
Personne ne m'a jamais répondu tien : si un patron disons vire un CNE au bout de 2 ans et en reprends un nouveau juste derrière :
- est-ce possible ?
- obtient-il les mêmes aides ?

Merci Claudius pour ton poste bien écrit :)
Merci Briavel pour ton troll bien rigolo :) (la France est au bord du suicide à cause de la Gauche c'est ça j'ai bien résumé ? A dommage que ce grand BIP de De Gaulle n'ai pas été immortel :P

Posté par Draky, 08 février 2006 à 14:46

Claudius, je trouve epuisant ce discours qui se veut progressiste est qui est toujours aussi ringard. Le temps de travail doit diminuer parce que le travail est trop penible pour certain ? Et tu pense que tu menne un combat social ?

Pour moi le progres social, ce n'est pas de diminuer ce que vous semblez concevoir comme etant la periode de "torture" et "d'alienation mentale", que moi j'appel simplement "travail", mais simplement de lutter pour que les gens prennent du plaisir a travailler.

Oui, il y a des luttes a menner, mais depuis plus de vingt ans, le gauche se trompe de lutte. Au lieu de re-inventer le progres social, ce que tout le monde lui demande, elle passe son temps a rever de Marx et a de s'interresser a d'autre pensees fossiles. Marx etait un grand penseur en son temps, et uniquement en son temps...

Pitie, faites travailler un peu votre imagination, et proposez nous un nouveau model social, plutot que de depoussierer des idee d'un siecle d'age !

Posté par Thx8411, 09 février 2006 à 00:19

Misère de la politique...

Il y a ici et là des arguments qui sont recevables. Mais ce que je voulais dire concernant le contrat de travail qui semble être le sujet majeur ces derniers jours : il faut arrêter de protéger le contrat pour mieux protéger le salarié. Disons que le contrat peut être rompu à tout moment (et avec une justification parce que faut quand même pas exagérer, voire l'exemple de la salariée en CNE qui vient de se faire lourder parce qu'elle a pris un congé pour se faire hospitaliser.Borloo a d'ailleurs dit qu'elle pouvait aller en justice. Bon courage...) mais que le salarié soit protégé par une vraie assurance chômage avec une reconversion efficace, une formation performante et un accompagnement individuelle et, bien sûr, une indemnité chômage digne de ce nom. Comme au Danemark... Vous savez le fameux modèle danois, la flex-sécurité... Oui mais j'en vois qui s'étouffe... 57 % de prélevements de la richesse nationale... Vu l'état du débat sur les impôts en France c'est pas gagné...
Petite réflexion de portée politique sur la procédure d'urgence de 1997 : je rappelle que la situation de confiance des français en 1997 était désastreuse (merci Juppé, et Villepin aussi pour la glorieuse idée de la dissolution...) Que l'urgence soit décrété de manière politique en début de législature, c'est compréhensible mais là quand même, ça fait 4 ans... Et quand on sait que Villpein a pris cette décision seul, sans concertation avec Borloo et Larcher... Qu'est-ce qui faut pas faire pour couper l'herbe sous le pied de Sarko !!! Quel sens de l'intérêt général, de la concertation, du dialogue...

Posté par Yves, 09 février 2006 à 00:45

Toujours la même rengaine !!!

Encore une truc : VIVE L'UTOPIE !!! Sans utopie nous ne serions pas en république citoyen !!!
Et je préfère le rêve d'une utopie socialiste au pragmatisme, nouvelle antienne de la droite gaullo-libérale qui est l'euphémisme du clientélisme... Voire l'épisode désastreux sur la TVA sur la restauration... Et les baisses d'impôts à la con de Chirac et consorts !!! En tout cas, si tu veux te syndiquer, faut une croix sur ta carrière... Et si tu es en CNE/CPE et que tu veux te syndiquer, ferme-là pendant deux ans ! Et dis-toi aussi que sans syndicat, y'aurait pas de congés payés, etc... Je rêve de patrons qui inciteraient leurs salariés à se syndiquer...

Posté par Yves, 09 février 2006 à 00:52

Yves >> je préfère les rêves à l'utopie, l'histoire nous apprend qu'elles sont malheureusement meurtrières ...

En outre, je n'accuse pas la gauche d'avoir conduit le pays à la situation actuelle. Je constate simplement que le partage du travail ne fonctionne pas, c'est tout. Que ce soit le fondement des politiques de l'emploi, je l'entends bien mais je ne rejette pas la totalité des décisions qui furent prises.

Je m'efforce simplement de réfléchir et de ne pas céder à un dogmatisme étriqué.

Par ailleurs, j'apprécierai que vous manifestiez un peu plus de respect pour de Gaulle. Même si les politiques s'incarnent souvent sous les traits de tel ou tel autre personnage. Je pense qu'il faut faire la part des choses entre l'action politique et les individus.

Je salue par exemple la politique nataliste de Mitterrand ou l'abolition de la peine de mort mais je m'interroge sur l'homme de Vichy opportunément devenu résistant au bon moment ...

Posté par Briavel, 10 février 2006 à 15:23

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