24 janvier 2006
Le contrat Première embauche une avancée significative
Depuis plusieurs jours, les syndicats de gauche nous annoncent que le CPE (contrat premiere embauche) est anti-démocratique. Ce matin, sur l'antenne de RTL, le Président de l'UNEF (le principal syndicat étudiant de gauche) profitait de l'annonce du CPE pour taper sur le gouvernement. L'UNEF qui au passage niait avoir une relation privilégiée avec le PS.... (on croît rêver)
Ainsi donc la gauche, qui a été incapable de mettre sur pied une quelconque action durable nous explique «Pour un jeune, il est préférable d'avoir un CDD de deux
ans plutôt qu'un sous-CDI ou un sous-contrat de travail comme il est
proposé où, pendant deux ans, ce sera la roulette russe et où le jeune
se demandera tous les jours s'il sera gardé par son patron le lendemain»
Donc
parlons de ma petite personne... Depuis le début de mes études
supérieures, il y a 5 ans, je cumule les CDD. J'ai signé pas moins de
38 contrats de travail. Alors non, ce n'est pas un CDD ni deux, mais
des dizaines. Ainsi donc aujourd'hui si l'on me propose un CDI je ne
vois pas pourquoi je m'y opposerai. Encore une fois les donneurs de
leçons ne sont pas les payeurs. Donc non, le Président de l'UNEF n'est
pas représentatif des étudiants ! Pour moi en tout cas, certainement
pas!
Je vous donne en lien quelques sites qui relaient les mêmes messages que moi.
de-villepin.org
Oui au contrat Première embauche
Jeunes Pour le CPE
Tribu CPE
Commentaires
Bonne initiative Pierre ce billet !
Ce CPE est l'occasion pour les jeunes de sortir de la spirale des stages et des CDD sans fin.
Ceux qui ont peur de s'investir sur un premier poste, de prendre le temps d'apprendre un métier et de s'intégrer à une entreprise dénonceront toujours ce genre d'initiative. Le président de l'UNEF se plait à dire à qui veut l'entendre que tous les jeunes seront licenciés au bout de deux ans, on voit bien que ce jeune homme ne connaît rien au milieu du travail !
Que la gauche, et leurs associations étudiantes "amies" descendent dans la rue... Le gouvernement ne doit pas céder et offrir une chance à ce nouveau contrat.
Desole, de te reprendre, mais effectivement, l'UNEF n'est pas affiliee au PS. Lorsque j'etais syndique a l'UNEF, il y a maintenant quelques annees (il faut bien que jeunesse se passe ;-)), l'UNEF-ID etait officieusement PS, et l'UNEF etait plutot PC...
Halte au CPE
Cette discrimination ne résoudra rien; d'ailleurs la loi stipule son illégitimité
"Ainsi donc aujourd'hui si l'on me propose un CDI je ne vois pas pourquoi je m'y opposerai"
Tout simplement parce que ce n'est pas un CDI.
Je ne crache pas sur le CPE parce que pour certains il est une porte de sortie de la situation de chomeur et une opportunité, si on tombe bien, d'acquérir une expérience.
Mais il ne faut pas le prendre pour ce qu'il n'est pas.
C'est un outil destiné à faire baisser le nombre des chomeurs, au même titre que les campagnes régulières de radiations, les stages bidons et d'autres machines de même genre.
Il faut en profiter, c'est vrai, c'est même vital pour certains, mais surtout pas se bercer d'illusions. Ce contrat précaire ne fera pas sortir ses bénéficiaires du statut de précaire.
Précarité ? Docilité? Exploitation?
Je suis contre le CPE. En dehors de cette précarité liée lendemains incertains, ce pouvoir conféré au chef d'entreprise de te licencier sans motif te met dans une telle situation d'infériorité que pour moi ce contrat signera tout simplement l'avénement d'une nouvelle génération de salariés - nous les jeunes - corvéables à merci et dociles en plus. Pour terminer je te laisserai juste réfléchir à une question : qui d'un employé embauché en CDI ou d'un autre embauché en CPE sera plus enclin [pendant ces deux ans d'essais] à réclamer ses droits au sein d'une entreprise lorsque ces derniers sont bafoués?
http://www.pourlareforme.com/
Pétition - La Droite Libre et le Comité National Pour La Réforme
Le mouvement La Droite Libre lance une pétition apolitique sur ce site : www.pourlareforme.com
En voici le contenu :
- J'en ai assez du climat insurrectionnel.
- J'en ai assez du totalitarisme syndical.
- J'en ai assez de voir la France partir en fumée.
- J'entends faire reculer les privilégiés du système et les combinards festifs.
- Je veux pouvoir étudier sereinement. Je veux pouvoir travailler librement.
- J'exige que la démocratie soit enfin respectée !
Pour cela, quelle que soit ma sensibilité politique,
je signe la pétition nationale du Comité National pour la Réforme.
http://www.pourlareforme.com/
Ce n'est pas sous prétexte que les jeunes - et les autres, puisque le CPE est le petit frère du CNE - galèrent qu'il faut leur imposer en plus une période de deux ans sucsptible d'être interrompue à tout moment sans justification. Avec des arguments comme ça, je crois lire en filigrane "soyez déjà bien contents de trouver du boulot !" Inacceptable.
Une loi discriminatoire et en contradiction avec les signatures internationales de la France ...
Les femmes ont également des problèmes d'accès à l'emploi (temps partiel non choisi, etc ...) Les personnes faisant partie des minorités visibles aussi (vous me pardonnerez cette concession au politique correct) ... donc il faut créer un CFE ou CME (Contrat Femme Embauche ou Contrat Minorité Embauche) ou parceque vous êtes une femme (ou étranger) vous aurez le droit à deux ans de période de consolidation et l'absence de motif VALABLE pour votre licenciement ...
La discrimination sur l'age est une discrimination !!!
La fin ne justifie pas tous les moyens, d'autres moyens existent et ont d'ailleurs fait l'objet d'un rapport commandé par la Droite ... Le Rapport PROGLIO, qui propose des solutions très intéressantes et acceptables (et quasiment acceptées) par tous ...
Enfin certains disent que la France est la risée de l'Europe et des pays développés ? Mais la mise en oeuvre du CPE et le reniement de toutes les signatures internationales de la France on appelle cela comment ? Petit rappel :
Les dispositions du CPE sont-elles légales au regard des textes supranationaux ? La question reste entière tant que la CJCE ne se sera pas prononcée. On peut toutefois se poser la question de ce qu’il pourrait advenir des CPE en cours si d’aventure la CJCE considère ces contrats illégaux… Il y a fort à parier qu’alors les bénéficiaires de tels contrats se trouveraient en situation post-période d’essai du jour au lendemain et ce, bien avant les 24 mois prévus. Danger donc pour les entreprises trop pressées… qui répondraient à l’appel de Jacques Chirac du 2 mars à utiliser le Contrat Première Embauche.
Voila donc ce que nous dit le droit international ... puisqu'il faut absolument respecter les lois ...
CHARTE SOCIALE EUROPEENNE (Ratifiée par la France le 22 juin 1989)
Article 24 – Droit à la protection en cas de licenciement
« En vue d'assurer l'exercice effectif du droit à la protection en cas de licenciement, les Parties s'engagent à reconnaître :
- le droit des travailleurs à ne pas être licenciés sans motif valable lié à leur aptitude ou conduite, ou fondé sur les nécessités de fonctionnement de l'entreprise, de l'établissement ou du service ;
- le droit des travailleurs licenciés sans motif valable à une indemnité adéquate ou à une autre réparation appropriée.
A cette fin les Parties s'engagent à assurer qu'un travailleur qui estime avoir fait l'objet d'une mesure de licenciement sans motif valable ait un droit de recours contre cette mesure devant un organe impartial ».
CHARTE DES DROITS FONDAMENTAUX DE L’UNION EUROPEENNE
(Dit Traité de Nice - Privée de valeur juridique contraignante même si les Avocats généraux de la CJCE l'utilisent pour interpréter les droits fondamentaux)
Article 30
« Le droit à la protection en cas de licenciement injustifié est un droit fondamental du travailleur reconnu par la Charte sociale européenne révisée de 1996. Il inclut le droit à la protection en cas de licenciement (recours, indemnité ou réparation) et le droit à ne pas être licencié sans motif valable. Ce droit est lié à la mise en œuvre du droit à l'information et à la consultation au sein de l'entreprise prévu par l'article 27 de la Charte, qui implique que le travailleur soit informé des changements susceptibles d'affecter son emploi (transferts d'entreprises, insolvabilité de l'entreprise, etc…) »
CONVENTION C158 DU B.I.T. SUR LE LICENCIEMENT
(Ratifiée par la France le 16 mars 1989)
Article 2 b)
« b) les travailleurs effectuant une période d'essai ou n'ayant pas la période d'ancienneté requise, à condition que la durée de celle-ci soit fixée d'avance et qu'elle soit raisonnable »
Article 4
« Un travailleur ne devra pas être licencié sans qu'il existe un motif valable de licenciement lié à l'aptitude ou à la conduite du travailleur ou fondé sur les nécessités du fonctionnement de l'entreprise, de l'établissement ou du service ».
Article 7
« Un travailleur ne devra pas être licencié pour des motifs liés à sa conduite ou à son travail avant qu'on ne lui ait offert la possibilité de se défendre contre les allégations formulées, à moins que l'on ne puisse pas raisonnablement attendre de l'employeur qu'il lui offre cette possibilité ».
Toutes ces choses peuvent être contrôlées par les juridictions judiciaires...Cour de Cassation en tête!
Pour répondre à Jules:
dans un Etat de Droit, tes droits seront toujours protégés malgré ce que peuvent dire les syndicats et les organisations étudiantes...
Aldebaran
L'Allemagne de 1933 était un état de droit...fais attention à ce que tu dis Aldébaran
Ne pas avoir de sens critique sur ses études mène nul part
Fin du CPE
Hélas, le CPE n'est plus. Les manifestants n'ont réussi qu'à ficher en l'air une occasion pour les jeunes sans expérience de pouvoir accéder à un emploi. Maintenant qu'ils ont obtenu ce qu'ils voulaient, les étudiants pourront tranquillement retourner sur les bancs de leurs fac sans se préoccuper le moins du monde des conséquences pour les jeunes chômeurs, premières victimes...
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