La Plume et l'Epée

Présidentielle 2007, action gouvernementale, les jeux ne sont pas faits à droite.

16 janvier 2006

Emploi des jeunes : en finir avec la trappe à précarité

23 % des jeunes entre 18 et 25 ans sont sans emploi dans notre pays et on peut se demander si au regard de ce chiffre il est encore de bon ton de se cacher derrière un débat idéologique pour résoudre ce problème ? Peut on laisser plus longtemps un quart de cette génération sur le carreau ? Peut on accepter que ces jeunes passent presque une décennie à construire leur avenir professionnel ?

Ce n'est pas l'avis du Premier ministre, qui ce matin, lors de la présentation de la deuxième étape de son plan pour l'emploi, a constaté que nous étions bien en face d'un problème structurel urgent à résoudre et qui pourrait avoir de graves conséquences sur l'avenir de notre pays.
Pour lui, rien ne se règlera dans les discours sans fin, mais dans l'action et avec des mesures en adéquation avec l'inévitable mutation du marché du travail. Son constat est sans appel, il veut rompre avec "les logiques de partage du travail qui ont échoué". "Ni l'avancement du départ à la retraite des seniors ni la politique de réduction du temps de travail n'ont permis de faire baisser durablement le chômage, en particulier celui des jeunes", a -t-il ajouté.

Pour Dominique de Villepin, le meilleur moyen de lutter contre la précarité c'est l'activité.

Conforté par le succès du CNE (280 000 embauches conclues à ce jour, avec seulement un taux de 10 % d'échec) et sûrement convaincu du bien fondé de ce contrat dans la conjoncture actuelle, le Premier ministre a annoncé la création du "Contrat première embauche" (CPE) pour les jeunes travailleurs de moins de 26 ans.
A l'image de son "ainé", le CNE, est un contrat à durée indéterminé pour lequel le jeune sera rémunéré au même titre que n'importe quel autre salarié de l'entreprise, il n'y aura donc pas d'amalgame possible avec le contrat d'insertion professionnel, piège dans lequel est déjà tombé François Hollande en le qualifiant en toute ignorance de "sous contrat" sous "rémunéré" !
Le CPE ouvre aussi la porte à toute une protection sociale, jusque là souvent absente dans l'emploi des jeunes : indemnité de chômage, de rupture de contrat, droit individuel à la formation dés le deuxième mois de l'embauche, accession au prêt et au logement grâce au Locapass. Le CPE aura lui aussi une période de consolidation de 2 ans, période durant laquelle seront pris en compte les stages et les CDD du jeune salarié au sein de l'entreprise.

Le Premier ministre a affirmé que "ce contrat, c'est une entrée directe dans un emploi stable: il a vocation à aider ceux qui ont de réelles difficultés à entrer sur le marché du travail, pas à se substituer aux autres contrats. C'est l'assurance de construire un vrai parcours sécurisé dans l'entreprise. C'est un CNE beaucoup plus protecteur".

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Le Premier ministre entend aussi développer la formation en alternance qu'il considère comme une "voie d'avenir pour permettre aux jeunes de trouver plus facilement un emploi". Il a annoncé que les entreprises de plus de 250 salariés devront employer des jeunes en alternance à hauteur de 1% en 2007, 2 % en 2008 et 3 % en 2009.

Dominique de Villepin a également entendu la grogne des stagiares et les abus dans ce domaine. Désormais, tout stage de plus de trois mois devra être obligatoirement indemisé et les stages "longs" devront être reconnus dans le cursus universitaire.
Gérard Larcher et Gilles de Robien sont chargés de rédiger une "charte des stages" pour définir des règles de bonne conduite.

Durant cette conférence de presse, Dominique de Villepin ne s'est pas contenté d'annoncer des mesures en faveur des jeunes, il a aussi lancé l'idée qu'il serait opportun de se pencher sur "les conséquences du lancement réussi du contrat nouvelles embauches pour lancer une réflexion sur l'évolution générale des contrats de travail dans notre pays". (...) "Certains envisagent un contrat unique, d'autres souhaitent étendre le contrat nouvelles embauches, toutes ces options sont sur la table de la concertation."

Le Premier ministre entend bien dans les prochains mois lever les tabous qui planent depuis trop longtemps sur le marché de l'emploi et qui finissent par nuire autant aux salariés qu'aux employeurs.
Les mesures prises depuis cet été, ne sont pas de simples "mesurettes", comme aiment à le dire certains, mais les premières bases de nouvelles règles indispensables pour réussir son parcours professionnel sur un marché du travail en pleine mutation. Il est peut être temps, pour certains, de cesser de voir dans la "souplesse et la flexibilité" le spectre de la précarité.

La précarité c'est le chômage, ne nous trompons pas de combat !

Photo Jack Guez AFP

Posté par Diane_1964 à 17:46 - Action gouvernementale - Commentaires [11] - Rétroliens [1] - Permalien [#]



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