02 novembre 2005
Le forum
Quelques lignes pour informer ceux qui passent régulièrement par ici mais qui ne font pas partis de ma mailing list que la plume et l'épée s'offre un espace supplémentaire sur la toile avec un forum.
Il est prêt, il brille comme un sou neuf et il n'attend plus que vous pour vivre, s'animer, polémiquer, s'enflammer sur tous les sujets qui nous tiennent à coeur.
Sur cette page et dans la colonne de droite, un peu plus bas, je mettrai régulièrement en lien les derniers sujets qui auront été ouverts sur le forum.
Echec et Mat...
La stratégie choisie par Nicolas Sarkozy, dans la gestion de la crise des banlieues, s'avère être un échec.
Jouer la "provoc" avec ces jeunes dont un simple regard appuyé suffit à déclencher la violence, même au nom du respect des lois, n'était peut être pas vraiment judicieux.
S'aventurer sur ce terrain miné sans en connaître les codes était presque suicidaire. Le Ministre de l'intérieur en paye le prix fort aujourd'hui malgré sa volonté de rétablir l'ordre.
Sur la touche Nicolas Sarkozy !
"Les grands frères" des banlieues ont déclaré dans la presse qu'il ne voulait pas discuter avec lui. Cette exigence, suceptible de calmer les tensions, s'accompagne de revendications, dont certaines forts discutables : le retrait immédiat «des forces de l'ordre implantées au cœur même de la vie des quartiers», la «vérité» sur les circonstances de la mort de Bouna Traoré et Zied Benna, la poursuite des «policiers agresseurs de la mosquée Bilal».
Pour eux, le seul homme capable de ramener le calme et de trouver une issue à cette crise sans précédent est Dominique de Villepin.
Il appartient maintenant au Premier ministre de reprendre en main ce dossier empoisonné et de faire preuve de la plus grande fermeté en rétablissant le dialogue. Ces jeunes doivent enfin comprendre que les lois de la République doivent être respectées en toute circonstance et qu'il ne peut y avoir dans notre pays de zones de non-droit.
01 novembre 2005
Les familles des deux victimes de Clichy à Matignon
C'est en fin d'après midi que le Premier ministre a reçu à Matignon les familles des deux jeunes victimes de Clichy.
En acceptant d'accéder à leur demande, Dominique de Villepin marque sa volonté d'un retour au calme et au dialogue dans un contexte où les esprits, et pas seulement ceux des jeunes des banlieues, ne cessent de s'échauffer.
De cet entretien, rien n'a filtré, mais on sait que Nicolas Sarkozy était présent alors que les familles avaient refusé de le rencontrer.
Le ministre de l'Intérieur a du faire face à une salve de critiques, quant à sa façon de gérer ces évènements, tant de la part de l'opposition que de certains membres du gouvernement.
A gauche, Malek Boutih, secrétaire national chargé des questions de société au Parti socialiste a déclaré "Peut-être que c'est au Premier ministre de reprendre la main, de mettre un peu de côté ce ministre de l'Intérieur tout excité".
Le Premier ministre a laissé "monter en première ligne" Azouz Begag, ministre de la promotion de l'égalité des chances dont la position est celle de l'apaisement. «Quand je vais dans ces quartiers, j'y vais avec des livres, des brigades antidiscrimination, un discours et une action positifs". Prônant une action sur le long terme, Azouz Begag se dit aussi «persuadé que si les policiers étaient d'origines diversifiées, le message républicain passerait mieux» dans les zones urbaines sensibles a t il expliqué dans un entretien au Figaro.
Il n'a pas hésité non plus à vivement critiquer les propos de Nicolas Sarkosy, ce qui n'a pas manqué de provoquer de vives réactions dans les rangs de l'UMP, certains n'hésitant pas à dire que si qu'Azouz Begag a autant parlé, c'est "qu'il en a, au minimum, reçu le feu vert". Sur ce point, il ne semble y avoir aucune ambiguité, car le ministre avait déclaré avoir l'aval du Premier ministre pour s'exprimer sur ce dossier et sa position paraît être en accord avec celle du Chef du gouvernement.
Que les politiques polémiquent si ils le veulent, ce soir notre seul voeu c'est que la banlieue retrouve son calme et ne soit plus le théâtre d'actes que nous condamnons tous.
Haine et violence
Deux mots écrits en lettres de sang sur les murs des banlieues.
Les évènements de ces derniers jours m'apparaissent comme un acte de "cécession", comme une volonté d'aller jusqu'au bout d'un processus de rejet total de toute valeur civique et républicaine.
Nous sommes face à des zones de non droit capables aujourd'hui de vivre en autarcie avec leurs règles, leurs lois, leur économie parallèle en faisant règner la peur sur les cités.
La fracture est terrible, deux France face à face, l'une qui crie son mal de vivre et ses échecs à coups de voitures incendiées, de jets de pierre avec rage et désespoir et l'autre qui souhaite que ce mal soit pris à la racine dans le dialogue mais qui n'hésite pas non plus à penser que l'ordre doit être rétabli avec fermeté et détermination.
Prévention, répression, à trop vouloir politiser le problème, on a oublié que pendant ce temps là le ver continuait à dévorer le fruit.
A force de valses ministérielles, législatives, présidentielles et autres, on a oublié de mettre en chantier un vrai "remède" cohérent et de le pérenniser pour endiguer ce fléau.
Tout est assez confus dans mon esprit, toutes ces images ébranlent mes convictions et la colère me gagne... et je ne suis pas la seule aujourd'hui à ressentir ce malaise.
