La Plume et l'Epée

Présidentielle 2007, action gouvernementale, les jeux ne sont pas faits à droite.

28 novembre 2005

Chasse gardée

François Fillon a t-il la rancune tenace ou joue t-il seulement son rôle de fidèle conseiller politique de Nicolas Sarkozy ?
Depuis quelques jours il multiplie les déclarations dans la presse en ne se privant pas d'égratigner le Président Chirac ou en mettant en garde Dominique de Villepin, si ce dernier se mettait à rêver, lui aussi, le matin en se rasant, de poser ses valises à l'Elysée :

"Quant au Premier ministre, il doit mesurer qu'il n'y a pas de place pour deux candidats de la majorité", a t-il déclaré, après avoir dit que Nicolas Sarkozy "est le mieux placé".

Voilà Dominique de Villepin prévenu comme tout autre éventuel postulant de droite. La présidentielle est la chasse gardée de Nicolas Sarkozy ! Nul ne doit y songer au risque de s'attirer les foudres de la garde rapprochée du "peut être futur candidat".

Rappelons quend même à Monsieur Fillon qu'à ce jour Dominique de Villepin n'est candidat à rien, il se consacre à sa tâche de Premier ministre avec une grande détermination pour remettre la France sur "ses deux jambes" et quand à Nicolas Sarkozy, il n'a pas été encore désigné comme candidat et son avance dans les sondages ne lui donne aucune légitimité. Monsieur Fillon dans son euphorie veut griller des étapes il me semble.
Il reste un certains nombre d'obstacles à franchir avant d'aller caracoler sur le perron de l'Elysée. François Fillon en affirmant qu'il n'y a pas de place pour deux candidats à droite enterre bien vite une partie des militants et sympathisants UMP qui ne sont pas sarkozystes et qui entendent bien avoir à cette présidentielle un candidat qui incarne leur position et leur vision de la France.

En même temps, je me dis que si certains proches de Nicolas Sarkozy montent régulièrement en première ligne pour dissuader Dominique de Villepin d'être candidat, c'est qu'ils craignent cette éventualité. Ils ont beau dire qu'il n'aura jamais une stature de présidentiable dans un si court laps de temps, une partie de l'opinion publique affirme le contraire.

Nous conseillerons donc à Monsieur Fillon d'économiser sa salive et son énergie pour la campagne présidentielle, lorsqu'elle aura "officiellement" démarré, de retourner à sa mission de conseiller politique et nous mettrons "ses petites phrases" sur le compte de son éviction du gouvernement toujours pas digérée !

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22 novembre 2005

Quand les syndicats déraillent

L’éditorial de Nicolas Barré, dans le Figaro de ce jour, nous éclaire sur quelques « boulettes » édifiantes des syndicats de la SNCF au moment où une nouvelle grève paralyse le trafic dans toute la France.

On apprend qu’en septembre dernier, les 5 principaux syndicats de la SNCF s’opposaient au versement d’une prime d’intéressement d’au moins de 160 euros pour chaque salarié, en signe de refus à « la logique du profit ».

Bien évidemment, ces mêmes syndicats n’ont pas demandé aux cheminots s’ils étaient d’accord pour percevoir cette prime en fin d’année, mais non, on sait bien que l’on peut toujours faire confiance aux syndicats, ils agissent toujours dans l’intérêt du salarié (sic) !

L’édito nous rappelle que la majorité des salariés est favorable à un accord d’intéressement et contrairement aux syndicalistes elle n’y voit pas l’affreux et méchant spectre du capitalisme ou l’asservissement de l’entreprise à une dérive libérale et nauséabonde.

Le plus lamentable, c’est que la grève entamée aujourd’hui, va coûter 20 millions d’euros par jour, ce qui représente à quelque chose près, le montant de la prime que la direction voulait verser aux salariés de l’entreprise.

Cette prime a été calculée sur le bénéfice de l’année 2004, un bénéfice dont le montant part en fumée aujourd’hui avec ce 6ème jour de grève depuis le début de l’année.

« Il faudra que les syndicats expliquent un jour en quoi les intérêts des salariés de la SNCF sont mieux défendus après la dilapidation des marges de l’entreprise plutôt qu’avant » s’interroge à juste titre Nicolas Barré.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là et le comble de l’absurdité est atteint avec le motif de cette nouvelle grève. Les syndicats redoutent « une privatisation rampante », un doute dissipé à maintes reprises par la direction de la SNCF et Dominique Perben, le ministre des Transports, mais 4 des 5 syndicats se sont entêtés dans leurs positions.

Le leader de la CFTC-cheminots qualifie ce mouvement de « comédie » où s’affronte les diverses formations syndicales engagées dans une lutte d’influence et de pouvoir, avec comme bien souvent dans le premier rôle la CGT.

Cette grève ne serait donc qu’un prétexte, surtout pour la CGT qui à l’approche de son prochain congrès veut maintenir plus que jamais son influence surtout face à la montée en puissance de Sud-rails et à rattraper l’erreur de la prime d’intéressement auprès des cheminots.

Une vaste comédie qui ne fait rire personne, une vaste comédie qui coûte très cher à la SNCF, une vaste comédie qui prend encore les usagers en otage.

Depuis l’épisode de la SNCM, on se demande si certains syndicats n’ont pas perdu le sens de la mesure, de la négociation, du dialogue social et de l’intérêt général… bref s’ils n’ont pas perdu tout simplement le sens de leur véritable mission.

Posté par Diane_1964 à 19:04 - Presse / Médias - Commentaires [8] - Rétroliens [1] - Permalien [#]

21 novembre 2005

Pour quelle France voulons nous nous engager ?

Au gré de nos nombreux "clics" quotidiens, certains ont du lire, comme moi, une dépêche de Reuters comparant les raisons avancées par Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy pour expliquer la crise des banlieues.

Au delà de la "rivalité" entre les deux hommes, ce sont deux visions de la France qui se dessinent de plus en plus distinctement, au fil des discours et des déclarations.

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Les propos de Nicolas Sarkozy se radicalisent un peu plus chaque jour et l'idée de la "rupture" apparaît pour lui comme la seule alternative possible au redressement de la France.
Le ministre de l'Intérieur justifie la crise des banlieues ainsi : "La première cause du chômage, de la désespérance, de la violence dans les banlieues, ce n'est pas la crise économique, ce ne sont pas les discriminations, ce n'est pas l'échec de l'école. La première cause du désespoir dans les quartiers, c'est le trafic de drogue, la loi des bandes, la dictature de la peur et la démission de la République", a-t-il affirmé.
On ne peut pas nier que les bandes organisées ont leur grande part de responsabilité, mais ne voir que cet aspect dans le malaise des banlieues est réducteur ne laissant que peu de place à de vraies perspectives d'avenir et la solution ne réside pas seulement dans la question sécuritaire.

Quant au Premier ministre, il refuse de voir dans la crise urbaine une cause unique et mets en garde contre toute forme d'amalgame (lire le précédent billet)  : "Une majorité des populations de ces quartiers ne veut pas être stigmatisée (...) Les habitants ne veulent pas que leur quartier soit frappé du sceau de l'infamie".
"Je crois au rassemblement, pas à la suspicion, à la recherche de responsables", a insisté le chef du gouvernement.
"Le malaise des quartiers sensibles est dû à "la crise des valeurs, au chômage, à un urbanisme inhumain et au recul des services publics" a expliqué le Premier ministre.

Les sujets sur lesquels les avis des deux hommes divergent sont de plus en plus nombreux au risque d'entendre parfois, qu'il y  en fait deux droites aujourd'hui... Plus les jours passent et plus je me dis ce que ce n'est pas faux. Que va t-il en résulter ? Là c'est la grande inconnue.

Dans cette même dépêche, un élu UMP déclare "Sarkozy parle aux tripes et Villepin à la raison" et d'ajouter "en campagne électorale, c'est plutôt le premier qui gagne mais les Français vont tellement mal que, si on sait trouver les mots, la raison peut l'emporter".

Espérons que l'avenir lui donne... raison !

Posté par Diane_1964 à 12:48 - Positions politiques - Commentaires [7] - Rétroliens [1] - Permalien [#]

18 novembre 2005

Défense de stigmatiser

Aujourd'hui encore, Dominique de Villepin a montré sa volonté de calmer et de "recadrer" certains débordements verbaux parmi certains membres du gouvernement et de la majorité dans le dossier des banlieues.
Si nous cherchons tous des explications à ces évènements, on ne peut approuver ceux qui cherchent à stigmatiser une certaine population, à faire des amalgames et à vouloir désigner des "boucs émissaires".
Après la lecture de la presse de ces derniers jours, une fois encore je me range à l'avis du Premier Ministre.

Devant le sénat, le Premier ministre a déclaré "face à l'épreuve, il est comme toujours plusieurs solutions: la première, c'est la division, l'incantation, la recherche de boucs émissaires, la deuxième, c'est la mobilisation et l'action".
"La démocratie française dans l'épreuve a montré qu'elle était capable de trouver des réponses et c'est l'action qui doit être au rendez-vous".

Il apparaît évident que sans nommer personne, Dominique de Villepin faisait allusion à la polémique sur la polygamie et soucieux de "calmer" ses troupes, il a rappelé qu'elles étaient aujourd'hui les priorités de l'Etat.
"La première, c'est de transmettre nos valeurs républicaines. Nous sommes ici pour donner l'exemple, valeurs de respect, de tolérance, d'écoute de l'autre. Il est souhaitable que partout sur le territoire ces valeurs, qui sont incarnées ici par la haute assemblée, puissent s'exprimer en toutes circonstances", a-t-il dit.
"il faut une formation, il faut un soutien, appuyer les efforts de tous ceux qui en ont besoin". "Il est essentiel que chacun puisse avoir sa place, que chacun puisse avoir sa chance" a-t-il ajouté.

En déplacement aujourd'hui à Strasbourg, devant les élèves de l'ENA, Dominique de Villepin a réaffirmé les dangers d'un quelconque amalgame.
"Il est très important, face à une telle situation et dans la conduite de ces événements, d'accorder à chaque étape la plus haute importance à ce qui est susceptible de permettre la bonne compréhension des choses, d'éviter un certain nombre d'amalgames" a-t-il déclaré.
Pour lui, les causes de cette crise sont diverses et une multitude de facteurs sont à prendre en compte tout en la qualifiant de "crise de valeurs et de repères" accentuée par un chômage touchant parfois jusqu'à 40 % de la population dans ces quartiers, "l'humanisme inhumain", la mondialisation, le mimétisme entre bandes et l'immigration irrégulière".

Si le dialogue et la réflexion sont essentiels pour sortir de la crise il maintient que le choix de la fermeté était indispensable pour faire face aux violences, rassurer les citoyens et pour revenir à une situation plus calme.
"Mais soyons conscients aussi que l'immense majorité des populations de ces quartiers ne veulent pas être stigmatisées par leur appartenance à ces quartiers", a ajouté le Premier ministre.

Toujours farouchement hostile à toute forme de discrimination positive, il préfère parler d'égalité des chances "dès lors que cela ne revient pas à réserver à quelqu'un un certain nombre d'avantages en fonction de son ethnie, de sa race ou de sa religion et qu'il s'agit en fait d'un geste en direction d'individus qui rencontrent plus de handicaps".

Enfin toujours fidèle à ses convictions, il a rappelé une notion qui lui est chère, celle d'un destin collectif en estimant que la mobilisation "doit être celle de tous". "Ce n'est pas l'Etat seul qui peut apporter des réponses, c'est la société tout entière", a-t-il dit.

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16 novembre 2005

C'est pas ma faute !!

J'avais écrit un long billet sur l'apprentissage à 14 ans et puis Pierre est arrivé sur Skype, il était très pressé de me montrer les photos de son week end "vieux cons" (c'est lui qui le dit) et le drame est arrivé... Une petite erreur de manipulation et vlan, voilà que ma page avec mon "super billet" disparaît pour laisser la place aux fameuses photos !! Impossible de rattraper ma prose... Vous serez d'accord avec moi, c'est bien la faute de Pierre si je ne suis pas en mesure de vous livrer mes commentaires sur la question de l'apprentissage.

Sur cette question, pour résumer, je ne suis pas contre. L'apprentissage est une opportunité intéressante pour les adolescents peu enclins à suivre un enseignement général et l'apprentissage même à 14 ans peut leur redonner une motivation perdue trop tôt et un encadrement adéquat. Je ne pense pas que l'abaissement de l'age fera de l'apprentissage une voie de garage, comme certains le prétendent.
Depuis que l'état redore le blason de cette filière, on constate que de plus en plus de jeunes choisissent cette alternative et qu'elle leur permet de s'insérer dans la vie professionnelle avec moins de difficultés que d'autres qui ont choisi un parcours universitaire classique.
Gilles de Robien, le Ministre de l'Education a annoncé une série de mesures sur le sujet. A lire, pour pouvoir en débattre ensuite.

Posté par Diane_1964 à 19:51 - D'accord, pas d'accord ? - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 novembre 2005

Le gouvernement ne relâche pas la pression

Approuvé ce matin en conseil des ministres, un projet de loi, visant à proroger de 3 mois l'état d'urgence, sera discuté demain à l'assemblée.

Cette mesure que le Président Jacques Chirac qualifie de "strictement temporaire" montre bien que le gouvernement n'a nullement l'intention de relâcher la pression au moment où les violences en banlieues commencent à diminuer.
Ce qui justifie le choix du gouvernement c'est "l'extension de ces violences à des centres urbains, dirigées sans dictinction vers les personnes et les biens", comme les incidents samedi dernier Place Bellecour à Lyon à une heure où ce quartier est très fréquenté. Le Président Chirac a également souligné que cette mesure préventive aidera les forces de l'ordre a ramener le calme dans les zones sensibles.

Avant même l'examen de ce projet de loi, à l'UMP on s'est dit satisfait du "message de fermeté du gouvernement" et que "l'action déterminée du gouvernement permet aux zones de non droit de reculer". Bernard Accoyer estime que cette mesure est juste et répond à des circonstances exceptionnelles, un avis que ne partagent pas le PS, les Verts et le PC qui déclare que le gouvernement ferait mieux de décréter "l'urgence sociale". Sur ce point il me semble que c'est déjà fait avec les mesures annoncées par le Premier ministre la semaine dernière.

Le Président Chirac s'exprimera sur le sujet des banlieues, ce soir à 20 h 00 sur France 3.

Posté par Diane_1964 à 17:45 - Action gouvernementale - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 novembre 2005

Education : la racine du mal ?

Ou plutôt l'absence ou de graves carences dans l'éducation sont-elles à l'origine de cette délinquance qui embrase les banlieues ?
On aurait du se poser cette question plus tôt, au lieu de ne voir dans le malaise des jeunes des banlieues que des problèmes conjoncturels, sociétaux et politiques.
On aurait du s'inquiéter plus tôt des conséquences face aux parents de ces jeunes, pris eux aussi dans la tourmente et confrontés aux problèmes du chômage, de la précarité, de l'intégration etc... Des parents dépassés et abandonnant toute mission éducative auprès de leurs enfants, fermant les yeux, les laissant livrés à eux mêmes de plus en plus tôt sans  garde fou, ni limite. Des enfants qui trouvent "refuge" dans la "bande", seule structure capable de leur donner "une place" et un semblant de "reconnaissance", bien souvent pour le pire.

Cécilia Gabizon, dresse aujourd'hui dans le Figaro, quelques portraits de ces parents en plein désarroi et pleine démission.


Quand les parents démissionnent
Une bonne part des émeutiers sont des mineurs dont les parents ont souvent renoncé.

«J'EN VEUX énormément à mes parents de m'avoir si mal lancé dans la vie, raconte Mohad, 18 ans, dans une rare confidence. Ils me font honte, ces analphabètes. Ils me donnent des coups pour m'éduquer, alors qu'ils vivent de mes allocations familiales.» Depuis l'adolescence, Mohad, qui vit au Pavé neuf à Noisy-le-Grand, ment chez lui pour éviter les claques, crie fort à l'école pour donner le change. Il a «cassé» ces derniers jours, reconnaît-il, parce que tout «bout» en lui.

Sa mère feint d'ignorer cette révolte. «Je lui ai demandé de rester à la maison», commence Fathia, 45 ans, sur le ton du devoir accompli. Avec ses cinq enfants, son français hésitant et son horizon réduit à la cité HLM, Fathia «couvre» depuis bien longtemps la dérive de Mohad. «Quand j'étais convoquée à l'école, je voulais défendre mon fils pour qu'il ne soit pas puni. Sinon, son père l'aurait tapé.» Elle refuse d'autant plus farouchement les critiques qu'elle se sent coupable. «C'est peut-être de ma faute si Mohad ne tourne pas rond. Je n'ai jamais pu l'aider pour les devoirs.» Chaque fois que la police l'a interpellé, elle a juré aux agents: «C'est pas possible que mon fils ait fait ça!» De toute façon, «les policiers sont contre nous», assure cette Algérienne. Mohad dans sa rage, Fathia entre regrets et déni: ainsi va cette famille, malade, sans savoir vers qui se tourner.

Les émeutes n'ont fait que mettre au jour des liens déjà brisés entre les générations, une autorité parentale perdue depuis longtemps et, parfois, de la maltraitance. Si certains adultes s'interrogent, beaucoup préfèrent accuser:«C'est avec leur loi de protection de l'enfance qu'ils ont créé la délinquance», martèle Amina, 5 enfants, de la Courtille, un quartier de Saint-Denis: «Mes fils revenaient de l'école en brandissant le numéro pour enfants battus». Aujourd'hui, elle se pose en mère courage, réclame la suppression des allocations familiales «pour ces parents qui se fichent de leurs enfants». Mais derrière cette morale clamée haut et fort, se cachent deux fils trafiquants, ses aînés qu'elle a abandonnés lorsqu'ils étaient adolescents pour refaire sa vie. Mais cela, Amina ne le mentionnera pas.

Partout, le silence recouvre les blessures. Yacine, 18 ans, vit à Bondy avec son père. «Un inconnu, dit-il. Je ne sais rien de lui. Il ne me parle jamais.» Alors Yacine avance à l'aveuglette, coincé entre la tradition familiale qui ne se discute pas et ce monde extérieur si différent. Pour se sentir moins seul, moins perdu entre ces contradictions, il s'est trouvé une autre famille: «les copains». Et les a suivis les soirs d'émeutes.

Ces gamins qui partagent si peu avec leurs parents les défendent pourtant bec et ongles. «Ma daronne (mère) a tout donné pour nous», martèle Nissan, 18 ans, incendiaire la nuit, aux alentours du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) où il vit. Sa mère divorcée adule ce fils certes délinquant, mais si prévenant. «Il cherche du travail, mais personne ne veut le prendre», assure Malika, 45 ans, 7 enfants. Fataliste, les yeux depuis longtemps fermés sur tout ce qui la dérange, Malika assure n'avoir «aucun problème d'autorité».

Tout comme Fatou, deuxième épouse, mère de six enfants de La Courneuve (Seine-Saint-Denis). Majestueuse dans son boubou, elle semble bien loin des méfaits de ses fils, que tout le quartier dénonce. Le père, éboueur en retraite, est au «village», au Mali, pour plusieurs mois. Pendant que les parents gardent les yeux rivés sur l'Afrique, les enfants se perdent dans les cités.

Smaïn, lui, a choisi: «J'éduque mes enfants à la française». Mais, au bord des larmes, ce mécanicien de 38 ans redoute de voir ses efforts anéantis par les émeutes: «J'ai peur qu'on rejette un jour mes enfants, qu'on les renvoie au Maroc, alors que j'aurai tout fait pour qu'ils soient des Français.»

Posté par Diane_1964 à 10:21 - D'accord, pas d'accord ? - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 novembre 2005

Sept français sur dix approuvent le couvre feu

Certains dans la classe politique, à droite comme à gauche, se disent embarassés par l'instauration d'un "couvre feu" là où cela s'avère nécessaire.
Bien sûr que le dialogue doit être présent, mais franchement, à qui va t-on faire croire que les "casseurs" qui signent et persistent dans leurs actes depuis 13 nuits ont cette volonté de dialogue.
Il faut arrêter la démagogie à 2 balles qui n'a jamais rien donné de toute façon.
Que doit on faire maintenant, et je vais prendre un exemple à Lyon, quand dans la soirée certains balancent des cocktails molotov dans une station de métro où il y a du monde ? On dialogue ou on applique la loi ?

Si certains politiques s'interrogent, voilà un récent sondage qui peut leur apporter un début de réponse :

Plus de sept Français sur dix sont favorables à l'autorisation donnée aux préfets de recourir au couvre-feu pour apaiser les violences dans les banlieues, selon un sondage CSA publié mercredi dans "Le Parisien/Aujourd'hui en France".

58% des personnes interrogées se disent "scandalisées" par la situation dans les banlieues, tandis que 28% en sont "mécontentes". Elles sont 12% à faire part de leur compréhension, et 1% à avouer leur sympathie.

Par ailleurs, 73% des Français se disent favorables au recours à la loi de 1955 sur l'état d'urgence qui prévoit l'instauration de couvre-feux. De même, 83% des sondés approuvent le fait que les jeunes puissent avoir accès à l'apprentissage dès l'âge de 14 ans, et 89% sont favorables au rétablissement du financement des associations dans les banlieues.

- sondage réalisé le 8 novembre auprès d'un échantillon national de 805 personnes représentatif de la population âgée d'au moins 18 ans, selon la méthode des quotas.
Source AP

Posté par Diane_1964 à 18:59 - D'accord, pas d'accord ? - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 novembre 2005

L'ordre républicain et des mesures pour les banlieues

C'est dans un climat de grande confusion et d'exaspération de la part des citoyens de tous bords que Dominique de Villepin fera ce soir, sur TF1, l'annonce d'une série de mesures en faveur des banlieues.

Hier soir, après le conseil de sécurité à l'Elysée, le Premier ministre a annoncé le renforcement "dispositifs de sécurité partout sur le territoire où cela est nécessaire". "Nous ne pouvons accepter aucune zone de non-droit", a-t-il dit.

Le bilan s'alourdit toutes les nuits, on ne compte plus les voitures incendiées, les policiers blessés et certains syndicats minoritaires de la police, ainsi que certains maires PS demandent l'envoi de l'armée dans les zones les plus troublées.
De son côté le député UMP Jacques Myard suggère l'instauration d'un état d'urgence avec un "strict couvre feu". "Les Français sont excédés, si l'Etat ne rétablit pas l'ordre, il est fort à parier que la population ne le fasse d'elle-même et plus personne ne répondra alors de rien" a-t-il déclaré.
De plus, il a demandé au CSA "de conclure un moratoire sur la diffusion de ces événements avec tous les médias afin de ne pas les stimuler et les amplifier".
Concernant l'attitude des médias, de plus en plus de voix s'élèvent sur la façon dont les informations ont été traitées avec une déplorable partialité au nom de l'info spectacle et de l'audimat.

Face à des "casseurs" déterminés à poursuivre leurs actions et réclamant la démission du ministre de l'Intérieur, on attend que l'intervention de Dominique de Villepin soit "forte" et porteuse de véritables solutions pour commencer à inverser ce processus qui gangrène les banlieues depuis plus de 20 ans. Bien sûr, on n'attend pas de miracle, mais le renforcement d'une vraie politique en faveur de ces zones sensibles et qui donnera des résultats.

On attend aussi que le Premier ministre réafirme son message en en appelant "à la responsabilité de tous" face à la crise.

Quel rôle pouvons nous jouer, nous simples citoyens, pour faire comprendre à ces jeunes que nous souhaitons un retour au calme et à l'ordre et que la violence ne mènera à rien ?

Michaël Bullara, par l'intermédiaire de son blog invite, ceux qui le veulent, à signer une pétition de soutien à la politique de sécurité républicaine.

Posté par Diane_1964 à 13:39 - Action gouvernementale - Commentaires [14] - Rétroliens [1] - Permalien [#]

05 novembre 2005

Banlieue : le défi de Dominique de Villepin

villepin051005reuterscharles_platiauDominique de Villepin se plaisait à répeter il y a encore peu "qu'il était heureux d'être tout à sa tâche".
Ces derniers jours on aurait bien aimé lui poser à nouveau cette question et entendre sa réponse. Lui qui n'avait pas peur de mettre les mains dans le cambouis, il est servi, on peut même dire sans prendre trop de risque qu'en ce moment il a du cambouis juaqu'aux coudes.

C'est vrai, il est en train de jouer une partie de sa crédibilité avec cette "guerilla urbaine" qui, aujourd'hui a dépassé le stade de la rebellion pour être instrumentalisée et récupéréé par tout ce que ces banlieues comptent de "délinquants fichés et archi connus des services de police". De ce fait la situation est devenue incontrôlable et la violence plus que jamais gratuite et inexplicable.

Depuis quelques jours, le Premier ministre multiplie les réunions avec les membres du gouvernement, les consultations avec tous les acteurs des banlieues (jeunes, médiateurs, travailleurs sociaux...), mais également les élus locaux afin "d'être au plus près des réalités du terrain et de répondre aux préoccupations des habitants des zones urbaines sensibles" a-t-il déclaré.
A côté de cette volonté de dialogue et de compréhension de la situation, il n'abandonne pas son discours de fermeté en soulignant qu'il refusait "que les réseaux du crime et du trafic de drogue profitent des désordres pour prospérer", qu'il refusait également "la violence aveugle qui tue un homme sous les yeux de sa famille".
Devant les sénateurs il a rappelé que "l'état républicain ne cèdera pas".

Depuis le conflit à la SNCM, on connaît mieux  la capacité de Dominique de Villepin à allier le dialogue et la fermeté et à ne pas céder à la pression, mais le problème des banlieues est d'un autre acabit.
Bien sûr, confortablement installés devant nos écrans de télé ou d'ordinateurs nous avons tous un avis sur la question, nous pensons tous savoir ce qui n'a pas fonctionné, ce qu'il faudrait faire. Mais alors pourquoi depuis plus de vingt ans avons nous échoué sur ce terrain ? Tous nos politiques de droite et de gauche, épaulés par les professionnels, les sociologues et autres spécialistes de la question n'ont pas réussi à mettre sur la table une copie qui tienne la route et qui endigue à la base ce fléau.

violenceurbaineafpcharlessimon2Il est temps aussi que ce volet dépasse les clivages politiques et qu'un véritable consensus s'installe. L'attitude de la gauche n'est pas acceptable, une fois de plus elle semble frappée d'amnésie et semble ignorer la signification du mot "humilité".

Si le Premier ministre aime les défis et l'adversité (c'est bien Nicolas Sarkozy qui a dit ça de lui, si je ne m'abuse) il va devoir se dépasser et réussir là où tous ont échoué. Ce problème ne peut plus être traîté à coup de "mesurettes".

Nous attendons de lui et surtout les habitants des banlieues victimes de toutes ces violences, qu'il soit le garant des lois et de l'autorité de l'état, mais également qu'il soit capable du dialogue indispensable et sans démagogie pour aller au coeur du problème et commencer à en esquisser les solutions.

Photo Charles Platiau REUTERS
Photo Charles Simon AFP

Posté par Diane_1964 à 19:41 - Action gouvernementale - Commentaires [1] - Rétroliens [1] - Permalien [#]



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