28 novembre 2005
Chasse gardée
François Fillon a t-il la rancune tenace ou joue t-il seulement son rôle de fidèle conseiller politique de Nicolas Sarkozy ?
Depuis quelques jours il multiplie les déclarations dans la presse en ne se privant pas d'égratigner le Président Chirac ou en mettant en garde Dominique de Villepin, si ce dernier se mettait à rêver, lui aussi, le matin en se rasant, de poser ses valises à l'Elysée :
"Quant au Premier ministre, il doit mesurer qu'il n'y a pas de place pour deux candidats de la majorité", a t-il déclaré, après avoir dit que Nicolas Sarkozy "est le mieux placé".
Voilà Dominique de Villepin prévenu comme tout autre éventuel postulant de droite. La présidentielle est la chasse gardée de Nicolas Sarkozy ! Nul ne doit y songer au risque de s'attirer les foudres de la garde rapprochée du "peut être futur candidat".
Rappelons quend même à Monsieur Fillon qu'à ce jour Dominique de Villepin n'est candidat à rien, il se consacre à sa tâche de Premier ministre avec une grande détermination pour remettre la France sur "ses deux jambes" et quand à Nicolas Sarkozy, il n'a pas été encore désigné comme candidat et son avance dans les sondages ne lui donne aucune légitimité. Monsieur Fillon dans son euphorie veut griller des étapes il me semble.
Il reste un certains nombre d'obstacles à franchir avant d'aller caracoler sur le perron de l'Elysée. François Fillon en affirmant qu'il n'y a pas de place pour deux candidats à droite enterre bien vite une partie des militants et sympathisants UMP qui ne sont pas sarkozystes et qui entendent bien avoir à cette présidentielle un candidat qui incarne leur position et leur vision de la France.
En même temps, je me dis que si certains proches de Nicolas Sarkozy montent régulièrement en première ligne pour dissuader Dominique de Villepin d'être candidat, c'est qu'ils craignent cette éventualité. Ils ont beau dire qu'il n'aura jamais une stature de présidentiable dans un si court laps de temps, une partie de l'opinion publique affirme le contraire.
Nous conseillerons donc à Monsieur Fillon d'économiser sa salive et son énergie pour la campagne présidentielle, lorsqu'elle aura "officiellement" démarré, de retourner à sa mission de conseiller politique et nous mettrons "ses petites phrases" sur le compte de son éviction du gouvernement toujours pas digérée !
