22 novembre 2005
Quand les syndicats déraillent
L’éditorial de Nicolas Barré, dans le Figaro de ce jour, nous éclaire sur quelques « boulettes » édifiantes des syndicats de la SNCF au moment où une nouvelle grève paralyse le trafic dans toute la France.
On apprend qu’en septembre dernier, les 5 principaux syndicats de la SNCF s’opposaient au versement d’une prime d’intéressement d’au moins de 160 euros pour chaque salarié, en signe de refus à « la logique du profit ».
Bien évidemment, ces mêmes syndicats n’ont pas demandé aux cheminots s’ils étaient d’accord pour percevoir cette prime en fin d’année, mais non, on sait bien que l’on peut toujours faire confiance aux syndicats, ils agissent toujours dans l’intérêt du salarié (sic) !
L’édito nous rappelle que la majorité des salariés est favorable à un accord d’intéressement et contrairement aux syndicalistes elle n’y voit pas l’affreux et méchant spectre du capitalisme ou l’asservissement de l’entreprise à une dérive libérale et nauséabonde.
Le plus lamentable, c’est que la grève entamée aujourd’hui, va coûter 20 millions d’euros par jour, ce qui représente à quelque chose près, le montant de la prime que la direction voulait verser aux salariés de l’entreprise.
Cette prime a été calculée sur le bénéfice de l’année 2004, un bénéfice dont le montant part en fumée aujourd’hui avec ce 6ème jour de grève depuis le début de l’année.
« Il faudra que les syndicats expliquent un jour en quoi les intérêts des salariés de la SNCF sont mieux défendus après la dilapidation des marges de l’entreprise plutôt qu’avant » s’interroge à juste titre Nicolas Barré.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là et le comble de l’absurdité est atteint avec le motif de cette nouvelle grève. Les syndicats redoutent « une privatisation rampante », un doute dissipé à maintes reprises par la direction de la SNCF et Dominique Perben, le ministre des Transports, mais 4 des 5 syndicats se sont entêtés dans leurs positions.
Le leader de la CFTC-cheminots qualifie ce mouvement de « comédie » où s’affronte les diverses formations syndicales engagées dans une lutte d’influence et de pouvoir, avec comme bien souvent dans le premier rôle la CGT.
Cette grève ne serait donc qu’un prétexte, surtout pour la CGT qui à l’approche de son prochain congrès veut maintenir plus que jamais son influence surtout face à la montée en puissance de Sud-rails et à rattraper l’erreur de la prime d’intéressement auprès des cheminots.
Une vaste comédie qui ne fait rire personne, une vaste comédie qui coûte très cher à la SNCF, une vaste comédie qui prend encore les usagers en otage.
Depuis l’épisode de la SNCM, on se demande si certains syndicats n’ont pas perdu le sens de la mesure, de la négociation, du dialogue social et de l’intérêt général… bref s’ils n’ont pas perdu tout simplement le sens de leur véritable mission.
