La Plume et l'Epée

Présidentielle 2007, action gouvernementale, les jeux ne sont pas faits à droite.

05 novembre 2005

Banlieue : le défi de Dominique de Villepin

villepin051005reuterscharles_platiauDominique de Villepin se plaisait à répeter il y a encore peu "qu'il était heureux d'être tout à sa tâche".
Ces derniers jours on aurait bien aimé lui poser à nouveau cette question et entendre sa réponse. Lui qui n'avait pas peur de mettre les mains dans le cambouis, il est servi, on peut même dire sans prendre trop de risque qu'en ce moment il a du cambouis juaqu'aux coudes.

C'est vrai, il est en train de jouer une partie de sa crédibilité avec cette "guerilla urbaine" qui, aujourd'hui a dépassé le stade de la rebellion pour être instrumentalisée et récupéréé par tout ce que ces banlieues comptent de "délinquants fichés et archi connus des services de police". De ce fait la situation est devenue incontrôlable et la violence plus que jamais gratuite et inexplicable.

Depuis quelques jours, le Premier ministre multiplie les réunions avec les membres du gouvernement, les consultations avec tous les acteurs des banlieues (jeunes, médiateurs, travailleurs sociaux...), mais également les élus locaux afin "d'être au plus près des réalités du terrain et de répondre aux préoccupations des habitants des zones urbaines sensibles" a-t-il déclaré.
A côté de cette volonté de dialogue et de compréhension de la situation, il n'abandonne pas son discours de fermeté en soulignant qu'il refusait "que les réseaux du crime et du trafic de drogue profitent des désordres pour prospérer", qu'il refusait également "la violence aveugle qui tue un homme sous les yeux de sa famille".
Devant les sénateurs il a rappelé que "l'état républicain ne cèdera pas".

Depuis le conflit à la SNCM, on connaît mieux  la capacité de Dominique de Villepin à allier le dialogue et la fermeté et à ne pas céder à la pression, mais le problème des banlieues est d'un autre acabit.
Bien sûr, confortablement installés devant nos écrans de télé ou d'ordinateurs nous avons tous un avis sur la question, nous pensons tous savoir ce qui n'a pas fonctionné, ce qu'il faudrait faire. Mais alors pourquoi depuis plus de vingt ans avons nous échoué sur ce terrain ? Tous nos politiques de droite et de gauche, épaulés par les professionnels, les sociologues et autres spécialistes de la question n'ont pas réussi à mettre sur la table une copie qui tienne la route et qui endigue à la base ce fléau.

violenceurbaineafpcharlessimon2Il est temps aussi que ce volet dépasse les clivages politiques et qu'un véritable consensus s'installe. L'attitude de la gauche n'est pas acceptable, une fois de plus elle semble frappée d'amnésie et semble ignorer la signification du mot "humilité".

Si le Premier ministre aime les défis et l'adversité (c'est bien Nicolas Sarkozy qui a dit ça de lui, si je ne m'abuse) il va devoir se dépasser et réussir là où tous ont échoué. Ce problème ne peut plus être traîté à coup de "mesurettes".

Nous attendons de lui et surtout les habitants des banlieues victimes de toutes ces violences, qu'il soit le garant des lois et de l'autorité de l'état, mais également qu'il soit capable du dialogue indispensable et sans démagogie pour aller au coeur du problème et commencer à en esquisser les solutions.

Photo Charles Platiau REUTERS
Photo Charles Simon AFP

Posté par Diane_1964 à 19:41 - Action gouvernementale - Commentaires [1] - Rétroliens [1] - Permalien [#]

Commentaires

ICONOCLASTE

Durant la crise du CPE, beaucoup de jeunes ont fréquenté les cafés. Certains jeunes BAC S se sont mis à dessiner des châteaux, des bandes dessinés en 3D, et affirmaient que leur décision d'avenir se formulaient pour redonner de l'espoir et du rêve aux jeunes. et que leur décision d'orientation pour les études supérieures se décidaient alors. Il y avait des petits qui regardaient la police avec des grands yeux tout ronds; admiratifs. Les jeunes se représentaient à travers quelqu'un. Ils ne détestent pas le gouvernement. C'est une génération qui se cherchent. Quand De Villepin a abandonné, les gamins ont suivi. Certains ont déclaré "on ne va tout de même pas faire la révolution". C'était une contradiction effrayante à voir et à vivre. Les gamins l'adorent. Certains se parlaient même en anglais. Les jeunes ne veulent pas abolir la constitution ni la Vème République. Ils revendiquent leur histoire et la protection de leur héritage. Ils sont entrain de se souvenir. Il n'est pas non plus question de toucher à l'actuel président, cela va être la Révolte.

Posté par kateline, 01 mai 2006 à 19:00

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Référencé le 06 novembre 2005 à 23:51