01 novembre 2005
Les familles des deux victimes de Clichy à Matignon
C'est en fin d'après midi que le Premier ministre a reçu à Matignon les familles des deux jeunes victimes de Clichy.
En acceptant d'accéder à leur demande, Dominique de Villepin marque sa volonté d'un retour au calme et au dialogue dans un contexte où les esprits, et pas seulement ceux des jeunes des banlieues, ne cessent de s'échauffer.
De cet entretien, rien n'a filtré, mais on sait que Nicolas Sarkozy était présent alors que les familles avaient refusé de le rencontrer.
Le ministre de l'Intérieur a du faire face à une salve de critiques, quant à sa façon de gérer ces évènements, tant de la part de l'opposition que de certains membres du gouvernement.
A gauche, Malek Boutih, secrétaire national chargé des questions de société au Parti socialiste a déclaré "Peut-être que c'est au Premier ministre de reprendre la main, de mettre un peu de côté ce ministre de l'Intérieur tout excité".
Le Premier ministre a laissé "monter en première ligne" Azouz Begag, ministre de la promotion de l'égalité des chances dont la position est celle de l'apaisement. «Quand je vais dans ces quartiers, j'y vais avec des livres, des brigades antidiscrimination, un discours et une action positifs". Prônant une action sur le long terme, Azouz Begag se dit aussi «persuadé que si les policiers étaient d'origines diversifiées, le message républicain passerait mieux» dans les zones urbaines sensibles a t il expliqué dans un entretien au Figaro.
Il n'a pas hésité non plus à vivement critiquer les propos de Nicolas Sarkosy, ce qui n'a pas manqué de provoquer de vives réactions dans les rangs de l'UMP, certains n'hésitant pas à dire que si qu'Azouz Begag a autant parlé, c'est "qu'il en a, au minimum, reçu le feu vert". Sur ce point, il ne semble y avoir aucune ambiguité, car le ministre avait déclaré avoir l'aval du Premier ministre pour s'exprimer sur ce dossier et sa position paraît être en accord avec celle du Chef du gouvernement.
Que les politiques polémiquent si ils le veulent, ce soir notre seul voeu c'est que la banlieue retrouve son calme et ne soit plus le théâtre d'actes que nous condamnons tous.
Haine et violence
Deux mots écrits en lettres de sang sur les murs des banlieues.
Les évènements de ces derniers jours m'apparaissent comme un acte de "cécession", comme une volonté d'aller jusqu'au bout d'un processus de rejet total de toute valeur civique et républicaine.
Nous sommes face à des zones de non droit capables aujourd'hui de vivre en autarcie avec leurs règles, leurs lois, leur économie parallèle en faisant règner la peur sur les cités.
La fracture est terrible, deux France face à face, l'une qui crie son mal de vivre et ses échecs à coups de voitures incendiées, de jets de pierre avec rage et désespoir et l'autre qui souhaite que ce mal soit pris à la racine dans le dialogue mais qui n'hésite pas non plus à penser que l'ordre doit être rétabli avec fermeté et détermination.
Prévention, répression, à trop vouloir politiser le problème, on a oublié que pendant ce temps là le ver continuait à dévorer le fruit.
A force de valses ministérielles, législatives, présidentielles et autres, on a oublié de mettre en chantier un vrai "remède" cohérent et de le pérenniser pour endiguer ce fléau.
Tout est assez confus dans mon esprit, toutes ces images ébranlent mes convictions et la colère me gagne... et je ne suis pas la seule aujourd'hui à ressentir ce malaise.
