12 octobre 2005
Le vaisseau fantôme
On croyait que les Cégestistes de l'extrême de la SNCM avaient immobilisé tous les bateaux de la compagnie, c'était sans compter sur l'esprit de résistance qui s'est emparé il y a quelques jours d'une partie de l'équipage du Liamone.
Le commandant pressentant, à juste titre, que son navire risquait d'être pris d'assaut par les "hordes de grévistes", comme il les a qualifiées, a préféré prendre "le large" et tourne sans relâche en Méditerrannée. Pour protéger le bateau, les caps sont toujours tenus secrets et l'équipage joue à cache cache toutes les nuits avec les "pirates".
Une situation qui pourrait prêter à sourire en d'autres circonstances.
Les heures de la compagnie sont désormais comptées si une reprise du travail ne s'opère pas très rapidement. Les syndicats minoritaires, les officiers espèrent cette issue, mais l'attitude désormais suicidaire de la CGT laisse présager le pire. Le syndicat a pris en otage la compagnie et a encore l'illusion de croire qu'elle peut décider de son sort en ayant pris soin d'écarter depuis le début du conflit les voix qui auraient pu s'opposer à son action.
On dit que le ridicule ne tue pas, mais là il risque bien de faire pleurer 2 200 salariés si les grévistes ne font pas preuve de responsabilité et de bon sens...
10 octobre 2005
Pour porter le débat plus loin
L'équipe de-villepin.org a mis en place il y a quelques mois un forum qui, à mes yeux, est un parfait complément du blog pour élargir le débat et prolonger la discussion sur certains sujets.
Or ce blog est encore trop confidentiel et mérite d'attirer beaucoup plus d'internautes.
J'en profite ce soir pour vous inviter à venir faire "vivre" cet espace et à élargir une communauté qui grandit chaque jour et qui pourrait communiquer encore plus aisément grâce à ce forum.
de-villepin.org le forum
SNCM : naufrage ou sauvetage ?
Reprise, dépôt de bilan ? A quelques heures d'un conseil d'administration décisif, on note déjà que la CGT à Paris commence à assouplir sa position, même si la cellule à Marseille campe sur ses positions et exige que l'état reste majoritaire à 51%.
Depuis le début du conflit, on a surtout vu devant les caméras de télévision les syndicalistes de la CGT nous laissant entendre qu'ils parlaient au nom de tous les salariés de la compagnie maritime... Mais est ce bien le cas ?
Alexandre Nasri dans le Figaro, évoque les officiers, pourtant maîtres à bord, bien silencieux dans cette crise, et tenus à l'écart des discussions. Un éclairage intéressant dans un dossier où seule la position de certains à été mise en avant.
07 octobre 2005
Ils ont jugé...
L’intervention de Dominique de Villepin sur France 2, hier soir, alimentait un bon nombre de conversations ce matin et c’est autour d’un café que nous avons commenté sa prestation.
J’avoue être la seule parmi mes camarades de bureau à soutenir ouvertement l’action du gouvernement et les commentaires des uns et des autres ne manquaient pas d’intérêt.
Tout le monde a salué son sens du « verbe », la clarté de ses propos, sa personnalité et son aisance face aux caméras. A ce sujet, je dois souligne , que je l’ai trouvé moins à l’aise que lors de son passage à RMC chez Boudin, surtout en début d’émission. Je l’ai senti un peu fébrile, mais l’enjeu hier soir était de taille. En pleine semaine de crise sociale, il n’était sûrement pas évident d’arriver sur un plateau pour plus de 2 heures de direct face à des millions de français attendant d’être convaincu par son discours.
Parmi toute les critiques formulées par mes collègues, certains points m’ont interpellée.
J’ai eu le sentiment que la vision et les actions du Premier ministre avaient quelque chose de déroutant et d’un peu « contre nature » pour un homme de droite pour ces personnes d’une sensibilité de gauche.
Pour reprendre les vieux clichés tenaces, chez eux la droite c’est libéralisme, patronat, mondialisation et la droite se doit d’ignorer la signification du mot social.
Ce qui semble les gêner dans le discours de Dominique de Villepin c’est bien l’emploi du mot social et la priorité qu’il s’est fixé par rapport à cette croissance dite « sociale ». Gêne accentuée lorsque la comparaison a été faite avec DSK qu’on lui a demandé où il se situait aujourd’hui.
Mes collègues ont du mal à se faire à l’idée qu’un homme de droite prône une politique où le volet social est très important, où le respect du modèle français est une ligne de conduite. Selon eux, il vient carrément marcher sur les plates bandes de la gauche au moment où celle ci n’a plus rien à dire ou à proposer alors que ses sympathisants attendent des réponses concrètes.
Mais ce qu’il y a de plus surprenant dans toutes les remarques que j’ai entendues, c’est presque le reproche qu’ils font au Premier ministre d’appeler autour de lui à un rassemblement de tous les français et de toutes tendances confondues et comble du paradoxe, ils sont presque convaincus que ce dernier a la capacité de fédérer ce rassemblement, s’il réussit à mener à bien sa mission. Les phrases prononcées par Dominque de Villepin pour éviter « la guerre des deux France », son attachement au modèle français, son refus d’une rupture brutale, son envie de réunir « public, privé », les « jeunes, les séniors », tout ça commence à interpeller les consciences au delà des rives de la droite traditionnelle. Bien sûr le chemin est encore long avant une adhésion totale de tous les français, mais il y a un petit mouvement qui se met en marche, même si les intéressés refusent encore de l’avouer.
Certains sont allés encore plus loin en lui reconnaissant un discours aux accents républicains, plus entendu depuis très longtemps (j’ai noté que personne n’a osé parler d’accents Gaullistes).
Si l’homme commence à susciter une réelle admiration, il n’en reste pas moins que mes collègues se sont interrogés sur sa capacité à remettre le France sur ses « deux jambes » avançant que ses marges de manœuvre étaient très minces, que le temps risquait de lui manquer et que l’opposition à son action viendrait plus vivement d’une partie de son camp que de l’opposition dont ils ne semblent plus rien attendre pour l’instant.
Ils ont eux mêmes reconnu que l’intervention de François Hollande avait été bien piètre et bafouillante face à un Dominique de Villepin très à l’aise et champion de la réplique incisive et directe.
Enfin, la dernière critique formulée fut celle de sa sincérité quand il dit qu’il est animé d’un véritable intérêt général et que son ambition est d’abord celle de servir son pays.
Le temps m’a manqué pour continuer cette conversation et j’ai eu envie de laisser une porte ouverte pour reprendre ce débat un jour et pour les aider à comprendre un peu mieux les convictions de cet homme, je leur ai juste conseillé de consacrer un week end à la lecture de son essai « Le cri de la gargouille ».
Photo AFP Thomas Coex
05 octobre 2005
A vous de juger
C'est le nouveau magazine politique mensuel de France 2, présenté par Arlette Chabot.
Dominique de Villepin sera le premier invité de cette émission en direct demain soir.
Portrait, analyse de l'actualité, préoccupations des français, questions des téléspectateurs, ce magazine propose de donner les clés pour mieux décrypter les évènements politiques et sociaux du moment.
Encore un test important pour le Premier ministre qui pourra sans doute vérifier sa côte de popularité avec les chiffres de l'audience !
04 octobre 2005
"Je suis contraint à l'humilité tant que notre pays ne se sera pas relevé."
Je vous offre un peu de lecture pour clore cette journée qui fut agitée sur tous les fronts.
Dans la dernière édition du monde, la plume de Daniel Rondeau, écrivain et chroniqueur littéraire à l'Express, brosse sur le ton de la confidence un portrait de Dominique de Villepin et nous éclaire sur les convictions qui animent l'hôte de Matignon.
Villepin pile et face
Une journée agitée
Les parlementaires ont retrouvé le chemin de l'hémicycle aujourd'hui, pour une première séance de questions au gouvernement principalement orientées vers cette journée de grève et de mobilisation et les sujets de "grogne" des français.
Avant de faire son entrée dans "l'arène", Dominque de Villepin a participé à une réunion du groupe UMP de l'Assemblée et il a profité de cette occasion pour "donner" un petit cours d'histoire aux parlementaires présents et donner son point de vue sur la "rupture", l' idée chère à Nicolas Sarkozy.
"Dans l'histoire de France, le seul moment de rupture, c'était la Révolution française" a t il déclaré, "La rupture, ça se passe toujours dans le sang", (...) "Jamais dans l'histoire la rupture n'a gagné" a t il ajouté.
Pour cette séance de rentrée, Dominique de Villepin fut extrêmement sollicité par les questions des députés.
Le Premier ministre a déclaré que le gouvernement "écoute le message" adressé par les français dans la rue et que sa volonté est de répondre "à leurs inquiétudes à leurs aspirations. Ils veulent des résultats et nous nous battons pour cela"a t il ajouté.
Il a rappelé l'ensemble de mesures prises en faveur de l'emploi au cours de ces derniers mois et les grands axes de son plan pour la relance de la croissance des ménages.
Interrogé sur le plan de relance de la SNCM, le Premier ministre a rappelé que ce dernier avait été élaboré dans le "respect des salariés".
"Pouvions-nous attendre davantage pour agir? La réponse à cette question est non compte tenu de la situation catastrophique de cette entreprise" a-t-il lancé, (...) "c'est une bonne proposition puisqu'elle maintient pour l'essentiel la situation de l'emploi" et qu'il n'y aura "aucun licenciement sec". "Nous pouvons dire que c'est inespéré".
"Cette proposition est à la fois soucieuse de nos engagements de bonne gestion" et "soucieuse de nos engagements européens", a poursuivi Dominique de Villepin. Elle "est en même temps respectueuse du contribuable français et elle est respectueuse de tous les salariés".
Enfin pour évoquer le blocage des négociations sur ce dossier il a précisé que maintenant il fallait "que chacun prenne ses responsabilités. Un comité d'entreprise doit se réunir le 10 octobre, c'est dire à quel point il y a urgence".
Le socialiste, Jean-Marc Ayrault, bien seul aujourd'hui dans son camp, puisque tous ses petits camarades avaient choisi de participer à la manifestation, a fustigé la politique du gouvernement en parlant de "fiasco"; ce à quoi Dominique de Villepin lui a répondu de "faire preuve d'un peu d'humilité". "Vous pouvez décider de manifester en tête ou en queue de cortège, mais n'oubliez pas: le message que nous adressent les Français s'adresse à tous, à vous comme à nous, au centre, à la droite, à la gauche, à l'Etat comme aux entreprises", a lancé le Premier ministre à Jean-Marc Ayrault. "J'ai écouté attentivement vos critiques et vos leçons. J'ai attendu en vain vos propositions".
Plus incisif que jamais, le Premier ministre a tenu à "rafraîchir" la mémoire d'une gauche vindicative lors de cette séance et la façon dont elle a traîteé par le passé certains dossiers délicats comme les licenciements à Michelin et sur lequel Lionel Jospin avait déclaré que "l'état ne pouvait pas tout".
"Je me rappelle d'autres gouvernements que vous avez soutenus ou auxquels vous avez participé où la réponse n'était pas celle du rendez-vous de l'action mais bien un constat, celui de l'impuissance publique" a lancé le Premier ministre.
Cette première crise sociale ne semble pas avoir affectée la détermination de Dominique de Villepin à tenir le cap et oeuvrer pour résoudre les dossiers brûlants de cette rentrée au mépris de certains, lançant perfidement, que sa hausse constante de popularité au cours de ces derniers mois pourrait trouver là son épilogue...
Photo Reuters Charles Platiau
02 octobre 2005
Comme une sensation de malaise...
Une question me vient à l'esprit assez régulièrement ces derniers temps sans que j'arrive à trouver une réponse cohérente :
Pourquoi un ministre et de surcroît, le numéro deux du gouvernement s'oppose t il de plus en plus souvent, ouvertement et publiquement aux orientations et aux actions du dit gouvernement ?
Je conçois et je respecte que ce ministre élabore son programme, qu'il exprime ses idées, ses opinions en vue d'une échéance qui lui tient à coeur, mais a t il besoin, pour marquer sa différence de pointer du doigt le gouvernement auquel il appartient et avec lequel il est censé partager les actions ?
Lorsque le Premier ministre évoque la richesse des différences, je ne peux que l'approuver, mais j'ai peur qu'aujourd'hui "cette différence" ne s'apparente plus à de la "complémentarité", mais plus à une opposition à la politique du gouvernement.
Nous ne sommes pas dupes, nous n'avons jamais cru à cette complémentarité, mais nous avons espéré que chacun jouerait son rôle dans l'intérêt du pays.
Justement quel est l'intérêt pour le gouvernement d'avoir un ministre en marge et que l'on sent de plus en plus isolé ?
Nous sommes à la veille d'une passe délicate sur le plan social et qui aura valeur de test. Nous attendons de ce gouvernement une vraie cohésion pour faire face aux critiques qui ne vont pas manquer la semaine prochaine et il y a fort à parier que certains en face, en panne d'idée, mettront en exergue "cette anomalie" et argueront que le gouvernement ne sait pas parler d'une seule voix.
Mais peut être que tout cela relève d'une stratégie politique dont les tenants et les aboutissants m'échappent...


