30 octobre 2005
Le droit de vote aux immigrés ?
Un autre débat anime la blogosphère depuis quelques jours, suite à une nouvelle annonce de Nicolas Sarkozy, sur la possibilité de donner le droit de vote aux immigrés installés sur le territoire depuis au moins 10 ans.
J'ai pris le temps de la réflexion avant d'ouvrir à mon tour la discussion sur ces pages.
Je ne vois pas l'intérêt d'une telle proposition alors qu'un étranger soucieux de participer aux décisions de la vie locale peut le faire au bout de 5 ans en demandant sa naturalisation. Je crois fondamentalement que les droits de citoyen ne peuvent s'acquérir qu'avec ce passage "administratif" mais également "symbolique" vers la nationalité du pays dans lequel il vit.
Cette démarche est un acte qui va en fait finaliser son souci d'intégration, son acceptation pleine et entière de ses droits et devoirs de citoyen et la reconnaissance des lois et des coutumes qui régissent le pays.
En avril dernier, Nelly Ollin, Ministre déléguée à l'Intégration avait présenté "Le Guide des droits et des devoirs du citoyen français" destiné aux candidats à la naturalisation et pour les préparer à l'examen civique.
Pour la ministre, ce livret doit "permettre une complète intégration" car "on ne peut pas savoir vivre dans un pays quand on n'en connaît pas les règles élémentaires".
"Une personne qui ne sait pas ce qu'est l'égalité entre hommes et femmes, qui ne comprend pas l'interdiction de la polygamie ou de l'excision, ou encore les obligations liées au travail ou à l'impôt, ne pourra pas devenir notre concitoyen", avait elle ajouté. "Si notre République sait accueillir, il est important que ses droits et devoirs s'imposent à chacun".
En 2004, 133 809 personnes ont été naturalisées en France. Incitons les étrangers qui vivent sur notre sol et qui désirent se conduire en citoyens français à accomplir cette démarche, garante à mon avis, d'une intégration réussie.
29 octobre 2005
La loi de 1905 a t-elle besoin d'un "lifting" ?
Le débat sur une éventuelle révision de la loi de 1905 semble en passionner certains, si j'en crois les derniers commentaires.
J'ai parcouru de nombreuses pages sur le web, pour essayer de comprendre ce qui pouvait réellement pousser certains à demander une révision de cette loi et ce qui faisait, que d'autres souhaitent la consever en l'état.
Des textes intéressants, je vous en livre certains, et qui à mon sens nous aiderons à débattre dans le calme sans tomber, comme on le constate trop souvent, dans des discours extrêmes et finalement bien loin des véritables préoccupations.
Pour commencer la fameuse loi de 1905 sur le site Légifrance.
La Fédération protestante ouvre le débat sur la modification de la loi de 1905, article paru dans La Vie en juin 2001:
Façonné par les lois de 1901 et de 1905, le régime des cultes est à la fois très libéral et fort autoritaire. De peur de rallumer la guerre entre cléricaux et anticléricaux, la France s'accommode de cet étrange statu quo. Par Bernadette Sauvaget
Deux lois pour les cultes
De quoi les députés débattent-ils longuement lorsqu'ils planchent, en 1901, sur la liberté d'association? Des congrégations religieuses! La guerre des deux France, la laïque et la catholique, fait alors rage. Les congrégations sont suspectées d'être immensément riches et de contrôler la jeunesse par le biais de leurs écoles. Pour les inspirateurs du texte, il faut les exclure de la liberté d'association. L'exception - l'autorisation - sera donc maintenue à leur égard.
Cent ans plus tard, notre régime des cultes oscille toujours entre libéralisme et strict contrôle. Un paradoxe spécifiquement français. Jusqu'au milieu des années 1980, la situation est restée assez simple. Les religions (catholicisme, protestantisme et judaïsme) avaient trouvé un modus vivendi avec l'État. Mais de nouvelles forces sont alors apparues. L'islam, «importé» par la vague d'immigration maghrébine, a bouleversé la donne. Persuadés de retourner un jour au pays, les musulmans ont d'abord cantonné leur vie religieuse à la sphère privée. Puis, ils ont fait souche et ont revendiqué une vie religieuse au grand jour. Mais une mosquée n'est pas une église. Son activité déborde largement le «cultuel » et implique bains-douches, cours d'arabe, école coranique... Difficile d'organiser tout cela dans le cadre juridique strict de l'association cultuelle...
L'article dans son intégralité
Avis mitigés dans la communauté musulmane. Le Monde 26/10/05 :
Loi de 1905 : le Recteur de la Mosquée de Paris soutient Dominique de Villepin et divise le CFCM
A peine connue l'initiative lancée par Nicolas Sarkozy de créer une commission de réflexion sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics, Dalil Boubakeur s'est empressé de prendre ses distances. Dans un communiqué diffusé lundi 24 octobre, dans lequel il se présente sous ses deux casquettes de recteur de la Mosquée de Paris et de président du Conseil français du culte musulman (CFCM), il a tenu à rappeler "son profond attachement à la loi du 9 décembre 1905, dite loi de séparation des Eglises et de l'Etat, qui est l'un des fondements de la République française" ...
L'article dans son intégralité
Contre la révision de la loi de 1905 :
Henri Pena-Ruiz, philosophe, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris, article paru dans Regards sur l'actualité n°208, février 2004
Face aux nombreuses voix s'élevant pour réviser la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l'Etat, Henri Pena-Ruiz soutient la loi en rappelant son caractère protecteur de la concorde civile et respectueux de toutes les croyances, religieuses ou non. Il répond ici aux arguments des partisans de la révision de la loi de 1905.
L'article dans son intégralité
Et enfin sur le sujet, la position de Dominique de Villepin est claire :
Extrait de l'interview dans le Parisien il y a quelques jours
Cent ans après la loi de 1905, faut-il réformer ou, au moins, « aménager » la loi sur la laïcité ?
"Là encore, il y a une exigence partagée : il n’y a pas lieu de changer la loi de 1905, qui est au cœur de notre pacte républicain. Qu’on apporte des solutions pratiques, dans le strict cadre de la loi de 1905, au problème du financement de certains cultes, cela ne pose, en revanche, aucun problème. J’avais d’ailleurs entamé ce processus place Beauvau en créant la Fondation pour les œuvres de l’islam"...
28 octobre 2005
Mea Culpa
Je sais, j'ai brillé par mon absence cette semaine et je n'en suis pas très fière !
Beaucoup de boulot et un manque évident d'énergie le soir pour écrire.
Pourtant les sujets à traiter n'ont pas manqué cette semaine encore, je vais tenter de me rattraper ce week end.
En tous les cas, merci aux habitués et aux nouveaux de continuer à faire vivre ces pages, même lorsque je préfère la douceur de ma couette à la rugosité des touches de mon clavier !
24 octobre 2005
EDF : ouverture du capital et contrat de service public
Le gouvernement a donné son aval pour l'ouverture du capital d'EDF en ayant pris soin au préalable de s'assurer que la mission de service public sera respectée par le groupe par la signature du "contrat de service public".
C'est chose faite depuis ce matin. Signé à Matignon, ce contrat stipule clairement que EDF et RTE s'engagent à fournir "un service public de qualité" et ce "sans limitation de durée".
Le texte précise aussi que que EDF a pris l'engagement de "modérer" ses tarifs et que cette augmentation tarifaire ne pourra pas être supérieure à l'inflation "pendant au moins 5 ans".
Une autre mesure et pas des moindres, concerne l'accés à l'énergie pour les plus démunis et son maintien en période hivernale, une mesure qui s'inscrit également dans le projet de loi de Jean Louis Borloo sur le logement.
Le contrat dans son ensemble apporte toutes les garanties que la mission d'EDF sera respectée et nullement remise en cause par son ouverture de capital qui s'inscrit dans une logique de développement et d'investissement.
40 milliards d'euros seront investis sur 5 ans, dont la moitié en France pour mettre fin à 10 années sans investissements en nouvelles infrastructures.
Grâce à l'arrivée de nouveaux équipements, le rendement des centrales existentes sera amélioré, l'accent sera mis sur le développement des nouvelles énergies renouvelables et la sécurité du transport de l'électricité sera renforcée.
Cette privatisation partielle, l'état conservera plus de 85 % du capital, était essentielle pour donner les moyens au groupe de rester compétitif. EDF fournit un quart de l'électricité en Europe et compte quelques 42,1 millions de clients dans le monde.
L'évolution du capital d'EDF était prévu de longue date. Le gouvernement a pris ses reponsabilités en prenant toutes les garanties nécessaires notamment en affirmant que "l'Etat gardera la main haute sur les décisions de cette entreprise stratégique (nucléaire, sécurité du réseau...)".
Au regard de cette "feuille de route", on peut s'étonner ce soir des réactions de l'opposition, dont certaines apparaissent comme "fantaisistes" surtout lorqu'on se souvient que c'est la gauche elle même qui avait approuvé l'ouverture du marché de l'énergie à la concurrence lors du Conseil Européen en 2002 !
Photo AFP/Olivier Laban-Mattei
The Point Break
Le point de rupture... et j'ai bien peur que nous n'en soyons pas loin à droite.
Ce matin je suis en colère ! Certains lecteurs, habitués des lieux, vont bien tenter de me ramener à la raison, mais cette fois ci ça ne marchera pas...
Le dernier effet d'annonce de Nicolas Sarkozy sur la loi de 1905 me fait dire que la coupe est pleine.
Attention, que Sarkozy, le "peut être futur candidat en 2007", défende ses idées et son programme est louable et respectable, mais qu'une fois de plus il agisse de cette façon avec sa casquette de Ministre de l'intérieur en sachant qu'il allait à contre courant des principes et de la ligne de conduite du Président de la République et du Chef du Gouvernement n'est pas défendable à mes yeux.
Il n'y a a plus un sujet sur lequel il est d'accord avec le gouvernement, alors je repose encore une fois cette question : où est l'intérêt pour Nicolas Sarkozy de rester second d'un gouvernement dont il ne soutient pas complètement la politique et les orientations ?
Veut-on nous faire croire sans réelle conviction à une "cohésion" de la droite quand on sait que deux courants sont en train de se former avec des ambitions différentes pour notre pays ?
Ce qu'il y a d'assez surprenant, nous, citoyens, militants ou sympathisants de l'UMP affichons clairement et sans complexe depuis quelques temps nos préférences.
La question légitime que nous nous posons est : quand est-ce que nos élus vont à leur tour prendre leur responsabilité et affirmer leur position ?... Je vois déjà des bras se lever au ciel et certains me crier "pauvre malheureuse, tu veux la guerre ou quoi ?" Certes, je conçois que ma question peut paraître assez "primaire" et loin des stratégies habiles de la politique politicienne, mais plus personne n'est dupe et les petites phrases prononcées par les uns et les autres sous les lambris de l'Assemblée Nationale, ne laissent plus planer aucun doute sur ce qui se trame en coulisses.
Nicolas Sarkozy invoque la rupture tous les jours, elle est là, déjà au sein même de la droite, entre un courant libéral et pro-rupture et un courant républicain, attaché au modèle français.
La cohabitation entre ces deux tendances est de plus en plus difficile et même si pour certains d'entre nous la priorité est l'action du gouvernement, nous ne pouvons nous empêcher de regarder inquiets sur qui se passe autour en nous demandant légitimement si c'est une machine à gagner en 2007 qui est en place.
Combien de temps, ce fragile équilibre va t-il encore tenir ? Faudra t-il attendre le coup d'envoi de la campagne présidentielle pour que certains affichent leur position ? Dans l'hypothèse d'une primaire, nous allons nous retrouver avec un seul candidat et dans le "camp perdant" les élus se rallieront ils au candidat choisi à cette primaire ou verra t-on apparaître une "dissidence" avec un ou plusieurs candidats se présentant "seuls devant le peuple" ?
Du côté des militants et des sympathisants, les choses ne seront pas si simples, parce que pour beaucoup d'entre nous, il y a des convictions et des valeurs qui ne sont pas négociables.
Nous nous gossons depuis des semaines des déchirements de la gauche, mais quel spectacle sommes nous également en train de donner à la France.
Et de grâce, que ce matin on m'épargne le couplet sur la "complémentarité" !
C'est autant le "foutoir" dans notre camp que dans l'opposition, sauf que nous, nous n'avons pas encore sortis "officiellement" les flingues et les missiles.
Dans le Figaro.fr aujourd'hui
19 octobre 2005
Un gouvernement d'union nationale en France ?
L'idée n'est pas de moi, mais elle est le résultat d'un sondage CSA et qui montre que 55% des français interrogés seraient favorables à un "gouvernement d'union nationale", mêlant gauche et droite, mais sans les extrêmes.
Faut croire que ce qui vient de se passer en Allemagne, loin de rebuter les français, semble en séduire certains.
Remarquez, ce résultat ne me surprend guère. Au cours de ces 20 dernières années, nous avons à plusieurs reprises choisi la cohabitation, encore une "exception française sans doute"...
Le résultat de ce sondage, laisse peut être entrevoir, que finalement en France nous ne sommes pas pour le "tout libéral" ou le "tout social". En évoquant ce "gouvernement d'union gauche/droite", nous rêvons peut être à cet équilibre qu'il pourrait représenter entre les exigences d'une économie de marché et une politique sociale et de solidarité.
Imaginer ce gouvernement idéal en y mélant des gens de droite et de gauche, voudrait il dire aussi qu'aujourd'hui aucune formation politique de droite ou de gauche seule ne peut accéder à cette exigence ?
A méditer...
Et si on parlait du budget ?...
... Oui, mais rapidement. N'allez pas croire que je me désintéresse de la question, loin de là, mais pour être honnête je ne suis pas vraiment une spécialiste des questions économiques, financières et budgétaires. Il serait donc très présomptueux de ma part de vouloir me lancer dans une analyse de la copie de Messieurs Breton et Copé.
J'en suis encore à la phase lecture et décryptage de ce projet de loi de finances, donc si certains, plus éclairés que moi sur le sujet, veulent apporter leur point de vue dans les commentaires, ils sont comme toujours les bienvenus.
En attendant, je vous renvoie sur ce qui a été dit dans la presse sur ce budget 2006
Le Figaro.fr
Thierry Breton défend un budget sous surveillance
Breton défend un budget «responsable, sincère, transparent»
Breton attaqué sur la «transparence» du budget
La Poste priée à son tour d'éponger le déficit public
L'offensive des députés de la majorité sur l'ISF
Le Monde.fr
M. Breton et Copé défendent la "sincérité" du budget 2006 devant une Assemblée sceptique
Diabolique ISF !
Libération.fr
Budget 2006: Breton sur la défensive
17 octobre 2005
Journée mondiale du refus de la misère
On aimerait voir disparaître de nos calendriers de pareilles journées, mais la misère est une réalité qu'il nous faut parfois savoir regarder "dans les yeux" et nous mobiliser chacun à notre façon pour qu'elle ne continue pas son inexorable progression aux quatre coins du globe.
Depuis 1992, cette journée de mobilisation est reconnue par les Nations Unies dont le thème cette année est :
"Réaliser les Objectifs du Millénaire - Permettre aux plus pauvres de prendre leur avenir en main".
Elle donne l'occasion à ceux qui sont confrontés à ce fléau de prendre la parole et de raconter leur combat de chaque jour. Elle est aussi une journée de réflexion pour nous citoyens sur les moyens à mettre en oeuvre pour lutter contre toutes les formes de misère.
De nombreuses associations en France ont appelé au rassemblement aujourd'hui, ATD-Quart Monde, le Secours catholique et Amnesty International et le Secours populaire français ouvrira au public ses 4.000 permanences d'accueil.
Selon les statistiques, 6% de la population française vit dans la pauvreté avec moins de 600 euros par mois et la misère prend de plus en plus de formes insidieuses comme celle de la précarité qui touchent des personnes qui ont un emploi mais dont le salaire ne suffit pas à les faire vivre ainsi que leur famille. On les appelle les "travailleurs pauvres" et ils sont souvent confrontés au problème du logement et à celui de l'exclusion sociale.
3 000 000 de personnes souffrent du problème du logement en France et les centres d'hébergement sociaux voient arriver de plus en plus fréquemment des jeunes, des personnes agées et isolées...
"La rue est en train de se modifier profondément depuis quelques années: on voit, en même temps, de plus en plus de jeunes, de plus en plus de travailleurs, de femmes, et de personnes âgées", explique Patrick Rouyer, directeur des missions sociales d'Emmaüs.
Peut on rester indifférent à ce phénomène qui même si dans les statistiques a tendance à s'infléchir, mais qui prend chaque jour un nouveau visage et qui semble ne vouloir épargner personne ? La précarité peut toucher chacun d'entre nous, un accident de vie, un divorce, un décés, la perte d'un emploi et la descente aux enfers est plus rapide qu'avant. Malgré les dispositifs en place, nous ne sommes pas toujours à l'abri.
La pauvreté, la misère sont de véritables entraves au progrès, il est plus que temps qu'à travers le monde nous apprenions à concilier le développement économique et le respect des valeurs sociales et humaines.
Les sites à visiter :
ONU
UNESCO
Résistances
Conseil de l'Europe
15 octobre 2005
Nos lecteurs veulent-ils du trash ?
Depuis quelques jours, notre amie Diane s'inquiète de voir la fréquentation de son site s'infléchir. Les lecteurs de « la plume et l'épée » veulent-ils vraiment du trash ?
Ce que je veux dire par là, c'est faut-il entrer dans la polémique Villepin/Sarkozy pour capter les lecteurs? Le conflit de la SNCM semble à présent derrière nous. Le gouvernement a réussi à tenir bon. Les lecteurs auraient-ils eux aussi décrété la grêve?
Alors non, ne comptez pas sur moi pour écrire sur les « mûrs du site », le numéro de téléphone portable de Diane, avec des lettres de 3 metres de hauteur. Clin d'oeil aux camarades de la CGT qui ont écrit sur les mûrs d'un ferry (celui qui servait de Q.G pour les négociations) le numéro de portable du président de la Connex.
Ma chère Diane, nous allons tenir bon! Et j'en suis sûr nos lecteurs reviendront à nous! Nous resterons fidèles à nos blogs!
Amis lecteurs, un avis sur la question ? (Rendez-vous dans les commentaires comme d'habitude)
13 octobre 2005
Le CDD des séniors... oui...mais et les autres ?
A l'occasion des 3èmes rencontres de la croissance, Dominique de Villepin a exprimé sa satisfaction sur l'avancée d'un accord avec les partenaires sociaux, sur l'emploi des séniors avec l'instauration d'un CDD de 18 mois renouvelable 1 fois.
Cette nouvelle mesure s'incrit dans le plan de lutte contre le chômage du gouvernement alors que la France n'emploie que 36,8% des séniors, un des taux les plus bas en Europe.
"Je me réjouis que les partenaires sociaux aient trouvé les voies d'un accord qui marque une véritable rupture avec les logiques du passé" a déclaré le Premier ministre, "J'y vois le signe de la vitalité du dialogue social, auquel je suis particulièrement attaché", a-t-il ajouté.
"Comme je m'y étais engagé dans ma déclaration de politique générale, j'entends maintenant bâtir, à partir de cet accord, un plan stratégique ambitieux en faveur de l'emploi des seniors" a affirmé Dominique de Villepin.
Avant de "valider" cette mesure, les principaux syndicats ont décidé de consulter leurs instances dirigeantes, du côté du patronat on se dit favorable à ce nouveau contrat qui aura trois axes : "favoriser le maintien dans l'emploi", "faciliter le retour rapide à l'emploi" en seconde partie de carrière et "mieux aménager les transitions entre emploi et retraite".
L'ambition du gouvernement est de remener à 50% très rapidement l'emploi des plus de 57 ans.
Il est indéniable que ces séniors restent indispensables sur le marché du travail afin de transmettre aux juniors leurs compétences et leur savoir.
Le Premier ministre a souvent dit qu'en France on arrivait de plus en plus tard sur le marché du travail et qu'on en sortait trop tôt. Si le gouvernement a trouvé une mesure pour les plus "anciens", il va devoir se pencher sur le cas des quadras, bien souvent considérés par les entreprises comme "finis", "trop chers" et "trop vieux".
Passés 45 ans, il devient de plus en plus difficile de retrouver un emploi en adéquation avec ses compétences et son expérience et ce n'est pas normal.
J'espère qu'une véritable réflexion s'entamera très rapidement sur ce sujet et que le gouvernement a conscience que la France se prive de véritables compétences lorsque les entreprises adoptent cette position.
Il y a quelques semaines et sur ces pages, j'avais évoqué quelques solutions pour sortir de la spirale du chômage quand on a passé 40 ans dont le portage salarial, très prisé par les cadres souhaitant proposer leurs compétences aux entreprises sans passer par la case souvent difficile de la création d'entreprise ou de se lancer sans filet en indépendant. Le système fonctionne désormais très bien et des décisions importantes viennent d'être prises pour la reconnaissance de cette forme d'activité. Des discussions ont été entamées avec le gouvernement et les syndicats pour que celle ci intègre rapidement le code du travail avec toutes les assurances nécessaires pour la protection des "salariés portés".
Pour gagner cette bataille pour l'emploi, nous ne devons pas avoir peur d'aller chercher de nouvelles idées, de nouvelles façons de travailler et de construire nos carrières professionnelles. Rêver d'un CDI qui durera toute la vie est devenu totalement utopique, alors au lieu de pleurer sur ce qui a été et qui ne sera certainement plus, retroussons nos manches et faisons preuve d'un peu d'audace.
Photo Olivier Laban - Mattei AFP


