04 octobre 2005
"Je suis contraint à l'humilité tant que notre pays ne se sera pas relevé."
Je vous offre un peu de lecture pour clore cette journée qui fut agitée sur tous les fronts.
Dans la dernière édition du monde, la plume de Daniel Rondeau, écrivain et chroniqueur littéraire à l'Express, brosse sur le ton de la confidence un portrait de Dominique de Villepin et nous éclaire sur les convictions qui animent l'hôte de Matignon.
Villepin pile et face
Une journée agitée
Les parlementaires ont retrouvé le chemin de l'hémicycle aujourd'hui, pour une première séance de questions au gouvernement principalement orientées vers cette journée de grève et de mobilisation et les sujets de "grogne" des français.
Avant de faire son entrée dans "l'arène", Dominque de Villepin a participé à une réunion du groupe UMP de l'Assemblée et il a profité de cette occasion pour "donner" un petit cours d'histoire aux parlementaires présents et donner son point de vue sur la "rupture", l' idée chère à Nicolas Sarkozy.
"Dans l'histoire de France, le seul moment de rupture, c'était la Révolution française" a t il déclaré, "La rupture, ça se passe toujours dans le sang", (...) "Jamais dans l'histoire la rupture n'a gagné" a t il ajouté.
Pour cette séance de rentrée, Dominique de Villepin fut extrêmement sollicité par les questions des députés.
Le Premier ministre a déclaré que le gouvernement "écoute le message" adressé par les français dans la rue et que sa volonté est de répondre "à leurs inquiétudes à leurs aspirations. Ils veulent des résultats et nous nous battons pour cela"a t il ajouté.
Il a rappelé l'ensemble de mesures prises en faveur de l'emploi au cours de ces derniers mois et les grands axes de son plan pour la relance de la croissance des ménages.
Interrogé sur le plan de relance de la SNCM, le Premier ministre a rappelé que ce dernier avait été élaboré dans le "respect des salariés".
"Pouvions-nous attendre davantage pour agir? La réponse à cette question est non compte tenu de la situation catastrophique de cette entreprise" a-t-il lancé, (...) "c'est une bonne proposition puisqu'elle maintient pour l'essentiel la situation de l'emploi" et qu'il n'y aura "aucun licenciement sec". "Nous pouvons dire que c'est inespéré".
"Cette proposition est à la fois soucieuse de nos engagements de bonne gestion" et "soucieuse de nos engagements européens", a poursuivi Dominique de Villepin. Elle "est en même temps respectueuse du contribuable français et elle est respectueuse de tous les salariés".
Enfin pour évoquer le blocage des négociations sur ce dossier il a précisé que maintenant il fallait "que chacun prenne ses responsabilités. Un comité d'entreprise doit se réunir le 10 octobre, c'est dire à quel point il y a urgence".
Le socialiste, Jean-Marc Ayrault, bien seul aujourd'hui dans son camp, puisque tous ses petits camarades avaient choisi de participer à la manifestation, a fustigé la politique du gouvernement en parlant de "fiasco"; ce à quoi Dominique de Villepin lui a répondu de "faire preuve d'un peu d'humilité". "Vous pouvez décider de manifester en tête ou en queue de cortège, mais n'oubliez pas: le message que nous adressent les Français s'adresse à tous, à vous comme à nous, au centre, à la droite, à la gauche, à l'Etat comme aux entreprises", a lancé le Premier ministre à Jean-Marc Ayrault. "J'ai écouté attentivement vos critiques et vos leçons. J'ai attendu en vain vos propositions".
Plus incisif que jamais, le Premier ministre a tenu à "rafraîchir" la mémoire d'une gauche vindicative lors de cette séance et la façon dont elle a traîteé par le passé certains dossiers délicats comme les licenciements à Michelin et sur lequel Lionel Jospin avait déclaré que "l'état ne pouvait pas tout".
"Je me rappelle d'autres gouvernements que vous avez soutenus ou auxquels vous avez participé où la réponse n'était pas celle du rendez-vous de l'action mais bien un constat, celui de l'impuissance publique" a lancé le Premier ministre.
Cette première crise sociale ne semble pas avoir affectée la détermination de Dominique de Villepin à tenir le cap et oeuvrer pour résoudre les dossiers brûlants de cette rentrée au mépris de certains, lançant perfidement, que sa hausse constante de popularité au cours de ces derniers mois pourrait trouver là son épilogue...
Photo Reuters Charles Platiau

