28 septembre 2005
Budget 2006, sécu, SNCM, conférence de presse...
Les sujets "chauds" ne manquent pas et c'est une semaine à haut risque pour le gouvernement !
Ce matin, Thierry Breton a présenté en conseil des ministres le budget 2006 avec des marges de manoeuvres réduites en raison d'une croissance frileuse et des déficits astronomiques, mais le Premier ministre reste fidèle à sa volonté de dynamiser par tous les moyens possibles l'économie du pays.
Le gouvernement table sur un "rebond" de l'activité après le "coup de froid" de 2005 dû à la flambée des prix du pétrole, a expliqué le ministre de l'Economie. "Cette fourchette est solide. C'est mon ambition. J'y crois et on la réalisera", a souligné M. Breton, justifiant son optimisme par le "contexte porteur" au niveau international et l'effet positif des mesures gouvernementales en France.
Le gouvernement s'est basé sur une fourchette de croissance de 2 à 2,5%, nettement supérieure aux prévisions des économistes pour 2006, qui tournent autour de 1,8%.
Pour le président Chirac, ce budget "projette notre pays dans l'avenir".
Les réactions à l'annonce de ce budget ne se sont pas faites attendre dans l'ensemble de la classe politique : suréaliste pour la gauche, l'UDF se réverve le droit de ne pas voter le budget et certains à L'UMP continuent à réclamer le réforme de l'ISF et une baisse des impôts pour 2006.
Au chapitre de la Sécurité Sociale, le projet de loi 2006 prévoit de ramener le déficit du régime général de la sécu à 8,9 mds EUR, au lieu de 11,5 mds.
"Notre objectif, c'est de passer à 6,1 mds ce qui va nécessiter en effort important de l'ordre de 5 mds d'euros à trouver", a déclaré le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, lors de la présentation du PLFSS à la presse.
Dans le conflit de la SNCM, Dominique de Villepin a ordonné que les forces de l'ordre reprenne le "Pascal-Paoli", détourné détourné par des militants du Syndicat des travailleurs corses (STC) farouchement opposés à la privatisation de la compagnie.
Le ministre des Transports Dominique Perben avait annoncé mardi que le gouvernement envisageait de rester actionnaire minoritaire de la SNCM en cas de reprise par le fonds d'investissement Butler Capital Partners (BCP), choisi comme repreneur de la compagnie maritime en difficulté.
"Si jamais dans les discussions on voit que pour accompagner cette reprise par Butler Capital, l'Etat doit rester actionnaire minoritaire, l'Etat a fait savoir qu'il n'était pas hostile", a expliqué M. Breton lors de sa conférence de presse sur le budget 2006. "Encore faut-il que la Commission européenne donne son accord pour que l'Etat reste pendant un certain temps" a ajouté le ministre de l'Economie.
Thierry Breton a justifié la privatisation de la SNCM par le fait que la compagnie était "quasiment en situation de dépôt de bilan" et que "l'Etat ne peut plus intervenir en recapitalisation" sans enfreindre les règles européennes. Il s'agit d'un "processus clair, annoncé, connu de tout le monde", a-t-il dit.
Et pour finir, demain, le Premier ministre tiendra sa 4ème conférence de presse durant laquelle il fera le point sur le chômage à la veille de la publication des derniers chiffres et quelque jours avant le "mouvement social" prévu pour le 4 octobre. Il sera aussi très attendu sur la loi anti terroriste, sur la proposition très controversée de Pascal Clément de réintroduire de façon rétroactive le port des bracelets électroniques pour les délinquants sexuels...
Un rendez vous "délicat" pour le Premier ministre au moment où certaines difficultés se profilent à l'horizon et où, malgré tout, sa côte de popularité continue de progresser.
Photo Patrick Kovarik AFP

