La Plume et l'Epée

Présidentielle 2007, action gouvernementale, les jeux ne sont pas faits à droite.

19 juillet 2005

Les Cent Jours ou l'esprit de sacrifice

2001 - Ed Perrin - Prix de la Fondation Napoléon

lescentjoursA travers le Napoléon de la fin, ce livre raconte une des périodes les plus riches de notre histoire. Tout commence en 1814 avec les adieux de Fontainebleau. Trahi, abandonné, Napoléon découvre sur le chemin de l'exil la haine et l'humiliation. L'île d'Elbe devient le refuge où cet homme blessé panse ses plaies et médite sur sa chute avant de tenter le pari fou du retour.
Le ler mars 1815 commence l'extraordinaire aventure du vol de l'Aigle. De clocher en clocher, acclamé par le peuple et l'armée, l'Empereur reconquiert son trône sans tirer un coup de fusil. Mais déjà le piège se referme : l'Europe le condamne et les notables s'éloignent. Entre une dictature aux relents révolutionnaires et un pacte libéral, il hésite avant de donner une constitution qui ne satisfait personne puisqu'elle lui aliène le peuple sans lui rallier les élites. Seul, dépouillé de son mystère impérial, Napoléon joue le tout pour le tout en s'en remettant au verdict du champ de bataille. Ouverte en fanfare, la titanesque campagne de Belgique trouve son dénouement cruel à Waterloo. Devant la fronde parlementaire, l'Aigle fait le choix du sacrifice et s'éloigne vers Sainte-Hélène tandis que Fouché et Talleyrand, « le vice et le crime », scellent leur alliance pour s'emparer du pouvoir au prix d'un marché de dupes. L'épopée s'achève en tragédie.
Dans l'ombre se dressent des seconds rôles prodigieux : Ney, Constant, Chateaubriand, La Fayette, La Bédoyère. Il y a aussi ces Français écartelés entre Révolution et Restauration, ou déchirés entre fidélité à Napoléon et peur de l'invasion.
Cet ouvrage éclaire d'un jour nouveau la personnalité de l'Empereur comme les grands enjeux de la période. Derrière le duel entre Louis XVIII et Napoléon, tout est mouvement, doute, complot, crise, qui dessinent le visage de la France moderne.

Quatrième de couverture

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Le cri de la gargouille

2002 - Essai - Ed Albin Michel

lecridelagargouille"J'ai souvent redouté le drame d'un pays aveuglé, marchant à tâtons", écrit Dominique de Villepin, après sept années passées au sommet de l'Etat.
Dans une fulgurante synthèse historique, de la monarchie à la récente cohabitation, il décrit la France comme le pays du pouvoir, un pouvoir paralysé, divisé, confronté aux angoisses des Français.
Dénonçant avec une verve nourrie de son expérience "l'esprit de cour" qui s'est répandu partout, Dominique de Villepin veut croire au sursaut collectif, au "passeur" comme à tous ceux qui voudront participer à la "révolution pacifique". "A nous, écrit-il, d'établir un nouveau pacte, un nouveau contrat, bien au-delà de celui venu du fond des âges, conclu entre le peuple inquiet et le Léviathan".
Pour lui, comme pour Malraux, ce qui caractérise la civilisation d'aujourd'hui est, à l'évidence, son absence de décisions. Aussi pense-t-il enfin venue l'heure "décisive", le "temps de l'action".
Ce texte bref, lyrique, d'un style éblouissant porte le débat à son plus haut.

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Eloge des voleurs de feu

2003 - Essai - Ed NRF Gallimard collection blanche

Laurent Wolf, Le Temps

Pour Dominique de Villepin, la vérité est du côté des poètes

elogeSous la célèbre couverture de la collection blanche de la NRF, le ministre français des Affaires étrangères rend publique une passion pour la poésie plus dévorante que sa passion de la politique.

Dominique de Villepin, le ministre français des Affaires étrangères, vient de publier un livre. Au premier abord, rien de surprenant. En France, aucun politicien ne peut prétendre à une carrière nationale s'il n'en a pas écrit au moins un, si possible plusieurs. On prépare les victoires électorales avec des livres, on explique les défaites avec des livres. Le premier ministre vient de sortir le récit d'une année de gouvernement, qui n'a eu aucun succès. Le ministre de l'Education nationale a garanti le succès du sien, un ouvrage sur l'école, en le distribuant d'office à 800000 enseignants. Mais il ne s'agit pas de littérature.

Avec Eloge des voleurs de feu, Dominique de Villepin s'attaque à la poésie sous la célèbre couverture de la collection blanche de la NRF. Il vaudrait mieux dire qu'il la caresse, qu'il la malaxe, lui fait des déclarations d'amour, lui attribue des postures glorieuses. Il partage ses révoltes et ses contemplations. Il trace des fresques historiques, engendre des confréries au-dessus des siècles, crée des fraternités. Il s'enfonce dans des gouffres où Arthur Rimbaud, chez qui le feu dévore, tend ses lumières noires et sa rhétorique, son phrasé, dont Dominique de Villepin use avec beaucoup moins de mesure que lui. Le bouquin est énorme, plus de 800 pages. Il suscite d'abord la méfiance. Les vrais talents littéraires sont moins fréquents chez les politiques que la capacité de manœuvre. Et la décision de publier ou non ce livre a provoqué chez Gallimard des discussions passionnées. Mais ses qualités ont fini par l'emporter.

Car avant d'être l'ouvrage d'un politicien, Eloge des voleurs de feu est le témoignage d'un fou de poésie. On savait que Dominique de Villepin était capable de parler au Conseil de sécurité de l'ONU dans un style impeccable et lyrique. On sait maintenant pourquoi. Il raconte que sa mère recopiait pour lui des vers, ce qu'il appelle ses «recettes de vie», et que ses «poches n'ont cessé d'enfler de poèmes, de papiers ou d'objets, de mots mêlés aux choses de la vie». Il raconte, au coin de ces pages à la gloire des poètes, son enfance dans l'exil hors de France, sa mère, son frère dont on devine la disparition et la blessure ouverte qu'elle lui laissa. On comprend qu'il y a chez cet homme, chez ce diplomate élégant, une vraie colère, une vraie révolte, une vérité secrète, quelque chose qui ne peut s'épuiser entièrement dans l'action politique.

«Longtemps ces pages griffonnées en secret ont nourri le soupçon. On supputait, on imaginait quelque machination de secte ou cabale de Cour. Mais il s'agit d'une entreprise plus ambitieuse encore, d'un déchaînement de ruses et de poisons, bréviaire de plumes et de plombs pour une vie réenchantée.» Ainsi commence le livre de Dominique de Villepin. Ainsi commence le voyage dans ces pages dérobées au travail du conseiller présidentiel ou du ministre. «Comment comprendre aujourd'hui, demande-t-il aussi, cette absence du poète qui ne nourrit le plus souvent que dédain, indifférence, passion parfois enjouée, rarement partagée? Et pourquoi les allées publiques sont-elles tant désertées par ceux qui ont en charge d'annoncer les chemins de l'avenir?»

Ce livre porte une espérance, un secret plus politique qu'il n'y paraît, une machination peut-être, mais ourdie hors des coulisses des assemblées, des congrès ou des cabinets ministériels. Dominique de Villepin dit de ceux qui croient que l'ultime pouvoir d'énoncer ce que sera l'avenir revient aux politiciens: ils se trompent car la vérité est ailleurs. «Après les sirènes de la fin de l'histoire, d'aucuns clament la mort de la poésie [...]. Je vous dis qu'il n'en est rien, que c'est impossible, qu'en tout lieu et en tout temps, un poète se lèvera pour défier les dieux et les pouvoirs, pour vivre intensément et faire entendre le son de la vie», voilà donc l'espérance de Dominique de Villepin. Il parle des poètes en frère, en camarade. Enfin on comprend que l'homme de pouvoir, le ministre, voudrait bien participer à ce complot du fond des âges, celui des poètes qui incarnent à ses yeux l'histoire humaine bien mieux que les politiciens.

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Un autre monde

2003 - Recueil de discours - Préface de Stanley Hoffmann - Ed de L'Herne

unautremonde

A l'orée du IIIè millénaire, les événements du 11 septembre puis la crise iraquienne ont ouvert une époque particulièrement instable et périlleuse, profondément perturbée par la logique de l'affrontement dont veulent tirer profit les plus fanatiques.

Récemment des divergences marquées, de part et d'autre de l'Atlantique - notamment sur le rôle de l'ONU et sur les principes mêmes du droit international -, ont révélé un décalage de fond autant sur les stratégies politiques que sur les fondements éthiques. Au cours de cette période cruciale, Dominique de Villepin fut incompris, écrit Stanley Hoffmann, par ceux qui ne croient qu'à la force et aux formes sempiternelles de la politique de puissance et qui le considèrent comme un ennemi ou un imprudent. Mais c'est aussi pourquoi tant de gens à travers le monde, même en Amérique, ont été touchés par ses propos.

L'ensemble d'interventions et d'entretiens du ministre des Affaires étrangères, réuni ici, éclaire, de façon singulièrement prémonitoire, les conséquences de la crise iraquienne sur le nouvel équilibre du monde et illustre les choix de la France dans des domaines variés : Europe, défis régionaux, nouveaux enjeux. Afin de nourrir le débat, des intellectuels, venus de tous horizons, ont accepté de confronter leurs points de vue, analyse critique ou engagement littéraire ; parfois contradictoires, toujours complémentaires, ils permettent une mise en perspective multidirectionnelle des problèmes.

Ils ébauchent, aussi, les prémices d'un monde à venir où Dominique de Villepin, dans la ligne du président de la République, ambitionne de voir l'avènement d'une véritable démocratie mondiale fondée sur le partage et le dialogue entre les hommes et les différentes cultures, et où la France - au sein de l'Europe et de la communauté internationale - jouerait un rôle à la hauteur de ses idéaux de tolérance et de progrès, de justice et de solidarité.

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Le requin et la mouette

2004 - Essai - Ed Plon/Albin Michel

Pour un autre monde

par Daniel Rondeau, L'Express Livres

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Etre ministre de l'Intérieur et garder toujours un oeil sur Nicolas Sarkozy n'empêche pas Dominique de Villepin d'avoir le souci du monde. Dans Le Requin et la mouette, il bat les cartes de l'Histoire et de l'actualité pour jeter sur le tapis mille sujets qui témoignent d'une volonté de réconcilier notre temps avec des valeurs universelles (réactualisées une première fois en 1789) et la puissance avec l'idée de sagesse.

Immergé chez les pompiers et les policiers, Villepin ne s'écarte jamais des poètes. C'est René Char qui lui a donné son titre. Il a trouvé son inspiration chez le général de Gaulle, ce qui ne surprendra personne, chez Malraux, qui pensait que la France n'est jamais plus grande que quand elle l'est pour les autres (contrairement à l'Angleterre), mais aussi chez Gandhi et dans le personnage d'Ulysse, l'un des héros d'Homère les plus habiles à jouer d'autres atouts que la force.

Ecrire est pour lui une façon d'imaginer ou de continuer une politique, c'est-à-dire de ne pas renoncer à l'Histoire, «cette grande invention de l'homme désireux de se dresser contre le désordre». Le Requin et la mouette est une méditation à voix haute sur l'état de notre vieille terre chahutée par les fanatismes et par l'accélération de la modernité. Identités blessées, rêves d'empire (américain ou califal), perte des racines, haine de soi et des autres, télescopage du proche et du lointain, dématérialisation du réel.

C'est aussi un constat, dressé à la lumière de ce qu'il a vécu au Quai d'Orsay pendant le début de la crise irakienne. Villepin livre sa vision de l' «engrenage» qui a conduit l'administration américaine à envoyer ses boys à Bagdad en s'affranchissant des règles du droit international, avec le succès que l'on sait. Livre de ressentiment? De règlement de comptes? En aucun cas.

Villepin a toujours cru aux crises salutaires. Il analyse la tragédie irakienne comme un piège où l'Amérique est tombée. La gravité de cette crise, qui contamine le monde entier, oblige aujourd'hui les peuples d'Occident à réviser le concept même de puissance et à ne pas se contenter de l'égoïste satisfaction de leurs désirs. Il fait écho à ceux qui, un peu partout, sonnent l'alarme et dénoncent le primat d'une logique purement économique. Certains s'étonnent de trouver sous sa plume un discours de gauche. La gauche, la droite sont pourtant des mots qui lui sont étrangers. Villepin préfère rêver autour de quelques mots fatals, qui s'énoncent ainsi: liberté, grâce, ruse, partage. Ses propos ne sont pas faits de certitudes, mais de questions.

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Une louchée de journée de la solidarité et une pincée de Sarko vs Debré

Impossible de poster ici tous les papiers du jour, donc petit tour d'horizon de la presse hexagonale avec les liens...

On reparle du lundi de Pentecôte :

Libération : Matignon prône une plus grande souplesse.
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Le Monde : Journée de solidarité, public et privé s'organiseront "librement" en 2006.
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Debré sarko, je t'aime moi non plus...

Nouvelobs.com : Debré vs Sarkozy
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le chevalier flamboyant du chef de l'Etat

Les echos.fr

Le nouveau Premier ministre a fait preuve depuis dix ans d'une loyauté indéfectible au président de la République.


villepinafpkovarickChangement de style à Matignon. Jean-Pierre Raffarin, méritante incarnation de la « France d'en bas », laisse sa place à un pur produit des hautes sphères. Aristocrate, énarque, diplomate, poète et écrivain, familier des palais de la planète : Dominique Galouzeau de Villepin cumule toutes les marques de ce que le sociologue Pierre Bourdieu eût appelé « la distinction ». Sa silhouette altière, son panache et son regard conquérant semblent d'eux-mêmes le prédestiner à des fonctions prestigieuses.
« Il a de l'énergie, de l'allure. Il plaît aux femmes », admire Xavier Darcos, ministre délégué à la Coopération du gouvernement sortant. Quant il le veut, l'homme sait à merveille séduire et convaincre. Les Français n'ont pas oublié ce jour de février 2003 où, alors ministre des Affaires étrangères, il se fit applaudir en mouchant de son éloquence à la tribune de l'ONU les va-t-en guerre américains impatients d'en découdre en Irak.

Vision magnifiée de la nation

Cette autorité individuelle se double d'un sens aigu de la destinée collective. L'admirateur de Napoléon et du général de Gaulle cultive une vision magnifiée de la nation. Son histoire personnelle n'est pas étrangère à cette idéalisation. La France, il ne l'a pas découverte dans la banalité du quotidien, mais par ses lectures de jeunesse et ses séjours estivaux sur les terres familiales. Après sa naissance au Maroc en novembre 1953, il a en effet passé le plus clair de son enfance à l'étranger, en particulier au Venezuela, où son père, Xavier, futur sénateur, s'était expatrié pour le compte de Saint-Gobain.
Le petit-fils et arrière-petit-fils de militaires, qui adhéra au RPR dès 1977, cultive une autre vertu : la fidélité. « Je n'ai pas l'habitude de me dérober aux missions que me confie le président de la République. Je le connais depuis plus de vingt-cinq ans. J'ai toujours dit oui », déclarait-il en début d'année sur France 2. Une affirmation étayée par une décennie de connivence. Depuis ce jour de 1995 où le diplomate intégra l'Elysée en tant que secrétaire général, après des affectations aux Etats-Unis et en Inde, puis deux ans au Quai d'Orsay auprès d'Alain Juppé. « Il est un des seuls à avoir été constamment proche de Jacques Chirac depuis cette époque. Il l'a souvent secoué, mais il lui est toujours resté loyal », observe son cousin Frédéric de Saint-Sernin, secrétaire d'Etat à l'Aménagement du territoire dans l'équipe Raffarin.

Stratégie d'« humanisation »

L'incontrôlable éminence grise est restée dans les mémoires comme l'inspirateur de la dissolution manquée de 1997. Mais c'est lui, aussi, qui aura favorisé les retrouvailles entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, et mijoté la stratégie gagnante de 2002. Depuis lors, les fonctions ministérielles exercées aux Affaires étrangères puis à l'Intérieur ont permis à cet homme d'influence et d'autorité, réputé amateur de dossiers secrets, d'étoffer ses réseaux.
Son égocentrique personnalité vaut néanmoins à l'intéressé plus d'une inimitié. Chez cet esthète, amateur d'arts premiers et de peinture moderne, le sentiment de sa propre valeur confine vite à la morgue. Voire au mépris brutal, dont pourraient témoigner ceux qui ont été un jour traités de « nul » ou de « connard ». Le haut fonctionnaire devenu ministre sans jamais avoir tâté du suffrage universel a longtemps affiché son dédain pour les jeux des urnes et les élus de terrain. Avant de se livrer, il est vrai, à une récente repentance qui, entre dîners avec les parlementaires UMP et interviews à des magazines grand public, paraît s'inscrire dans une stratégie délibérée d'« humanisation » de son image. Objectif : rassurer ceux, nombreux, qu'inquiète encore son impérieuse exaltation.

Jean François POLO
Photo Patrick Kovarik AFP

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Contrat nouvelles embauches : le gouvernement affiche sa détermination

Gérard Larcher, ministre délégué à l'emploi, au travail et à l'insertion professionnelle des jeunes, a remis aux partenaires sociaux les textes des ordonnances sur "les mesures d'urgence à l'emploi".
Ces textes concernent le contrat nouvelles embauches, le chèque emploi service pour les très petites entreprises, l'aménagement des règles de décompte des effectifs et le relèvement de certains seuils de prélèvements obligatoires.

Le Comité supérieur de l'emploi se réunira jeudi et rendra un avis consultatif sur ces ordonnances.
Le gouvernement souhaiterait pouvoir appliquer ces mesures dés le 1er septembre prochain et une éventuelle modification de ces textes ne parait pas probable à ce jour.

Si le patronat s'estime satisfait de la mise en place de ce contrat nouvelles embauches, les syndicats ont annoncé de leur côté une mobilisation à la rentrée contre ce plan d'urgence.

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Villepin veut continuer à surprendre

Rétive au début, l'UMP apprend à connaître le premier ministre, mais s'interroge sur ses futures relations avec Sarkozy.

Bruno Jeudy Le Figaro


Qui l'eût cru ? A vrai dire, pas grand-monde tant l'ancien ministre des Affaires étrangères s'était fait remarquer jusqu'à présent par sa flamboyance, son goût pour la poésie et le peu d'empathie pour les élus locaux. Quarante-quatre jours après sa nomination à Matignon, changement de décor. Les mêmes – députés UMP et amis de Nicolas Sarkozy en tête – qui prédisaient un échec reconnaissent que Dominique de Villepin réussit ses débuts. Bien sûr, son pari de «rétablir la confiance avec les Français en cent jours» est loin d'être gagné. Les sondages montrent que l'opinion publique demeure rétive. Sa popularité plafonne à 35% dans le baromètre BVA/ L'Express, ce qui fait de lui le premier ministre le plus impopulaire de la Ve République au moment de son installation à l'hôtel Matignon.

050705153911.43nayaeu0bPrivé d'état de grâce, Dominique de Villepin fait contre mauvaise fortune bon coeur : «Ne pas avoir d'état de grâce est une chance. Ça évite les conneries et ça oblige à l'action», confie-t-il en privé. Au prix de gros efforts auprès des députés et sénateurs UMP, il a franchi l'obstacle du Parlement. «Au début, on a beaucoup ramé pour convaincre les collègues», raconte le député des Yvelines Pierre Bédier. «Sur le terrain, ça reste tendu. Mais à l'Assemblée, ça va mieux», constate le porte-parole de l'UMP Luc Chatel.

«Content de sortir de son bureau», l'ancien diplomate a découvert les réalités de la vie quotidienne. A Marne-la-Vallée avec les chômeurs. A Lyon avec les petits patrons. A Charleville-Mézières avec des femmes qui enchaînent CDD sur CDD. Le contact est souvent positif. Même si le haut fonctionnaire doit parfois user de la bonne langue de bois d'énarque pour répondre à une question inattendue. Qu'importe ! Le premier ministre aime ce qu'il appelle les «rugosités du terrain». «Il faut prendre le pays tel qu'il est», affirme Dominique de Villepin, qui a choisi de «positiver».

L'écrivain chiraquien Denis Tillinac avoue sa surprise : «A l'Elysée, Dominique survolait les problèmes comme un général de division. A Matignon, il s'est mué en capitaine de compagnie remontant le moral des troupes.» Lucide, Tillinac ajoute : «C'est sûr que ses mesures pour une grande relance sont insuffisantes. Mais cela peut créer un petit sursaut et c'est déjà pas mal dans un pays en profonde déprime.»

Au gouvernement, les ministres ont vite compris les nouvelles consignes : travail et silence dans les rangs. Dos au mur, Dominique de Villepin met la pression. Jean-Louis Borloo a une obligation de résultats avec son plan de cohésion sociale. Ministre du Travail, Gérard Larcher le reconnaît : «J'ai un patron. Il écoute mais se forge une opinion lui-même sans être soumis aux lobbies.»

Mais c'est son duo avec Nicolas Sarkozy qui surprend le plus. Les deux hommes, qui se jaugent en permanence, jouent le jeu. «Ça tiendra plus longtemps qu'on ne le croit», estime François Baroin, ministre de l'Outre-Mer. «Aujourd'hui, Villepin pose tranquillement les fondements de son projet sans se préoccuper de Sarkozy. Mais rien ne dit qu'on ne retrouvera pas demain le Villepin bulldozer», prévient Georges Tron, un des députés UMP consultés par Matignon.

A l'Élysée, où l'on se réjouit des «débuts de Dominique», ses nombreux supporters affirment que le premier ministre va «encore surprendre». Une façon de reconnaître que Dominique de Villepin est la dernière carte de l'Elysée pour barrer la route aux ambitions de Nicolas Sarkozy.

Posté par Diane_1964 à 07:45 - UMP - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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