La Plume et l'Epée

Présidentielle 2007, action gouvernementale, les jeux ne sont pas faits à droite.

19 juillet 2005

Villepin veut continuer à surprendre

Rétive au début, l'UMP apprend à connaître le premier ministre, mais s'interroge sur ses futures relations avec Sarkozy.

Bruno Jeudy Le Figaro


Qui l'eût cru ? A vrai dire, pas grand-monde tant l'ancien ministre des Affaires étrangères s'était fait remarquer jusqu'à présent par sa flamboyance, son goût pour la poésie et le peu d'empathie pour les élus locaux. Quarante-quatre jours après sa nomination à Matignon, changement de décor. Les mêmes – députés UMP et amis de Nicolas Sarkozy en tête – qui prédisaient un échec reconnaissent que Dominique de Villepin réussit ses débuts. Bien sûr, son pari de «rétablir la confiance avec les Français en cent jours» est loin d'être gagné. Les sondages montrent que l'opinion publique demeure rétive. Sa popularité plafonne à 35% dans le baromètre BVA/ L'Express, ce qui fait de lui le premier ministre le plus impopulaire de la Ve République au moment de son installation à l'hôtel Matignon.

050705153911.43nayaeu0bPrivé d'état de grâce, Dominique de Villepin fait contre mauvaise fortune bon coeur : «Ne pas avoir d'état de grâce est une chance. Ça évite les conneries et ça oblige à l'action», confie-t-il en privé. Au prix de gros efforts auprès des députés et sénateurs UMP, il a franchi l'obstacle du Parlement. «Au début, on a beaucoup ramé pour convaincre les collègues», raconte le député des Yvelines Pierre Bédier. «Sur le terrain, ça reste tendu. Mais à l'Assemblée, ça va mieux», constate le porte-parole de l'UMP Luc Chatel.

«Content de sortir de son bureau», l'ancien diplomate a découvert les réalités de la vie quotidienne. A Marne-la-Vallée avec les chômeurs. A Lyon avec les petits patrons. A Charleville-Mézières avec des femmes qui enchaînent CDD sur CDD. Le contact est souvent positif. Même si le haut fonctionnaire doit parfois user de la bonne langue de bois d'énarque pour répondre à une question inattendue. Qu'importe ! Le premier ministre aime ce qu'il appelle les «rugosités du terrain». «Il faut prendre le pays tel qu'il est», affirme Dominique de Villepin, qui a choisi de «positiver».

L'écrivain chiraquien Denis Tillinac avoue sa surprise : «A l'Elysée, Dominique survolait les problèmes comme un général de division. A Matignon, il s'est mué en capitaine de compagnie remontant le moral des troupes.» Lucide, Tillinac ajoute : «C'est sûr que ses mesures pour une grande relance sont insuffisantes. Mais cela peut créer un petit sursaut et c'est déjà pas mal dans un pays en profonde déprime.»

Au gouvernement, les ministres ont vite compris les nouvelles consignes : travail et silence dans les rangs. Dos au mur, Dominique de Villepin met la pression. Jean-Louis Borloo a une obligation de résultats avec son plan de cohésion sociale. Ministre du Travail, Gérard Larcher le reconnaît : «J'ai un patron. Il écoute mais se forge une opinion lui-même sans être soumis aux lobbies.»

Mais c'est son duo avec Nicolas Sarkozy qui surprend le plus. Les deux hommes, qui se jaugent en permanence, jouent le jeu. «Ça tiendra plus longtemps qu'on ne le croit», estime François Baroin, ministre de l'Outre-Mer. «Aujourd'hui, Villepin pose tranquillement les fondements de son projet sans se préoccuper de Sarkozy. Mais rien ne dit qu'on ne retrouvera pas demain le Villepin bulldozer», prévient Georges Tron, un des députés UMP consultés par Matignon.

A l'Élysée, où l'on se réjouit des «débuts de Dominique», ses nombreux supporters affirment que le premier ministre va «encore surprendre». Une façon de reconnaître que Dominique de Villepin est la dernière carte de l'Elysée pour barrer la route aux ambitions de Nicolas Sarkozy.

Posté par Diane_1964 à 07:45 - UMP - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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