La Plume et l'Epée

01 novembre 2006

Education : la racine du mal ? acte 2

J'avais écrit ce billet il y a un an au plus fort des incidents dans les banlieues et je constate que le sujet revient encore sur le devant de la scène comme une maladie chronique pour laquelle aucun traitement ne semble marcher

L'absence ou de graves carences dans l'éducation sont-elles à l'origine de cette délinquance qui embrase les banlieues et qui fait bacusler de plus en plus de délinquants mineurs dans le crime ?
On aurait du se poser cette question plus tôt, au lieu de ne voir dans le malaise des jeunes des banlieues que des problèmes conjoncturels, sociétaux et politiques.
On aurait du s'inquiéter plus tôt des conséquences face aux parents de ces jeunes, pris eux aussi dans la tourmente et confrontés aux problèmes du chômage, de la précarité, de l'intégration etc... Des parents dépassés et abandonnant toute mission éducative auprès de leurs enfants, fermant les yeux, les laissant livrés à eux mêmes de plus en plus tôt sans  garde fou, ni limite. Des enfants qui trouvent "refuge" dans la "bande", seule structure capable de leur donner "une place" et un semblant de "reconnaissance", bien souvent pour le pire.

Aujourd'hui 1er novembre 2006, qu'est ce qui a changé ?

Evoque t-on plus souvent ces parents et leur responsabilité dans l'échec éducatif de leurs enfants ? La société ne peut pas porter tous les maux sur ses épaules, elle ne peut se substituer au rôle d'un père ou d'une mère dans la construction d'un enfant, elle ne peut pas leur apporter ce socle, ce cadre indispensable pour grandir sereinement.
Si la cellule familiale n'est pas capable de donner à un enfant amour, sécurité, respect de soi, des autres et des règles, il ne faut pas nous étonner de retrouver ces mêmes enfants dans la rue cherchant à se confronter à des limites que personne n'a défini pour eux.

Qu'on ne vienne pas me bassiner une fois de plus avec l'environnement dans lequel vivent ces enfants, le divorce, le chômage, la pauvreté, je ne nie pas que ces facteurs sont à prendre en compte, mais je travaille toute la journée avec des personnes en grande précarité, qui parlent à peine notre langue, dont l'avenir est plus qu'incertain, mais je constate que la plus grande partie de ces familles n'en oublie pas pour autant l'une de leur priorité : éduquer leurs enfants, les pousser vers une bonne instruction et surtout ne pas les élever dans la fatalité de leur précarité actuelle.

Aujourd'hui, nous sommes tous passés de l'autre côté de la barrière, les adolescents franchissent chaque jour un pas supplémentaire vers la criminalité et la justice doit les juger comme des adultes pour se faire entendre et les parents de ces enfants ne sont jamais montrés du doigt ou si peu.

Pour illustrer mes propos, je vous livre un article de Cécilia GAZIBON du Figaro, paru le 12 novembre 2005.


Quand les parents démissionnent 

Une bonne part des émeutiers sont des mineurs dont les parents ont souvent renoncé.

«J'EN VEUX énormément à mes parents de m'avoir si mal lancé dans la vie, raconte Mohad, 18 ans, dans une rare confidence. Ils me font honte, ces analphabètes. Ils me donnent des coups pour m'éduquer, alors qu'ils vivent de mes allocations familiales.» Depuis l'adolescence, Mohad, qui vit au Pavé neuf à Noisy-le-Grand, ment chez lui pour éviter les claques, crie fort à l'école pour donner le change. Il a «cassé» ces derniers jours, reconnaît-il, parce que tout «bout» en lui.

Sa mère feint d'ignorer cette révolte. «Je lui ai demandé de rester à la maison», commence Fathia, 45 ans, sur le ton du devoir accompli. Avec ses cinq enfants, son français hésitant et son horizon réduit à la cité HLM, Fathia «couvre» depuis bien longtemps la dérive de Mohad. «Quand j'étais convoquée à l'école, je voulais défendre mon fils pour qu'il ne soit pas puni. Sinon, son père l'aurait tapé.» Elle refuse d'autant plus farouchement les critiques qu'elle se sent coupable. «C'est peut-être de ma faute si Mohad ne tourne pas rond. Je n'ai jamais pu l'aider pour les devoirs.» Chaque fois que la police l'a interpellé, elle a juré aux agents: «C'est pas possible que mon fils ait fait ça!» De toute façon, «les policiers sont contre nous», assure cette Algérienne. Mohad dans sa rage, Fathia entre regrets et déni: ainsi va cette famille, malade, sans savoir vers qui se tourner.

Les émeutes n'ont fait que mettre au jour des liens déjà brisés entre les générations, une autorité parentale perdue depuis longtemps et, parfois, de la maltraitance. Si certains adultes s'interrogent, beaucoup préfèrent accuser:«C'est avec leur loi de protection de l'enfance qu'ils ont créé la délinquance», martèle Amina, 5 enfants, de la Courtille, un quartier de Saint-Denis: «Mes fils revenaient de l'école en brandissant le numéro pour enfants battus». Aujourd'hui, elle se pose en mère courage, réclame la suppression des allocations familiales «pour ces parents qui se fichent de leurs enfants». Mais derrière cette morale clamée haut et fort, se cachent deux fils trafiquants, ses aînés qu'elle a abandonnés lorsqu'ils étaient adolescents pour refaire sa vie. Mais cela, Amina ne le mentionnera pas.

Partout, le silence recouvre les blessures. Yacine, 18 ans, vit à Bondy avec son père. «Un inconnu, dit-il. Je ne sais rien de lui. Il ne me parle jamais.» Alors Yacine avance à l'aveuglette, coincé entre la tradition familiale qui ne se discute pas et ce monde extérieur si différent. Pour se sentir moins seul, moins perdu entre ces contradictions, il s'est trouvé une autre famille: «les copains». Et les a suivis les soirs d'émeutes.

Ces gamins qui partagent si peu avec leurs parents les défendent pourtant bec et ongles. «Ma daronne (mère) a tout donné pour nous», martèle Nissan, 18 ans, incendiaire la nuit, aux alentours du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) où il vit. Sa mère divorcée adule ce fils certes délinquant, mais si prévenant. «Il cherche du travail, mais personne ne veut le prendre», assure Malika, 45 ans, 7 enfants. Fataliste, les yeux depuis longtemps fermés sur tout ce qui la dérange, Malika assure n'avoir «aucun problème d'autorité».

Tout comme Fatou, deuxième épouse, mère de six enfants de La Courneuve (Seine-Saint-Denis). Majestueuse dans son boubou, elle semble bien loin des méfaits de ses fils, que tout le quartier dénonce. Le père, éboueur en retraite, est au «village», au Mali, pour plusieurs mois. Pendant que les parents gardent les yeux rivés sur l'Afrique, les enfants se perdent dans les cités.

Smaïn, lui, a choisi: «J'éduque mes enfants à la française». Mais, au bord des larmes, ce mécanicien de 38 ans redoute de voir ses efforts anéantis par les émeutes: «J'ai peur qu'on rejette un jour mes enfants, qu'on les renvoie au Maroc, alors que j'aurai tout fait pour qu'ils soient des Français.» 

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22 octobre 2006

35, le nombre de la discorde

Je ne suis pas mécontente de voir surgir dans la campagne présidentielle le sujet épineux des 35 heures.
Nombreux ont été les billets au cours de ces derniers mois et sur ces pages traitant du monde du travail.
Ma position, sur la nécessité d'apporter une note de "flex-sécurité", avait suscité de nombreuses réactions et des débats animés.

Mon avis sur les 35 heures n'a pas changé et je le redis, cette loi a crée une véritable inégalité chez les salariés et n'a que rarement permis l'embauche à plein temps de nouveaux salariés. Cette loi a eu pour conséquence l'explosion des emplois précaires à temps partiels et certains osent encore nous parler d'avancée sociale...

Les salariés français ne sont pas égaux devant cette loi. Ceux qui ont la chance d'appartenir à de grandes entreprises peuvent en profiter pleinement, mais un grand nombre de salariés des petites PME rêvent encore de voir leur semaine faire 35 heures ou de pouvoir enfin prendre leur quota de RTT sans se heurter à un problème d'organisation dans leur entreprise.

L'autre effet pervers de cette loi a été le tassement des salaires. Au départ il était bien clair que nous devions travailler 35 heures payées 39 heures, mais au fil du temps et insidieusement nous avons constaté que désormais les rémunérations des offres d'emploi se basaient sur 35 heures travaillées...

Il est urgent de trouver des réponses à ce problème et plusieurs possibilités s'offrent à nous :
- Faut il abroger purement et simplement cette loi ?
- Serait il judicieux d'annuler la durée légale du travail en France et de laisser cette question se régler dans les entreprises ou seulement par des accords de branche ?
- Serait plus sage d'apporter des aménagements à cette loi en libéralisant les heures supplémentaires pour permettre aux entreprises et aux salariés de retrouver une productivité largement freinée par le dispositif légal en place ?

Je vous laisse la parole... mais rassurez vous je me ferai un plaisir de venir mettre mon grain de sel dans le débat !

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16 octobre 2006

Pin Pon les pompiers...

... La maison brûle !
C'était prévisible, inéluctable même, la "rupture" au sein de l'UMP est consommée.

Je voudrai faire écho au dernier billet de Christophe Carignano sur son blog. Il y est question de "guerilleros" et de "snipers" car c'est ainsi que les plus féroces sarkozystes nomment ceux qui souhaitent d'autres candidatures que celle de Sarko à droite.
Devrions nous en vertu d'une prétendue "unité" fermer nos "clapets" et faire allégeance à un homme et un programme qui ne correspondent en rien à nos convictions gaullistes et républicaines ?
Devrions nous renoncer à tout débat pour ne pas froisser le "petit Nicolas" et mettre peut être en péril ses idées ?
On nous martèle que nous avons mis la machine à perdre en marche, mais elle est en marche depuis longtemps pour les gaullistes, depuis qu'il n'est plus possible d'entendre au sein du parti les différentes sensibilités et que la pensée unique est la seule ligne de conduite à adopter sous peine de se faire tirer les oreilles !

Plus grotesque encore est la victimisation de Nicolas Sarkozy et la mauvaise foi de ses lieutenants. Ces derniers affirment que leur chef de file ne distille aucune critique à l'encontre du gouvernement dont il est toujours le numéro 2. Cela pourrait être risible s'il n'y avait pas l'enjeu d'une présidentielle au bout du chemin.
Donc lorsque Chirac, Villepin, MAM, Debré et Cie émettent un avis contraire à Sarkozy c'est de la polémique, mais lorsque Nicolas prend le contre pied du chef de l'Etat ou du gouvernement, il fait seulement entendre sa différence et ses idées et pour ses partisans c'est légitime.

Les sarkozystes deviennent fébriles ces derniers jours. Ils pensaient avoir l'horizon bien dégagé pour 2007, mais c'était finalement sans compter sur ce réveil républicain. Malgré tous leurs beaux efforts, Villepin remonte tranquillement mais sûrement dans les sondages sans ambition présidentielle, depuis que MAM a laissé entendre qu'elle pourrait être candidate, elle a pris 7 points en 1 mois. Même si ce petit monde est encore loin derrière Sarko, qui lui enregistre un tassement, il reste encore du chemin jusqu'aux urnes et le mouvement va s'amplifier j'en suis persuadée.

Nous ne sommes pas des snipers, je dirai plutôt qu'une résistance s'organise au nom du débat, de notre liberté de choisir le candidat qui nous représentera le mieux et au nom de la démocratie.

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28 septembre 2006

Ca déraille au pays de l'Oncle Sam

"Le monde est en train de commencer à douter de nos valeurs morales dans notre combat contre le terrorisme". Colin Powell


Ce n'était qu'une dépêche noyées au milieu de celles relatant par le menu la décision de Lionel Jospin de ne pas être candidat à la présidentielle.
Hier, la Chambre des représentants a adopté un projet de loi sur le traitement des prisonniers dans "la guerre contre le terrorisme" qui fixe les règles pour juger les prisonniers de Gantanamo.
On pourrait se dire, ouf enfin, sauf que ce projet prévoit que les prisonniers n'auront aucune possibilité de recours en justice concernant leurs conditions de détention.
Les quelques républicains qui ont "pondu" ce texte ont pris soin de spécifier que les agents chargés des interrogatoires ne devront en aucun cas utiliser la torture ou des traitements "inhumains et dégradants". On les "remercie" de cette attention, mais si les prisonniers n'ont aucun recours, comment saura t-on si les méthodes des interrogatoires seront en accord avec le droit et les traités internationaux ?

Que personne ne se trompe sur mes propos, je ne prends pas la défense des présumés terroristes, mais je m'interroge depuis un moment sur l'utilité d'un centre comme celui de Gantanamo et les méthodes employées par les américains dans cette guerre contre le terrorisme.
Est ce que cette traque justifie que toute notion de droit soit écartée ? Est il normal que ces personnes soient détenues depuis plus de cinq ans sans défense, ni procés ? Au nom de quelle cause Gantanamo doit il rester une zone de non droit où la torture est fréquente ?

Je me suis souvent demandée comment certains américains républicains qui jurent sur la Bible et invoque la bénédiction de Dieu dans tous les actes de leur vie pouvaient avoir une vision si "primaire" de la justice ?

Peut-on au nom de la justice torturer ou ôter la vie à notre tour ?

Pour en revenir à ce projet de loi, Nancy Pelosi, la Chef de file des démocrates à la Chamabre a déclaré, "autoriser la détention indéfinie (de suspects) dans des conditions qu'ils ne peuvent contester en justice est contraire à notre histoire et à nos valeurs".
Ce à quoi les républicains ont répondu que les démocrates persistaient à demander des droits pour les terroristes !! Il faudrait d'abord que l'on sache si tous les détenus de Gantanamo sont réellement des terroristes et seuls des procès équitables feront la lumière sur les charges qui pèsent sur eux, mais l'administration de Bush ne semble pas pressée de rendre justice à tous les citoyens américains victimes de la barbarie de quelques fanatiques...

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25 septembre 2006

Une alternative... vite !

La présidentielle, conversation de comptoir ?... oui de comptoir, de bureau, de salon, de resto... Impossible d'y échapper où que l'on soit.
On suppute, on échaffaude des hypothèses, on se livre à de savants calculs, on argumente, on s'engueule, bref il faut s'attendre à ce que le sujet vienne aussi pourrir la dinde de Noël.
On nous abreuve de sondages jusqu'à l'écoeurement et on les décortique d'un oeil goguenard ou effrayé selon ses convictions et on nous laisse croire que les "jeux sont faits".

On était certain l'année dernière à la même époque que la droite se livrerait la première à une guerre des tranchées, mais c'est le PS qui a ouvert les hostilités, le Sego Show empoisonne les ténors du parti et renvoie presque aux oubliettes le programme "officiel". En principe tout ce petit monde devrait y voir plus clair dans quelques jours, une fois que les militants auront fait leur choix, mais je suis prête à parier qu'il pourrait y avoir quelques candidatures "dissidentes" surtout si Ségolène est choisie comme candidate.

A droite, on est plus calme, mais qu'on ne s'y trompe pas, les "flingues de concours" sont chargés et à portée de main. Les antisarkozystes tireront ils les premiers ?... En tous les cas en coulisse ça s'active, timidement certes, mais ça bouge !!
Le problème à droite est simple, la très probable candidature de Sarkozy n'est pas une candidature consensuelle. On est pro Sarko ou anti Sarko, cet homme n'inspire pas de réactions mitigées et au fil du temps on constate qu'il ne rassemble pas toute la droite.
Comment une droite républicaine et sociale, attachée aux valeurs du gaullisme et au modèle français peut elle se rassembler derrière un homme qui souhaite "rompre" avec les fondamentaux de notre pays ? D'ailleurs, un sondage paru aujourd'hui montre que seulement un peu plus de 20% des français sont favorables à "la rupture".
Dans ce contexte, il paraît logique et naturel que cette partie de la droite se cherche une ou un candidat pour 2007.
Les personnalités avec la "stature" ne sont pas nombreuses et je n'en compte que deux : Villepin et MAM.
Je soutiens toujours autant le premier et son action gouvernementale, mais je me suis résignée à croire qu'il ne sera probablement pas candidat. Les plaies avec les parlementaires de la majorité sont à mon avis trop profondes et la bande à Sarko a tellement bien oeuvré pour l'isoler qu'il me semble difficile de réparer les dégâts en si peu de temps. Même si la côte de popularité de Villepin remonte dans les sondages, si ses soutiens sur le net ne faiblissent pas et si le bilan du gouvernement est satisfaisant cela ne suffira peut être pas.
C'est sûrement du côté de MAM que viendra la solution à cette difficile équation. Son nom est de plus en plus souvent cité par tous ceux qui rêvent d'une "alternative", un réseau de blogs de soutien s'organise sur le net, des rencontres en Province se mettent en place, elle met un point d'honneur à entretenir son réseau politique, bref tout cela a un petit parfum de campagne !!
Le temps nous est compté et MAM va devoir assurer cette partie de la droite qu'elle est la candidate de la situation.
D'un point de vue médiatique, Sego et Sarko ont au moins dix longueurs d'avance et MAM n'est pas souvent donnée comme une présidentiable dans les sondages. Il faut que MAM diffuse plus largement son discours qui est extrêmement structuré, s'appuyant sur des acquis, des bases solides, une expérience de terrain et une vision réaliste de l'évolution de notre pays, contrairement à Sarko et Sego qui donnent l'impression de tirer tout azimut et de récupérer de façon opportuniste tous les sujets et de les commenter de façon démago ou populiste.

Peut on espérer pour les prochains mois à une véritable alliance Villepin/MAM pour contrer Sarko, le premier mettant son action et son bilan gouvernemental au service de la deuxième pour donner toutes ses chances à la droite républicaine, avec en prime une bénédiction Elyséenne ?

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18 septembre 2006

I'm back !

Vous pensiez que j'allais laisser définitivement ces pages à l'abandon? C'est mal me connaître.
Je plaide coupable pour cette longue absence. Après la tempête du CPE et le cirque médiatique de Clearstream, j'ai éprouvé le besoin de prendre un peu de recul et de seulement jouer les observatrices.
Ces semaines de "méditation intensive" ont conforté et renforcé mes convictions et je suis bien décidée à me jeter dans la belle bataille qui s'annonce pour dénoncer ce qui me dérange.
Je m'étais plus ou moins imposée une ligne consensuelle sur ces pages, mais les derniers échanges que j'ai eu sur certains sites m'incitent à adopter finalement des positions plus tranchées.
Au cours de ces dernières semaines j'ai constaté avec un certain effarement l'arrogance qui s'étaient emparés de tous les "fans" de Sarkozy. L'idée d'une possible candidature de MAM à la présidentielle les rend particulièrement agressifs et virulents. Ils pensaient que la voie était définitivement dégagée avec le flingage en règle au printemps dernier de Villepin, mais c'était sans compter sur la détermination d'une partie citoyenne de la droite gaulliste, farouchement opposée aux idées sarkozystes et appelant à une alternative.
Les réactions ne se sont pas faîtes attendre, j'ai lu sur quelques forums et quelques blogs des propos assez méprisants sur MAM et sa capacité à prétendre à la fonction présidentielle, propos tenus par des sarkozystes estimant que leur champion est le seul à pouvoir représenter la droite et que toute autre candidature serait criminelle. C'est à se demander si ces personnes se souviennent de ce qui s'est passé en 1995...  de toute façon, dans leurs têtes, Sarko est déjà président, on se demande même pourquoi on devrait procéder à une élection !!!!!
Autre réaction désolante, c'est l'acharnement de ces "fans" à cracher sur le Gaullisme. Il faut dire que leur maître leur a montré la voie en la matière, sauf qu'ils ont loupé un chapitre, celui d'un discours de Sarko dans le sud où... d'un seul coup il s'est mis à se réclamer du Gaullisme... ben voyons !!
Tout ça pour vous dire qu'il est quasiment impossible d'entamer un débat cohérent avec ces personnes, je me suis même faite traîter de socialiste... oui vous avez bien lu... socialiste !!
Je ne résiste pas au plaisir de rebondir sur l'actu du jour, en particulier sur l'intervention du Président sur RTL. N'en déplaise à certains mais il est toujours là aux commandes et son gouvernement gouvernera jusqu'au dernier jour !
La bronca du printemps dernier n'aura finalement servie à pas grand chose, malgré les gesticulations de l'opposition et les phrases assasines des lieutenants de Sarko, elle aura surtout rendue à notre Président sa légendaire combativité et je pense que certains devront faire gaffe à leurs miches dans les prochains mois, à commencer par Sarko d'ailleurs, qui à mon sens joue vraiment avec le feu en se mettant systématiquement en porte à faux avec la politique internationale de notre pays.
Où est donc sa crédibilité quand il se déplace avec sa casquette de Ministre de l'Intérieur et qu'il critique ouvertement les décisions de la France ? Comme l'aurait dit Jacques Chirac, je trouve ça moi aussi "lamentable". Qu'il agisse ainsi quand il seulement le Président de l'UMP, à la rigueur, je peux comprendre, mais en sa qualité de n°2 du gouvernement c'est inadmissible.

Avant de mettre un point final à ce billet de retour, je ne résiste pas au plaisir (encore) de vous signaler que ce blog est encore cité par le Nouvel Obs, avec un lien vers un vieux billet sur un gouvernement d'union nationale.

Enfin, je remercie tous ceux qui au cours de ces derniers mois m'ont adressé des mails pour prendre de mes nouvelles ou pour me supplier de revenir... ou de rester où j'étais !

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08 mai 2006

Le Monde, Voici... même combat

Depuis le retour de l'affaire Clearstream en première ligne, les unes des plus grands journaux et magazines ressemblent à celles de la presse à scandale.
Le Monde à ce petit jeu là arrive largement en tête suivi du Parisien.
Les deux quotidiens se livrent à une féroce compétition pour savoir lequel chaque jour sortira un nouveau "scoop" dans ce dossier.

Les colonnes des pages politique dégoulinent de rumeurs, la vérification de la véracité des déclarations, des documents ne semblent plus être une priorité pour eux et ils sont en train de faire passer les scribouillards de Voici pour des enfants de coeur.
Ce week end le Monde a fait dans une surenchère dont on ne le croyait pas capable : insister sur l'arrivée de Sarkozy à Matignon au mépris des différents démentis officiels de l'Elysée, de certains membres du gouvernement et même d'une partie de l'UMP.

Ces respectables publications se sont appliquées ces derniers jours à faire oublier à leurs lecteurs le fond de "l'affaire" : la recherche du mystérieux corbeau.
Toute l'attention, toutes les attaques se sont focalisées sur l'exécutif de l'état et le clan chiraquien, avec une véritable volonté de détruire. Sur des colonnes et des colonnes, les plus éminentes signatures politiques ont répété jusqu'à l'ecoeurement si Dominique de Villepin avait prononcé le nom de Nicolas Sarkozy dans une réunion en sachant que le nom de ce dernier figurait sur une liste de comptes occultes et qu'à ce moment là personne ne savait encore que ce listing était bidonné.
Et alors ? Pourrait on en vouloir à Dominique de Villepin d'avoir voulu faire la lumière sur ce point, connaissant les ambitions de Sarkozy ?
La seule chose qu'on pourrait lui reprocher c'est d'avoir caché pendant un temps à son "collègue" qu'il était blanchi dans ce dossier, mais comme le soulignait un ancien agent de renseignement, ça le faisait bien rire de voir Sarkozy jouer les victimes, alors qu'il passe pour être l'homme le mieux renseigné de France en toute circonstance.
Franchement, il serait temps que ces journalistes arrêtent de nous prendre pour des cons  et de vouloir nous faire avaler qu'il règne un angélisme sans faille dans le monde politique.
Depuis la nuit des temps, la lutte pour le pouvoir s'accompagne de pièges, de coups fourrés, d'histoires inventées de toute pièce.
A entendre l'opposition et à lire la presse, on a la sensation que la Chiraquie a atteint le summum du sordide avec cette affaire, qui dans le fond n'en est pas une !

Bien sûr, beaucoup y trouvent leur compte dans ce lynchage médiatique. A commencer par l'opposition, qui voit là encore une bonne raison de contester sans avoir à se pencher sur ses propres problèmes et à justifier son absence d'idées pour 2007. Je suis prête à prendre le pari que demain à l'Assemblée, cette belle opposition continuera son harcèlement contre le Premier ministre et le gouvernement, en tentant de démontrer que ce gouvernement ne travaille plus et qu'il n'est plus légitime et cette opposition se gardera bien de faire son travail et de poser les vraies questions, celles qui concernent et intéressent vraiment les français.
Ce lynchage sert aussi une partie de la droite, celle qui rêve d'une "rupture" et qui voit dans cette affaire une belle occasion d'enfoncer le clou toujours plus profond et de pointer le doigt vers un pouvoir qu'ils disent à bout de souffle et qu'ils ne soutiennent plus depuis longtemps.
Et puis je ne peux m'empêcher de penser que cette affaire est arrivée à point nommé pour détourner l'attention du projet de loi sur l'immigration, dont on disait quelques semaines auparavant qu'elle soulèverait une forte opposition...

Au milieu de tout ce cirque il est certes difficile de voir que le gouvernement continue de travailler. Les ministres ne se sont pas arrêtés de respirer et continue à suivre le cap fixé par le chef du gouvernement.
il suffit de se rendre sur les différents sites des ministères pour prendre connaissance de l'avancée de différents chantiers.

Que la presse continue son sale boulot, si elle le souhaite, mais il est peut être temps, que les citoyens que nous sommes, nous demandions un retour aux priorités.
La France doit avancer et ce n'est pas par un ridicule remaniement ministériel que tout va redevenir rose...
Ce gouvernement a obtenu des résultats et il doit aller au bout de sa mission, mais si certains ministres ne se sentent plus en accord avec le cap fixé par le Président, qu'ils ne se gênent pas pour s'en aller...

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11 avril 2006

La croisade contre la loi sur l'égalité des chances !

Si la plupart des lycéens et étudiants ont repris le chemin des cours, d'autres font de la résistance.
Grisés par leur récente "victoire" sur la CPE, ces révolutionnaires en herbe se voient déjà faire disparaître l'intégralité de la Loi sur l'égalité des chances et le CNE.
Cette loi qualifiée sur ces pages "d'immonde" par un commentateur bien avisé (sic) recèle des mesures indispensables pour lutter contre la discrimination et offrir des chances d'avenir à ceux qui en ont le plus besoin.
Une fois de plus, ces personnes n'ont retenu qu'une chose dans cette loi : l'apprentissage junior.
A les entendre, nous voilà revenu au temps de l'esclavagisme forcené et l'état obligeant ces pauvres enfants à travailler dans des conditions atroces !
Quelle horreur !!!
Sans plus tarder vérifions ensemble ce que dit la loi :

L'article L. 337-3 du code de l'éducation est ainsi rédigé :

« Art. L. 337-3. Les élèves ayant atteint l'âge de quatorze ans peuvent être admis, sur leur demande et celle de leurs représentants légaux, à suivre une formation alternée, dénommée “ formation d'apprenti junior ”, visant à l'obtention, par la voie de l'apprentissage, d'une qualification professionnelle dans les conditions prévues au titre 1er du livre 1er du code du travail. Cette formation comprend un parcours d'initiation aux métiers effectué sous statut scolaire dans un lycée professionnel ou un centre de formation d'apprentis, puis une formation en apprentissage.

« Une fois l'admission à la formation acquise, l'équipe pédagogique élabore, en association avec l'élève et ses représentants légaux, un projet pédagogique personnalisé. Un tuteur, désigné au sein de l'équipe pédagogique, est chargé de son suivi. Il accompagne l'apprenti junior tout au long de sa formation, y compris lors des périodes en entreprise, en liaison avec le tuteur en entreprise ou le maître d'apprentissage.

« Les élèves suivant une formation d'apprenti junior peuvent, à tout moment, après avis de l'équipe pédagogique et avec l'accord de leurs représentants légaux et jusqu'à la fin de la scolarité obligatoire mentionnée à l'article L. 131-1, mettre fin à cette formation et reprendre leur scolarité dans un collège, y compris leur collège d'origine, ou un établissement d'enseignement agricole ou maritime. À l'issue de la première période de formation, ils peuvent également demander à poursuivre le parcours d'initiation aux métiers si leur projet professionnel n'est pas suffisamment abouti pour leur permettre de signer un contrat d'apprentissage.

« Le parcours d'initiation aux métiers comporte des enseignements généraux, des enseignements technologiques et pratiques et des stages en milieu professionnel, et ce dans plusieurs entreprises. L'ensemble de ces activités concourt à l'acquisition du socle commun de connaissances et de compétences mentionné à l'article L. 122-1-1 et permet à l'élève de découvrir plusieurs métiers et de préparer son choix.

« Les stages en milieu professionnel se déroulent dans les conditions prévues à l'article L. 331-5. Lorsque leur durée excède une durée minimale fixée par décret, ils donnent lieu au versement, par les entreprises au sein desquelles ils sont effectués, d'une gratification dont le montant est fixé par décret. Cette gratification, d'ordre financier, n'a pas le caractère d'un salaire au sens de l'article L. 140-2 du code du travail.

« L’élève stagiaire en parcours d'initiation aux métiers, avec l'accord de son représentant légal, peut signer un contrat d'apprentissage à partir de l'âge de quinze ans, à la condition qu'il soit jugé apte à poursuivre l'acquisition, par la voie de l'apprentissage, du socle commun de connaissances et de compétences mentionné à l'article L. 122-1-1 dans la perspective d'obtenir une qualification professionnelle sanctionnée par un diplôme ou un titre à finalité professionnelle enregistré au répertoire national des certifications professionnelles.

« L'ouverture des parcours d'initiation aux métiers dans les lycées professionnels et les centres de formation d'apprentis est inscrite au plan régional de développement des formations professionnelles mentionné à l'article L. 214-13.

« Les dépenses de transport scolaire spécifiquement liées à la formation de l'apprenti junior sous statut scolaire donnent lieu à une compensation au département par l'État, dans des conditions fixées par décret. »

Honnêtement je ne vois rien de choquant dans ce texte, je ne vois que la volonté d'apporter rapidement uen réponse adaptée à ceux qui sont en échec scolaire avec l'objectif de ne pas leur faire perdre un temps précieux dans la poursuite de leur instruction et l'acquisition de compétences.

Que ceux qui rêvent de faire abroger cette loi prennent bien toutes leurs responsabilités, parce qu'elle concerne également :
- la rémunération des stages en entreprise
- l'élargissement des zones franches en milieu sensible pour favoriser la création d'entreprises et l'embauche
- la création de l'Agence nationale pour la cohésion et l'égalité des chances qui vise à aider toute personne rencontrant des difficultés sur le plan de l'insertion sociale ou professionnelle comme la lutte contre la discrimination, l'illetrisme, la mise en service du Service civil volontaire, etc...
- le contrat de responsabilité parentale pour remédier aux difficultés d'ordre éducatif que peuvent rencontrer certains parents. Cette mesure rappelle aux parents leurs devoirs de parents et leur propose un dispositif d'aide sociale et éducative.
- le service civil volontaire, une deuxième chance pour eux qui en ont le plus besoin, un apprentissage aux valeurs civiques, un accompagnement personnalisé pour l'aider à trouver un emploi à la fin de sa formation.
etc...
Bref, que des mesures "immondes" !!!!!!

Dernière interrogation, certains ont avancé que cette loi comportait un passage sur le travail de nuit des mineurs...
Je n'ai rien trouvé... mais peut être que ma vue me joue des tours et que j'ai mal lu.

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10 avril 2006

La grande arnaque

Je voudrai en premier lieu applaudir de mes deux petites mains les députés UMP, dont la plupart il y a encore quelques jours, ne juraient que par la "rupture" et qui aujourd'hui ont ressucité une fois de plus l'état providence ! (ironie et cynisme)
La majorité et le gouvernement auront du baisser le pantalon jusqu'aux chevilles pour sortir de la crise et laisser sur le bord du chemin un certain nombre de convictions.

La gauche crie victoire et semble approuver cette mesurette, elle qui ne cesse de dire depuis des mois que la baisse du chômage n'est qu'un leurre, puisqu'elle ne peut s'expliquer que par l'augmentation de contrats aidés signés et surtout pas marchands. (sic)

Les étudiants et les organisations syndicales se réjouissent aussi, mais au final qu'ont ils gagné ?... peu de choses.
Cette mesure ne concernera que les jeunes en grande difficulté et je ne peux que souhaiter que celle ci leur soit profitable pour leur entrée sur le marché du travail, pour les autres, c'est un retour à la case départ. Ils ont obtenu le retrait du CPE, mais rien de rien en échange. La question de l'entrée des jeunes en entreprise demeure, alors jusqu'à ce qu'une solution soit enfin trouvée en acceptant les réalités du terrain, les jeunes devront se contenter des CDD à répétition, mais ça n'en gênera pas certains qui préférent ça au CPE n'est ce pas... et les interminables stages !

Une fois de plus, pour calmer la grogne, nos responsables politiques ont sorti le mercurochrome et les pansements, histoire de calmer un peu la douleur et de cacher la plaie et tout le monde se satisfait de cette méthode.

En France, les idées de changements doivent toujours en rester au stade de la rhétorique, le Premier ministre vient d'en faire l'amère constat durant ces deux derniers mois, cloué au pilori pour avoir voulu mettre en chantier la réforme du marché de l'emploi et offrir la possibilité aux plus jeunes d'avoir les outils nécessaires pour s'insérer dans la vie active.
Une partie de l'opinion publique n'est pas capable de faire la différence entre précarité et flexibilité.

Dominique de Villepin a t-il raison de rester à la tête de ce gouvernement ? Aura t-il la possibilité d'entamer ces chantiers qui lui tiennent à coeur avec d'un côté une opinion publique qui a rejeté sur lui 20 ans d'immobilisme et une majorité qui va à coup sûr le contrer tant qu'elle le pourra ?
Saluons son courage pour ne pas jeter l'éponge et aller jusqu'au bout de cette mission, c'est un fait rare dans l'histoire de notre pays...

«J'ai voulu proposer une solution forte, parce que j'ai la conviction qu'au-delà de l'engagement nécessaire de l'Etat, seul un meilleur équilibre entre plus de souplesse pour les entreprises et plus de sécurité pour les salariés, nous permettra de rompre avec le chômage dans notre pays. Cela n'a pas été compris par tous, je le regrette».

Nous aussi, Monsieur le Premier ministre on le regrette...

Posté par Diane_1964 à 15:06 - - Commentaires [17] - Permalien [#]

29 mars 2006

Flexibilité = précarité ?

Cette équation fait insidieusement son chemin dans nos caboches de petits français, et bien à tort à mon humble avis.

Les manifestations de ces dernières semaines contre le CPE font éclater au grand jour le refus d’une partie de notre pays d’envisager le marché du travail sous un angle un peu différent.

L’idée archaïque que tout peut et doit se résoudre par le CDI classique et le verrouillage de notre code du travail a encore de beaux jours devant elle.

Quand on prononce le mot flexibilité, beaucoup l’associent à la notion de licenciement, de salariés jetables et j’en passe.

La flexibilité dont a besoin notre marché du travail passera par une refonte du code du travail dans l’intérêt des salariés et des entreprises.

Quelles sont les adaptations que nous allons devoir trouver pour offrir aux entreprises les moyens d’adapter leur production, leurs coûts dans une conjoncture économique versatile et conserver et renforcer la sécurisation des parcours des salariés ?

La réduction du temps de travail, ce que les experts nomment la flexibilité interne quantitative est une des solutions, mais nous n’avons pas su en France l’adapter à tous les types d’entreprise. Trop de petites structures n’ont pas les moyens financiers et humains pour exploiter cette flexibilité et l’application de ce système n’a su en règle générale qu’engendrer des emplois à temps partiels.

Notre problème, c’est que nous n’en exploitons pas tous les aspects, comme la flexibilité fonctionnelle, c’est à dire la formation professionnelle continue (introduite par contre dans le CPE), l’externalisation, qui se résume en France à l’intérim et à la sous traitance, alors que le portage salarial, le télétravail peuvent offrir des solutions sur mesure aux entreprises.

Les pistes à explorer pour relancer le marché de l’emploi, développer de nouvelles formes de travail, établir de nouveaux rapports entre le chef d’entreprise et le salarié sont nombreuses et innovantes, mais encore faut il que vous daignions sortir de nos schémas et regarder devant nous.

Le CPE n’est que la petite étincelle qui cristallise toutes les peurs sur une réforme en profondeur de notre société, mais dont nous ne cessons de repousser l’échéance.

La détermination de Dominique de Villepin n’est pas à mon sens une histoire d’orgueil, comme ses détracteurs se plaisent à le penser, mais la simple nécessité de ne pas réitérer les erreurs passées et d’amorcer, même en force, cette réforme, de donner cette première impulsion indispensable pour engager notre pays sur la voie de la rénovation.

Certes la méthode n’est pas exemplaire, mais le courage et la volonté sont là.

Le but n’est pas de « perdre » une génération dans la précarité, mais de lui faire prendre conscience que son avenir ne se construira pas sur le modèle de leurs parents, hélas, mais que plus tôt ils intègreront les nouvelles donnes avec les outils nécessaires, plus vite ils seront compétitifs.

Le CPE offre cette possibilité, surtout pour les moins qualifiés, vouloir l’enterrer est à mon avis une erreur.

Cette exception française dont nous sommes si fiers depuis des décennies est en train de devenir un boulet nous poussant un peu plus chaque jour au ban de cette Europe que nous voulions si fort.

Nous sommes nombreux à regarder en direction des pays nordiques qui ont réussi cette mutation inévitable, pour y chercher des idées et comprendre comment ils ont opéré.

un article d’Eric Le Boucher, paru dans le Monde du 26 novembre dernier intitulé « Suivre le modèle suédois ? » se penche sur les raisons de ce succès dans la « flexsécurité », assurant la sécurité aux travailleurs et la souplesse indispensable à l’économie.

Ce pays a connu au début des années 90 les mêmes travers que

la France

, hausse du chômage record, les services de santé et de l’éducation se dégradent, les inégalités ne cessent de croître, etc…

3 grands axes ont permis de remettre sur pied ce pays :

-          Une ouverture à la compétition et aux forces de changement

-          Un effort pour l’innovation, l’enseignement, la recherche

-          Un état fort mais réformé et adapté

Pouvons nous évoluer dans ce sens en adaptant ces « recettes » aux spécificités de notre pays et à notre état d’esprit ?

De l’avis du ministre suédois Thomas Östros, vouloir changer les mentalités ne sert à rien, mais il faut proposer « beaucoup d’état et beaucoup de marché, les deux ensembles », savoir garder les industries fortes et développer les services connexes pour créer de l’emploi et… ne pas craindre l’ouverture et la mondialisation.

Posté par Diane_1964 à 17:27 - - Commentaires [9] - Permalien [#]