La Plume et l'Epée

Présidentielle 2007, action gouvernementale, les jeux ne sont pas faits à droite.

31 décembre 2006

2006, rideau...

A tous ceux qui passeront ici avant ou après les douze coups de minuit...

cartevoeux2007

Posté par Diane_1964 à 15:21 - A propos de la Plume et de l'Epée - Commentaires [15] - Rétroliens [1] - Permalien [#]

11 décembre 2006

Ni Lyon, ni Toulouse

Dominique de Villepin n'ira pas à Lyon "faire le guignol" pour le prochain forum de l'UMP.
On comprend parfaitement sa position quand on sait que la mascarade de samedi dernier n'a servi à rien sauf à servir la soupe à Nicolas Sarkozy !

Pourtant je suis convaincue que seul le premier Ministre est capable d'affronter Sarkozy dans un vrai débat et de le pousser dans ses retranchements. Que les lecteurs qui soutiennent MAM, me pardonne, mais malgré toutes ses qualités et ses convictions, on a bien vu qu'elle n'était pas à l'aise dans cet exercice et qu'il n'a fallu que quelques minutes à Sarkozy pour prendre le dessus et occuper tout l'espace.

Dominique de Villepin a raison de vouloir rester tout à sa tâche, loin de ce cirque grotesque qui se joue à l'UMP.
Il a raison de construire la France d'aujourd'hui pour mieux entrevoir celle de demain et ses impératifs.

A l'UMP "tout est plié", on le sait maintenant, aucun espace ne sera laissé à quelqu'un d'autre que Sarkozy, Christine Boutin en a fait les frais samedi pendant le forum... L'Ump sera la voix de Sarkozy et de personne d'autre.

Mais à droite "rien n'est plié" et ce qui s'est passé samedi en conforte plus d'un dans l'idée qu'une alternative doit venir en dehors de l'UMP.
Alors oui nous encourageons le premier Ministre à donner son avis sur les grands sujets qui préoccupent les citoyens, nous l'encourageons à faire entendre sa différence, nous l'encourageons dans sa tâche pour résoudre les grands problèmes de notre pays.
Peu importe d'entendre ici et là qu'il est de plus en plus isolé, son courage et sa détermination forcent le respect tout simplement.

Il n'y a pas de fatalité, si une alternative est voulue par les citoyens, elle s'imposera d'elle même à un moment de la campagne.
Qui portera les couleurs de cette alternative ? Une question toujours sans réponse.
Mais gageons que cette tâche sera assumée par celui ou celle qui se montrera le plus convaincant dans son discours et dans les idées qu'il portera devant les français.

Posté par Diane_1964 à 19:23 - UMP - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 décembre 2006

Somnifère télévisuel

Malgré un emploi du temps chargé, hier, j'avais bien noté sur mon agenda que je devais être rentrée chez moi pour 17 heures afin de suivre sur LCP le premier forum UMP. Ayant réclamé haut et fort sur ces pages un vrai débat au sein de la droite, il aurait été mal venu de ma part de ne pas en être téléspectratrice.

Je me cale confortablement dans mon canapé avec une tasse de thé et quelques chocolats et j'attends l'ouverture des "hostilités".
Je suis d'abord un peu étonnée par la configuration du plateau, Sarko est seul à un pupitre, comme un grand, tandis que MAM  est "encadrée" par Bernard Accoyer et Pierre Mehaignerie. Une impression de garde rapprochée s'en dégage comme si les deux hommes s'apprêtaient à décocher des coups de pieds sous la table dans le cas où MAM s'aventurerait à franchir quelques limites...
N'étant pas dans la salle, je ne peux pas me faire une idée précise, mais là aussi j'ai la sensation que chaque spectateur a été briefé, applaudissements discrets et polis et surtout aucune manifestation de désapprobation aux propos des uns et des autres... étrange pour un débat.

Voilà pour la forme et pour le fond, je reste sur ma faim pour ne pas dire que je suis très déçue.
J'attends une vraie confrontation des idées et des différentes visions de la France de demain tant on sait que les points de divergences entre MAM et Sarko sont nombreux. Au lieu de ça, j'assiste à un échange consensuel et sans relief où Sarko et MAM récitent leur leçon bien apprise et rivalisent d'amabilités. Pas question d'interpeller l'autre sur un point de désaccord, pas question d'argumenenter et de rebondir à chaud sur une question épineuse... de plus en plus étrange pour un débat.

Je commence à m'ennuyer ferme au bout de 3/4 heure... Je reconnais les talents d'orateurs de Sarkozy, mais je dois supporter jusqu'à la nausée les "je vais vous dire" et les "moi je" et ses propos me conforte dans l'idée qu'il souhaite au fond opposer deux France. MAM a du mal à être à l'aise même si je suis d'accord avec ses idées, elle n'arrive que rarement à trouver le ton et l'emphase nécessaires pour convaincre.

D'ennuyeux, ce faux débat devient soporifique, je cherche désespérement dans mon esprit endormi à dégager une synthèse de tout ce verbiage, en vain...
Histoire de me réveiller, je jette un oeil sur les premières dépêches rendant compte de ce forum, les journalistes ne sont guère plus enthousiastes que moi.
Cela ne me rassure guère et cela veut bien dire que ce galop d'essai est un fiasco.

L'UMP a une semaine pour réctifier le tir avant le forum à Lyon sur le thème de l'égalité.
Les militants, les sympathisants et les citoyens n'ont que faire de discussions aseptisées où tout le monde se tutoie avec des sourires hypocrites. Puisque deux France s'opposent avec Nicolas Sarkozy et MAM, que l'UMP organise un vrai face à face où la contradiction aura toute sa place, c'est ainsi que chacun pourra faire son choix en son ame et conscience et que le débat sera respecté.

Dernière petite remarque, Loic Lemeur a lui aussi une semaine pour aller apprendre à s'exprimer en public, certaines de ses interventions furent poussives pour ne pas dire carrément laborieuses !

Réactions à lire : Christophe Carignano , Un débat pour 2007

Dernière minute : MAM était l'invité de Dimanche+ sur Canal. Le début de son intervention fut consacré à un rapide bilan du forum. Selon le ministre de la Défense, les règles ont été changées la veille du débat et le nombre d'interventions ainsi que les temps de parole n'ont pas été respectés par tout le monde.
Elle souhaite que les règles de fonctionnement des forums soient revues afin d'assurer l'équité des interventions et que la place soit réellement laissée aux débats !!
Sa présence au prochain forum à Lyon sera conditionnée par la révision de ces règles.

Posté par Diane_1964 à 12:12 - UMP - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 novembre 2006

Une leçon de démocratie

061119230554Dominique de Villepin était l'invité de Ripostes, hier sur France 5, l'occasion pour le premier Ministre de rappeler les grands principes de la droite avant l'échéance présidentielle.

Durant plus d'une heure, il s'est fait le porte parole de tous ceux qui depuis des mois réclament un débat au sein de l'UMP et qui considèrent qu'à droite "rien n'est plié", « aujourd'hui, les sondages mesurent de la sympathie et de l'image. Je ne crois pas que les Français soient entrés dans le choix présidentiel » a t-il déclaré.
Il estime par ailleurs que ce fameux débat ne cessera d'évoluer au cours des prochaines semaines, il souhaite que celui ci  soit "le plus libre possible" et "passionnant".

Les arcanes d'une campagne présidentielle n'ont guère de secrets pour le premier Ministre, lui qui en a déjà deux à son actif aux côtés de Jacques Chirac et c'est sûrement à juste titre qu'il a souligné que  "les Français sont rebelles à tout choix qui leur est imposé" (...) "mais "mesure-t-on la capacité, l'aptitude, le sérieux de telle ou telle candidature? Nous n'en sommes pas là et je ne crois pas que les Français soient rentrés dans le choix présidentiel".

Pour faire taire ceux qui souhaiteraient voir sortir du bois d'éventuels autres candidats très rapidement, Dominique de Villepin a joué la carte de la raison et de la sagesse en affirmant "qu'il faut avancer pas à pas" (...) "Chacun avance et doit avancer à son rythme. Nous ne sommes pas au bout du débat politique en ce qui concerne l'éventuel candidat de notre famille".

Pour voir ou revoir l'émission Ripostes (vidéo en ligne dans la journée)
Photo AFP Journal Internet

Posté par Diane_1964 à 17:13 - Presse / Médias - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 novembre 2006

Quand il est question de débattre

"Sarkozy, veut un débat de fond avec Royal" titre le Figaro.fr aujourd'hui.
L'initiative est parfaitement légitime entre candidats "officiels", sauf qu'à ce jour Nicolas Sarkozy ne l'est pas encore pour l'UMP et qu'avant d'aller en découdre avec Ségolène, il est urgent qu'il ouvre d'abord le débat dans sa propre famille politique où la liste des points de divergence s'allonge chaque jour.

Les sifflets révervés à MAM, cette semaine lors du conseil national de l'UMP, sont inadmissibles et ils sont la parfaite démonstration que tout idée contraire au Maître du Parti est blamable et sanctionnable immédiatement sans aucun respect pour la personne qui s'exprime.
L'UMP qui devait rassembler toutes les sensibilités de droite n'est qu'un vaste champ dévasté et piétiné par les Sarko-Fans virulents ne tolérant aucune critique sur la ligne choisie et imposée par leur Président.

Les lieutenants de Sarko pourront s'époumoner pour appeler à l'union, dans ces conditions et sans débat autour du projet présidentiel, chaque jour qui passera apportera un peu plus de témoignages de personnes que l'on aura tenté de museler ou d'écarter pour "opinion dissidente" et la grogne chez une partie des électeurs de droite enflera.

Dans son discours au conseil, le Premier ministre aura eu raison de s'interroger : "Le moment est-il venu de figer les choses? Nous devons avancer ensemble, étape par étape. Avancer sur notre projet, avancer sur nos idées sur la base de la réflexion qui a été menée".
Dominique de Villepin a estimé que le chemin jusqu'à l'élection est encore long et que ce laps de temps doit être bien employé pour contruire un projet cohérent et rassembleur, pour lui, "il est impératif de poursuivre le débat, il est impératif d'aller toujours plus loin dans nos propositions pour prendre en compte la réalité de ce que vivent les Français et leur apporter des réponses".
"Aucune prise de parole n'est illégitime, aucune position n'est dissidente dès lors que nous obéissons à une règle claire: formuler des propositions utiles et constructives, faire gagner celui ou celle qui sera la mieux placé le moment venu",
soulignant que "le débat n'est pas un risque".

Effectivement, le débat n'est pas un risque, bien au contraire, il n'est que l'expression d'un processus démocratique qui fonctionne et quand j'entends ici et là que ce sont les chiraco-villepinistes-mamistes qui refusent le débat, sur le simple motif qu'aucun d'entre eux ne se déclarent pour l'instant candidat face à Sarko à l'intérieur de l'UMP, je réponds que ce ne sont que des foutaises !
Je crois que durant ce congrès, MAM, de façon claire, a tenté d'ouvrir le débat et Dominique de Villepin également en rappelant des règles qui sont chères aux français.

Décider en comité restreint ou par des consultations hasardeuses sur le net de ce que pourrait être l'avenir de notre pays, en écartant volontairement toutes les sensibilités de droite est une méthode qui ne satisfait pas une partie de l'électorat de droite.

En jouant ainsi avec le feu, il ne faudra pas s'étonner si nous appelons à d'autres candidatures qui respecteront nos convictions.

Nous refuserons de nous laisser voler cette élection capitale !

Posté par Diane_1964 à 19:24 - 2007 ? - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 novembre 2006

Petit sondage dominical

Selon le CSA, 62% des français sont favorables à plusieurs candidats de la majorité pour l'élection présidentielle, dont 48% à l'UMP qui souhaitent que " la diversité des opinions soit le mieux représentée au premier tour".

Donc, presque la moitié de l'électorat de droite souhaite au premier tour pouvoir choisir le candidat qui le représentera le mieux.
Peut elle se résoudre à glisser dans l'urne le nom d'un candidat qu'elle ne soutiendra pas ?
Est-ce aller à l'encontre de nos grands principes démocratiques ou à l'encontre des directives d'un parti ?
Une partie de sympathisants de droite doit elle renoncer à ses idéaux au nom des calculs d'apothicaires ou de spéculations auxquels se livrent certains dans la perspective du 2ème tour ?

Sur ces questions, le débat fait rage sur la blogosphère, sans que quiconque en date d'aujourd'hui, ne soit capable d'apporter une réponse claire.

Posté par Diane_1964 à 13:25 - 2007 ? - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 novembre 2006

Sarko et le Général !! oupsss

J'en pleure de rire toute seule devant mon écran.
J'ai du mal à croire ce que je viens de lire sur une dépêche AP : Sarko revendique l'héritage de "rupture" du Général de Gaulle.
Les Sarko-fans, présents à Saint Etienne, ne doivent plus rien comprendre, eux qui dépensent en ce moment une énergie incroyable en faisant feu de tout bois contre les Gaullistes...
L'opportunisme de Sarkozy est extraordinaire quand même... Mais au fait, lui qui encense ce soir le Général, où etait il aujourd'hui, pendant que la grande famille politique Gaulliste se réunissait à Colombey-les-deux-Eglises ?... Une migraine peut être l'a empêché de se déplacer ?... humm

Un billet plus long demain sur la résurrection du gaullisme chez le petit Nico, là je vais relire les dépêches et rire encore et encore...

Posté par Diane_1964 à 21:18 - UMP - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 novembre 2006

Education : la racine du mal ? acte 2

J'avais écrit ce billet il y a un an au plus fort des incidents dans les banlieues et je constate que le sujet revient encore sur le devant de la scène comme une maladie chronique pour laquelle aucun traitement ne semble marcher

L'absence ou de graves carences dans l'éducation sont-elles à l'origine de cette délinquance qui embrase les banlieues et qui fait bacusler de plus en plus de délinquants mineurs dans le crime ?
On aurait du se poser cette question plus tôt, au lieu de ne voir dans le malaise des jeunes des banlieues que des problèmes conjoncturels, sociétaux et politiques.
On aurait du s'inquiéter plus tôt des conséquences face aux parents de ces jeunes, pris eux aussi dans la tourmente et confrontés aux problèmes du chômage, de la précarité, de l'intégration etc... Des parents dépassés et abandonnant toute mission éducative auprès de leurs enfants, fermant les yeux, les laissant livrés à eux mêmes de plus en plus tôt sans  garde fou, ni limite. Des enfants qui trouvent "refuge" dans la "bande", seule structure capable de leur donner "une place" et un semblant de "reconnaissance", bien souvent pour le pire.

Aujourd'hui 1er novembre 2006, qu'est ce qui a changé ?

Evoque t-on plus souvent ces parents et leur responsabilité dans l'échec éducatif de leurs enfants ? La société ne peut pas porter tous les maux sur ses épaules, elle ne peut se substituer au rôle d'un père ou d'une mère dans la construction d'un enfant, elle ne peut pas leur apporter ce socle, ce cadre indispensable pour grandir sereinement.
Si la cellule familiale n'est pas capable de donner à un enfant amour, sécurité, respect de soi, des autres et des règles, il ne faut pas nous étonner de retrouver ces mêmes enfants dans la rue cherchant à se confronter à des limites que personne n'a défini pour eux.

Qu'on ne vienne pas me bassiner une fois de plus avec l'environnement dans lequel vivent ces enfants, le divorce, le chômage, la pauvreté, je ne nie pas que ces facteurs sont à prendre en compte, mais je travaille toute la journée avec des personnes en grande précarité, qui parlent à peine notre langue, dont l'avenir est plus qu'incertain, mais je constate que la plus grande partie de ces familles n'en oublie pas pour autant l'une de leur priorité : éduquer leurs enfants, les pousser vers une bonne instruction et surtout ne pas les élever dans la fatalité de leur précarité actuelle.

Aujourd'hui, nous sommes tous passés de l'autre côté de la barrière, les adolescents franchissent chaque jour un pas supplémentaire vers la criminalité et la justice doit les juger comme des adultes pour se faire entendre et les parents de ces enfants ne sont jamais montrés du doigt ou si peu.

Pour illustrer mes propos, je vous livre un article de Cécilia GAZIBON du Figaro, paru le 12 novembre 2005.


Quand les parents démissionnent 

Une bonne part des émeutiers sont des mineurs dont les parents ont souvent renoncé.

«J'EN VEUX énormément à mes parents de m'avoir si mal lancé dans la vie, raconte Mohad, 18 ans, dans une rare confidence. Ils me font honte, ces analphabètes. Ils me donnent des coups pour m'éduquer, alors qu'ils vivent de mes allocations familiales.» Depuis l'adolescence, Mohad, qui vit au Pavé neuf à Noisy-le-Grand, ment chez lui pour éviter les claques, crie fort à l'école pour donner le change. Il a «cassé» ces derniers jours, reconnaît-il, parce que tout «bout» en lui.

Sa mère feint d'ignorer cette révolte. «Je lui ai demandé de rester à la maison», commence Fathia, 45 ans, sur le ton du devoir accompli. Avec ses cinq enfants, son français hésitant et son horizon réduit à la cité HLM, Fathia «couvre» depuis bien longtemps la dérive de Mohad. «Quand j'étais convoquée à l'école, je voulais défendre mon fils pour qu'il ne soit pas puni. Sinon, son père l'aurait tapé.» Elle refuse d'autant plus farouchement les critiques qu'elle se sent coupable. «C'est peut-être de ma faute si Mohad ne tourne pas rond. Je n'ai jamais pu l'aider pour les devoirs.» Chaque fois que la police l'a interpellé, elle a juré aux agents: «C'est pas possible que mon fils ait fait ça!» De toute façon, «les policiers sont contre nous», assure cette Algérienne. Mohad dans sa rage, Fathia entre regrets et déni: ainsi va cette famille, malade, sans savoir vers qui se tourner.

Les émeutes n'ont fait que mettre au jour des liens déjà brisés entre les générations, une autorité parentale perdue depuis longtemps et, parfois, de la maltraitance. Si certains adultes s'interrogent, beaucoup préfèrent accuser:«C'est avec leur loi de protection de l'enfance qu'ils ont créé la délinquance», martèle Amina, 5 enfants, de la Courtille, un quartier de Saint-Denis: «Mes fils revenaient de l'école en brandissant le numéro pour enfants battus». Aujourd'hui, elle se pose en mère courage, réclame la suppression des allocations familiales «pour ces parents qui se fichent de leurs enfants». Mais derrière cette morale clamée haut et fort, se cachent deux fils trafiquants, ses aînés qu'elle a abandonnés lorsqu'ils étaient adolescents pour refaire sa vie. Mais cela, Amina ne le mentionnera pas.

Partout, le silence recouvre les blessures. Yacine, 18 ans, vit à Bondy avec son père. «Un inconnu, dit-il. Je ne sais rien de lui. Il ne me parle jamais.» Alors Yacine avance à l'aveuglette, coincé entre la tradition familiale qui ne se discute pas et ce monde extérieur si différent. Pour se sentir moins seul, moins perdu entre ces contradictions, il s'est trouvé une autre famille: «les copains». Et les a suivis les soirs d'émeutes.

Ces gamins qui partagent si peu avec leurs parents les défendent pourtant bec et ongles. «Ma daronne (mère) a tout donné pour nous», martèle Nissan, 18 ans, incendiaire la nuit, aux alentours du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) où il vit. Sa mère divorcée adule ce fils certes délinquant, mais si prévenant. «Il cherche du travail, mais personne ne veut le prendre», assure Malika, 45 ans, 7 enfants. Fataliste, les yeux depuis longtemps fermés sur tout ce qui la dérange, Malika assure n'avoir «aucun problème d'autorité».

Tout comme Fatou, deuxième épouse, mère de six enfants de La Courneuve (Seine-Saint-Denis). Majestueuse dans son boubou, elle semble bien loin des méfaits de ses fils, que tout le quartier dénonce. Le père, éboueur en retraite, est au «village», au Mali, pour plusieurs mois. Pendant que les parents gardent les yeux rivés sur l'Afrique, les enfants se perdent dans les cités.

Smaïn, lui, a choisi: «J'éduque mes enfants à la française». Mais, au bord des larmes, ce mécanicien de 38 ans redoute de voir ses efforts anéantis par les émeutes: «J'ai peur qu'on rejette un jour mes enfants, qu'on les renvoie au Maroc, alors que j'aurai tout fait pour qu'ils soient des Français.» 

Posté par Diane_1964 à 18:01 - Actu - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 octobre 2006

Un homme libre

"Je vote Villepin, même s'il n'est pas candidat".
Azouz Begag martèle cette phrase dans tous les médias, à midi c'était chez Laurence Ferrari sur Canal+ et à l'instant sur France 5 dans Ripostes.
Pour lui, il n'y a aucun doute, le premier Ministre est le seul capable de réveiller les valeurs républicaines de notre pays et de pouvoir apporter à notre société une dimension sociale indispensable à son unité.

Celui qui a piqué une belle colère il y quelques jours devant un parterre de journalistes internationaux en a marre de passer encore pour être seulement "l'arabe du gouvernement". Un coup de gueule légitime de la part celui qui se bat pour que les compétences des uns et des autres soient mises en avant et que disparaisse enfin les discriminations de toute sorte.
Le ministre délégué à la Promotion de l'Egalité des chances a doublement raison de "l'ouvrir" au moment où les tensions se reveillent dans les banlieues et où une partie des politiques et des syndicats de police font le constat de l'échec du ministre de l'Intérieur à maîtriser les violences dans ces quartiers sensibles.

Azouz Begag pointe aussi du doigt les médias qui préfèrent faire du spectaculaire et montrer encore et encore des images propres à attiser la violence au lieu de se concentrer sur les mesures mises en place depuis des mois pour aider les jeunes à sortir de leur enfer quotidien comme l'agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances.

Azouz Begag a lâché une petite bombe  qui intéressera les lyonnais en déclarant qu'il sera peut être candidat aux municipales pour représenter la "troisième voix" face à Gérard Collomb et Dominique Perben et également aux législatives dans la deuxième ou la septième circonscription.
Il y a fort à parier que cette annonce ne va pas être du goût de tout le monde à droite !
Peu importe, Azouz Begag se définit comme "un homme libre", il n'est pas encarté UMP, alors qu'est ce qui peut l'empêcher de venir jouer sa partie sur l'échiquier ?
En tous les cas s'il se présente dans la deuxième circonscription, il est déjà assuré d'avoir mon soutien.

Posté par Diane_1964 à 19:21 - Actu - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 octobre 2006

35, le nombre de la discorde

Je ne suis pas mécontente de voir surgir dans la campagne présidentielle le sujet épineux des 35 heures.
Nombreux ont été les billets au cours de ces derniers mois et sur ces pages traitant du monde du travail.
Ma position, sur la nécessité d'apporter une note de "flex-sécurité", avait suscité de nombreuses réactions et des débats animés.

Mon avis sur les 35 heures n'a pas changé et je le redis, cette loi a crée une véritable inégalité chez les salariés et n'a que rarement permis l'embauche à plein temps de nouveaux salariés. Cette loi a eu pour conséquence l'explosion des emplois précaires à temps partiels et certains osent encore nous parler d'avancée sociale...

Les salariés français ne sont pas égaux devant cette loi. Ceux qui ont la chance d'appartenir à de grandes entreprises peuvent en profiter pleinement, mais un grand nombre de salariés des petites PME rêvent encore de voir leur semaine faire 35 heures ou de pouvoir enfin prendre leur quota de RTT sans se heurter à un problème d'organisation dans leur entreprise.

L'autre effet pervers de cette loi a été le tassement des salaires. Au départ il était bien clair que nous devions travailler 35 heures payées 39 heures, mais au fil du temps et insidieusement nous avons constaté que désormais les rémunérations des offres d'emploi se basaient sur 35 heures travaillées...

Il est urgent de trouver des réponses à ce problème et plusieurs possibilités s'offrent à nous :
- Faut il abroger purement et simplement cette loi ?
- Serait il judicieux d'annuler la durée légale du travail en France et de laisser cette question se régler dans les entreprises ou seulement par des accords de branche ?
- Serait plus sage d'apporter des aménagements à cette loi en libéralisant les heures supplémentaires pour permettre aux entreprises et aux salariés de retrouver une productivité largement freinée par le dispositif légal en place ?

Je vous laisse la parole... mais rassurez vous je me ferai un plaisir de venir mettre mon grain de sel dans le débat !

Posté par Diane_1964 à 15:03 - D'accord, pas d'accord ? - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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